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Doris Nol a créé un lien virtuel et international entre tous les Antillo-Guyanais: le site Caraibexpat! De quoi nous pousser à voyager, réseauter, exceller dans notre vie professionnelle grâce à ces internautes géolocalisables dans plus de 200 villes du monde. Rencontre avec cette blogpreneure de Martinique âgée de 29 ans.

Partie de rien, Doris Nol se consacre maintenant à 100% à caraibexpat.fr.

caraibexpat

Géolocalisez-vous sur Caraibexpat. C’est simple!

PORTRAIT

Nom: Nol  PrénomDoris Age:  28 ans Couleur: l’orange et le bleu  Profession: Blogueuse Contact: www.caraibexpat.fr

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Je m’appelle Doris, mes passions : les voyages et les langues étrangères (anglais, portugais et espagnol)

Et en un mot ? Voyageuse.

Que fais-tu de ton temps libre ? Bloguer.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Je suis heureuse.

Et irritante? J’essaie de ne pas m’énerver. 

Dans ta playlist, on trouve qui ? Pas de qui en particulier mais plusieurs genres musicaux: reggaeton, rnb, rap US, funk carioca, salsa, bossa nova mais aussi dancehall et pop rock.

Ton artiste préféré ? Aucun en particulier.

Ton plat préféré ? Aucun en particulier.

Un voyage mémorable ? Le Brésil en 2012.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? La culture brésilienne me fascine. Là-bas, les mots “urgent” ou “grave” n’existent pas. Rien ne semble atteindre la quiétude et la positivité du mode de vie brésilien.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? Aucun en particulier.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Le fait de vivre et d’être en bonne santé d’une manière générale ! Je suis une personne plutôt enthousiaste, un peu insouciante, surtout pas craintive et positive.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Voyager.

Présentation de Caraibexpat

PARCOURS

"Les Antillais et les Guyanais sont nombreux à quitter leur territoire d’origine pour aller ailleurs. Peu reviennent. "

Quelle a été ta formation ? Licence école de commerce, master en communication.

Quand as-tu décidé de lancer Caraibexpat ? Quelles ont été tes motivations? Comment se passe la gestion du site ? J’ai créé www.caraibexpat.fr. Le site recense et connecte les martiniquais, guadeloupéens et guyanais dans 200 villes différentes dans le monde. La construction de ce réseau d’entraide vise à faire avancer les projets individuels (études, emplois, import-export, développement d’entreprise, recrutement etc…) et se faisant toute une communauté. Caraibexpat c’est aussi une panoplie de conseils pratiques multi-destinations, des événements networking dont le prochain a lieu en Guadeloupe le 4 janvier 2017.

Mes motivations étaient surtout un constat: les antillais et guyanais partent, souvent en France de façon presque automatique, et pourquoi pas ailleurs ? L’international me parlait davantage. Après mon voyage au Brésil, j’ai cherché comment faire un site web (tout ce qui touche au web n’est vraiment pas ma formation de base, j’apprends de nouvelles choses tous les jours). Je n’avais aucune envie de raconter ma vie mais je voulais que mon expérience soit utile à d’autres. J’ai commencé à essayer de trouver des gens qui partageaient cette même passion pour d’autres destinations que les régions francophones. Deux amies ont accepté de partager leurs expériences en Australie et au Pérou.

"J’ai choisi de faire quelque chose, avec des outils basiques, un budget presque inexistant et de la créativité"

Caraibexpat est né en juillet 2013 et le bouche à oreille ainsi que les supers fans de Caraibexpat qui suivent les actualités à fond et que je salue au passage car ils se reconnaîtront certainement, font qu’aujourd’hui qu’il y a des “Caraibexpats” qui se sont enregistrés dans 200 villes dans le monde, aussi bien les plus communes comme les moins probables (ex : Angola, Pologne, Taïwan, etc…), une panoplie de conseils pratiques multi-destinations, des événements networking. Il a aussi fallu refaire une meilleure version du site avec un professionnel cette fois !

J’ai eu des difficultés à trouver un nom court et évocateur pour les personnes des Antilles françaises et de la Guyane. Caraibexpat m’a paru être un bon compris. Un “lieu virtuel” ou se connectent ceux de chez nous et ceux qui vivent à l’extérieur de leur région d’origine…

Au delà de ça, on dit qu’une initiative part d’un fait qui dérange. En fait, ce qui me dérange c’est le fait que les Antillais et les Guyanais sont nombreux à quitter leur territoire d’origine pour aller ailleurs. Peu reviennent. Ce phénomène se perpétue depuis des décennies et existera toujours avec ces conséquences (négatives ou positives, chacun son avis). Mais qui peut vraiment les mesurer ? Comment faire en sorte que ces personnes contribuent au développement de leur région d’origine tout en étant à l’international ? Chacun connaît au moins une personne concernée dans son entourage mais personne n’a de réponse concrète à ces questions.

"Chacun peut contribuer au développement économique à son niveau"

L’objectif : démontrer que le monde est plein d’opportunités à saisir mis à part celles proposées en France hexagonale, 1er choix (quasi-automatique d’ailleurs) de nombre d’Antillais et Guyanais qui partent poursuivre leurs études ou travailler.

L’idée était aussi de montrer que partir à l’étranger sans rentrer n’est pas délaisser son territoire d’origine, chacun peut contribuer au développement économique à son niveau. Je suis convaincue que la fédération d’une communauté consciente et active et aussi les échanges caribéens et internationaux, sont des leviers essentiels au développement des Antilles. Cela paraît naturel mais c’est pourtant peu exploité. J’ai choisi de m’intéresser au sujet, de faire quelque chose, avec des outils basiques, un budget presque inexistant et de la créativité. Ensuite ce sont des problématiques qui dépasse la seule personne que je suis, donc je fais ma part, c’est mieux que rien.

À noter également: Le site ne s’adresse certainement pas seulement aux Antillais à l’étranger! Il est inutile de faire la différence entre les Antillais à l’étranger et ceux qui sont dans nos territoires d’origine. Chacun va et vient. Chacun y trouve un intérêt en restant relié via la communauté. Ceux qui pensent être isolés en Suède, aux Pays-bas ou en Italie, voient sur la Caraibexpat Map que ce n’est pas du tout le cas et sont contents de pouvoir contacter d’autres personnes dans les même pays. Ceux qui ne pensent pas partir pour une longue durée apprécient tout de même d’avoir des nouvelles des autres ou de pouvoir les contacter pour faire du tourisme dans le coin…

Le monde bouge. Que l’on soit aux Antilles, en Guyane ou ailleurs chacun à ses aspirations. Mais s’il y a bien une chose immuable, c’est l’endroit d’où l’on vient. Le tout est de ne pas rompre ce lien.

"L’objectif : démontrer que le monde est plein d’opportunités à saisir mis à part celles proposées en France hexagonale"

RDV Caraibexpat à la Maison de Martinique à Paris. Destinations phares : Brésil, Etats-Unis, Panama (localisation des intervenants) Crédits photo : Tito

Parle nous de ton expérience brésilienne et de ton parcours. Mon intérêt pour ce pays date de 2005, lorsque j’ai commencé des cours de danse brésilienne et de capoeira en Martinique. Ensuite, j’ai pris des cours de portugais. Puis j’ai voulu aller au delà des simples loisirs pour vivre une expérience professionnelle là-bas et aussi acquérir un niveau courant en Portugais. Je ne connaissais personnes là-bas et personne qui aurait eu envie de voyager au Brésil non plus dans mon entourage (entre vols, enlèvements, drogue, le pays a mauvaise presse si on accorde trop d’attention aux idées reçues).

Pour moi la vie est faites d’expériences et on apprend tout au long de sa vie. Je suis de ceux qui préfèrent se faire leur propre avis. J’ai donc décidé de partir seule en mode “sac à dos”. J’ai commencé mes recherches en octobre 2011. J’ai rassemblé toutes les informations que j’ai pu trouver sur les entreprises françaises basées au Brésil et j’ai envoyé plusieurs candidatures. C’est le parcours du combattant car il n’y a pas d’accord entre la France et le Brésil à l’image du permis vacances-travail bien connu pour le Canada. Fin janvier 2012, j’obtiens une 1ère réponse concrète, pour une mission d’assistante de communication volontaire dans une ONG. Nous avons passé l’entretien par skype, ensuite je suis arrivée à Rio de Janeiro puis à São Paulo et je commençais comme assistante de communication digitale au Fundo Brasil de Direitos Humanos ! A l’époque, j’ai été bien accueillie par Débora l’assistante de communication qui m’a fait passer l’entretien par Skype ainsi que toute l’équipe de l’ONG. Ma mission principale consistait à mettre à jour le contenu du nouveau site internet, réaliser la traduction des articles du portugais à l’anglais, suivre le projet et régler les dysfonctionnements avec l’agence de communication. J’étais un peu hésitante parfois, malgré un bon niveau de langue, il faut s’habituer à lire les termes techniques et à utiliser les logiciels classiques (par exemple word, power point etc…) en portugais ! On travaille un peu moins vite au début, mais il suffit d’avoir de la bonne volonté et de s’investir. Ensuit pour rester plus longtemps, il faut trouver un employeur motivé pour vous accompagner dans les démarches de visa. Ensuite, au bout de 3 mois (durée légale avec un visa touristique) c’est le processus que suivent tous les étrangers dans plusieurs pays dans le monde y compris ceux qui vivent en France : prononcez le mot “visa” (sous-entendu, administration, longue période d’attente, frais à payer etc…), il y a des chances que vous fassiez fuir n’importe quel employeur 🙂 !

J’ai quand même pu profiter pour visiter le pays et vivre des choses vraiment mémorables : rencontrer le joueur de football Ronaldo (le Brésilien, ancien champion), dans une soirée entre amis grâce à la propriétaire de la chambre chez l’habitant que j’avais loué, assister au carnaval de rio dans le sambodrome avec un américain et une australienne rencontrés dans un groupe de voyageur sur le web quelques jours auparavant, voir Ivete Sangalo en concert (chanteuse bien connue là-bas)…bref le genre de choses qui n’arrive qu’une fois dans la vie si l’on accepte de dépasser les clichés sur ce pays…

"Depuis Mai 2016, je suis donc blogueuse à plein temps"

Quel poste occupes-tu actuellement ? Après mon Master en 2010 et jusqu’à aujourd’hui en 2016, j’ai travaillé 6 ans dans la communication et l’organisation d’événement au sein d’un grand groupe à Paris et dans une administration publique en Martinique. Caraibexpat.fr c’était mon loisir durant les week-ends et mon temps libre. Mais l’engouement pour ce simple blog et l’évolution que j’ai constaté malgré le fait que c’était plutôt une forme de loisir m’ont poussés à m’y consacrer davantage. C’était le moment de se lancer un nouveau défi.

Depuis Mai 2016, je suis donc blogueuse à plein temps. Un peu comme mon aventure au Brésil, je verrai bien où cela me mènera !

Quels sont les domaines d’expertise ? Je suis plutôt autodidacte sur les sujets comme l’animation d’un blog, la définition d’une ligne et d’un planning éditorial, la création et optimisation de contenu en ligne (référencement naturel), la coordination d’événements, la gestion administrative, le community management…

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? Les choses sont difficiles au quotidien lorsque l’on décide de vivre de ce que l’on aime faire dans un environnement inadapté.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmonté ? Dans la vie, les obstacles sont ceux que l’on considère comme tels. Enfin, je prends généralement la vie de façon positive (à la brésilienne justement comme j’évoquais plus haut !). J’ai donc du mal à percevoir de réels “obstacles”. La société actuelle fait que nous avons tendance à ne pas donner aux choses l’importance qu’elles ont. Je ne vis pas dans un pays en guerre, et j’ai la chance d’être en bonne santé dans un environnement stable et sain. L’inverse serait pour moi un obstacle car se sont des choses sur lesquelles je n’ai pas d’emprise. En somme, je crois qu’il faut s’efforcer de profiter de l’instant présent, être curieux, faire ce que l’on a réellement envie de faire quand c’est possible, ne pas s’encombrer de choses négatives ou inutiles et le bonheur suivra certainement.

Quelle est ta plus grande peur ? C’est justement le fait de me retourner un jour et de me dire que je n’ai pas fait ce que je voulais vraiment faire dans ma vie au moment où il le fallait. Je crois qu’on appelle çà les regrets et pour l’instant j’ai la chance de ne rien avoir a regretter!

Des projets futurs ? Rien de particulier de prévu.

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Je n’en ai aucun.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Aucun nom ne me vient en tête.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? Les sites web spécialisés et les vidéos tutoriels youtube (pas très originale, mais je n’ai pas d’idoles en fait…).

Interview d’une guyanaise à Singapour

MESSAGE

"Voyagez, allez vers l’inconnu"

Que dirais-tu aux lecteurs pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? J’avoue avoir du mal avec cette position de “conseiller”, je ne suis pas sûre d’avoir assez de recul pour çà.. Je leur dirai : “voyagez, allez vers l’inconnu, toute expérience est bonne à prendre, prenez des initiatives, donnez vous les moyens de réaliser vos projets, faites ce qui vous plait vraiment et pas ce qu’un autre vous dit de faire dès que c’est possible. Faites des erreurs pour retenter votre chance et mieux réussir. Trouver aussi le moyen de contribuer, même à distance au développement de votre région d’origine car l’avenir est entre les mains de la jeunesse, si elle s’en détourne…je vous laisse finir la phrase :-).

Quelle direction devrait-on suivre, en faveur de la société martiniquaise ? Se risquer et concevoir le monde ainsi que nos régions comme un ensemble d’opportunités à saisir sans attendre.    

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Le mentorat de ceux qui réussissent vers ceux qui débutent à peine. Exemple : les fondations et associations créés par des entrepreneurs ou d’anciens sportifs internationaux originaires des Antilles ou de Guyane.

Un mot pour la fin ? Merci à Talan an Nou pour l’interview et surtout merci à tous ceux qui suivent caraibexpat.fr dans nos régions et dans le monde entier !

"Faites des erreurs pour retenter votre chance et mieux réussir"

caraibexpat doris dol

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