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Annélia Théodose, Créatrice de mode

Osez être celle que vous désirez être” c’est le proverbe de SweetSecret, marque de mode créée en 2010. A sa tête, Eshe, mieux connue sous le nom d’Annélia Théodose, scande une féminité cosmopolite et affirmée à travers des pièces raffinées et uniques pour sublimer la Femme. Celle qui vient de dévoiler sa 6ème collection Blooming Summer, épouse avec brio la définition de l’autodidacte. Rencontre avec cette jeune femme originaire de la Guadeloupe et…du Gabon!

Nom: Théodose Prénom: Annélia

Age:  30 ans  Couleur: Je les aime toutes (rires)

Dicton: « Tu ne sais jamais à quel point tu es fort, jusqu au jour où être fort est ta seule option. »

Activité professionnelle : Créatrice de mode

Lieu de résidence: Libreville, Gabon

Contact: www.sweetsecret.fr, son facebook @sweetsecretoff, son instagram @sweetsecretofficiel

Prix: Meilleur Styliste Gabonais (2016)

PARCOURS

"J'essaie de rendre les femmes heureuses"

Quand as-tu décidé d’être créatrice? J’ai toujours aimé la mode, entourée de femmes stylées sans complexe. Je faisais des défiles petite (rires). J’ai fais un BTS communication des entreprises en me disant que je travaillerais pour un magasine de mode ou dans l’événementiel mode. Mais en arrivant à Paris, je ne me voyais pas m’asseoir dans un amphi ou un bureau… Mon côté artistique a pris le dessus alors j’ai intégré une école de stylisme/modélisme!

Explique-nous ta profession et ton parcours? J’essaie de rendre les femmes (en particulier) heureuses! Je crée des collections selon mes états d’âmes et avec l’influence des tendances. Je dessine, je choisis mes matières avec mon équipe, on se met d’accord sur le montage des pièces et voilà!

Guadeloupéenne et gabonaise…comment s’exprime ta double culture dans ton art? Par les coupes surtout, et bien sûr le choix du pagne ou wax sur les pièces. La robe à cors revisitée apparait souvent dans mes modèles. Dans ma première collection Let me be a sweetsecret (sortie en 2013), j’y avais aussi intégré du madras (NDLR: Avant de repartir au Gabon, la styliste a vécu plus de 13 années en Guadeloupe).

Raconte-nous la genèse de SweetSecret. Durant ma deuxième année d’école de stylisme/modélisme, j’ai décidé de créer la marque sans vraiment savoir quelle direction prendre. Étant donné que le monde de la mode à Paris est très fermé -et plutôt saturé- j’avais déjà en tête de rentrer au Gabon pour lancer mon petit atelier, et surtout me perfectionner avec l’expérience. J’ai commencé par travailler avec un jeune styliste Gabonais puis, progressivement avec ma notoriété montante, je me suis lancée seule! Chaque jour, je me bats pour conquérir de nouveaux marchés.

Quelle a été ta formation? Trois ans de stylisme/modélisme à l’école parisienne MJM Graphic Design puis j’ai appris sur le tas.

"Chaque jour, je me bats pour conquérir de nouveaux marchés."

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? De se faire un nom (même si il me reste du chemin) et d’affronter la critique.

Quelle est ta plus grande peur ? Avant qu’une collection ne sorte j’appréhende son impact « ça plait? ça ne plait pas? »

Des projets futurs ? J’ai déjà une boutique et un atelier au Gabon. Pour la suite, j’aimerais beaucoup ouvrir une boutique en ligne (j’y travaille) ainsi qu’une boutique en Guadeloupe ou en Martinique.

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Sur le plan professionnel, Mademoiselle Coco Chanel, of course! Sinon, mes parents.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Martin Luther King pour la noblesse de son combat et son courage.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? La vie en général, le détail d’un vêtement, le charisme d’une femme ou encore une tendance…

MESSAGE

"N’ayez pas peur de l’échec, persévérez jusqu'à trouver la bonne formule!"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens/caribéens pour les motiver? Chaque grande révolution ou invention est née d’une petite idée, et c’est avec le travail et la foi qu’elle grandie! Alors n’ayez pas peur de l’échec, persévérez jusqu’à trouver la bonne formule.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Je ne saurais en citer en priorité car notre diaspora est pleine de personnes brillantes et combattives depuis des siècles…Toute œuvre servant à la valorisation et au développement est pour moi admirable.

Un mot pour la fin ? Kenbé rèd pa moli! Et merci à vous!

Avant de se quitter, découvrez Annélia Théodose plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Jeune femme amoureuse de son travail, curieuse de tout, épicurienne. J’aime apprendre des gens et passer du temps avec ma famille et mes amis proches. J’aime aussi rire et taquiner mon entourage. Sans oublier: faire la fête (sang caribean et africain oblige lol)

En un mot? FEMME.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je passe des heures à rêver seule dans mon lit, j’écoute de la musique, je prend le temps de rigoler avec mes proches…ou je LOVE (rires).

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? J’explose de joie, je la partage avec mes proches. 

Et une situation irritante ?  En grandissant, j’ai appris à rester silencieuse et analyser la situation avant de réagir…Mais sinon, je démarre au quart de tour!

Dans ta playlist, on trouve qui ? Oulala la musique est un exutoire pour moi, j’ecoute un peu de tout, des artistes antillais, nigerian music,jazz Blues…etc. Les bon vieux zouk retros mais aussi du Migos,Cardi B lol! 

Ton artiste préféré ? Sade.

Ton repas préféré ? Salade, avocat et crevettes.

Un voyage mémorable ? À chaque fois que je retourne dans les iles, je redécouvre toujours la beauté  et l’authenticité de nos iles, ça m’apaise et m’inspire alors c’est toujours mémorable pour moi.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? Les différentes cultures africaines car elles ont une riche histoire avec un côté magique et ancestral qui fascine et donne ce côté mystérieux au continent. 

Des habitudes bizarres ? Déformation professionnelle: j’analyse tout le monde des pieds à la tête (rires).

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Quand je vois des gens qui ne sont pas forcément nantis mais qui ont le sourire et se battent pour leur famille. Ainsi que quand je pense à mes neveux et nièces…la génération future.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je ferais le tour du monde pour voir la beaute du monde et des cultures.

Retrouvez la nouvelle collection BLOOMING SUMMER à Paris dans le pop up store de SweetSecret (12 rue Notre Dame de Nazarather 75003, de 10h à 19h) jusqu’au 15/07! La créatrice Annélia Théodose décrit cette 6ème œuvre ainsi:

« Blooming Summer est un reflet de l’été avec beaucoup d’imprimés fleuris. C’est une femme heureuse, riche en couleur avec des pièces faciles à porter qui s’apparente à un dressing d’été. J’évolue au cours des collections vers des pièces plus accessibles et qu’on retrouverait dans différents contextes. Avant j’étais davantage dans une déclinaison de robes de cocktails et donc plus difficile à porter. Aujourd’hui, Blomming Summer est exclusivement du prêt-à-porter! »

Précédentes collections de SweetSecret: Let me be a sweetsecret (2013), Attaché à toi (2014), Rouge Désir (2015), Black tendresse (2016), Plaisir Exotique (2017).

Crédits Photo: MyFantasyPictures et VincePhotographe


Joachim Des Ormeaux, Artiste et Musicien

Une maîtrise -incontestable- de la locution, une puissance vocale mystique, c’est un bon début pour décrire Joachim Des Ormeaux!
Cet artiste de Jazz, poète originaire de la Martinique est avant tout un autodidacte. Après Horizon Jazz Kréyòl son premier album, Sak lanvi maintient, trois ans après, sa lignée originale dans le Jazz…Ce deuxième opus s’ancre sans efforts dans le patrimoine créole et caribéen. Rencontre.

Nom: Des Ormeaux Prénom: Joachim

Age:  Des fois j’ai l’impression d’avoir 300 ans et des fois j’ai l’impression de ne pas être encore né.
Mais je pense surtout avoir l’âge de la raison.
Couleur: Rouge royal

Dicton: « Fo pa ou souflé difé épi mangé fawin manniok an menm tan » (il ne faut pas s’éparpiller)

Activité professionnelle : Auteur, compositeur, interprète jazz créole

Lieu de résidence: Région parisienne

Contacts: www.joachimdesormeaux.com
Réseaux sociaux : Joachim Des Ormeaux Officiel
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PARCOURS

"La toxicomanie aurait pu être un obstacle insurmontable, mais au contraire elle m’a révélé, et sublimé"

Quand as-tu décidé d’être artiste? Explique-nous ta profession. Je ne suis pas certain de l’avoir décidé. Cela s’est naturellement mis en place par … mimétisme.
J’ai grandi dans un environnement artistique, de part un père musicien, dans un quartier foyalais où j’ai pu croiser beaucoup d’artistes tel Marius Cultier ou Francisco par exemple. Un milieu passionnant pour l’enfant curieux que j’étais. Je me suis imprégné de cette ambiance artistique et des ressentis, ce qui a certainement révélé, d’une manière inconsciente, une certaine aptitude à l’expression artistique qu’elle soit musicale ou, théâtrale.
Plus jeune il n’était pas rare que je retrouve mes amis à l’angle de ma rue afin de chanter et jouer aux tambours, ce qui d’ailleurs rassuraient les parents car ils pouvaient nous entendre et de fait savoir où nous étions. Ma vision de la profession d’artiste ne se limite pas à une seule expression. Je m’exprime par le biais de différents supports que sont la musique, la vidéo ou les textes (poésie)… Mais je n’exclus pas une incursion dans des genres ou des arts où je ne serais pas attendu.
En effet, je pense que les actes artistiques sont légitimes dans la mesure où ils sont réalisés dans la règle de … l’Art présenté, dans leur quintessence et une intégrité essentielle
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Conducteur de Bus, musicien…comment tu gères tout cela ? Je tiens à préciser que je suis « machiniste-receveur », ce qui est différent de l’appellation de « conducteur de bus » puisque je conduis, en effet, une machine a vocation de service publique et commercial. J’ai une double formation de motoriste et commercial dans le domaine des engins terrestre et maritimes pour le reste je suis essentiellement un autodidacte. Je suis arrivé grâce aux circonstances de la vie à ce métier, et j’y ai trouvé une dimension humaine très intéressante dans le contact avec la foule.
En effet, je peux croiser jusqu’à 500 personnes par jour. Ce sont autant d’attitudes, d’expressions de visage ou verbales qu’il m’est donné d’approcher. Cela crée un rapport humain très fort. Doté de cette capacité sensorielle développée, je reste positivement ouvert aux gens. Cela passe beaucoup par un contact important : le regard. Il est doux et agréable croiser ou de manifester le regard de l’univers dans le regard de l’autre.
Je trouve qu’il y a même une analogie avec le « travail » d’artiste qui doit aller vers son public et être dans une démarche d’ouverture, d’échange et de proposition.
D’ailleurs, les conditions de travail de nuit correspondent à mon rythme de vie artistique. J’évolue dans un cycle inversé qui correspond lui-même à mon profil spirituel puisque c’est dans la dynamique mystique de la nuit que tout peut se produire, se réaliser ou alors se manifester…

Raconte-nous la genèse de ton 2ème album “Sak Lanvi”.
Sak Lanvi, c’est en premier lieu un titre composé par Arnaud Dolmen dont j’ai écrit le texte. Reflet d’une collaboration avec le batteur guadeloupéen qui va bien au-delà de l’amitié et de la confiance mutuelle. Le sens donné au texte sur les sentiments vertueux d’espoir et de travail ont évolué vers un besoin de déposer ce sac d’envies au pied du public. Des envies assouvies ou inassouvies, témoins de l’évolution du chemin parcouru depuis le 1er album en 2013.

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser ton/tes rêve(s) ?
Aller puiser, au plus profond de moi, des sentiments enfouis pour leur donner corps à travers mes mots, les expressions de mon visage, ou encore mon regard. Et, donc arriver à un lâcher prise sur mon passé.

"Les actes artistiques sont légitimes dans la mesure où ils sont réalisés dans la règle de l’Art, présentés dans leur quintessence et une intégrité essentielle"

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmontés ?
Sans détour, la toxicomanie aurait pu être un obstacle insurmontable, mais au contraire elle m’a révélé, et sublimé. Né et élevé dans un contexte familial parfois difficile, j’ai tricoté une souffrance depuis l’enfance accentuée par les obstacles de la vie à l’âge adulte. Séparé de ma première fille, j’ai été ramené à mon histoire familiale et d’enfant non désiré confié à sa grand-mère dès l’âge de trois mois. Pour tromper cette souffrance, et essayer de l’atténuer, j’ai pris certaines substances dites de drogues dures.
Assez paradoxalement, cette consommation s’est révélée être un déclencheur de prise de conscience spirituelle. Je n’ai jamais autant lu ou cherché à me documenter pour porter ma quête spirituelle et d’émancipation psychologique durant cette période. Je ne m’en cache pas, car je l’associe à cette démarche salutaire par la seule force de mon esprit, et la volonté de l’univers.

Quelle est ta plus grande peur ?
J’ai peur du feu, des flammes. Ne supporte pas plus les bougies d’ornement. Peut-être est-ce dû à un traumatisme de brûlure étant enfant. En toute contradiction, issu d’un signe de feu (lion) je m’identifie pourtant à un volcan en éruption.


Des projets futurs ?
Je projette de mettre en lumière mes textes, mes mots dans une recherche d’épanouissement intellectuel et artistique. Je poursuis mon travail d’échanges et de synergie pluri-artistique avec mon réseau de « Friends » tout autant sur le plan de la musique, mais aussi d’autres disciplines telles que le théâtre, la sculpture, la danse etc.

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ?

Ma grand-mère. Une femme forte qui m’a élevé, à la « dure », en m’inculquant des valeurs morales que je transmets moi-même à mes filles.
Sa présence est en filigrane dans mon écriture en créole authentique et empreinte d’envolées métaphoriques qui caractérisent ma plume.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ?

Un homme utile pour les autres mais dans l’action. Un Coluche ou un Abbé Pierre.

Quelle est ta principale source d’inspiration ?

La spiritualité, la dimension de l’univers, la communication non conventionnelle.
Je suis passionné. Je l’adapte d’ailleurs dans mon écriture, la sortant de son sens religieux pour en utiliser les images poétiques.

MESSAGE

"Soyez curieux et dépassez vos frontières"

Ton message aux martiniquais/caribéens pour les motiver?

Soyez curieux, et dépassez vos frontières, physiques ou psychologiques, pour voir ce qui se passe ailleurs, et vous en inspirer !
Je pense qu’il faut sortir de ses habitudes de « consommations » artistiques, intellectuelles, même alimentaires pour s’ouvrir au monde.

Quelle direction devrions-nous prendre en faveur de notre société?

Je souhaiterais qu’il y ait enfin une politique culturelle plus marquée envers la jeunesse. Je pense aux conservatoires de musique et à des espaces d’expression d’art, ou structures adaptées, afin d’éduquer les jeunes par la culture, notamment ceux issus des quartiers populaires ou défavorisés.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ?

Toutes les actions positives de/ou en faveur des compatriotes méritent d’être soulignées. En effet, il nous faut être plus uni pour être plus fort. Et tous ceux qui travaillent en ce sens ont mon soutien et mes encouragements. Aujourd’hui, je soutiens l’action du collectif pour une fréquence FM de Radio ô.

Un mot pour la fin ?

Je n’ai pas de mot pour la fin puisque ce n’est pas la fin.

"L’album SAK LANVI s’inscrit dans ma démarche d’hommage aux rythmes traditionnels caribéens. Il y mêle l’énergie des musiques actuelles, et éclectiques tout en revendiquant la langue créole."

Avant de se quitter, découvrez Joachim plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire quelques mots ? Déterminé, réfléchi et spirituel. 

Et en un mot ? Discret…voire timide.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je suis un cinéphile averti et un grand amateur de documentaires de culture générale que ce soit sur la nature, les sujets de société, l’histoire…

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante ? Je conçois les deux émotions comme identiques énergétiquement, à ceci près que la réaction peut être intellectuellement différente. J’intériorise beaucoup, ceci est certainement lié à ma nature profonde de discrétion. J’évite les situations conflictuelles afin de ne pas me laisser aller à de mauvaises colères. Je m’isole donc émotionnellement, et physiquement.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Fal frett, Kool and the Gang, Earth Wind and Fire en passant par Grégory Porter, ou Nougaro.

Ton artiste préféré ? Je suis extrêmement touché par Toots Thielemans, harmoniciste, siffleur de jazz belge disparu l’année dernière.

Ton repas préféré ? Ti nain-lan mori-avoka accompagné d’une salade de concombre et du chiktay d’hareng-saur. 

Un voyage mémorable ? Atlanta 1996 pour les J.O.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascine et pourquoi ? A travers ma quête de savoir et de spiritualité, je m’intéresse à des cultures énigmatiques et mystérieuses, telle la culture Inca. Je reste persuadé que tout est à découvrir notamment sur son origine. Je m’incline assez vers l’hypothèse d’une culture bâtie par des êtres venus d’ailleurs. D’ailleurs, je retrouve cette dimension mystique dans la culture de l’Egypte ancienne, avec notamment les pyramides, leur construction, positionnement etc.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? Une habitude bizarre, oui … Je me ronge les ongles !
Un talent, tout aussi étrange pour beaucoup : Je suis doté d’une douce paranoïa qui me permet d’anticiper, même sensoriellement, beaucoup de situations ou circonstances.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Je dirais que tout dépend de la notion de l’espoir… Le fait de pouvoir me réveiller en vie chaque jour, de respirer à plein poumons l’air qui m’est donné, nourrit les espoirs.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je vis déjà mon plus grand rêve.


Marie et Olivier Labourg, Entrepreneurs

En Août 2014, ce jeune couple en CDI chez des grands groupes décide de tout quitter pour s’installer en Martinique et ouvrir leur entreprise dans le courtage (assurances et financement). MVP courtage voit le jour six mois plus tard. Aujourd’hui s’ajoute à leur expertise la gestion immobilière. Indéniablement, Marie et Olivier cultivent l’esprit du «Dream Big». Ils gèrent désormais trois entreprises situées en Martinique et à Strasbourg. Et, ils projettent d’en ouvrir d’autres en France. En exclusivité, Talan An Nou a rencontré ces serial-entrepreneurs.

Nom: Labourg Prénom: Olivier 

Age:  28 ans  Couleur: Noir

Dicton: « Whatever it takes to realize your Dream… Just Do it ! » Activité professionnelle : Courtier en Assurances et Solutions Patrimoniales

Nom: Labourg Prénom: Marie

Age:  27 ans  Couleur: Noir

Dicton: « When you really want something, all the universe conspires in helping you to achieve it» (L’alchimiste de Paulo Coelho)

Activité professionnelle : Courtier en Opération de Banque et Services de Paiements

Lieu de résidence: Le Robert, Martinique

Contacts: www.mvp-courtage.fr, Facebook,

PARCOURS

"Ça a été assez déstabilisant de quitter une situation stable pour l’inconnu, mais aujourd’hui nous sommes contents de l’avoir fait"

Quel est votre métier?

Olivier: La mission du Courtier en Assurances, en tant que représentant de l’assuré(e), est de lui fournir les contrats les plus adaptés à sa demande, sur des critères variés comme le type de contrat (assurances de biens ou assurances de personnes, contrats spécifiques…), le rapport garantie-prix, et d’autres critères divers. En tant que courtier, je collabore avec de nombreuses compagnies d’assurance, ce qui me permet de fournir à mes clients les meilleurs contrats en fonction de leur situation et de leur budget. Notre objectif est que les clients ressortent de l’entretien en ayant parfaitement compris les enjeux et les garanties autour des solutions d’assurances qu’ils auront souscrites.

Marie: Je suis Courtier en Opération de banque et en Service de Paiement. Pour faire plus simple disons Courtier en financement. Le réflexe de la plupart des particuliers en recherche de crédit est de contacter uniquement leur propre banque sans consulter les offres proposées par le reste des organismes de crédit. En tant que Courtier en Financement j’interviens comme un intermédiaire entre les clients et les banques.
Mon objectif est de rechercher et de négocier à la place des clients le prêt le plus adapté à leur situation et à leurs besoins du moment.

Racontez-nous la genèse de MVP Courtage. 

Olivier: J’ai été pendant près de 4 ans salarié de grands groupes d’assurances à Strasbourg en tant que Conseiller Patrimonial.  D’abord chez AXA France durant 3 ans et ensuite chez Swisslife durant 1 an. (NDLR: Olivier a été major de la promotion nationale chez AXA durant son cursus scolaire).

Marie: J’ai commencé dans ce domaine en tant que collaboratrice chez un courtier pendant 1 an. J’ai ensuite rejoint l’AGIPI (Filiale Haut de Gamme du Groupe AXA) durant 2 ans en tant que Gestionnaire.

Olivier: En 2014, alors que j’étais en poste chez Swisslife et Marie à l’AGIPI, nous avons décidé de tout quitter pour nous lancer dans la création notre propre Cabinet de Courtage en Assurances et de quitter Strasbourg pour s’installer au Robert en Martinique. Après quelques mois de préparation, le Cabinet MVP Courtage Assurances & Patrimoine voit donc le jour le 05 Mars 2015.  Je suis un grand fan de basket et chaque année dans le Championnat Américain on décerne le titre de MVP (Most Valuable Player) au Meilleur joueur de l’année. Véritable clin d’œil à ma passion, j’ai choisi de donner au cabinet le nom de MVP mais avec une signification légèrement différente : Most Valuable Partner (Votre Meilleur Partenaire).

Marie: Au départ, il était prévu qu’Olivier gère l’aspect commercial et relation client et que je m’occupe de la gestion administrative de son Cabinet mais au fur et à mesure nous avons commencé à avoir de la demande en terme de Crédit immobilier. J’ai donc décidé de créer ma propre entreprise en parallèle et c’est alors qu’est né MVP Courtage Conseils & Financement le 13 Juillet 2015. Depuis nous travaillons main dans la main pour offrir à nos clients un service de qualité.

"Nous avons beaucoup d’admiration pour le courage de tout ceux qui décident de créer des entreprises et de créer des emplois"

Quels sont vos domaines d’expertise ?

Olivier: En tant que Courtier, je suis un généraliste de l’assurance. Cependant, je suis spécialisé dans la protection financière du chef d’entreprise. Cela passe par la mise en place de solutions d’assurances pour pallier aux carences des Régimes Obligatoires des chefs d’entreprise en matière de Retraite, Prévoyance, ou Frais de santé.

Marie: Je peux accompagner mes clients pour tout type de financement, mais ce qui me plait vraiment c’est le montage des dossiers pour les projets d’acquisition de résidence principale. J’aide mes clients à réaliser, ce qui est pour beaucoup, le projet de toute leur vie et c’est vraiment gratifiant.

Suivant votre expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser votre rêve ?

Marie: Pour tous les deux, le plus dur a vraiment été de franchir le cap entre la prise de décision et l’exécution réel du projet. Nous étions tous les deux embauchés en CDI dans des grands groupes avec de nombreux avantages sociaux. Ça a été assez déstabilisant de quitter une situation stable pour l’inconnu, mais aujourd’hui nous sommes contents de l’avoir fait. Le fait de développer ensemble notre Cabinet est une vrai source d’épanouissement personnel.

Olivier: C’est en août 2014 qu’on a décidé de se lancer dans l’entreprenariat et trois mois plus tard on commençait nos démarches. Nous sommes arrivés en Martinique en Février 2015. En rentrant en Martinique c’était un parfait tremplin pour nous aider à démarrer notre activité grâce au soutien familial. En effet, on vivait chez mes parents et on n’avait pas de loyers à régler! Je viens d’une famille d’entrepreneurs, mon père et ses frères ont une entreprise familiale. J’ai toujours vécu dans le milieu de l’entreprenariat. Quand je leur ai annoncé mon envie de me lancer ils m’ont naturellement bien expliqué que ce n’est pas évident et de prendre mon temps pour peser le pour et le contre. Une difficulté que j’ai rencontré c’est le système autour de l’insularité. En effet, j’avais constaté que mes demandes de partenariats (sièges situés en France) n’aboutissaient pas. Un jour j’ai décidé d’ouvrir un bureau à Strasbourg (une simple adresse au début) et tout a changé. En voyant une adresse postale en France Hexagonale, là les partenaies ont commencé à me répondre… Autre difficulté rencontrée: les banques n’étaients pas habituées à ce moment à travailler avec les courtiers donc il a fallu tout mettre en place. Cependant pour trouver le bon interlocuteur, mettre en place les partenariats et trouver les clients, un an s’est écoulé…

Quels principaux obstacles avez-vous rencontré pour votre profession ? dans votre vie ? Comment les avez-vous surmontés ?

Marie: Le plus compliqué lorsque nous nous sommes installés en tant que Courtiers ça a été de trouver des partenaires de qualité avec qui collaborer. Cela a pris du temps, mais aujourd’hui pour le financement je propose des solutions en partenariat avec diverses enseignes. 

Olivier: En effet, il a fallu convaincre les compagnies d’assurances et les banques de nous signer des conventions de Partenariat afin que nous puissions commercialiser leurs produits. Aujourd’hui, nous avons chacun des partenaires de qualités. La valeur ajoutée d’un courtier est de proposer un large choix de partenaires à ses clients. 

Quelle était votre plus grande peur ?

Marie: Notre plus grande peur était de savoir comment nous allions concilier notre vie de couple et notre vie professionnelle. Mais nous avons su trouver un certain équilibre et cette aventure a finalement permis de resserrer nos liens.

Des projets futurs ?

Olivier: Nous sommes actuellement en cours de création d’une 3ème structure que nous avons nommée MVP Courtage Immobilier & Défiscalisation. Comme son nom l’indique il s’agit d’une agence immobilière spécialisée dans la commercialisation de logements neufs éligibles aux dispositifs de défiscalisation Pinel ou Girardin (NDLR: Ouvert en 2017). En parallèle, nous recrutons actuellement des commerciaux indépendants en tant qu’Agents Mandataires pour proposer nos solutions en Martinique mais aussi en Métropole. On a choisi de ne pas passer par des salariés et prendre des commerciaux mandatés car ils sont payés à la commission. (NDLR: Olivier et Marie passent pas le centre d’affaires REGUS pour faciliter leur gestion qui propose des bureaux entièrement équipés, des espaces de coworking, des solutions de domiciliation d’entreprise, des salles de réunions ainsi que des solutions de télétravail sous forme de salons d’affaires). Nous avons d’ailleurs ouvert un bureau à Strasbourg (depuis le 1er Mai 2017) où nous avons une bonne clientèle et prévoyons d’en ouvrir dans d’autres villes en 2018.

 

INSPIRATION

Qui est votre modèle dans la vie ?

Olivier: Mon père Julien et ses frères Maurice et Roger qui avaient bâtis ensemble Les Meubles LABOURG. Ils sont pour moi un beau modèle de réussite entrepreneuriale en famille.

Marie: Ma mère car c’est une une grande bosseuse qui a toujours travaillé dur pour subvenir aux besoins de sa famille.

Si vous étiez une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ?

Olivier: Michael JORDAN car c’est un athlète noir qui s’est imposé comme une icône mondial dans son sport et admiré dans le monde entier. Aujourd’hui sa carrière sportive est terminée mais avec sa marque de chaussure JORDAN, il s’impose encore comme un leader dans son domaine. C’est cette mentalité de gagnant que j’essaie d’adopter. C’est un MVP !

Marie: Katherine JONHSON ! C’est une physicienne, mathématicienne et ingénieure spatial afro-américaine, qui a contribué aux programmes aéronautiques et spatiaux de la National Aeronautics and Space Administration (NASA). Elle s’est imposée dans un domaine où l’on n’attendait pas une femme à cette époque. Aujourd’hui j’ai l’impression qu’il est plus difficile pour une femme de s’imposer en tant que chef d’entreprise et c’est un des combats que je mène au quotidien.

Quelle est votre principale source d’inspiration ?

Olivier: Nous écoutons beaucoup les speech d’Eric THOMAS, un Coach de vie Américain qui délivre des messages de motivation dans des écoles et des entreprises du monde entier. Son parcours est inspirant et ses discours nous permettent de rester motivé dans les moments difficiles de notre vie d’entrepreneurs.

Marie: Notre plus grande force aujourd’hui c’est peut-être aussi le fait que nous travaillions en couple. Nos clients apprécient le fait que nous soyons une entreprise familiale. Beaucoup de nos amis nous demandent comment nous faisons mais nous voyons vraiment cela comme une source de motivation au quotidien. Nous avons chacun nos compétences et c’est la somme des ces compétences qui nous permet aujourd’hui d’accompagner efficacement nos clients.

MESSAGE

"Croyez en vous et lancez-vous!"

Que diriez-vous aux jeunes et moins jeunes martiniquais/caribéens pour les motiver?

Olivier: Je leur dirais que s’ils ont un rêve alors il faut tout faire pour le réaliser. D’ailleurs pour ceux dont le rêve est de se lancer dans l’aventure entrepreneurial, nous sommes entrain de monter une association à but non lucratif pour les accompagner. Beaucoup de jeunes voudraient se lancer mais ne savent pas vers qui se tourner pour des conseils ou ne connaissent pas par exemple les dispositifs d’aides mis à leur disposition par la Région et l’État. Nous allons donc organiser des conférences, des séminaires, des débats et des formations avec des entrepreneurs et des aspirants entrepreneurs afin de créer un environnement d’échange et de partage où les expériences de chacun serviront aux autres.

Quelles actions positives de compatriotes admirez-vous ?

Marie: Depuis que nous sommes nous même chef d’entreprise. Nous avons beaucoup d’admiration pour le courage de tout ceux qui décident de créer des entreprises et de créer des emplois car nous savons que c’est un vrai défi au quotidien.

Un mot pour la fin ?

Olivier: Quelque soit vos rêves croyez en vous et lancez-vous !

Avant de se quitter, découvrez Marie et Olivier plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en un mot ? Olivier: Pragmatique / Marie: Fonceuse.

Que fais-tu de ton temps libre ? Olivier: Basketball / Marie: Élevage de SharPeï.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante ?

Les Deux: Pour la situation positive, en remerciant le seigneur pour les situations positives / Les Deux: Pour la situation irritante, en parlant ensemble pour les situations irritantes.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Olivier: Booba, Kalash, Keros’n, Drake / Marie: Beyoncé, Vybz Kartel, Kalash,  Lauryn Hill.

Ton artiste préféré ? Olivier: Booba / Marie: Beyoncé.

Ton repas préféré ? Olivier: Langouste Grillé / Marie: Mine Frire (Plat Mauricien).

Un voyage mémorable ? Les Deux: Notre 1er voyage ensemble à l’Ile Maurice.

Dans la vie, qu’est-ce qui est important à tes yeux ? Les Deux: La Famille.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Olivier: Je prendrais des cours de pilotage pour devenir pilote d’avion et d’hélicoptère / Marie: J’aurais aimé être vétérinaire pour travailler avec les animaux


Corinne Mencé-Caster, Professeure des Universités

Agrégée d’espagnol et docteur en sciences du langage, Corinne Mencé-Caster est Professeure des Universités en linguistique hispanique et traductologie à l’Université Paris-Sorbonne. Bachelière à 16 ans elle quitte son île et s’installe en France pour étudier. Des années plus tard, elle est nommée doyen de l’U.F.R de Lettres et Sciences Humaines de l’Université des Antilles Guyane (U.A.G.) en 2009 puis doyen de l’Université des Antilles (ex-U.A.G.) en 2013. C’est la première fois qu’une femme occupe ces deux postes.

Elle a su relevé de nombreux défis avec brio et admiration durant son exercice de présidente de l’Université des Antilles notamment la valorisation des formations, le développement de coopérations universitaires, la création de l’Université de Guyane et l’affaire très médiatisée CEREGMIA.

Médiéviste reconnue internationalement, caribéaniste, féministe, écrivain sous le pseudo de Mérine Céco, cette Martiniquaise est une « workaholic ». S’ajoute à cela son intérêt aux identités postcoloniales, l’histoire et à l’inconscient collectif de son pays. Entretien.

Nom: Mencé-Caster  Prénom: Corinne 

Age:  47 ans Couleur: Rouge

Dicton : Sa ki la pou-w, dlo pa ka chayé-y   Activité professionnelle : Professeure des Universités

Lieu de résidence : Paris

Prix, distinctions : Palmes académiques
Prix littéraire Gilbert Gratiant

PARCOURS

"Les jeunes générations ne cherchent pas vraiment à connaître leur histoire, ni les énormes combats qui ont été menés par les générations antérieures"

Quelle a été ta formation ? J’ai suivi des études supérieures en espagnol, philosophie et sciences du langage jusqu’au doctorat, puis ensuite j’ai soutenu une habilitation à diriger des recherches en traductologie et linguistique..

Quand as-tu décidé de devenir professeur ? Pourquoi l’enseignement puis la recherche ? J’ai décidé de devenir professeur après la licence, car j’aime apprendre et faire apprendre. La recherche est une passion qui est venue en maîtrise, quand j’ai découvert ce que cela pouvait être de découvrir de nouvelles choses par soi-même et de pouvoir les communiquer aux autres. 

De ton passage à l’Université des Antilles, on en retiendra ton courage exemplaire et ton intégrité sans faille. Quelle était ta personnalité à cette époque ? Comment as-tu réussi à prendre une telle décision de tout quitter?  (NDLR: Rappelons que Mme Mencé-Caster a survécu avec courage et intégrité à quatre années de vilipendages, de pressions, de menaces suite à la révélation du détournement de fonds d’un montant de 10 M€ du laboratoire de recherche!)

Ma personnalité était la même que depuis toujours : optimiste et déterminée à ne rien lâcher. J’ai décidé de tout quitter quand j’ai pensé que j’étais allée au bout de ma mission et quand j’ai senti que j’avais envie de nouveaux horizons, d’aller me ressourcer ailleurs pour ne pas perdre mon envie de faire de belles choses pour nos pays (sa lettre ouverte est disponible ici et celle de son entourage en hommage à son courage ici).

Corinne Mencé-Caster
© Bondamanjak

"Nous devons apprendre, nous, Antillais, Caribéens, à ne pas créer infiniment des systèmes D, plus ou moins illégaux"

Que défends-tu à travers ta position ? Simplement que nous devons apprendre, nous, Antillais, nous, Caribéens, à ne pas créer infiniment des systèmes D, plus ou moins illégaux, car un jour, il faudra bien que nous prenions les rênes de nos pays sans imposer de dictatures à nos compatriotes, parce que nous voulons que les biens soient confisqués par un petit nombre au détriment de tous les autres.

Tu commences ta carrière à l’U.A.G. en 1994, en tant qu’attachée temporaire d’enseignement et de recherche. Aujourd’hui tu travailles à la Sorbonne en tant que professeure de linguistique hispanique. Raconte-nous ton parcours. Mon parcours est celui d’une passion pour l’enseignement et la recherche, d’une envie de transmettre, de partager des projets pédagogiques et scientifiques avec des collègues, des étudiants et avec la société tout entière. Quand on travaille, qu’on réfléchit et qu’on construit ensemble de beaux projets pour demain, les barrières raciales et culturelles tombent, on est juste entre êtres humains. C’est ce que j’aime dans ma salle de cours et dans les laboratoires de recherche : une cohésion autour d’un projet..

Mérine Céco est ton pseudoyme de romancière. Tu écris autour de l’histoire, de la femme… Pourquoi ces thèmes ? Ces thèmes m’inspirent, parce que les jeunes générations ne cherchent pas vraiment à connaître leur histoire, ni les énormes combats qui ont été menés par les générations antérieures pour leur permettre de jouir de tout ce dont elles jouissent et qu’elles trouvent naturel, acquis…j’écris sur les femmes parce qu’elles sont les grandes oubliées de cette histoire qui se conjugue au passé, mais aussi au présent et qui détermine profondément notre avenir. (NDLR: Pour son roman “La Mazurka perdue des femmes-couresse”, Corinne Mencé-Caster a été lauréate du prix Gilbert Gratiant 2013 au premier Salon International du Livre de la Martinique).

Universitaire agrégée d’espagnol, docteure en sciences du langage et professeure de linguistique hispanique et de traductologie, ancienne présidente de l’U.A.G., romancière…Quel est ton secret ? Une boulimie du travail et de l’écriture. Je peux rester vissée sur ma chaise de bureau 24h non-stop si on ne m’en tire pas. Depuis toute petite, c’est comme ça. Mes parents cachaient mes livres, se levaient la nuit pour vérifier que je dormais et que je ne travaillais pas. On ne résiste pas à une passion… 

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? Quitter mon pays, la Martinique, à 16 ans, après mon baccalauréat pour aller étudier en France.

"Quand on construit ensemble de beaux projets pour demain, les barrières raciales et culturelles tombent"

Quels principaux obstacles as-tu rencontré pour ta profession ? dans ta vie ? Comment les as-tu surmontés ? En réalité, je n’ai pas l’impression d’avoir dû surmonter d’obstacles particuliers, si ce n’est qu’au quotidien, il faut ajuster les choses pour ne pas se laisser piétiner et garder l’optimisme pour se dire qu’on est toujours plus près de ses rêves qu’on ne le croit.

Quelle est ta plus grande peur ? L’intolérance, un monde fratricide fondé sur la peur et la haine de l’Autre, ainsi que sur le repli sur soi.

Des projets futurs ? Oui, en cascade, et surtout celui de fonder une association qui rassemble des Caribéens autour de projets visant à une meilleure connaissance mutuelle les uns des autres, pour éviter ces « guèguères » fratricides et complétement stériles que nous vivons entre Martiniquais, Guadeloupéens, et Guyanais, cette sorte de mépris et de défiance à l’égad des Saint-Luciens, Haïtiens, Dominicais, etc.

Corinne Mencé-Caster Mythologies du vivre-femme. Essai sur les postures et impostures féminines
Corinne Mencé-Caster, « Mythologies du vivre-femme. Essai sur les postures et impostures féminines » - éditions Persée, février 2016

Pour en savoir plus sur son parcours: découvrez son cursus et ses publications.

INSPIRATION

"Je serais Rosa Park car je pense qu’il faut savoir défier les règles et les lois quand elles sont injustes"

Qui est ton modèle dans la vie ? Mes parents : j’admire leur simplicité, leur générosité et leur manière de nous avoir laissé mes frères et sœurs et moi, nous envoler, tout en restant toujours si près et en même temps invisibles pour ne pas nous gêner.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? Je serais Rosa Park car je pense qu’il faut savoir défier les règles et les lois quand elles sont injustes, quitte à y laisser toutes ses plumes.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? Le message d’amour de Jésus « donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

MESSAGE

"Nous avons la lampe, nous avons la lumière : il suffit juste d’allumer la mèche"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes martiniquais/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Je leur dirais de vivre au quotidien avec leurs rêves dans la tête pour ne pas les oublier, et de travailler sans relâche à leur concrétisation, mais sans écraser ni bousculer les autres pour autant.
En un mot donner corps à ses rêves dans la fraternité avec les autres.

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société martiniquaise,  devrait-on suivre ? Je dirais plutôt qu’il y a plein de petites routes tracées, dans les initiatives des associations, des personnes qui s’engagent, des élus politiques aussi qui essaient de faire avancer les choses, des enseignants et éducateurs, des sportifs et artistes, des chefs d’entreprises… Mais le problème est que ces initiatives bienveillantes et fécondes restent à l’état de dispersion, coupées les unes des autres, dans une île de 1000 kms2, ce qui crée l’impression que nous tournons en rond. Ce serait bien de les réunir dans un livre et de faire le point pour avancer vraiment.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Par exemple, sans flatterie, une initiative comme Talan An nou force mon admiration, parce qu’elle met l’accent sur ce que nous portons de beau, de constructif, de brillant en nous et vise à le faire connaître et savoir. C’est extraordinaire !

Un mot pour la fin ? Chez nous, nous avons la lampe, nous avons la lumière : il suffit juste d’allumer la mèche. Alors, faisons-le et ensemble !

La Mazurka perdue des femmes-couresse Corinne Mencé-Caster
Mérine Céco – La Mazurka perdue des femmes-couresse – éditions Ecriture – Paris – octobre 2013.

Avant de se quitter, découvrez Corinne plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Je suis optimiste, déterminée et dotée d’un grand sens de l’humour qui me permet de relativiser les choses dans les épreuves.

Et en un mot ? Déterminée.

Que fais-tu de ton temps libre ? J’écris et je lis énormément.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante? Face à une situation positive j’en profite pleinement en me disant que chaque bon moment est à prendre. Irritante, je me demande si je m’en souviendrai ou non dans deux jours.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Kassav’, Francis Cabrel, Malavoi, Adèle…

Ton artiste préféré ? Eddy, mon époux.

Ton repas préféré ? Colombo de poulet et riz créole.

Un voyage mémorable ? Oui celui organisé à Margarita, où j’ai pu nager au milieu des étoiles de mer.

"J’aime les cultures plurielles comme la culture caribéenne où rien n’est vraiment figé"

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? J’aime les cultures plurielles comme la culture caribéenne où rien n’est vraiment figé.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? Celui de lire parfaitement sur les lèvres..

Dans la vie, qu’est-ce qui est important à tes yeux ? La sincérité.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Le fait que le soleil a toujours brillé après la pluie.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Fonder une école divergente avec un enseignement multilingue, écologique et fondé sur l’interculturel.

Au revoir Man Tine Corinne Mencé-Caster
Mérine Céco, « Au revoir Man Tine » - éditions Ecriture, février 2016.

Emmanuelle Soundjata, Styliste éco-designer

"Le Maré Tèt, tel que je le conçois est un état d'esprit, la connaissance de nous-mêmes et l'ouverture sur le monde"

Emmanuelle Soundjata est une styliste éco-designer. Cette serial entrepreneure est experte en maré tèt et body wrap. Son talent participe à sublimer l’art afro-caribéen, art qu’elle souhaite international. Elle valorise aussi d’autres créateurs du bassin caribéen dans sa boutique Tématik. Sur les réseaux sociaux elle partage, avec sa communauté de plus de 11 000 fans, les photos de ses shootings audacieux.  Rencontre avec cette jeune révolutionnaire de la mode et, altermondialiste!

Nom: Soundjata     PrénomEmmanuelle     Âge:  33 ans Couleur: J’aime toutes les couleurs

Dicton: “Je ne perds jamais, soit j’apprends, soit je gagne” – Nelson MANDELA « MADIBA » 

Activité professionnelle: Styliste éco-designer / Créatrice Maré Tèt

Lieu de résidence: Martinique  

Contact: Facebook Atelier Maré Tèt – Facebook Tématik Boutikwww.ateliermaretet.com  – +596 696 16 21 91 – ateliermaretet@hotmail.com

Prix: Médaille de Bronze MPPF 2015

PARCOURS

"Ne vous laissez pas influencer. Restez fidèles à vous-mêmes"

Le Maré tèt! Raconte-nous comment tu as commencé. Mon parcours a été atypique, dans la mesure où j’ai d’abord effectué des études de droit puis j’ai bifurqué pour atterrir dans le milieu de la mode et singulièrement la mode qualifiée d’ethnique, qui dans mes années d’étudiante n’était pas encore tendance.

Égérie du 1er concept store Ethnique de Paris durant trois ans, parallèlement j’organisais des Atelier Maré Tèt (anciennement appelé T-URBAN STYLE) à Paris. C’est alors que j’avais constaté que de plus en plus de femmes trouvaient cela très intéressant, mes ateliers étaient beaucoup recherchés. J’ai décidé de lancer le concept Atelier Maré Tèt en 2012 et de le lancer aussi en Martinique. De plus, j’ai ouvert le premier concept store Multi Ethnik, TEMATIK, de Martinique basé à Fort de France. L’objectif est mettre en vitrine des artistes afro caribéens issus de la Martinique mais également de différentes régions du monde.

Aujourd’hui, cela fait 11 ans que j’anime mes ateliers. Le Maré Tèt, tel que je le conçois est un état d’esprit, la connaissance de nous-mêmes et l’ouverture sur le monde. Autrement dit, il n’est pas communautaire, ni sectaire, il est multiculturel. La tradition doit pouvoir évoluer avec son époque pour pouvoir perdurer dans le temps.

J’ai toujours eu du mal avec la routine! Je ne pouvais concevoir ma vie entière dans un bureau avec des horaires fixes. Faire de ma passion mon métier, c’est ce que j’avais décidé pour ma vie. Ce virage n’est pas facile, surtout sur le plan financier. Il faut avoir un “grain de folie”, de la détermination, de l’endurance et être bien entouré. Ma mère m’a beaucoup aidée. Et surtout savoir saisir sa chance !

"Il faut avoir un grain de folie, de la détermination, de l'endurance et être bien entouré"

2014 marque l’ouverture de Tématik Boutik. Quelle était ta personnalité à cette époque ? Comment as-tu réussi à te lancer ? C’est après avoir eu cette expérience avec la première boutique ethnique de Paris que j’ai voulu faire découvrir à mes compatriotes les créateurs de la mode ethnique qui renvoie à une réelle ouverture sur les autres cultures. Il ne s’agit pas d’exotisme.

Tématik, c’est un condensé de mon prénom, de la mode Ethnique et les différents thèmes abordés par le concept, au travers de bijoux-accessoires, de pièces de créateurs et d’objets art déco. Un concept store qui réunit au sein d’un même espace des produits ethniques.

Cette boutique est née de l’envie de militer et de contribuer à des échanges plus justes et de proposer une altermondialisation. Tématik, c’est aussi la revalorisation des richesses culturelles. C’est un lieu qui réuni mon goût artistique et mon engagement pour l’éthique dans un même lieu. Le concept store allie le commerce équitable, le bio, le développement durable tout en soutenant les jeunes créateurs de la zone caribéenne souvent en difficulté au niveau de la visibilité. C’est une vitrine qualitative pour les jeunes créateurs d’ici et d’ailleurs.

Plateforme Bèl Chivé, Atelier Bèl chivé. Dis-nous tout. Bèl Chivé, est une plateforme sur Facebook destinée aux femmes et hommes désirant obtenir des informations sur les soins pour les cheveux naturels. Le choix de l’appellation Bèl Chivé, signifie qu’à partir du moment où l’on soigne ses cheveux on aura de beaux cheveux quelque soit sa nature de cheveu.

Dans la continuité de la plateforme, j’ai mis en place des Ateliers Bèl Chivé qui avaient lieu essentiellement à Fort-de-France. Ils permettaient de mettre en relation des professionnels du cheveu naturel et des femmes désireuses de mieux connaître leur cheveu, comment les soigner, comment les coiffer… Ces ateliers ont été les premiers en Martinique sur le cheveu naturel ouvert à au grand public.

Que défends-tu à travers ta position ? Il est important que nous soyons les ambassadeurs de notre patrimoine, de notre richesse culturelle… Nous devons nous réapproprier notre Histoire sans fausses notes et transmettre aux générations qui arrivent.

© Facebook Atelier Maré Tèt

"Soyons les ambassadeurs de notre patrimoine, de notre richesse culturelle"

Quel pouvoir donnes-tu à ton travail de stylisme? Il s’agit d’un style qui nous ressemble avec de belles matières, colorées, des coupes originales et intelligentes. C’est un style original, mêlant créativité et notre diversité culturelle. C’est un trait d’union entre l’Afrique et les Antilles.

Que souhaites-tu à travers ton travail de stylisme pour la Femme, le peuple afrodescendant ? Je souhaiterais que mon stylisme contribue au fait que la Femme Afro s’aime t’elle qu’elle est. Que nous soyons fiers de notre Patrimoine, de notre Histoire .

Comment se déroule une journée typique dans la peau d’Emmanuelle Soundjata ? Généralement, c’est direction la boutique Tématik. Je vérifie tous mes mails, coups de fils etc… Ce sont des journées extrêmement pleines, et d’une heure à l’autre, le programme prévu peut changer. Je booke aussi mes shootings, je réfléchis à la direction artistique.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmontés ? Oui, en effet, je suis passée par des hauts et des bas comme tout le monde. Je peux dire que dans mon domaine d’activité je me suis construite toute seule… Bien entendu j’ai évolué, j’en connais un peu plus sur la nature humaine. Certaines choses s’apprennent lors de grosses déceptions. Ce que je retiens c’est qu’il ne faut pas se laisser influencer, il faut rester fidèle à soi-même coûte que coûte. J’ajouterais que ce qui a été difficile ce sont les moqueries, les préjugés que certains ont pu avoir sur le Maré tèt. Il a fallu faire preuve de détermination et de persévérance. De plus, la difficulté que rencontre tout jeune entrepreneur c’est toujours les finances. Trouver un financement n’est pas facile.

Ainsi, il faut être exigeant avec soi-même. Avoir une discipline de fer. Être femme en 2017 c’est être libre, s’ouvrir au monde, ne jamais dire que ce n’est pas possible parce qu’on est une femme. Au contraire, cela peut être un atout d’ailleurs.

Quelle est ta plus grande peur ? Tomber malade et de ne pas pouvoir continuer ma passion.

Des projets futurs ? Continuer à développer mon activité et faire une Fashion Week.

Nadine Ramin alias Ayden, créatrice de GLAM ETNIK en plein essayage à Tématik © Facebook Tématik Boutik

INSPIRATION

"Être femme en 2017 c'est être libre, s'ouvrir au monde, ne jamais dire que ce n'est pas possible"

Qui est ton modèle dans la vie ? Ma mère est mon modèle, c’est une femme superbe!

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Je serais Paulette Nardal (NDLR: (1896-1985) Femme de lettres et journaliste martiniquaise, Paulette est la première femme noire à étudier à la Sorbonne. Militante de la cause noire, elle est une des inspiratrices du courant littéraire de la négritude).

Quelle est ta principale source d’inspiration ? La vie.

MESSAGE

"Avoir la foi et une passion, croire en soi, être observateur..."

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes martiniquais/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Le monde s’est construit grâce à ceux qui ont su réaliser leurs rêves. Nous avons une chance immense d’habiter le bassin caribéen par sa diversité. Il est important d’avoir la foi, de s’instruire, d’avoir une passion, de croire en soi, d’être observateur… Il faut toujours se dépasser et avoir beaucoup de patience car le chemin qui mène à la réussite est souvent tortueux.

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société martiniquaise,  devrait-on suivre ?  Il y a de plus en plus de manifestations culturelles et artistiques locales et internationales qui se produisent à la Martinique, ce qui est une bonne chose. Cependant, on peut constater que certains secteurs du monde artistique sont encore élitistes. Il faudrait plus de projets impliquant les jeunes dans l’expression artistique. Quant à la mode caribéenne, il y a beaucoup de jeunes créateurs caribéens très talentueux, qui sont pour la plus part installés à l’étranger. Ils devraient venir plus souvent sur dans la Caraïbe.

"Une grande partie de notre de patrimoine s'éteint en l'absence de transmission entre générations"

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? J’admire tous les projets menés par les compatriotes qui ont pour but la revalorisation de notre richesse culturelle. Par exemple : tous les projets concernant la sauvegarde de l’agriculture biologique, la préservation de notre environnement.

Concernant nos artistes, leur force est qu’ils sont afro caribéens. Nous avons un paradigme différent des autres et donc des choses à proposer très intéressantes avec une vision différente. Néanmoins, il serait bien d’utiliser les moyens modernes de communication (internet, réseaux sociaux, etc.) de manière plus efficace .

Un mot pour la fin ? J’aimerai tout d’abord mettre l’accent sur le fait qu’il est important de TRANSMETTRE. Une grande partie de notre de patrimoine s’éteint en l’absence de transmission de nos savoir-faire traditionnels et ancestraux entre générations. Enfin à mon niveau, j’apporte ma pierre à l’édifice culturel de mon île aussi petite soit elle car comme en dit chez nous: sé grèn diri ka fè sak diri!

© Emmanuelle Soundjata
© Emmanuelle Soundjata

Avant de se quitter, découvrez Emmanuelle plus en détails: 

PORTRAIT

© Emmanuelle Soundjata
© Emmanuelle Soundjata

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Femme dynamique, déterminée, indépendante et amoureuse de sa culture. Je suis une artiste engagée.

Et en un mot ? Simple.

Que fais-tu de ton temps libre ? J’aime faire du sport, voyager et refaire le monde.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante? Face à une situation positive, je remercie Dieu de m’avoir donnée ces opportunités .. Irritante, je me dis que les choses vont finir par s’arranger. Ne jamais se contrarier contre une contrariété…Et je remercie Dieu pour la leçon.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Eugène Mona, Whitney Houston, Nina Simone, Billie Holliday, Bob Marley.

Ton artiste préféré ? Nina Simone.

Ton repas préféré ? Un bon court-bouillon de poisson, avec des légumes.

Un voyage mémorable ? Sénégal. C’est un pays magnifique.

"L'espoir...Ces petites choses du quotidien, le soleil qui brille, une parole positive, un sourire"

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? La culture noire me fascine de par ses différentes expressions.

Un talent étrange ? Savoir instinctivement élaborer des stylismes complexes et différents dans le maré tèt en fonction de la forme du visage du modèle, de sa personnalité. Il en va de même pour ce qui est du Body Wrap (extension de l’art de nouer le turban extrapolé aux vêtements avec un paréo ou un pagne) technique que j’ai inventée pour compléter mon activité.

Dans la vie, qu’est-ce qui est important à tes yeux ? La liberté et le bien-être de mes proches.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Ce sont les petites choses du quotidien, le soleil qui brille, une parole positive, un sourire.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je voyagerais et aiderais les plus démunis.

"Je souhaiterais que mon stylisme contribue au fait que la Femme Afro s'aime t'elle qu'elle est"

Emmanuelle Soundjata © Facebook Tématik Boutik

Sarah Chillan Heusel, Entrepreneure

Sarah Chillan Heusel est une Serial entrepreneure. Tourisme, voyage, hôtellerie.., elle touche à tout sans limite et avec brio. Finaliste du Concours Etincelle d’Orange Caraïbe en 2013, elle lance Sweet Caribbean Holidays, start-up dans l’e-tourisme. Cette jeune martiniquaise de 26 ans part audacieusement à la reconquête des touristes nord-américains. Rencontre d’une Femme Ambitieuse !

 

Nom: Chillan Heusel            PrénomSarah Age:  26 ans Couleur: Blanc

Dicton : What you think you are, you become Activité professionnelle : Entrpereneur

Lieu de résidence : Martinique  

Contact: Instagram (@sarahchillanheusel) – Facebook  – www.sweetcaribbeanholidays.com

Prix, distinctions : Lauréate Concours Etinc’Elles par Orange Caraïbe 2013

PARCOURS

Toutes mes expériences n’ont pas été positives mais très constructives, j’ai su rebondir dessus et les utiliser intelligemment

Quelle a été ta formation ? J’ai suivis des études secondaires de lettres et de langues. Ensuite j’ai effectuée 4 ans d’études dans le milieu du management Hôtelier et touristique dont 2 années à l’école supérieure de Gastronomie Française Grégoire FERRANDI à Paris.

Quand as-tu décidé de devenir une « serial entrepreneure » ? Quelles ont été tes différents postes ? Ces 6 dernières années j’ai expérimenté différents postes (Agent de Voyage, Responsable F&B, Agent de location de voiture, Chargée de développement touristique etc) dans l’industrie du tourisme, voyage et Hôtellerie toujours en combinant une petite activité entrepreneuriale à coté seule ou avec des associées (Dosa Diamonds avec Dominique Patrice / Fahion Music Show avec Malika Jean Francois et Amelle Rahou / Bacchanal Festival avec Gaël Elizabeth, fondateur de Dousinn). Je me suis associée à d’autres entrepreneurs dans le milieu de l’évènementiel. Quand on commence on ne s’arrête plus. Toutes mes expériences n’ont pas été positives mais très constructives, j’ai su rebondir dessus et les utiliser intelligemment. 

Parle-nous de ta participation au concours étincelles et Sweet Caribbean Holidays. Il y a 4 ans (Déjà !), j’ai décidé de me lancer dans Sweet Caribbean Holidays et de participer au concours Etincelles organisé par Orange Caraïbe afin de récolter des fonds pour démarrer (NDLR: Concours réunissant près de 40 participantes. Les trois finalistes ont bénéficié de 3 mois de coaching. Sarah a remporté le premier prix et une enveloppe de 10 000€). Pendant 4 mois, j’ai eu l’opportunité de bénéficier de séances de coaching avec des professionnels du milieu entrepreneurial. C’était vraiment une de mes meilleures expériences dans le monde de l’entreprise. Âgée de 22 ans, c’est vraiment à ce moment que tout a commencé et que le déclic s’est fait. Il m’a cependant fallu 4 ans pour retravaillé le business Model de Sweet Caribbean Holidays et m’assurer qu’il était viable. Pendant ces 4 années j’ai aussi énormément appris grâce à mes différentes expériences et rencontres.

Sarah Chillan Heusel Talan An Nou

Le plus difficile aujourd’hui est la combinaison de tout ce qui entoure ma vie de femme, de maman et celle d’entrepreneure

Quel poste occupes-tu actuellement ? Quels sont les domaines d’expertise ? Aujourd’hui je suis directrice fondatrice chez Sweet Caribbean Holidays, Start’up dans l’e-tourisme.

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? Le plus difficile aujourd’hui est la combinaison de tout ce qui entoure ma vie de femme, de maman et celle d’entrepreneure. C’est très difficile de trouver un équilibre et d’assurer partout. Petit à petit je finis par intégrer que je ne peux pas être à 100% partout et tout le temps et je deviens beaucoup plus indulgente avec moi-même.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmontés ? Ce ne sont pas vraiment des obstacles mais je pense que cela fait partie de la vie de chaque entrepreneure en particulier les femmes. J’ai souvent entendu des choses comme « Elle est trop ambitieuse », « Tu rêves trop » , « Va chercher un vrai travail au lieu de t’investir dans des projets qui ne vont pas marcher », ce type de paroles sont certainement les plus dévastatrices pour un Wantpreneur ou un entrepreneur, surtout quand cela vient de son entourage proche. En ce qui me concerne, pendant longtemps je les ai supportés en essayant d’en faire abstraction mais plus le temps passait et plus je perdais confiance en moi, en mes ambitions et je n’arrivais plus à réussir ce que j’entreprenais et je finissais par accepter l’inacceptable. Quelques années après, j’ai finalement décider de m’éloigner de ces personnes qui ne croyaient pas en moi, en ce que je souhaitais faire et qui n’avaient pas les mêmes valeurs que moi. C’était radical mais c’était la meilleure chose à faire. Puis, j’ai pris quelques temps pour me reconstruire, voyager redécouvrir qui j’étais et ce que je voulais vraiment pour ensuite me lancer à nouveau ! Avoir confiance en soi est vraiment la première base de l’entreprenariat.

Quelle est ta plus grande peur ? Me faire mordre par un serpent. 

Des projets futurs ? Continuer à entreprendre tout en améliorant la vie des gens. J’aimerai aussi créer la Fondation SCH (Projet en cours) afin d’aider le développement de l’entreprenariat au féminin dans la Caraïbe.

Avoir confiance en soi est vraiment la première base de l’entreprenariat

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Ma mère.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? Rosa Parks, pour son audace, sa confiance en elle, ses valeurs humaines, et sa détermination à faire changer les mentalités.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? Mon fils.

Sweet Caribbean Holidays Talan An Nou
Opération à succès pour Sweet Caribbean Holidays: Découverte de la Martinique et Sainte-Lucie par 5 influenceuses internationales en Décembre dernier.

Rosa Parks, pour son audace, sa confiance en elle…

MESSAGE

Croyez en vous. Accrochez-vous. Battez-vous. N’abandonnez pas. Sonnez à toutes les portes

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes martiniquais/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Croyez en vous. Accrochez-vous. Battez-vous. N’abandonnez pas. Sonnez à toutes les portes. Et vivez l’aventure de la vie et de l’entreprenariat à fond !

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société martiniquaise,  devrait-on suivre ? Tracée par qui ? Je pense que nous devrions créer une série de cours ou interventions qui encourageraient l’entreprenariat depuis le collège. C’est-à-dire, une valorisation précoce des entrepreneurs, plus jeunes et moins jeunes ainsi qu’un investissement régulier des plus expérimentés auprès de ceux qui se sont déjà lancé ou qui souhaitent le faire. On devrait aussi un peu plus encourager la créativité tout au long de la scolarité.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? J’admire le travail de tous les médias locaux, les politiques et aussi les Chefs d’entreprises qui encouragent l’entreprenariat ainsi que certains artistes qui soutiennent toujours les créations de chez nous.

Un mot pour la fin ? Be positive. Talk Positive. Share love. Always . Do it with passion, and amazing things will happen to you.

Be positive…amazing things will happen to you

Sarah Chillan Heusel Talan An Nou
Sarah Chillan Heusel et Dominique Patrice, les fondatrices de DoSa Diamonds (Boutique en ligne de bijoux et accessoires de mode)

Avant de se quitter, découvrez Sarah plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Enthousiaste, déterminée, philanthrope, loyale.

Et en un mot ? Ambitieuse.

Que fais-tu de ton temps libre ? J’aime beaucoup lire, écouter de la musique et voyager.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante? Face à une situation positive j’ai tendance à être très enthousiaste et joyeuse. Irritante, je serais un peu plus discrète. J’attendrais aussi que mes émotions redescendent avant de réagir.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Un peu de tout. Justin Bieber, Trina, Rihanna, Methis, Saik, Jay Z, Tupac, Bob Marley, Ellie Goulding, Machel Montano.

Ton artiste préféré ? Je n’ai pas vraiment d’artiste préféré. J’ai des kiffs musicaux. La musique et les artistes étant en constante évolution il est difficile pour moi de m’identifier à une seule personne mais je suis l’évolution de plusieurs d’entre eux.

Ton repas préféré ? Ma double culture m’oblige à énoncer 2 choix ! En plat Créole je dirais: Fricassé d’agneau. Et en Cuisine Allemande : Rot Kraut mit Goulash und Knödel (Choux rouge, Porc sauce au poivre, et spécialité allemande à base de pain et d’œuf).

Un voyage mémorable ? Mon séjour à New York en 2014 avec mon amie Malika.

C’est aux Etats Unis, ou avec des américains que j’ai fais mes plus gros coups, j’ai la même vision qu’eux du business en général

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? Je suis attirée par la culture américaine qui est construite autour du capitalisme et de l’entrepreunariat. Je suis convaincue que si on veut quelque chose on doit travailler dur pour l’avoir et faire des sacrifices. Elle est inculquée dès le plus jeune là-bas et je pense que c’est un des secrets de leur économie. Les jeunes sont encouragés à créer, à sortir des sentiers, â être eux même. C’est aux Etats Unis, ou avec des américains que j’ai fais mes plus gros coups, j’ai la même vision qu’eux du business en général.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? J’ai la fâcheuse manie de caresser le lobe de mon oreille gauche quand je suis stressée.

Dans la vie, qu’est-ce qui est important à tes yeux ? Le soutien de mes proches. Je suis vraiment chanceuse car j’ai une famille incroyable.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Quand je traverse une situation difficile, je me pose souvent pour faire un point sur les différents aspects de ma vie et je commence a lister ce pour quoi je suis reconnaissante. De nature optimiste,  après ca, en général je suis reboostée et beaucoup plus sereine.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? J’ai déjà tout arrêté et je suis déjà en train de vivre mon plus grand rêve.

Je suis déjà en train de vivre mon plus grand rêve

Sarah Chillan Heusel Talan An Nou

Doris Nol, Fondatrice de Caraibexpat

Doris Nol a créé un lien virtuel et international entre tous les Antillo-Guyanais: le site Caraibexpat! De quoi nous pousser à voyager, réseauter, exceller dans notre vie professionnelle grâce à ces internautes géolocalisables dans plus de 200 villes du monde. Rencontre avec cette blogpreneure de Martinique âgée de 29 ans.

Partie de rien, Doris Nol se consacre maintenant à 100% à caraibexpat.fr.

caraibexpat

Géolocalisez-vous sur Caraibexpat. C’est simple!

PORTRAIT

Nom: Nol  PrénomDoris Age:  28 ans Couleur: l’orange et le bleu  Profession: Blogueuse Contact: www.caraibexpat.fr

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Je m’appelle Doris, mes passions : les voyages et les langues étrangères (anglais, portugais et espagnol)

Et en un mot ? Voyageuse.

Que fais-tu de ton temps libre ? Bloguer.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Je suis heureuse.

Et irritante? J’essaie de ne pas m’énerver. 

Dans ta playlist, on trouve qui ? Pas de qui en particulier mais plusieurs genres musicaux: reggaeton, rnb, rap US, funk carioca, salsa, bossa nova mais aussi dancehall et pop rock.

Ton artiste préféré ? Aucun en particulier.

Ton plat préféré ? Aucun en particulier.

Un voyage mémorable ? Le Brésil en 2012.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? La culture brésilienne me fascine. Là-bas, les mots “urgent” ou “grave” n’existent pas. Rien ne semble atteindre la quiétude et la positivité du mode de vie brésilien.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? Aucun en particulier.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Le fait de vivre et d’être en bonne santé d’une manière générale ! Je suis une personne plutôt enthousiaste, un peu insouciante, surtout pas craintive et positive.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Voyager.

Présentation de Caraibexpat

PARCOURS

"Les Antillais et les Guyanais sont nombreux à quitter leur territoire d’origine pour aller ailleurs. Peu reviennent. "

Quelle a été ta formation ? Licence école de commerce, master en communication.

Quand as-tu décidé de lancer Caraibexpat ? Quelles ont été tes motivations? Comment se passe la gestion du site ? J’ai créé www.caraibexpat.fr. Le site recense et connecte les martiniquais, guadeloupéens et guyanais dans 200 villes différentes dans le monde. La construction de ce réseau d’entraide vise à faire avancer les projets individuels (études, emplois, import-export, développement d’entreprise, recrutement etc…) et se faisant toute une communauté. Caraibexpat c’est aussi une panoplie de conseils pratiques multi-destinations, des événements networking dont le prochain a lieu en Guadeloupe le 4 janvier 2017.

Mes motivations étaient surtout un constat: les antillais et guyanais partent, souvent en France de façon presque automatique, et pourquoi pas ailleurs ? L’international me parlait davantage. Après mon voyage au Brésil, j’ai cherché comment faire un site web (tout ce qui touche au web n’est vraiment pas ma formation de base, j’apprends de nouvelles choses tous les jours). Je n’avais aucune envie de raconter ma vie mais je voulais que mon expérience soit utile à d’autres. J’ai commencé à essayer de trouver des gens qui partageaient cette même passion pour d’autres destinations que les régions francophones. Deux amies ont accepté de partager leurs expériences en Australie et au Pérou.

"J’ai choisi de faire quelque chose, avec des outils basiques, un budget presque inexistant et de la créativité"

Caraibexpat est né en juillet 2013 et le bouche à oreille ainsi que les supers fans de Caraibexpat qui suivent les actualités à fond et que je salue au passage car ils se reconnaîtront certainement, font qu’aujourd’hui qu’il y a des “Caraibexpats” qui se sont enregistrés dans 200 villes dans le monde, aussi bien les plus communes comme les moins probables (ex : Angola, Pologne, Taïwan, etc…), une panoplie de conseils pratiques multi-destinations, des événements networking. Il a aussi fallu refaire une meilleure version du site avec un professionnel cette fois !

J’ai eu des difficultés à trouver un nom court et évocateur pour les personnes des Antilles françaises et de la Guyane. Caraibexpat m’a paru être un bon compris. Un “lieu virtuel” ou se connectent ceux de chez nous et ceux qui vivent à l’extérieur de leur région d’origine…

Au delà de ça, on dit qu’une initiative part d’un fait qui dérange. En fait, ce qui me dérange c’est le fait que les Antillais et les Guyanais sont nombreux à quitter leur territoire d’origine pour aller ailleurs. Peu reviennent. Ce phénomène se perpétue depuis des décennies et existera toujours avec ces conséquences (négatives ou positives, chacun son avis). Mais qui peut vraiment les mesurer ? Comment faire en sorte que ces personnes contribuent au développement de leur région d’origine tout en étant à l’international ? Chacun connaît au moins une personne concernée dans son entourage mais personne n’a de réponse concrète à ces questions.

"Chacun peut contribuer au développement économique à son niveau"

L’objectif : démontrer que le monde est plein d’opportunités à saisir mis à part celles proposées en France hexagonale, 1er choix (quasi-automatique d’ailleurs) de nombre d’Antillais et Guyanais qui partent poursuivre leurs études ou travailler.

L’idée était aussi de montrer que partir à l’étranger sans rentrer n’est pas délaisser son territoire d’origine, chacun peut contribuer au développement économique à son niveau. Je suis convaincue que la fédération d’une communauté consciente et active et aussi les échanges caribéens et internationaux, sont des leviers essentiels au développement des Antilles. Cela paraît naturel mais c’est pourtant peu exploité. J’ai choisi de m’intéresser au sujet, de faire quelque chose, avec des outils basiques, un budget presque inexistant et de la créativité. Ensuite ce sont des problématiques qui dépasse la seule personne que je suis, donc je fais ma part, c’est mieux que rien.

À noter également: Le site ne s’adresse certainement pas seulement aux Antillais à l’étranger! Il est inutile de faire la différence entre les Antillais à l’étranger et ceux qui sont dans nos territoires d’origine. Chacun va et vient. Chacun y trouve un intérêt en restant relié via la communauté. Ceux qui pensent être isolés en Suède, aux Pays-bas ou en Italie, voient sur la Caraibexpat Map que ce n’est pas du tout le cas et sont contents de pouvoir contacter d’autres personnes dans les même pays. Ceux qui ne pensent pas partir pour une longue durée apprécient tout de même d’avoir des nouvelles des autres ou de pouvoir les contacter pour faire du tourisme dans le coin…

Le monde bouge. Que l’on soit aux Antilles, en Guyane ou ailleurs chacun à ses aspirations. Mais s’il y a bien une chose immuable, c’est l’endroit d’où l’on vient. Le tout est de ne pas rompre ce lien.

"L’objectif : démontrer que le monde est plein d’opportunités à saisir mis à part celles proposées en France hexagonale"

RDV Caraibexpat à la Maison de Martinique à Paris. Destinations phares : Brésil, Etats-Unis, Panama (localisation des intervenants) Crédits photo : Tito

Parle nous de ton expérience brésilienne et de ton parcours. Mon intérêt pour ce pays date de 2005, lorsque j’ai commencé des cours de danse brésilienne et de capoeira en Martinique. Ensuite, j’ai pris des cours de portugais. Puis j’ai voulu aller au delà des simples loisirs pour vivre une expérience professionnelle là-bas et aussi acquérir un niveau courant en Portugais. Je ne connaissais personnes là-bas et personne qui aurait eu envie de voyager au Brésil non plus dans mon entourage (entre vols, enlèvements, drogue, le pays a mauvaise presse si on accorde trop d’attention aux idées reçues).

Pour moi la vie est faites d’expériences et on apprend tout au long de sa vie. Je suis de ceux qui préfèrent se faire leur propre avis. J’ai donc décidé de partir seule en mode “sac à dos”. J’ai commencé mes recherches en octobre 2011. J’ai rassemblé toutes les informations que j’ai pu trouver sur les entreprises françaises basées au Brésil et j’ai envoyé plusieurs candidatures. C’est le parcours du combattant car il n’y a pas d’accord entre la France et le Brésil à l’image du permis vacances-travail bien connu pour le Canada. Fin janvier 2012, j’obtiens une 1ère réponse concrète, pour une mission d’assistante de communication volontaire dans une ONG. Nous avons passé l’entretien par skype, ensuite je suis arrivée à Rio de Janeiro puis à São Paulo et je commençais comme assistante de communication digitale au Fundo Brasil de Direitos Humanos ! A l’époque, j’ai été bien accueillie par Débora l’assistante de communication qui m’a fait passer l’entretien par Skype ainsi que toute l’équipe de l’ONG. Ma mission principale consistait à mettre à jour le contenu du nouveau site internet, réaliser la traduction des articles du portugais à l’anglais, suivre le projet et régler les dysfonctionnements avec l’agence de communication. J’étais un peu hésitante parfois, malgré un bon niveau de langue, il faut s’habituer à lire les termes techniques et à utiliser les logiciels classiques (par exemple word, power point etc…) en portugais ! On travaille un peu moins vite au début, mais il suffit d’avoir de la bonne volonté et de s’investir. Ensuit pour rester plus longtemps, il faut trouver un employeur motivé pour vous accompagner dans les démarches de visa. Ensuite, au bout de 3 mois (durée légale avec un visa touristique) c’est le processus que suivent tous les étrangers dans plusieurs pays dans le monde y compris ceux qui vivent en France : prononcez le mot “visa” (sous-entendu, administration, longue période d’attente, frais à payer etc…), il y a des chances que vous fassiez fuir n’importe quel employeur 🙂 !

J’ai quand même pu profiter pour visiter le pays et vivre des choses vraiment mémorables : rencontrer le joueur de football Ronaldo (le Brésilien, ancien champion), dans une soirée entre amis grâce à la propriétaire de la chambre chez l’habitant que j’avais loué, assister au carnaval de rio dans le sambodrome avec un américain et une australienne rencontrés dans un groupe de voyageur sur le web quelques jours auparavant, voir Ivete Sangalo en concert (chanteuse bien connue là-bas)…bref le genre de choses qui n’arrive qu’une fois dans la vie si l’on accepte de dépasser les clichés sur ce pays…

"Depuis Mai 2016, je suis donc blogueuse à plein temps"

Quel poste occupes-tu actuellement ? Après mon Master en 2010 et jusqu’à aujourd’hui en 2016, j’ai travaillé 6 ans dans la communication et l’organisation d’événement au sein d’un grand groupe à Paris et dans une administration publique en Martinique. Caraibexpat.fr c’était mon loisir durant les week-ends et mon temps libre. Mais l’engouement pour ce simple blog et l’évolution que j’ai constaté malgré le fait que c’était plutôt une forme de loisir m’ont poussés à m’y consacrer davantage. C’était le moment de se lancer un nouveau défi.

Depuis Mai 2016, je suis donc blogueuse à plein temps. Un peu comme mon aventure au Brésil, je verrai bien où cela me mènera !

Quels sont les domaines d’expertise ? Je suis plutôt autodidacte sur les sujets comme l’animation d’un blog, la définition d’une ligne et d’un planning éditorial, la création et optimisation de contenu en ligne (référencement naturel), la coordination d’événements, la gestion administrative, le community management…

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? Les choses sont difficiles au quotidien lorsque l’on décide de vivre de ce que l’on aime faire dans un environnement inadapté.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmonté ? Dans la vie, les obstacles sont ceux que l’on considère comme tels. Enfin, je prends généralement la vie de façon positive (à la brésilienne justement comme j’évoquais plus haut !). J’ai donc du mal à percevoir de réels “obstacles”. La société actuelle fait que nous avons tendance à ne pas donner aux choses l’importance qu’elles ont. Je ne vis pas dans un pays en guerre, et j’ai la chance d’être en bonne santé dans un environnement stable et sain. L’inverse serait pour moi un obstacle car se sont des choses sur lesquelles je n’ai pas d’emprise. En somme, je crois qu’il faut s’efforcer de profiter de l’instant présent, être curieux, faire ce que l’on a réellement envie de faire quand c’est possible, ne pas s’encombrer de choses négatives ou inutiles et le bonheur suivra certainement.

Quelle est ta plus grande peur ? C’est justement le fait de me retourner un jour et de me dire que je n’ai pas fait ce que je voulais vraiment faire dans ma vie au moment où il le fallait. Je crois qu’on appelle çà les regrets et pour l’instant j’ai la chance de ne rien avoir a regretter!

Des projets futurs ? Rien de particulier de prévu.

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Je n’en ai aucun.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Aucun nom ne me vient en tête.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? Les sites web spécialisés et les vidéos tutoriels youtube (pas très originale, mais je n’ai pas d’idoles en fait…).

Interview d’une guyanaise à Singapour

MESSAGE

"Voyagez, allez vers l’inconnu"

Que dirais-tu aux lecteurs pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? J’avoue avoir du mal avec cette position de “conseiller”, je ne suis pas sûre d’avoir assez de recul pour çà.. Je leur dirai : “voyagez, allez vers l’inconnu, toute expérience est bonne à prendre, prenez des initiatives, donnez vous les moyens de réaliser vos projets, faites ce qui vous plait vraiment et pas ce qu’un autre vous dit de faire dès que c’est possible. Faites des erreurs pour retenter votre chance et mieux réussir. Trouver aussi le moyen de contribuer, même à distance au développement de votre région d’origine car l’avenir est entre les mains de la jeunesse, si elle s’en détourne…je vous laisse finir la phrase :-).

Quelle direction devrait-on suivre, en faveur de la société martiniquaise ? Se risquer et concevoir le monde ainsi que nos régions comme un ensemble d’opportunités à saisir sans attendre.    

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Le mentorat de ceux qui réussissent vers ceux qui débutent à peine. Exemple : les fondations et associations créés par des entrepreneurs ou d’anciens sportifs internationaux originaires des Antilles ou de Guyane.

Un mot pour la fin ? Merci à Talan an Nou pour l’interview et surtout merci à tous ceux qui suivent caraibexpat.fr dans nos régions et dans le monde entier !

"Faites des erreurs pour retenter votre chance et mieux réussir"

caraibexpat doris dol

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Talan An Nou s’ouvre à la Caraïbe

Après des portraits de Guadeloupe, direction Martinique et Haïti

En Mars 2016, la fondatrice a décidé de couvrir les îles de la Martinique et d’Haïti. Depuis, de nombreux interviews de martiniquais et haïtiens ont été réalisés. Pourquoi cette ouverture géographique ? Trois raisons.

1. Forte demande dès sa création

Tout d’abord, dès le lancement de Talan An Nou en Octobre 2015, de nombreuses personnes souhaitaient que des Talents de la Martinique soient également présentés sur Talan An Nou. Cependant, à cette époque, Talan An Nou était uniquement réservé à la Guadeloupe. De plus, gérant ce site internet et ses réseaux sociaux (Facebook, Instragram, Twitter) seule, il était impossible de répondre favorablement à cette forte demande.

 

2. Évolution positive

Ensuite, Talan An Nou connait une belle évolution! En effet, Talan An Nou c’est près de 20 000 visites par mois, 22 portraits publiés de Guadeloupéens, une communauté de plus de 2 500 Talan sur les réseaux sociaux, un débat à succès avec près de 250 participants sur le thème de l’estime de soi levier de réussite (rétrospective ici).

Cette évolution entraine une activité de travail plus importante. L’équipe de Talan An Nou s’est donc agrandie (Enfin! Vous la découvrirez bientôt).

Tout cela représente une occasion parfaite pour Yasmyn Camier de concrétiser sa volonté de travailler pour la Caraïbe.

3. La Caraïbe, notre région voisine

Enfin, pourquoi la Caraïbe? Car cet arc-archipel est une zone géographique extraordinaire, hétérogène, diversifiée grâce à ces îles si différentes et uniques. Quelle frustration de constamment la réduire à une destination de vacances/carnaval ou d’en parler uniquement lors de catastrophes naturelles. N’est-ce pas ?

Voyager dans la Caraïbe rappelle que malgré nos différences (linguistiques, culturelles, socioéconomiques, etc.), notre « way of life » est la même… Il existe un esprit propre à cette région du monde que ni une langue, ni une nation, ni un statut colonial ne peuvent altérer. Nous sommes voisins mais vivons cloisonnés par nos limites territoriales.  (Pour approfondir vos connaissance sur la Caraïbe, le blog de la talenteuse journaliste Guadeloupéenne, Mylène Colmar, est à suivre)

Présenter des portraits de Guadeloupe, de Martinique, d’Haïti réunis sur un seul site participera fortement à:

  • Créer un pont entre ces îles et les rapprocher entre elles (bye le racisme anti-haïtien…) ;
  • Mettre en avant ces îles francophones de la Caraïbe si souvent oubliées (langue, statut) ;
  • Abattre les nombreux stigmates rattachés à ces régions (Caraïbe= exotisme, couleurs, fête, etc. Haïti= pauvreté, immigration, etc. Antilles françaises= France hexagonale, rhum, la coco, etc.) ;
  • Renforcer la coopération caribéenne et l’identité régionale caribéenne (très souvent négligée au détriment de l’identité nationale) ;
  • Valoriser ces territoires et ses habitants ;
  • Partager le succès, la réussite et inspirer, motiver via le portraits d’afrodescendants ;
  • Détruire l’idéologie du « Noir » incapable.

Il s’agit d’une nouvelle aventure excitante qui s’annonce riche et intéressante. On espère que vous continuerez d’adhérer avec autant d’engouement. On souhaite également la bienvenue aux nouveaux lecteurs qui nous rejoignent (il y a de la place pour toute le monde 😆 ).

La méthode restera la même. Si vous connaissez des Talan (dont vous), n’hésitez pas à nous contacter.

Encore merci à tous pour votre soutien, NOU ka travay.

I pati !

L’équipe Talan An Nou