Category: Guadeloupe
Jean-Pierre Sturm, Auteur de théâtre

Pour cet ancien animateur de télévision et radio, se reconvertir à 40 ans, après 20 ans de carrière, était une évidence afin de suivre son rêve d’écriture. Son envie: faire rire le public! En 1988, Jean-Pierre Sturm crée JP SHOW, société de production, d’organisation de spectacles… En 2004, il révèle le talent de sa plume avec la pièce hautement acclamée Ma Commère Alfred. Depuis, il enchaine les succès de ses comédies au théâtre et, les voyages dans le monde.

Nom: Sturm Prénom: Jean-Pierre

Age:  30 ans et +  Couleur: Bleu

Dicton: “Tout arrive à qui sait attendre”

Activité professionnelle :auteur de théâtre, de séries, touche à tout

Lieu de résidence: Entre Guadeloupe et France

Contact: www.jpshow.com, son Facebook @jpshow, son Twitter @jpshow, sa chaine YouTube JPSHOW,

PARCOURS

"J'écris à tout moment! J'ai en permanence un petit carnet"

Quand et pourquoi as-tu décidé d’écrire, de mettre en scène et de produire ? J’ai toujours voulu écrire des pièces de théâtre, mais je remettais toujours à plus tard trop pris par mes activités radio et télé pour RFO. Je me faisais la main en écrivant des textes drôles pour la pub, les textes d’Albè et Léyon pour le “jambon Rio” c’était moi ! Multi cash et beaucoup d’autres, mais personne ne le savait. J’ai vraiment décidé d’écrire quand j’ai quitté RFO, mais la première pièce écrite n’a jamais été jouée à ce jour, un metteur en scène antillais réputé l’a lue, mais son appréciation m’a cassé, à me faire regretter d’avoir osé écrire. Pourtant, le directeur du théâtre Charenton de l’époque avait aimé, malgré selon lui, quelques retouches à y apporter. J’ai mis un frein à l’écriture pour me consacrer aux tournées de Jean Yves Rupert, Viviane Emigré et des pièces de José Jernidier. En 2003, en Martinique au cours d’un diner de fin de spectacle de Viviane Emigré, je commande alors à José Egouy présent, une réécriture de sa pièce à succès “Vikto makoumè”. Assuré d’avoir flairé le bon coup, je réserve des dates pour 2004 aux salles de Guadeloupe, Martinique, Guyane et Paris, sentant à nouveau le triomphe de cette célèbre pièce. Mais, c’était mettre la charrue avant les bœufs, les premières pages ne me convenaient pas du tout, c’est ainsi que je me suis décidé à écrire Ma Commère Alfred !

Explique-nous ta profession. Maryse Condé lors d’une interview me disait “l’écriture vient en écrivant” elle n’avait pas tort car depuis le triomphe de Ma Commère Alfred, c’est une nouvelle passion dont je ne peux plus me passer, j’écris à tout moment ! J’ai en permanence un petit carnet sur lequel je note des répliques drôles à insérer un jour dans une pièce à venir.
Pourquoi mettre en scène ? En réalisant pour la télé la série Rigobè et Dèdète que j’ai créée, je dirigeais déjà les comédiens, c’est tout naturellement que j’ai mis en scène le premier spectacle que nous faisions tiré de la série. J’y ai pris goût, mais je ne me considère pas comme un metteur en scène de théâtre, je mets plus en espace pour que tout soit harmonieux, pour que les gags, les comiques de situation, les déplacements, l’effet visuel global soient efficaces.
Produire, c’est mon autre activité, je préfère tout maitriser de la création à la diffusion. 

Comment te vient l’inspiration? L’inspiration vient de mon observation. Pour écrire le personnage de Josué , dans “Bienvenue lajol”, j’ai pris pendant quinze jours des trains de banlieue tous les matins pour écouter le langage des jeunes de banlieue, et je prenais des notes. Pour Rigobè et Dèdète, c’est en voyant à la rue Nozières, une libanaise maltraitée son frêle mari que l’idée est venue, sauf qu’elle n’était pas forte comme Dèdète. Mais, c’est en puisant aussi dans mon entourage, après c’est la caricature poussée à l’extrême qui détermine le côté ridicule du personnage.

Jean pierre sturm
(De gauche à droite): Christian Julien, Jean-Piere Sturm, Daniel Bilong. ©Lucien Courtil

Comment s’est passée la transition professionnelle après 20 ans de carrière à la radio et TV? Après 20 ans de radio et 10 ans de télé, quand tout s’arrête, c’est la douche froide ! Un hyper actif comme moi, se retrouvait à parcourir le monde tout simplement, n’ayant rien d’autre à faire ! J’ai estimé ma mise à la retraite forcée un peu précoce. Mais, je suis quelqu’un qui ne blâme jamais une contrariété, çà devait se passer de cette façon. J’avais toujours dit à mes amis et proches qu’à 40 ans, j’allais faire autre chose. Avec le recul, il fallait que je quitte la machine RFO qui m’a broyée, pour me consacrer à ma propre production, est ce que j’aurais écrit des pièces de théâtre si j’étais resté au sein de RFO, probablement pas, car, faire de la radio et de la télé, c’est du plein temps, les gens ne s’imaginent pas l’énergie dépensée et les sacrifices à faire pour toujours être sur une grille de programme, passer à l’antenne. Pendant toutes ces années, je n’ai jamais pris de vraies vacances ! Je me suis rattrapé depuis (rires).
Quand il s’est agit de faire autre chose, j’ai décidé de relancer ma société de production que j’avais mis en sommeil pour être directeur de l’antenne radio de RFO Guadeloupe. Et c’est ainsi que j’ai commencé à produire de jeunes talents du rire, et des tas de spectacles en Guadeloupe, Martinique et Guyane et surtout en région parisienne. Parallèlement à cela, j’ai lancé en 1994 le “Bokit” et le “sorbet coco” à la Foire de Paris.

Quelle a été ta formation ? Ma formation, un DUT transport et logistique me destinais à travailler dans une compagnie maritime, ferroviaire ou aérienne. Après mon service militaire, mon premier poste fût au Havre, bon salaire, j’y suis resté une journée, j’ai pris le train retour l’après midi même après avoir vu la cantine où j’allais devoir manger tous les midis peut être pendant de nombreuses années. Dans le train je me disais, ça sera dur ! Mais, c’est à la radio que je veux bosser.

"Il me fallait lutter sans arrêt, rien ne s'est fait sans devoir batailler ferme"

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? La chose la plus difficile pour réaliser mon rêve de radio, c’est tout plaquer, alors que la route était toute tracée pour terminer qui sait avec les années, chef d’escale ou plus à Air France ou la CGM ! Un vrai métier comme dirait ma mère ! Car la radio pour beaucoup c’est un passe temps ! Je n’étais pas fait pour travailler dans un bureau huit heures et jusqu’à maintenant.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmonté ? Les obstacles ne m’ont jamais quitté ! C’était permanent, il me fallait lutter sans arrêt, rien ne s’est fait sans devoir batailler ferme ! J’ai du faire face à d’innombrables épreuves, surmonter les impondérables de la vie, et contrer jalousie, traitrise, calomnie en tous genres. Mais, ça va ! Grâce à Dieu ! Tout ce qui ne vous tue pas, vous rend plus fort !

Des projets futurs ? Le projet actuel c’est ma nouvelle pièce de théâtre “Bienvenue lajol” un huis clos saisissant, une comédie hilarante qui se déroule dans une cellule de prison, loin des clichés habituels de la prison, c’est de loin ma plus belle pièce, car plus aboutie.

INSPIRATION

Quelle est ta source d’inspiration dans la vie ? Tout ceux qui œuvrent pour le bien être de cette planète et le vivre ensemble, ces rêveurs comme Martin Luther King, ou ces sages comme Amadou Hampâté Bâ. Je voudrais aussi dire, j’ai une profonde admiration et beaucoup de respect pour tous ces jeunes africains, à la recherche d’une hypothétique vie meilleure en Europe, qui traversent au péril de leur vie la Méditerranée. Tout comme nos ancêtres autrefois, ils arrivent à s’en sortir malgré tout, leur effroyable et terrible périple et le mépris des Européens à leur égard.

Si tu étais une personnalité, ce serait qui ? Je n’ai jamais voulu être quelqu’un d’autre, sinon moi en mieux.

MESSAGE

"Tout arrive à qui sait attendre"

Que dirais-tu aux guadeloupéens/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Que dire, il faut aller au bout de ses rêves, il faut se battre même si ça peut paraitre décourageant par moment ! Avoir confiance en soi ! Tout arrive à qui sait attendre.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Toutes les initiatives d’où qu’elles viennent pour faire baisser le taux de criminalité et de violence en Guadeloupe.

jean pierre sturm

“Bienvenue Lajol” le nouveau spectacle de Jean-Pierre STURM débarque en Guadeloupe dès le 22 Novembre. Plus d’infos sur www.jpshow.com.

Avant de se quitter, découvrez Jean-Pierre Sturm plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Difficile de me décrire, je laisse ça aux autres.

Que fais-tu de ton temps libre ? Mon temps libre je le passe à voyager quand je peux; Istanbul, Rome, Bruxelles sont mes villes de prédilection. J’aime écouter en boucle une musique que j’apprécie, et écrire…Flâner dans les rues de Paris et quand je suis en Guadeloupe, admirer la mer, parcourir mon pays qui m’enchante toujours.

Dans ta playlist, on trouve qui ? La “marche de l’Empereur” de Beethoven, Schubert, le “Trio N°2” Michael Jackson l’album Thriller, Véronique Samson “Amoureuse” Tout Bob Marley, MHD “Fais le mouv”, Soprano “Fresh prince”, Oleta Adams “reach out”, Eagles “Hotel California”, Tout Akiyo et n’importe quel morceau de quadrille.

Ton artiste préféré ? Michael Jackson, Véronique Samson.

Un voyage mémorable ? Une croisière dans les fjords chiliens, de Buenos Aires à Santiago du Chili, et aussi Pétra en Jordanie.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascine et pourquoi ? Tout ce qui vient de l’Afrique me fascine, et l’Egypte ancienne.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Tous ceux qui doivent surmonter un lourd handicap et qui s’accroche malgré tout à la vie.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Faire un tour du monde complet en 180 jours, il y a des compagnies maritimes qui le font.

Quelle est ta plus grande peur ? Perdre ceux que j’aime.

Un mot pour la fin ? Venez voir ma nouvelle pièce, vous allez passer un super bon moment.


Flo, Auteur et Entepreneure

Basée à Miami depuis plus de 10 ans, FLO est une rappeuse qui démontre que le hip-hop n’a pas de frontière. Anglais, créole, français…ses lyrics sont toujours gage d’un flow original. Artiste guadeloupéenne tombée dans le mouvement depuis les années 90, devant un mic ou encore des jeunes américains, son objectif reste le même: transmettre son amour de la musique et de sa culture. Le 23 Mars 2018 sortait son premier opus “A long time coming”, savoureux mélange de rap/hip-hop/kako/electro… Rencontre avec ce Talan incroyable du rap game

Nom: FLO Couleur: Pink et turquoise pour le summer, j’aime bien la couleur corail aussi.. sinon les couleurs de terre, le vert le marron, mais aussi le noir!

Dicton: Sé kouto sèl ki sav sa ki ni an kè a jiromon

Activité professionnelle :Auteur & Entrepreneure

Lieu de résidence: Miami

Contact: son Instagram, son Twitter, son YouTube, son Facebook @gwadaflo

Prix: Participation aux Bet Hip Hop Awards 2007,  dans la Cypher (freestyle) #3

PARCOURS

"Arriver à mélanger toutes mes sources d’inspirations musicales était le challenge"

Quand as-tu décidé de devenir rappeuse et pourquoi? Je n’ai pas vraiment décidé… Quand la culture Hip Hop est arrivée à moi fin des années 90, j’y ai vraiment adhéré puis progressivement j’ai participé à cette culture en tant que rappeuse. Après pourquoi j’ai choisi de m’investir de façon plus professionnelle au fil des années, c’est parce que j’en avais fait une discipline qui regroupait pas mal de choses qui m’intéresse. De l’écriture au design ou de mon travail en tant qu’éducatrice au marketing. Et puis surtout, je prends mon pied. Tant que créer de la musique restera un kiff, je continuerai à en faire.

Trois mixtapes, plus de 10 années aux États-Unis, des programmes éducatifs*, etc. Comment gères-tu cela ? Le 23 Mars, j’ai sorti mon premier album commercial il s’intitule « A Long Time Coming » on y retrouve des featurings tels que Dominik Coco, Jean-Michel Rotin ou Wozan Monza sur des compositions d’Exxòs et de Staniski sur un titre. Le 31 Mai à Lakasa (Guadeloupe), j’ai invité du beau monde à un showcase privé de présentation du projet, qui a reçu un accueil très chaleureux. Alors tout cela est la consécration de pas mal de projets effectivement: 3 mixtapes et un premier projet street album « Aflowdiziak » qui a vraiment laissé sa marque sur l’underground Hip Hop Kréyòl Gwada. Beaucoup de singles aussi sur toutes les plateformes digitales et des clips de qualité avant la sortie de l’album « A Long Time Coming » m’ont permis de créer ce momentum pour mon premier album. La gestion c’est surtout de savoir s’adapter car aujourd’hui les choses bougent vite surtout dans l’industrie de la musique. Et puis, bien s’entourer. Big up au passage à Naïka d’Ikone Caraïbes, au Kako Label, à Reedan, Xavier Dollin et Street Jam!

Raconte la genèse de ton projet. J’avais effectivement sorti pas mal de mixtapes sur des instru connues (Face B) ou aussi des titres originaux. Cependant, quand j’ai pensé à cet album, je voulais réussir à créer des sonorités qui me représentent vraiment (pas que mon côté Américaine ou Caribbean). Arriver à mélanger toutes mes sources d’inspirations musicales était le challenge. Petit à petit, en créant j’ai filtré les choses jusqu’à ce que je me retrouve avec beaucoup de morceaux qui fonctionnaient bien avec Exxòs. Alors on s’est concentré sur notre alchimie et tout naturellement l’album a pris forme progressivement…C’est ainsi qu’on retrouve le titre « When you come around » avec Jean-Michel Rotin qui a une influence Zouk R&B, « An Rèv An Mwen » avec Dominik Coco qui mélange un son Kako avec des batteries Rock ou des vibes Reggae-Hip Hop avec Djahibre sur le titre « One Love ». La fondation Hip Hop est bien là, avec une couleur Electro et Afrobeat Kako style !

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? Je suis encore en train de rêver de pas mal de choses que je n’ai pas encore accomplies. Mais jusqu’à présent, le plus dur je trouve c’est vraiment d’être le leader de son propre rêve tout en arrivant à bien s’entourer, enfiler plusieurs casquettes à la fois dans des projets en auto-prod… Sans relâche, s’armer de patience et de persévérance pour arriver au bout de chaque étape. Pas toujours évident sans label ou de trouver des partenaires qui jouent le jeu.

 

*Reportage de France Ô “FLO, la rappeuse militante” à visionner ici

"Les principaux obstacles que j’ai pu rencontrer venaient plutôt de moi-même"

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie? Comment les as-tu surmonté? Les principaux obstacles que j’ai pu rencontrer venaient plutôt de moi-même. Certaines peurs, des doutes qui ont bloqué ma progression, ont pu parfois me faire perdre de belles opportunités. Je les ai surmontés en devenant de plus en plus consciente de tout cela justement, et en arrêtant de pointer le doigt sur les autres quand les choses n’allaient pas dans le sens que je voulais.

Quelle a été ta formation? J’ai un Bachelor en Journalisme et Communication de masse. Je suis également autodidacte en infographie.

Quelle est ta plus grande peur ? Pas fan du tout des animaux rongeurs en tous genres, pour ne pas citer mon ennemi principal lol.

Des projets futurs? Pour le moment le développement de cet album « A Long Time Coming » avec de nouveaux marchés à conquérir, tels que les States, l’Afrique, la France ou encore le reste de la Caraïbe. Ainsi que, la préparation de la sortie du prochain single « Work it », titre composé par Staniski!

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Crédits photo: Xavier Dollin

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Dans la vie, mes parents avant tout. Je peux toujours me référer aux valeurs qu’ils m’ont inculquée pour prendre certaines directions ou gérer des situations difficiles. Puis, plein d’autres personnes m’inspirent: certains amis pour leur façon admirative d’élever leurs enfants et des créatifs en tous genres qui poussent leurs limites. 

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui? Pourquoi? Je dirais Assata Shakur pour le coté révolutionnaire à n’importe quel prix de cette militante ou Angela Davis pour le féminisme black et la résistance par le savoir.

Quelle est ta principale source d’inspiration? Comme mon écriture est relativement introspective, du coup quand je prends le temps de faire face à certains sentiments, des peurs ou juste des situations qui peuvent être difficiles ou pas, c’est à ce moment que je suis plutôt inspirée. Ma principale source d’inspiration me vient des interactions que j’ai avec les gens, de mes sentiments sur certains sujets de société, de mes propres cheminements.

Flo
Crédits photo: Adéola Bambé

MESSAGE

"Nos peurs sont nos limites, donc c’est important aussi de ne pas négliger la construction d’une belle spiritualité pour nous accompagner dans nos rêves"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves? Les plans sont les plans et c’est bien d’en avoir. Mais la capacité d’acceptation et d’adaptation aux plans qui n’ont pas marché comme on voulait est selon moi la clé pour atteindre certains rêves. Chacun son timing, on dit souvent « sky is the limit » mais je crois que nos peurs sont nos limites, donc c’est important aussi de ne pas négliger la construction d’une belle spiritualité pour nous accompagner dans nos rêves.

Quelle direction devrait-on suivre en faveur de notre société guadeloupéenne? En un mot je dirai responsabilisation, car personne ni aucun système ne le fera pour nous. Travail et amour, écoute et tolérance…la base quoi!

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu? J’aime beaucoup les actions associatives de proximité qui favorisent le lyannaj intergénérationnel et la santé publique.

Un mot pour la fin? Merci à TAN pour cet entretien et à vos lecteurs. Je vous invite à découvrir mon univers à travers mes clips vidéos sur youtube.com/freemyflo. Take care!

Album disponible en physique en Guadeloupe à la Fnac de Collin Petit-Bourg ainsi que sur iTunes,
Spotify et Deezer.

Avant de se quitter, découvrez FLO plus en détails: 

PORTRAIT

Flo
Crédits photo: http://thesystemlife.com

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Small island girl with big city dreams!

En un mot? F.L.O. (F.or L.overs O.nly)

Que fais-tu de ton temps libre ? J’essaie d’être libre de mon temps Freemyfloo! (rires) En général j’en profite pour me reposer, me mettre à jour sur mes séries Hulu, regarder des interviews, des clips et quelques gossips sur YouTube. Cette année, j’ai commencé le crossfit donc c’est ma routine sportive, je cuisine un peu… J’aime bien faire des concerts, des festivals, un petit match NBA de temps en temps, des expo d’art. Les plages et rivières, la famille… si je suis au péyi c’est un must!

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante ? Les énergies positives et négatives coexistent donc je crois que maintenant plus ça va plus j’essaie de prendre du recul sur des situations irritantes, et de me nourrir des expériences positives. Heureusement que chaque jour on peut toujours faire mieux qu’hier… ou pas! Lol.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Ces temps-ci j’écoute tous les derniers projets avec Kanye (Nas, PushaT, Kid Cuddi…) Le dernier de Rae Sremmurd, le ASAP Rocky, et j’ai commencé á écouter Book of Ryan de Royce Da 5’9 … Sinon j’adore le dernier album de Solange, j’aime bien SZA, la bande sonore de Black Panther, beaucoup de west coast… Kendrick, Nipsey Husslte, YG, The Game… aussi du Dave East, Cardi B, A Booggie, Rapsody, Jhené Aiko, Miguel, Anderson .Paak, Chonixx, Jidena, Jean-Michel Rotin, Fabolous, du jazz du reggae et plein d’autres…

Ton artiste préféré ? Beaucoup pour n’en citer qu’un alors, Lauryn Hill, Nas, Tupac, Missy etc.

Ton repas préféré ? J’aime beaucoup la cuisine thaï… Pas vraiment de repas préféré, je suis gourmande j’aime beaucoup de choses… En cuisine locale, je dirais le fricassée de lambi. Et tout ce qui est poisson et fruits de mer en général.

Un voyage mémorable ? Un voyage en Californie á Oakland quand j’étais ado. Je crois que c’est vraiment à ce moment que mon envie de vivre aux USA s’est renforcée. J’étais dans une famille afro à la Cosby show avec 2 filles dont une un peu plus âgée que moi qui voulait me montrer la life! J’ai vraiment aimé la vibe à Oakland.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? A travers mon expérience je réalise vraiment la richesse de chaque culture et comment elles coexistent en général et aussi en nous. Beaucoup des cultures du continent Africain et des régions de la diaspora où la colonisation a eu lieu me fascinent car on peut s’y retrouver soi-même d’une autre manière…

Des habitudes bizarres ? (Rires) Je peux être un peu maniaque en tant que bonne vierge née en Septembre, mais rien de bizarre…Enfin pas à ma connaissance, lol!

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Les enfants et Mère Nature.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Un peu cliché mais je me dis qu’au final chaque matin, quand je me réveille je vis mon plus grand rêve. Nous vivons tous une réalité unique par la nature même de nos génomes. Donc le plus grand rêve qu’on peut vivre est celui qu’on se laisse à imaginer. Pour être pragmatique, je dirais que de pouvoir voyager sans limites et voir du pays, des cultures c’est quelque chose qui pourrait représenter «vivre mon plus grand rêve».


Jessy Schuster, Journaliste

A 18 ans, elle quitte sa Guadeloupe natale pour vivre son “propre rêve”: étudier aux USA et devenir journaliste. Vingt ans plus tard, Jessy Schuster est une journaliste aguerrie, ainsi qu’une productrice et présentatrice reconnue par ses pairs. Celle qui oscille entre Miami et la Guadeloupe, est avant toute une amoureuse de la vie…et du Carnaval. Son dernier (et 4ème) documentaire, MAS, crée le pont entre le Carnaval de son île et celui de Trinidad-et-Tobago. Il était d’ailleurs en lice à l’édition 2018 du Nouveaux Regards Film Festival de Guadeloupe. Rencontre avec ce Talan on fire.

Nom: Schuster Prénom: Jessy

Age:  38 ans  Couleur: Bleu

Dicton: You have one life, there is only one you. Make it count.

Activité professionnelle : Journaliste/Présentatrice/Productrice

Lieu de résidence: Miami/Guadeloupe

Contact: son instagram @jessy.schuster

Prix: Best Journalism Student – Nomination au Soca Award for Best New Artist – Who’s Who list

PARCOURS

"Atteindre les buts fixés est parfois amer quand on ne peut pas célébrer ces moments de réussite avec ceux qui comptent dans sa vie"

Quand as-tu décidé d’être journaliste? Dès l’âge de 7 ans. J’étais fascinée par la télévision et les reporters. La manière dont ils racontaient des faits divers ou « breaking news » et que le monde était à leur écoute. Ils donnaient une voix à ceux qui n’en avaient pas. Je me créais mes propres émissions imaginaires, j’interviewais ma famille, mes amis, des étrangers. C’est devenu concret le jour où j’ai reçu ma première caméra à 14 ans. Je filmais tout autour de moi. 

Comment te viens l’inspiration pour créer? Elle vient quand je regarde autour de moi et que je garde mon esprit ouvert aux autres, quand j’écoute les histoires de vie, quand je vois les gens interagir, discuter, danser, parler. La nature m’inspire aussi. Et bien sûr les émissions, les films et le cinéma sont des sources d’inspiration constantes.

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? Être loin de mes proches. Atteindre les buts fixés est parfois amer quand on ne peut pas célébrer ces moments de réussite avec ceux qui comptent dans sa vie. Devoir faire les bons choix aussi a été difficile, car parfois on veut tellement une chose que l’on ne prend pas le temps de se demander si cette chose est faite pour soi.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie? Comment les as-tu surmonté? L’apprentissage d’une nouvelle langue a été difficile au début car s’exprimer dans la vie de tous les jours en anglais est une chose, mais refaire toute une scolarité dans une langue étrangère en est une autre! Imaginez les cours de biologie et physique en anglais! Les Etats-Unis sont une terre d’opportunité mais c’est un travail acharné avec en plus, une dose de compétition extrême. Parfois, il faut faire les choix de sacrifier ses valeurs et ses principes mais j’ai décidé très tôt dans ma carrière de ne pas le faire, donc certaines opportunités se sont fermées à moi. J’ai pu affronter cela car j’ai toujours su ce que je voulais accomplir et j’ai réalisé que la base de mon éducation en Guadeloupe est ce qui me démarquait aux USA. Me fondre dans ce moule et rentrer dans la Matrix Américaine n’était pas la solution pour moi. Donc je suis restée fidèle à mon essence tout en évoluant et apprenant des expériences autour de moi.

Quelle a été ta formation? Je suis diplômée de l’Université de Miami d’une Licence en Journalisme et Science Politiques avec option en Business et Multimedia. L’an dernier, j’ai obtenu un Certificat de Spécialiste en Communication Intégrée.

"La base de mon éducation en Guadeloupe est ce qui me démarquait aux USA"

Quelle est ta plus grande peur ? De ne pas avoir eu le temps de faire tout ce que je voulais entreprendre dans ma vie. J’avais une liste que je voulais finir avant mes 30 ans. Je l’ai faite, et parfois je me dis que prendre son temps est aussi une bonne chose sinon on peut devenir un peu blasée ou stressée à force de courir derrière les choses comme une « check-list » à finir. La vie en elle-même est l’aventure à vivre.

Des projets futurs? Oh oui! Plein. Partir au Pérou, mon émission télévisée, du bénévolat, un 5ème documentaire.

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Ma mère. Elle a le don de relativiser, ce qui lui donne la force de toujours essayer de nouvelles choses quelque soit les défis. Essayez donc de dire «non, ce n’est pas possible» à ma mère… Elle vous démontrera par a+b comment, non seulement c’est possible, mais avec le sourire et la gaîté.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui? Pourquoi? C’est une question difficile car nous avons toutes nos propres destins et j’ai du mal à subtiliser celui d’une autre et me l’approprier. Ce serait une femme si je devais choisir.

Quelle est ta principale source d’inspiration? La femme de manière générale. Je suis épatée par tout ce que nous accomplissons tous les jours. Dès que j’ai besoin d’inspiration, j’ouvre mon livre des Everyday Women Extraordinary Things, les histoires des femmes de tous les jours qui ont fait des choses extraordinaires. Je me dis si elles y arrivent, je ne peux pas me plaindre, donc je peux le faire. Yes I can!

Interview de l'historien trinidadien Gérard Besson pour le documentaire MAS de Jessy

MESSAGE

"Le monde ne s’arrête pas a nos soucis quotidien, à notre ile, à nos problèmes. Il y a beaucoup plus et on peut accomplir beaucoup en ouvrant son esprit"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves? Apprendre à se connaître soi-même et surtout d’ouvrir leur esprit. Le monde ne s’arrête pas à nos soucis quotidiens, à notre île, à nos problèmes. Il y a beaucoup plus et on peut accomplir beaucoup en ouvrant son esprit. N’ayez pas peur de penser différemment, d’être moins conforme, de montrer vos émotions et de vous servir de votre particularité pour accomplir vos rêves. Oubliez le «mais ici, c’est comme ça», soyez l’instrument du changement sociétal que vous demandez. Oui, il faut bosser, oui il faut donner pour recevoir. La vie des réseaux sociaux est une vitrine, n’oubliez pas que tout ce qui brille n’est fait d’or. Vous avez un trésor en main, vous avez été élevés en Guadeloupe, et les valeurs que vous avez acquises vous serviront toute votre vie.

Quelle direction devrait-on suivre en faveur de notre société guadeloupéenne? Revaloriser qui nous sommes. Pour avoir voyagé, travaillé ailleurs et côtoyé des étudiants internationaux, entrepreneurs, collègues et autres, nous avons une force incroyable en Guadeloupe. Une connaissance que nous ne réalisons même pas, car pour nous c’est normal. Notre éducation scolaire jusqu’au lycée est bien meilleure que celle des Etats Unis, notre débrouillardise nous permets de trouver de solutions à des problèmes plus rapidement dans la vie de tous les jours. On côtoie la nature et on a un respect de l’environnement que l’on ne retrouve pas ici. Exemple concret: après les cyclones à Miami, les gens devenaient fous au bout de 2 jours sans clim et électricité avec les magasins fermés. J’ai coupé des cocos, dormi à la belle étoile et j’ai fait un petit feu pour cuisiner ce qui me restait de mon frigo! Merci Guadeloupe. Protégeons notre ile, construisons ensemble, consommons local, soutenons les artisans, aidons vos voisins, conseillons les plus jeunes, et arrêtons de nous battre entre nous car ça nous empêche de regarder l’horizon et de construire des projets ensemble.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu? J’admire ma voisine qui continue à faire son marché chaque matin sur la place de la Victoire. J’admire mes amies qui sont revenus en Guadeloupe et ont ouverts leurs entreprises alors que tout le monde leur disait qu’elles «étaient folles de rentrer». J’admire les jeunes qui osent dire «non» quand il le faut. J’admire la jeune fille Guadeloupéenne qui a compris qu’elle n’a pas à suivre ce rôle que notre société nous a imposé pendant si longtemps, et qu’elle aussi a droit de poursuivre ses rêves. J’admire ceux qui demandent de l’aide psychologique quand ils en ont besoin, j’admire l’homme qui pleure car il n’a pas honte de montrer ses sentiments. J’admire la personne qui va aider son compatriote qui se fait agresser, celui qui aide la personne âgée à traverser la rue, celui qui emmène des vêtements et des repas à St Vincent de Paul par exemple.

Un mot pour la fin? Faites de vos vies un tableau de collection et si vous pouvez toucher d’autres tableaux avec les couleurs de vos peintures, assurez-vous que c’est pour les embellir et non les détruire.

Avant de se quitter, découvrez Jessy Schuster plus en détails: 

PORTRAIT

Présentatrice de la parade du Mardi Gras 2018 sur la chaîne Guadeloupe 1ère

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Optimiste, tenace, créative, têtue, “don’t take no for an answer”.

En un mot? Fire (NDLR: anglais de feu).

Que fais-tu de ton temps libre ? Découvrir de nouveaux restaurants (elle en parle davantage à Food’îles ici), faire du yoga, sortir danser, faire du volontariat et rêver en regardant le ciel.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Tout d’abord la reconnaissance, ensuite je prends le temps de savourer la sensation de bonheur.

Et une situation irritante ? D’abord respirer plusieurs fois et essayer de régler le problème tout en le mettant en perspective par rapport à des choses beaucoup plus graves.

Dans ta playlist, on trouve qui ? FreshlyGround, Salif Keïta, Machel Montano, Dominique Coco, Annie Martin, Otis Redding, Sting, Moune de Rivel, Nicky Jam.

Ton artiste préféré ? J’en ai un pour chaque style de musique…

Ton repas préféré ? Fricassée de lambi pour le Guadeloupéen et Pfannis pour l’Allemand..

Un voyage mémorable ? La Thaïlande. J’ai même songé à y déménager.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? L’histoire de l’Egypte Ancienne. J’ai grandi avec cette fascination de l’Egypte et j’ai ensuite étudié l’archéologie. L’avancée technologique et surtout le rôle essentiel de la femme de l’Egypte Ancienne m’inspirent. Je m’y suis rendue aussi et je me suis sentie connectée à ce lieu.

Des habitudes bizarres ? (rires) Quand je mange des cookies, je les mets d’abord au congélateur! J’ai le talent de dormir en transport de manière instantanée! Ca compte comme talent étrange, non ?

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Voir le soleil se lever chaque jour, la pluie tomber et écouter le vent. Quelque que soit ce qui se passe dans le monde, ces trois choses se produiront toujours donc ça me donne l’espoir en la nature et donc la vie.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Voyager pendant 1 an avec un sac au dos et écrire un livre.

jessy schuster
jessy schuster

Teaser de "MAS" par Jessy Schuster


Annélia Théodose, Créatrice de mode

Osez être celle que vous désirez être” c’est le proverbe de SweetSecret, marque de mode créée en 2010. A sa tête, Eshe, mieux connue sous le nom d’Annélia Théodose, scande une féminité cosmopolite et affirmée à travers des pièces raffinées et uniques pour sublimer la Femme. Celle qui vient de dévoiler sa 6ème collection Blooming Summer, épouse avec brio la définition de l’autodidacte. Rencontre avec cette jeune femme originaire de la Guadeloupe et…du Gabon!

Nom: Théodose Prénom: Annélia

Age:  30 ans  Couleur: Je les aime toutes (rires)

Dicton: « Tu ne sais jamais à quel point tu es fort, jusqu au jour où être fort est ta seule option. »

Activité professionnelle : Créatrice de mode

Lieu de résidence: Libreville, Gabon

Contact: www.sweetsecret.fr, son facebook @sweetsecretoff, son instagram @sweetsecretofficiel

Prix: Meilleur Styliste Gabonais (2016)

PARCOURS

"J'essaie de rendre les femmes heureuses"

Quand as-tu décidé d’être créatrice? J’ai toujours aimé la mode, entourée de femmes stylées sans complexe. Je faisais des défiles petite (rires). J’ai fais un BTS communication des entreprises en me disant que je travaillerais pour un magasine de mode ou dans l’événementiel mode. Mais en arrivant à Paris, je ne me voyais pas m’asseoir dans un amphi ou un bureau… Mon côté artistique a pris le dessus alors j’ai intégré une école de stylisme/modélisme!

Explique-nous ta profession et ton parcours? J’essaie de rendre les femmes (en particulier) heureuses! Je crée des collections selon mes états d’âmes et avec l’influence des tendances. Je dessine, je choisis mes matières avec mon équipe, on se met d’accord sur le montage des pièces et voilà!

Guadeloupéenne et gabonaise…comment s’exprime ta double culture dans ton art? Par les coupes surtout, et bien sûr le choix du pagne ou wax sur les pièces. La robe à cors revisitée apparait souvent dans mes modèles. Dans ma première collection Let me be a sweetsecret (sortie en 2013), j’y avais aussi intégré du madras (NDLR: Avant de repartir au Gabon, la styliste a vécu plus de 13 années en Guadeloupe).

Raconte-nous la genèse de SweetSecret. Durant ma deuxième année d’école de stylisme/modélisme, j’ai décidé de créer la marque sans vraiment savoir quelle direction prendre. Étant donné que le monde de la mode à Paris est très fermé -et plutôt saturé- j’avais déjà en tête de rentrer au Gabon pour lancer mon petit atelier, et surtout me perfectionner avec l’expérience. J’ai commencé par travailler avec un jeune styliste Gabonais puis, progressivement avec ma notoriété montante, je me suis lancée seule! Chaque jour, je me bats pour conquérir de nouveaux marchés.

Quelle a été ta formation? Trois ans de stylisme/modélisme à l’école parisienne MJM Graphic Design puis j’ai appris sur le tas.

"Chaque jour, je me bats pour conquérir de nouveaux marchés."

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? De se faire un nom (même si il me reste du chemin) et d’affronter la critique.

Quelle est ta plus grande peur ? Avant qu’une collection ne sorte j’appréhende son impact « ça plait? ça ne plait pas? »

Des projets futurs ? J’ai déjà une boutique et un atelier au Gabon. Pour la suite, j’aimerais beaucoup ouvrir une boutique en ligne (j’y travaille) ainsi qu’une boutique en Guadeloupe ou en Martinique.

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Sur le plan professionnel, Mademoiselle Coco Chanel, of course! Sinon, mes parents.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Martin Luther King pour la noblesse de son combat et son courage.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? La vie en général, le détail d’un vêtement, le charisme d’une femme ou encore une tendance…

MESSAGE

"N’ayez pas peur de l’échec, persévérez jusqu'à trouver la bonne formule!"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens/caribéens pour les motiver? Chaque grande révolution ou invention est née d’une petite idée, et c’est avec le travail et la foi qu’elle grandie! Alors n’ayez pas peur de l’échec, persévérez jusqu’à trouver la bonne formule.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Je ne saurais en citer en priorité car notre diaspora est pleine de personnes brillantes et combattives depuis des siècles…Toute œuvre servant à la valorisation et au développement est pour moi admirable.

Un mot pour la fin ? Kenbé rèd pa moli! Et merci à vous!

Avant de se quitter, découvrez Annélia Théodose plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Jeune femme amoureuse de son travail, curieuse de tout, épicurienne. J’aime apprendre des gens et passer du temps avec ma famille et mes amis proches. J’aime aussi rire et taquiner mon entourage. Sans oublier: faire la fête (sang caribean et africain oblige lol)

En un mot? FEMME.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je passe des heures à rêver seule dans mon lit, j’écoute de la musique, je prend le temps de rigoler avec mes proches…ou je LOVE (rires).

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? J’explose de joie, je la partage avec mes proches. 

Et une situation irritante ?  En grandissant, j’ai appris à rester silencieuse et analyser la situation avant de réagir…Mais sinon, je démarre au quart de tour!

Dans ta playlist, on trouve qui ? Oulala la musique est un exutoire pour moi, j’ecoute un peu de tout, des artistes antillais, nigerian music,jazz Blues…etc. Les bon vieux zouk retros mais aussi du Migos,Cardi B lol! 

Ton artiste préféré ? Sade.

Ton repas préféré ? Salade, avocat et crevettes.

Un voyage mémorable ? À chaque fois que je retourne dans les iles, je redécouvre toujours la beauté  et l’authenticité de nos iles, ça m’apaise et m’inspire alors c’est toujours mémorable pour moi.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? Les différentes cultures africaines car elles ont une riche histoire avec un côté magique et ancestral qui fascine et donne ce côté mystérieux au continent. 

Des habitudes bizarres ? Déformation professionnelle: j’analyse tout le monde des pieds à la tête (rires).

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Quand je vois des gens qui ne sont pas forcément nantis mais qui ont le sourire et se battent pour leur famille. Ainsi que quand je pense à mes neveux et nièces…la génération future.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je ferais le tour du monde pour voir la beaute du monde et des cultures.

Retrouvez la nouvelle collection BLOOMING SUMMER à Paris dans le pop up store de SweetSecret (12 rue Notre Dame de Nazarather 75003, de 10h à 19h) jusqu’au 15/07! La créatrice Annélia Théodose décrit cette 6ème œuvre ainsi:

« Blooming Summer est un reflet de l’été avec beaucoup d’imprimés fleuris. C’est une femme heureuse, riche en couleur avec des pièces faciles à porter qui s’apparente à un dressing d’été. J’évolue au cours des collections vers des pièces plus accessibles et qu’on retrouverait dans différents contextes. Avant j’étais davantage dans une déclinaison de robes de cocktails et donc plus difficile à porter. Aujourd’hui, Blomming Summer est exclusivement du prêt-à-porter! »

Précédentes collections de SweetSecret: Let me be a sweetsecret (2013), Attaché à toi (2014), Rouge Désir (2015), Black tendresse (2016), Plaisir Exotique (2017).

Crédits Photo: MyFantasyPictures et VincePhotographe


Jenny Paulin, Chorégraphe et Danseuse

Jenny Paulin est une chorégraphe et danseuse professionnelle, passionnée de danse traditionnelle depuis son plus jeune âge. Conceptrice du concept Form’aKa, combinaison savoureuse de fitness et de gwo ka et Super Coach de Sokafit depuis Octobre 2017, alliance de fitness sur de la Soca, elle valorise la pratique du sport comme source de bien-être inépuisable.

Nom: Paulin Prénom: Jenny

Age:  34 ans  Couleurs préférées: Noir/Blanc/Rouge

Dicton: Sa ki la pou-w dlo paka chayé-y Activité professionnelle : Esthéticienne / Plasti-thérapeute / Professeure de danse / Danseuse / Maman

Lieu de résidence: Gosier, Guadeloupe

Contact: Facebook

PARCOURS

"La passion permet de s’organiser"

Quand as-tu décidé d’être chorégraphe-danseur? Je l’ai décidé petite, car j’ai commencé à danser très jeune. Agée à peine de 6-7 ans, j’avais déjà prédit que je serais danseuse et professeure. Ma famille m’a bénie très rapidement dans ce monde artistique, ça n’a fait que conforter un trait de ma personnalité. Les évènements qui ont suivi m’ont donné encore plus envie de rester dans cette branche!

Esthéticienne, danseuse, maman… comment tu gères tout cela ? C’est la question qui revient tout le temps…quasiment tous les jours (rires). Je réponds souvent que la passion permet de s’organiser. J’ai aussi de la chance d’avoir quelqu’un à mes côtés qui m’épaule et m’accompagne, ainsi qu’une famille exceptionnelle et maintenant un super manager. Le maître mot je crois que c’est l’ENVIE et L’ORGANISATION.

Raconte-nous la genèse de Form’Aka.C’est ma vie quoi ! Le Form’aka est né de deux choses commencées très jeune: le gwoka et le fitness. J’y ai pris goût progressivement. En plus, je suis une boite à idées, j’ai toujours un truc qui me vient à la tête et qui me stimule. Je me suis dit : « pourquoi ne pas allier fitness et gwoka ? », en donnant à ce sport une nouvelle saveur, tout en apportant une touche de modernité au gwo ka ! D’ailleurs, le Form’aka n’est pas qu’une combinaison de fitness et gwoka, il y a aussi une partie dédiée à la relaxation, à la fin du cours. Cela allie tout ce que je suis et que j’ai appris à faire.

Suivant votre expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser votre rêve?L’administration (rires). Je suis une fille du terrain et en général rien n’est éprouvant pour moi quand il s’agit de travailler et de mettre en pratique…mais la partie administrative (qui dès fois est très lourde), peut me freiner. Néanmoins, je tente d’aller au-delà de ce ressenti.

"La preuve, j’ai été maman très jeune...J’ai dû revoir mes objectifs et mes priorités et je ne suis pas si loin de ce à quoi j’avais pensé plus jeune..."

Quelle a été ta formation ? J’ai été formée par une des plus belles écoles en Guadeloupe selon moi… il y en a plusieurs. C’est l’Akadémiduka. Jacqueline Cachemire-Thôle a formé quasiment toutes les personnes qui ont des écoles de gwoka traditionnel chez nous. Je suis partie aussi en France pour développer des techniques… et je n’ai pas fini on n’a jamais fini d’apprendre. D’ailleurs j’ai été me former à Trinidad pour être Super Coach Sokafit en Octobre 2017.


Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmonté ?
Obstacle ? Je trouve ce mot trop fort, ça voudrait dire que certaines choses m’ont arrêté et empêché d’avancer. Je dirais que les petites difficultés rencontrées contrairement à ce que j’avais programmé, pensé et organisé m’ont un peu freiné ! Mais au final je suis arrivée aux résultats espérés, même si cela a pris plus de temps que prévu. Ma vie c’est un ensemble de difficultés, ce n’est pas un long fleuve tranquille. La preuve, j’ai été maman très jeune. C’était une première difficulté, car je voulais être danseuse dans une troupe qui faisait le tour du monde. Du coup, j’ai dû revoir mes objectifs et mes priorités et je ne suis pas si loin de ce à quoi j’avais pensé plus jeune…


Comment les as-tu surmonté ?
On ne lâche rien et on continue d’aller de l’avant. On vise un objectif et on le garde en tête. C’est comme l’autoroute. Si tu es distrait en conduisant, tu rates la bretelle de sortie que tu devrais prendre, et là tu as un très grand détour à faire (car on n’est pas en Guadeloupe avec nos chimen chyen)… Dès fois dans la vie, tu peux louper le coche si tu n’as pas pris l’entrée qu’il fallait, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une autre alternative, qui t’emmènera au bon endroit.

Quelle est ta plus grande peur ? Ma plus grande peur concerne souvent la santé, élément qu’on ne maîtrise pas. La santé pour mes enfants, ma famille, puisque j’ai perdu une très jeune cousine il y a de cela 2 ans. J’ai beaucoup de craintes…


Des projets futurs ?
J’en ai TOUT LE TEMPS. Je ne peux pas rester sans en avoir. Le proche c’est l’évolution et le développement du Form’aka et du Sokafit au niveau national et international avec notamment la formation de coachs. Il y a un autre projet très proche, mais je ne vous en dirais pas plus pour l’instant (rires).

INSPIRATION

Qui est votre modèle dans la vie ? J’en ai plein…Mon premier modèle est ma mère. Chaque enfant s’inspire souvent de ses parents. C’est le premier contact que l’on a, ce sont les premières personnes à qui l’ont fait confiance. Je suis vraiment admirative de ma mère… puis de mon frère encore plus. Il y a aussi ma maman de cœur, Jacqueline Cachemire-Thôle. En fait tous les gens qui m’entourent m’inspirent sont des modèles… J’aimerais d’ailleurs qu’ils le sachent.

Si vous étiez une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? Solitude car c’est une femme charismatique. Elle s’est sacrifiée pour son peuple et les gens qu’elle aimait. Je pourrais en faire autant aisément…

Quelle est votre principale source d’inspiration ? Ma maman, Jacqueline Cachemire-Thôle…ce sont mes mentors.

MESSAGE

"Ayez la foi quoi qu'il arrive"

Que diriez-vous aux jeunes et moins jeunes martiniquais/caribéens pour les motiver? Ayez la foi quoi qu’il arrive…peu importe ce que la vie vous montre et vous apprend ne doutez jamais, il y a un plan de vie. Vous n’êtes pas seuls. Il faut croire en soi et surtout en ses capacités. N’oubliez pas que lorsqu’on est créateur de pensées, cela signifie qu’on est capable de les réaliser.

Quelle direction devrait-on suivre en faveur de notre société? La foi, l’unité et le respect.

Quelles actions positives de compatriotes admirez-vous ? Quand les gens aident leur prochains je suis admirative…J’ai déjà assisté à des actions menées pour venir en aide aux sinistrés de catastrophes naturelles, je trouve cela très beau. Il est tout de même vrai, que ce sont les petits gestes du quotidien qui me font chaud au cœur. Aider quelqu’un qui est tombé à se relever, porter les courses d’une personne âgée, etc.

Un mot pour la fin ? VIVE LA VIE! Il faut vivre la vie comme on l’entend, dans le respect de l’autre, dans la progression de son être et dans la foi au quotidien tout en préservant sa santé. Et surtout de l’amour au quotidien dans ce petit cœur qui bat chaque jour pour nous permettre de vivre.

Avant de se quitter, découvrez Jenny plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Souriante, spontanée, aimante, dévouée… J’aime les gens et surtout aider, me sentir utile.

Peux-tu te décrire en un mot ? Vraie.

Que fais-tu de ton temps libre ? (Rires) Le si peu de temps que j’ai..soit je danse soit je le consacre à ma famille, mes enfants. 

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante ? Pour la situation positive, je suis démonstrative: j’exclame ma joie ou je m’agenouille pour remercier le Seigneur. Pour la situation irritante, j’ai d’abord un instant de choc. Puis dans la minute qui suit, je retrouve mon dynamisme et cherche des solutions!

Dans ta playlist, on trouve qui ? Il n’y a QUE Machel Montano, je suis fan de lui (rires). Il est poétique dans sa façon de chanter et il est dynamique, ce qui va bien avec ma personnalité. Pour la Guadeloupe, on trouve aussi Krys (qui est aussi un ami) et la Martinique c’est JmaX avec notamment son titre “An pa tou sèl”. C’est vraiment une playlist caribbéenne. J’écoute de la soca depuis très jeune car mon aïlleule vient de la Dominique. On avait d’ailleurs un ami de la famille qui avait une boutique de musique. Il me faisait toujours des compilations de sons qui n’étaient pas encore sortis en Guadeloupe.

Ton artiste préféré ? Machel Montano (et un peu KES aussi).

Ton repas préféré ? Concombre, chicktay de morue et avocat. Je peux manger ça 3 fois par jour…J’adore la saison des avocats. Ils se marient avec tout!

Un voyage mémorable ? A la base, dès que je voyage c’est mémorable! Un restera extraordinaire: c’est le Sénégal, le lac rose, l’île de Gorée… En plus, c’était un voyage que j’ai partagé avec mon père!

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascine et pourquoi? Je trouve vraiment toutes les cultures fascinantes, je vois le positif partout. Néanmoins, j’ai un coup de coeur pour l’Inde. Mon grand-père est d’ailleurs un indien d’Inde. Les indiens me fascine pour leur joie de vivre, patience, douceur, spiritualité. Même si ils connaissent la misère, on ne sent pas d’agressivité.

Des habitudes bizarres? Mon côté maniaque. Je peux être fatiguée et déjà couchée et me dire “mince il y a des chaussures sur le tapis”. 

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir en général? Ma foi. Dieu remet toujours qq chose dans mon petit coeur. Et il y a aussi les gens qui m’entourent avec de l’amour, ça me redonne de la force et de l’espoir. 

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je vis mon rêve déjà…plus grand ce serait d’aller encore plus loin dans ce que j’ai entrepris. Sinon il y a un temps, je rêvais d’être DJ (rires).

La talentueuse Jenny PAULIN débarque demain à Paris avec ses musiciens, pour proposer un cours de Form’aKa du tonnerre au Studio MRG!
Venez découvrir ce concept explosif alliant le Fitness et le Gwoka, sur les rythmes enivrant du ka… Vous avez compris que vous allez transpirer en musique et dans la bonne humeur. Êtes-vous prêts à les accueillir?


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IKONE Caraïbes in partnership with Talan An Nou and Zil’oKA, brings you for the first time in London a Form’aKa Master Class with Jenny PAULIN from Guadeloupe.
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Laurence Maquiaba, Chef de projet

Âgée de 35 ans, Laurence Maquiaba est un chef de projet. Considérant la communication comme un moyen, et non une fin en soi, elle l’utilise avec brio et donne vie à tous types de projets. En 2006, la guadeloupéenne crée Neeya, son agence de conseil en stratégie et développement de projets. Moteur de l’ascension du Slam sur l’île, passionnée d’histoire, cette jeune femme est aussi connue pour sa diction incisive. Parmi ses nombreux activités, Laurence co-produit le Festival « Éritaj, Mémoires Vivantes » pour la commémoration du 27 Mai depuis trois ans. Entretien.

Nom: Maquiaba  PrénomLaurence

Age:  35 ans Couleur: Gris

Dicton : « It always seems impossible until it’s done »   Activité professionnelle : Chef d’entreprise

Lieu de résidence : Guadeloupe

Contact : Son facebook, son twitter

DÉCOUVREZ SON INTERVIEW VIDÉO

PARCOURS

"La Guadeloupe gagnerait à faire plus confiance à ses jeunes et à leur confier des responsabilités"

Quand as-tu décidé de devenir entrepreneur ? Chef de projet ? D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours imaginé ma vie professionnelle comme indépendante. Enfant, je m’imaginais en « Perry Mason », en avocate. Ma mère a compris bien avant moi que la communication serait bien plus pour moi que le droit. Après quelques années d’expérience, je me suis rendue compte que « Chargée de communication » n’était pas vraiment mon métier. La communication arrive à un moment sur les projets sur lesquels je travaille, mais ce n’est pas le coeur de mon activité. Je suis de fait plus chef de projet que communicante.

Slams session, Wilson Café, Allo La France, Be Black, Bouquet Africa TV, Kolèktif Jénès Gwadloup, Festival éritaj, management d’artistes… comment tu as géré/gères tout cela ? Les choses se sont faites assez naturellement. J’ai commencé à organisé les slams sessions avec Josué Léguier qui a vécu longtemps à Porto Rico. Ça m’a mis le pied à l’étrier pour commencer mon réseau professionnel, mettre un pied dans le monde culturel et surtout l’organisation d’évènements. En 2007, mon cousin Charly et moi nous sommes lancé le défi de reprendre le bar que tenait mes grands-parents et mes oncles… Le WILSON CAFÉ fût une belle expérience mais qui s’est avéré éreintante.

En 2009, je suis partie à Paris… j’avais besoin de m’éloigner de la Guadeloupe que je n’avais pas voulu quitter pour les études. Ce changement m’a conduit à travailler sur le lancement de la chaîne BEBLACK qui était un projet très ambitieux à la base. Cela m’a surtout donné l’occasion de travailler avec la communauté africaine, j’y ai fait de très belles rencontres.

En 2013, je suis rentrée chez moi. La Guadeloupe me manquait. La Ville de Petit-Canal m’a fait confiance et le festival ÉRITAJ est né de la volonté affichée de valoriser le patrimoine historique de la ville. Pour la 3ème année, nous avons ce rendez-vous pour parler d’Histoire: c’est à dire de comment ceux qui nous ont précédé ont vécu, quels ont été leurs choix et ce dont nous avons hérité. Il s’agit ensuite de voir comment nous faisons fructifier cet héritage.

Le Kolektif Jénès Gwadloup est une association importante pour moi, j’y suis arrivée après sa création après avoir assisté au 1er bik. Travailler avec des plus jeunes sur des projets qui concernent la jeunesse me donne espoir en l’avenir, la Guadeloupe gagnerait à faire plus confiance à ses jeunes et à leur confier des responsabilités.
En fait, mes expériences sont surtout des rencontres. Souvent les gens parlent des mauvaises rencontres, de bâtons mis dans les roues. Je retiens au contraire ceux qui m’ont tendu des perches, ceux qui m’ont présenté aux décideurs, ceux qui m’ont fait confiance.

Raconte-nous les débuts de Neeya ? Que défends-tu à travers ton agence de communication? Neeya est née en 2006. J’étais encore étudiante, j’avais organisé un Forum des communicants qui était en fait un devoir, ça m’a permis de voir ce que c’était de faire les choses par soi-même, de dépasser sa timidité pour aller vers l’autre. Neeya veut dire en swahili l’objectif, le but et en arabe « celle qui fait confiance à la vie ». C’est surtout le réceptacle des challenges que je tente de relever. Je pense vraiment que c’est à chacun de faire sans attendre sur les politiques, sur les organisations représentatives etc… c’est à nous de porter ce qui nous tient à coeur. Ainsi j’ai espoir que ces projets soient un peu de ciment pour cette Guadeloupe que nous construisons aujourd’hui.

Laurence Neeya Maquiaba
Affiche de la 3è édition du Festival « Eritaj, Mémoires Vivantes » pour la commémoration du 27 Mai qui aura lieu le 26 et 27 Mai 2017.

Quelle a été ta formation ? J’ai une licence en science de l’information et de la communication..

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? Me faire confiance. On a vite fait de se trouver des excuses pour ne pas bouger, rester dans sa zone de confort. Comprendre que j’étais capable a été le déclencheur.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmonté ? J’estime que j’ai plutôt été chanceuse. Mon plus grand problème a été de « paraître » crédible: en étant femme, souvent la plus jeune, il a fallu parfois insister pour qu’on entende ma voix.

Quelle est ta plus grande peur ? Que mes projets, le festival, ne servent à rien… Maintenant que je suis Maman, j’ai peur de ne pas donner à mon fils suffisamment de force pour demain; de ne pas pouvoir lui donner tout ce que j’ai moi-même reçu de mes parents. On ne résiste pas à une passion… 

Des projets futurs ? Je suis en train de travailler sur des documentaires, j’espère pouvoir commencer à filmer à la fin de l’année.

"C’est à chacun de faire sans attendre sur les politiques"

SON PARCOURS EN DÉTAIL

2006: Organisation du Premier Forum des Communicants de Guadeloupe (pendant ses études Licence Science de l’Information & Communication).
 
2006: Avec Josué LEGUIER, Organisation des premières Slam Session et tournoi Slam en Guadeloupe : SLAMBLAG’.
Création de l’agence Neeya, conseil en stratégie et développement de projets.
 
2007/2008: SLAM’Arts au Centre des Arts (spectacles autour des expressions artistiques).
 
2008: Ouverture du « Wilson Café », Bar d’ambiance ouvert avec un associé Charly ANNICETTE.
 
2009: Départ pour Paris.
 
2010-2011: Collaboration avec BEBLACK, du Projet à la négociation CSA puis ouverture de l’antenne.
 
2011-2012: Mobilisation ALLO LA FRANCE pour la Téléphonie mobile.
 
2011-2013: Rédactrice en chef BOUQUET AFRICA TV (Magazine TV spécialisé sur les chaines africaines et diaspora).
 
2013: Retour au pays.
 
2013: Intégration du Kolektif Jénès Gwadloup.
 
2014: Organisation avec le Kolèktif Jénès Gwadloup sur l’Or Vert: permettre aux jeunes de découvrir les richesses et les potentialités du secteur en Guadeloupe.
 
2014: Intégration du groupe de Réflexion multidisciplinaire pour la Biodiversité et le Changement climatique qui se réunit autour du CAGI.
 
2015: Co-production du Festival « Eritaj, Mémoires Vivantes » pour la commémoration du 27 Mai. Évènement qui répond à une stratégie globale du territoire.
Rédaction du Plan Opérationnel Tourisme de la commune de Petit-Canal.
Direction de son agence de conseil en stratégie et développement de projets (à ce jour).
 
2016: Co-production de la 2ème édition du Festival « Eritaj, Mémoires Vivantes ».
 
2017: Co-production de la 3ème édition du Festival « Eritaj, Mémoires Vivantes ».
 

INSPIRATION

"Je serais Rosa Park car je pense qu’il faut savoir défier les règles et les lois quand elles sont injustes"

Qui est ton modèle dans la vie ? En dehors de mes parents? Mandela. Ce qui m’impressionne c’est la capacité qu’il a eu de garder son cap sans jamais se laisser tenter même quand il a remporté quelques victoires. Et en même temps, sa lucidité qui l’a fait reconnaitre qu’il s’était trompé à certains moments et même de comprendre les motivations des tenants du système qu’il combattait.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? Dany Bebel Gisler, on ne parle pas assez de son travail, de l’empreinte qu’elle a laissé dans le combat pour la langue créole.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? Babier! Lol! Sans rires, souvent ma motivation pour un projet vient d’un agacement, l’envie de changer une situation irritante.

MESSAGE

"N'attendez pas le messie, des conditions favorables ou qu'on vienne vous tenir la main"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Que Rosa Parks était assise seule au fond du bus. De ne pas attendre de messie, des conditions favorables ou qu’on vienne tenir leur main. Il y a beaucoup à faire en Guadeloupe, c’est l’occasion pour eux de créer la Guadeloupe qu’ils veulent.
En un mot donner corps à ses rêves dans la fraternité avec les autres.

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société guadeloupéenne,  devrait-on suivre ? Se faire confiance. Comprendre que nous sommes tout aussi valeureux que les autres, et que nous sommes les seuls à nous limiter. Soyons bienveillants envers nous-mêmes et envers les autres. Ce qui me désespère c’est le débat politique en Guadeloupe. Le fait qu’on ne puisse parler d’indépendance, d’autonomie ou d’évolution institutionnelle en dehors des dogmes… qu’on ne puisse simplement se poser la question de ce qui est le meilleur choix pour nous, quelles sont les entraves que nous devons lever.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Il y en a beaucoup, que ce soit des combats pour l’intérêt général ou des combats individuels. Je pense à Henry Joseph et son combat pour la pharmacopée et la biodiversité en Guadeloupe, Ti Malo qui met sa créativité au service du créole en écrivant le premier roman de science-fiction en créole (que je conseille à tous) qui met en mouvement notre imaginaire, Florence Naprix ou G’ny qui décident de sortir de leurs zones de confort pour aller au bout de leurs objectifs, la ténacité de Naomi Martino, Mark-Alexandre Montout qui sillonne la Guadeloupe avec son documentaire Karukéra, le travail de Jean-Paul Quicko pour valoriser les jouets traditionnels, l’artiste Paille qui lance une bourse pour les jeunes martiniquais… je pourrais continuer encore longtemps. Je suis fière par ricochet de ces gens que rien n’arrêtent, qui se dépassent et dont les combats rendront assurément demain meilleur.

Un mot pour la fin ? An nou! C’est un cri qu’on répète en défilant avec le mythique groupe Akiyo, pour se donner de l’élan. Imaginez des milliers de personnes très différentes, qui ne se connaissent pas, qui déboulent comme un seul homme, presqu’en transe. C’est juste impressionnant, cette masse que rien n’arrête… à l’image de la Guadeloupe quand elle l’a décidé. Alors, An nou!!!

Laurence Maquiaba Grand Corps Malade Slam
Concert de Grand Corps Malade lors du Slam'Arts 2, Guadeloupe - 2010 © IDLineStudio

Avant de se quitter, découvrez Laurence plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Je suis une guadeloupéenne, chef d’entreprise et aujourd’hui une maman!

Et en un mot ? Babyèz!

Que fais-tu de ton temps libre ? Quel temps libre? J’ai beaucoup de mal à déconnecter… Y’a toujours un dossier en cours ou une urgence à gérer. Heureusement, mon compagnon arrive à me décoller de l’ordinateur pour une randonnée ou un week-end à Marie-Galante (sans wifi). Ces moments dans la nature sont salvateurs.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante? Face à une situation positive, je remercie Dieu, l’Univers, le Très-Haut quelque soit son nom de permettre que les choses se déroulent favorablement. Face à une situation irritante… je babie (lol) … seule dans ma voiture, je m’énerve dans mon coin… j’ai appris à prendre du recul, être moins impulsive et ne pas réagir immédiatement sur la source d’irritation (mais faut pas me chercher longtemps hein). Après le coup de chaud, je me demande quelles pourraient être les conséquences de cette situation irritante et souvent je me rends compte que ce n’est pas si grave donc je relativise.

Dans ta playlist, on trouve qui ? De tout, je me promets de l’organiser depuis longtemps: on peut passer de Ray Charles, les Fugees, Beyoncé, Damian Marley à Dr Dre en passant par des chants traditionnels sud africains et quelques titres de zouk avec Jocelyne Béroard ou TSV, tout cela entremêlé de soul créole/ Kako Mizik avec Érik, G’ny, Florence Naprix, Dominik Coco, Meemee Nelzy et de Hip-Hop Kréyol Tysmé, Star Jee, Misyé Sadik, j’aime beaucoup la voix de Warped… Des titres récents comme de plus anciens, ce n’est pas la nouveauté qui fait la qualité de la musique.

Ton artiste préféré ? Jocelyne Béroard, ses mots disent tellement de nous! Sans jamais être larmoyante, avec une poésie indéniable, elle touche au coeur. Et j’aime ce qu’elle dégage de femme forte, inébranlable mais pas froide, les pieds sur terre mais le coeur grand ouvert.

Ton repas préféré ? Mon coeur balance entre un bon court-bouillon de poisson et un dombré et ouassous.

Un voyage mémorable ? L’Afrique du Sud, c’était un premier voyage seule et je m’attendais à ce que l’intitulé « Nation Arc-en-ciel » soit juste un slogan marketing au vu de l’histoire de l’apartheid qui est quand même très récente! J’ai eu un choc, j’ai été très surprise de me sentir à l’aise alors qu’à Paris on te suit dans les rayons des grands magasins ou qu’en Guadeloupe il y’a des séparations qui ne disent pas leurs noms.

"La culture guadeloupéenne me fascine…ce mélange entre chauvinisme et auto-flagellation qui produit de l’extraordinaire à coté de non-sens."

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? La nôtre…ce mélange entre chauvinisme et auto-flagellation qui produit de l’extraordinaire à coté de non-sens.

Des habitudes bizarres ? Une mauvaise habitude… Beaucoup trop de sucre dans mon café, mon père dit que c’est un sirop..

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir? La nature… Le bruit des vagues ou une cascade qui te rappelle que demain est un autre jour, que la vie est un cycle et les tribulations du moment ne sont qu’une étape du voyage.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Ce que je fais aujourd’hui… et si je gagnais au loto pareil… j’ai la chance de faire ce que j’aime.

Laurence Neeya Maquiaba
© Facebook Laurence Neeya Maquiaba

Joël Nankin, Artiste Plasticien

Musicien, auteur, compositeur et membre fondateur du Mouvman kiltirel Akiyo en 1979, Joël Nankin ne s’arrête pas là. Acolyte de Guy Konkèt, il est le premier joueur de calebasse, chachayè, du gwoka. En 1995, il devient Artiste plasticien. Il peint la domination des peuples, les drames, ce qu’il n’aime pas… Son militantisme fort sera marqué par un emprisonnement de 1983 à 1989. Derrière les barreaux, sa créativité se libère et ses premiers dessins voient le jour. Trois ans après la prison, il participe à sa première exposition d’art. En 2014, il inaugure son atelier-galerie à Morne-à-l’eau (commune de Guadeloupe). Rencontre avec ce Talan.

Nom: NANKIN   Prénom: Joël  Age:  62 ans Couleur: Bleu

Dicton : Koulèv an toch pa gra Activité professionnelle : Artiste Plasticien

Lieu de résidence : Guadeloupe

Suivez Joël Nankin sur Facebook

PARCOURS

Ses obstacles: le colonialisme dans son pays et la prison

TALAN AN NOU: Quand as-tu décidé de devenir artiste peintre ? Joël Nankin: Je n’ai pas décidé dans mon cas! J’aime à penser que nous avons tous un chemin. Je suis dans l’art depuis 1995.

Quelle a été ta formation ? Je suis un autodidacte mais j’ai eu la chance de travailler dans de nombreux ateliers de maîtres notamment en Haïti, Trinidad & Tobago, etc. 

Avec la peinture, que cherches-tu à transmettre ? Mon regard sur l’humain.

Joël Nankin - Talan An Nou
© Facebook Joël Nankin

J’ai l’impression que je n’ai jamais rien cherché, tout se trouvait sur mon chemin

Comment te viens l’inspiration pour créer ? L’inspiration est dans la vie de tous les jours, j’aime beaucoup la littérature. Je suis souvent dans la réflexion littéraire, elle nourrit mon travail.

(Réflexion) Quelqu’un m’a été très utile, c’est Guy Tirolien. Nous sommes marie-galantais tous les deux mais ce n’est pas seulement ça. C’est l’un des plus grands poètes guadeloupéens. Malheureusement tous les gens qui pourraint être des exemples on ne les cite pas (NDLR : Tel est l’objectif de Talan An Nou).

Quelles sont tes principales influences artistiques ? Nous artistes, sommes multiples… Je n’ai pas une influence mais des influences : indiennes, américaines, africaines et occidentales de part notre histoire.

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? (Réflexion) J’ai l’impression que je n’ai jamais rien cherché, tout se trouvait sur mon chemin. Un exemple concret est ma réalisation professionnelle…ma vie.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Le colonialisme dans mon pays et la prison.

Comment les as-tu surmontés ? En créant…sinon an té ké vin fou.

Quelle était ta plus grande peur ? J’ai eu peur de perdre ma mère.

Des projets futurs ? Tout d’abord c’est de voir grandir ma fille qui a 12 ans. Puis, continuer ce que j’ai commencé le plus tard que possible.

Je suis souvent dans la réflexion littéraire, elle nourrit mon travail

Joël Nankin - Talan An Nou
Déclaration de Joël Nankin, prisonnier politique, face à l'injustice de sa peine © Facebook Joël Nankin

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Pas de modèle mais un père spirituel c’est Gérard Lockel, guadeloupéen conscient, militant. Car sé on moun ki paka lagé.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Non car dans la logique de ce que je dis chacun à sa mission alors quand tu ressembles à quelqu’un tu as ses peines et ses douleurs. Chak moun ni doulè a yo.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? La vie. Quand je fais l’expertise de mon travail aujourd’hui j’ai choisi mon camp: le camp des déshérités. Je peins souvent ce que je n’aime pas. C’est très important ! Je suis profondément contre l’injustice peu importe le domaine et j’espère que cela se ressent dans ma peinture.

Je suis profondément contre l’injustice peu importe le domaine et j’espère que cela se ressent dans ma peinture

Joël Nankin Gérard Lockel Talan An Nou
Gérard Lockel © Ugtg.org

MESSAGE

Il faut y croire. N’oublie jamais ton histoire, tu es porteur du rêve de l’esclave : la liberté donc l’excellence

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Il faut y croire. N’oublie jamais ton histoire, tu es porteur du rêve de l’esclave : la liberté donc l’excellence.

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société guadeloupéenne,  devrait-on suivre ? Être nous quelque soit la façon…Que les guadeloupéens prennent la pleine souveraineté de leur pays.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Il y en a beaucoup…Je suis content qu’à chaque fois qu’un guadeloupéen triomphe, c’est une part de moi-même qui gagne. AN KONTAN.

Un mot pour la fin ? FAIM de liberté.

Joël Nankin - Talan An Nou
Stevy Mahy et Joël Nankin à la Rue Piétonne de Pointe-à-Pitre © HappyMan Photography

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PORTRAIT

Le musicien qui me pète la tête c’est Guy Konkèt

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Passionné.

Et en un mot ? Têtu.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je n’ai pas de temps libre sauf quand je prends des vacances.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Comme le commun des mortels ça dépend de l’intensité de la joie… Et une situation irritante ? La colère.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Le musicien qui me pète la tête c’est Guy Konkèt.

Ton artiste préféré ? Gérard Lockel.

Ton repas préféré ? I-tal.

Un voyage mémorable ? Vietnam héroïque, Sénégal.

La culture guadeloupéenne me fascine car nous sommes en train de la construire

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? La culture guadeloupéenne me fascine car nous sommes en train de la construire.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? La cuisine. Je suis un chef.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? La jeunesse.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je l’ai déjà fait. J’ai tout arrêté (après 30 ans d’enseignement dans l’hôtellerie) pour la peinture.

Joël Nankin - Talan An Nou
© J.Lanoir

EXPOSITIONS DE JOEL NANKIN

2016

 “CREDO ” Hommage à l’œuvre de Guy Tirolien, Atelier-galerie Nankin, Morne-à-l’eau, Guadeloupe

2015 

“Egzistans”,A telier-galerie Nankin, Morne-à-l’eau, Guadeloupe

2014 

“Grenn Sèl”, Ouverture Atelier-galerie Nankin, Morne-à-l’eau, Guadeloupe

2011

Festival de Longueuil, Montréal, Canada

Hommage à Edouard Glissant, Ville de Baie Mahault, Guadeloupe, happening.

“27 mai, Limyè Ba Yo”, Hommage à nos aïeux, Place de la Victoire, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe.

2010 

“Lespwi Sonny Rupaire”, Pavillon de la Ville, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe.

Art Bémao, “Le déséquilibre”, Parc de la Centrale, Baie-Mahault, Guadeloupe.

2009

Casa Frela Gallery, Harlem, New York, USA.

2007

“An wonn la” Atrium, Fort-de-France, Martinique.

Hommage à Sonny Rupaire, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

2006

Festival de Jazz de Cayenne, Guyane.

2005

“Le plus difficile pour être humain est d’être chaque jour un homme”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

2004

Auditorium, Parco della Musica, Rome, Italie.

2003

“Etat d’urgence”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à-Pitre, Guadeloupe.

Exposition et happening, tryptique, Paris, France.

Exposition, Galerie Gora, Montréal, Canada.

2001 

“Miroirs”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

1999

“Anmwé”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

1998

“An mawonaj”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

“Autour d’une éclipse”, Galerie Espace d’Art, à Baie-Mahault, Guadeloupe.

1997

“Musique Caraïbe”, le Marin, Martinique

Musée National Port of Spain, Trinidad.

1996 

“Bitasyon”, Habitation, le Maud’huy Saint-François, Guadeloupe.

1995 

” Bitako”, Centre des arts et de la culture de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe.

1994

“Lakou” Centre des arts et de la culture de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe.

Biennale de Saint Domingue, Musée d’art contemporain, République Dominicaine.

1992 – 1996 

“Indigo”, Festival intercaribéen d’arts plastiques, Fort Fleur d’Epée, Gosier, Guadeloupe.

Joël Nankin - Talan An Nou
Mè 67 © Facebook Joël Nankin

Propos recueillis en Octobre 2015


Romuald Seremes, Chorégraphe, metteur en scène & fondateur de Djòk

Romuald Seremes traduit la nature en mouvements TRANScendants. Qu'il espère résonneront assez fort pour participer à la mondialisation du gwoka.

Chorégraphe, metteur en scène et fondateur de la technique de danse KA KWE, Romuald Seremes nous offre une expérience unique à chaque représentation grâce à sa démarche holistique!

Nom: Seremes  Prénom: Romuald 

Age:  49 ans   

Couleur: J’aime toutes les couleurs mais il y des couleurs qui viennent plus à moi. C’est le bleu.

Profession: Chorégraphe, metteur en scène

Lieu de résidence: Abymes, Guadeloupe

Contact: Facebook, Youtube

PORTRAIT

"J’utilise la tradition pour faire ma révolution"

Peux-tu te décrire en quelques mots ? J’utilise la tradition pour faire ma révolution, j’ai mon inspiration de la nature et les grands. J’étudie beaucoup la spiritualité, l’Égypte Ancienne, l’esclavage de différents pays (Brésil, Haïti, Guadeloupe). J’aime beaucoup l’humain, la nature et j’y crois.

Et en un mot ? Ka kwè.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je me repose, je me libère, j’essaye de m’envoler, je vais à la mer, dans les bois, je fais de la méditation.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Je vais de l’avant et je regarde qu’est-ce qu’on peut faire pour aller plus loin. 

Et irritante? J’essaie de contrôler mon émotion et transformer mon énergie négative en positif, si c’est possible, pour trouver un équilibre. 

Dans ta playlist, on trouve qui ? J’aime toutes les musiques. Notamment, celles par rapport à la colonisation et ce que nous sommes aujourd’hui. J’écoute les musiques du monde. J’écoute aussi beaucoup de gwoka ancien. Il y a des artistes qui m’inspirent plus que d’autre ça dépend du style que je travaille.

Ton artiste préféré ? Guy Konkèt, Robert Loyson, Cab Calloway, Michael Jackson.

Ton plat préféré ? Je n’en ai pas.

Un voyage mémorable ? Cuba NYC et Inde. Le festival de Carifiesta à Cuba et Trinidad (années 90). C’est là que j’ai compris ce que je dois faire avec le gwoka pour faire ma révolution.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? Ancienne Egypte. Car pour moi c’est le début c’est la 1ère civilisation. La civilisation chinoise me fascine également.

"J’aime tout ce qui est étrange"

Des habitudes bizarres ? Je suis assez bizarre par rapport à la société. Il y a des trucs qui me vont pas et je me retire.

Un talent étrange ? J’aime tout ce qui est étrange. Si le monde me propose un pays, je l’étudie par rapport à ma culture, j’aime l’étrange pour prendre je vais chercher ce que l’on comprend pas pour qu’on puisse le comprendre. Ce que l’on ne voit pas avec l’œil on peut le voir avec l’esprit, l’âme car on n’est pas habitué avec.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? La respiration.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Pour moi rien ne s’arrête car même si on fait rien dans le passif on voit encore autre chose à faire, on peut progresser et aller encore plus loin. Rien ne s’arrête tout continue.

Ludovic Bibeyron, Romuald Seremes et Nelson Rogier
Ludovic Bibeyron, Romuald Seremes et Nelson Rogier (de gauche à droite)

PARCOURS

Djok Romuald Seremes Adéola Bambé
© Adéola Bambé

Quand as-tu décidé de devenir danseur? Et chorégraphe? J’avais une énergie. Cela a commencé quand je regardais des show variétés, des films de danse classique à la TV à 7 ans. J’essayais d’imiter tout ça avec euphorie. Et quand j’allais voir les films de karaté au cinéma Plaza (NDLR: ancien cinéma situé à Pointe-àPitre), je reproduisais tous les gestuels à la fin du film dehors. Les gens m’entouraient et me regardaient. Mon frère dansait aussi. Et de là c’est parti, on faisait des chorés et on montait sur scène. Puis, avec les clips de Michael Jackson, Lionel Richie, James Brown,… j’ai commencé à bosser plus des danses de rue.

Quelle a été ta formation ? J’ai commencé en tant que danseur de rue. Puis j’ai fait la formation pour obtenir mon Diplôme d’Etat. Ensuite, j’ai continué à l’école de danse Deshauteurs, à l’école de danse Scherrer et aussi chez Léna Blou. J’ai également reçu une formation professionnelle à Paris. reda puis J’ai gagné une bourse pour me former chez Alvin Ailey à NYC. Mon premier groupe a été celui avec Tony Mumba.

Avec la danse, que cherches-tu à transmettre ? La danse, en partant de l’Afrique, c’est quelque chose de noble. C’est thérapeutique, c’est un message, c’est quelque chose de divin. C’est être habité par quelque chose qui est invisible. Tu es obligé d’apporter un message à quelqu’un qui te voit à l’œuvre. Cela dépasse un truc social, c’est quelque chose de divin.

"Quand tu danses tu sors de toi [...] Dans la danse il y a tout. La danse peut transformer un peuple, les mentalités."

Comment te viens l’inspiration pour créer ? J’ai appris à regarder la nature, un arbre et comment le faire bouger. La transformation! Quand quelqu’un parle, observer comment son corps bouge, ses mots. Elle vient aussi de la poésie pour que la danse ait une expression qui peut tracer les mémoires, des trucs qui ont disparus, pour avoir un repère. Par exemple, les jeunes qui n’ont pas vu certaines choses, quand tu répètes certains mouvements c’est un truc ancestral, c’est la mémoire enfouie.

Quand tu danses tu sors de toi, tu vas chercher quelque chose?! Je libère mon corps, je fais des choses que je ne contrôle pas. Mon corps l’enregistre et après je fais un code avec. Je vais vraiment au fond de l’être. Dans la danse il y a tout. La danse peut transformer un peuple, les mentalités.

Comment est née l’association Djòk ? Il y a la compagnie Ki 3D Ka et il y a l’association Djòk.

  • Association Djòk

Pourquoi Djòk? Car je suis resté pendant longtemps sans rien faire, j’étais dans l’incapacité de faire des choses. Ce qui veut dire que même si je suis allongé, malade mon esprit doit rester djòk. C’est être courageux, être debout, c’est la verticalité. Un gwoka vertical..pou nou pa ka lagé. Djòk c’est rester créatif. L’association a été créée en 2007.

  • La compagnie Ki 3D Ka

C’est l’énergie du ka en 3D. Je prends les bases du gwoka traditionnel, la gestuelle stérétoypée, un gwoka improvisé/instantané et je le transcende. Je prends un truc à partir de la diversité car le gwoka c’est l’Inde, l’Afrique et l’Europe. Alors je cherche un pas par rapport au passé des ethnies, la yo soti, jan yo té yé. Je prends les 3 peuples, je fais des recherches an ka bay nivo grafik, nivo a ko ay. Je fais un mélange!

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser ton rêve ? Faire transmettre toute cette philosophie aux danseurs. Le gwoka n’est pas seulement une danse de rimé bonda. C’est une manière de vivre, c’est être véloce. Le gwoka c’est une transformation. Quand on souffre et qu’on danse/chante on transforme l’être pour être bien équilibré pou i pa soufé twop an lanm ay é an lespri ay. Il n’y a rien de difficile, il faut travailler. Si i fèt i bon ,si i pa fèt sé on dòt ki ké fèy. Gwoka sé on biten universèl, sé pa tradisyonèl, i pa ni fren i pa ni bayè i ka-y odela dè tout pansé, form. (Longue respiration) « J’utilise la tradition pour faire la révolution ». José Marty.

"Le gwoka n’est pas seulement une danse de rimé bonda. C'est une manière de vivre, c'est être véloce. Le gwoka c'est une transformation"

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmonté ? Par rapport à un choix, on a toujours des obstacles. Moi c’est de sublimer le spectacle gwoka il suffit de rassembler les éléments. Fò-w travay an kachèt é soti an sèl kou.

Quelle est ta plus grande peur ? Des peurs j’en ai plein. La plus grande : la perfection. Puis j’ai compris que la perfection me mettait trop de barrières. Par exemple quand tu as des références comme des américains alors qu’il te manque du parcours pour faire comme eux. J’ai compris une chose: ne pas me battre pour la perfection mais me battre pour faire les choses.

Des projets futurs ? Faire connaître le gwoka à travers le monde entier. 

© IDLineStudio

INSPIRATION

Djok Romuald Seremes Adéola Bambé
© Adéola Bambé

Qui est ton modèle dans la vie ? J’aime bien Gandhi, Martin Luther King, le Christ, Cheik Anta Diop.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? Les Mawons, ceux qui ont bati, osé car c’était interdit. Yo ozé !

Quelle est ta principale source d’inspiration ? Le visible (la nature).

djok
© Facebook Djok Asosyasyon

MESSAGE

Djok Romuald Seremes
© Facebook Djok Asosyasyon

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Rêver c’est bien c’est la moitié d’une existence, s’asseoir réfléchir et agir. Réfléchir, regarder comment emmener l’action et ne pas lâcher. Faire une chose à la fois. Ne pas faire que rêver. Ne pas aller trop vite. Ne pas vouloir faire les choses en grand comme à la TV. Rester soi et ne pas lâcher, vivre sa vie. Choisir son rêve. L’action c’est beaucoup. Quand tu agis, pa palè onlo.

Quelle direction devrait-on suivre en faveur de notre société guadeloupéenne ? Je suis guadeloupéen et français par la colonisation. Je dois vivre avec mes plantes et mes arbres. Papa yaya, vélo tous les intellectuels guadeloupéens., travailler société pour y ay pli lwen.

" Je suis guadeloupéen et français par la colonisation"

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Quand il y avait des cyclones à l’époque on était vraiment fraternels. Il y avait des groupes qui se battaient contre l’injustice. On était plus compatriotes : sé an lanmen ka lavé lot. Aujourd’hui c’est l’individualisme et l’argent qui priment. La fraternité n’est plus pareil. Mais, ill y a quand même de l’espoir…

Un mot pour la fin ? Travaillons tous ensemble pour une économie guadeloupéenne, pou lè moun rèkonnèt nou, an nou travay tout ansanm, mantalité a kroch pa no plas a-y la. An nous amblé!

(Il rajoute) Fouté égo la an bwè car i pa ka méné nou pon koté.

"Travaillons tous ensemble pour une économie guadeloupéenne"

Qu'est-ce que le Kakwè ?

Le KAKWÈ est une Technique de Danse hybride originale et typiquement Guadeloupéenne. Créée par Romuald SEREMES à l’issue de ses nombreuses années de recherches et d’observations, cette danse gagne perpétuellement en maturité.

À l’instar du jazz, qui a pris naissance de la symbiose de différentes influences artistiques : jeux de jambes, claquettes, “Bounce”, et autres danses de rue, il fait naître une sorte de filiation entre la danse traditionnelle et la danse moderne, s’inspirant du courant Américain dans sa globalité.

Le Chorégraphe Romuald SEREMES va de fait cibler 5 pistes de recherches:

  • La Nature (la Faune et la Flore) et les Danses sacrées (Spiritualité, Postures du Yoga Egyptien)
  • Les Danses Sociales ou Populaires : La Biguine, le Gwo ka traditionnel, le Jazz, Le quadrille, les Danses de combat, les Jeux dits « de société » …
  • La Danse moderne
  • Le Théâtre et la Poésie créole
  • Les codes de la vie quotidienne (Gestuelle de travail, postures, manières typiques…)

Il découle du mariage de ces Danses, Pratiques spirituelles, Guerrières, Martiales et Populaires, une Danse Gwo ka plus riche, revigorée, dont le vide cognitif est comblé et dont la noblesse qu’elle mérite est réattribuée.

LA TECHNIQUE DE DANSE: Le Kakwè de Romuald SEREMES dépeint un Gwo ka en perpétuel mouvement. En effet, avant de récolter pléthore d’éléments du milieu culturel, le chorégraphe s’est construit sa propre « matrice » de réflexion. Il a commencé par faire du “Rapport au sol” le principe élémentaire de son travail: Trépignements, sauts, transferts de poids du corps, changements de niveaux etc.

Ces éléments vont lui permettre d’explorer d’autres constructions graphiques mettant en jeu distinctement le corps dans sa globalité et ses différentes parties : le bassin (siège de l’utérus chez les femmes, il est l’élément moteur de tout mouvement), les hanches, le buste, le port de tête etc. Cependant, le fondement de son travail, même s’il passe par des exigences techniques de base anatomique d’alignement et de connexions articulaires, il va au-delà de tout formalisme et touche ce qui nous relie au plus profond de nous-même, c’est à dire à une véritable énergie ancestrale : “le Ka ancestral” ou ce qu’il appelle encore la “Mémoire enfouie”.

LE CONCEPT DU “KA ANCESTRAL”

LA MÉMOIRE ENFOUIE C’est le paroxysme, l’état d’ivresse, d’improvisation, de spontanéité où le danseur est habité et entre dans une sorte de « transe » sans exécuter de pas stéréotypés ou acquis. Au-delà de toute exécution préméditée ou chorégraphiée, il s’agit ici d’une Résonnance des origines et de l’environnement qui sont propres à l’individu. C’est l’écho même de nos racines. « La Mémoire enfouie ressurgit de façon inconsciente dans le mouvement du corps. » Romuald SEREMES.

© Facebook Espace Danse Wargnier


Yann Arphexad, Restaurateur du BZ Snack

De marin pêcheur à restaurateur, Yann Arphexad défend l'importance du travail et du "konsomé lokal"

Ancien marin pêcheur, Yann a cru en ses rêves et est aujourd’hui un entrepreneur exemplaire qui est parti de rien. Ce jeune ambitieux, originaire de Chauvel et Mortenol, a géré son premier restaurant Bèl Zasyèt en 2011. Le BZ Snack lève son rideau à Mortenol pour la première fois en 2013. Sur place ou à emporter, vous pourrez savourer un agoulou lambi, de la langouste grillée ou encore d’autres produits de la mer sous les instructions de ce cuisinier autodidacte. Sans le savoir, l’emplacement du restaurant participe à redynamiser le quartier très souvent réduit à un “ghetto”. 

Nom: Arphexad  Prénom: Yann  

Age:  29 ans   Couleur: Orange

Profession: Restaurateur

Lieu de résidence: Abymes, Guadeloupe

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Je n’aime pas rester inactif. Je suis toujours en mouvement, au restaurant, mais aussi pour développer d’autres projets professionnels et culturels. Je suis quelqu’un de très ouvert. J’aime beaucoup la musique.

Et en un mot ? Energie.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je n’en ai pas beaucoup!

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et irritante?Lorsque je rencontre une situation irritante, j’essaie d’en tirer du positif. Du coup, je reste serein. Je garde le positif et j’essaie de trouver des solutions à ce qui est moins bon.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Beaucoup de gwoka, de soca, de zouk… De musiques caribéennes en général. Je suis ouvert à tous les styles.

Ton artiste préféré ? J’en ai plusieurs.

Ton plat préféré ? Aucun en particulier mais j’aime beaucoup les fruits de mer.

Un voyage mémorable ? New York: on y trouve de tout, c’est une véritable jungle où règne la différence. On passe sans transition du quartier italien au quartier chinois. Son coté melting pot me plait. Je compte y retourner.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? La culture caribéenne car elle est riche. Malgré la barrière de la langue, on retrouve des similitudes. Par exemple, certains plats se ressemblent. Il y règne un esprit convivial et chaleureux. 

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? Je travaille peut-être un peu trop. Non.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? En général, je fais avant tout les choses pour moi. Cependant j’ai beaucoup de respect pour ma famille. Donc lorsqu’elle est fière de moi, ça me fait très plaisir et me donner envie de poursuivre.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je vis déjà mon plus grand rêve. Sinon, je ferais le tour du monde.

PARCOURS

Quand as-tu décidé d’ouvrir ton restaurant ? C’était en 2011. Mon premier restaurant, « Bèl Zasyèt » à Chauvel, n’ouvrait que le week-end. On constituait une cagnotte entre amis, et ma mère m’aidait à cuisiner . Mon projet initial était d’ouvrir à Mortenol donc j’ai ouvert BZ (contraction de Bèl Zasyèt) en 2013. Pendant 6 à 8 mois, j’ai fait fonctionner les deux adresses.

"J’ai une façon particulière de griller le poisson, la langouste. J’ai finalement décidé de me lancer"

Comment est né le BZ ? J’aime découvrir les restaurants de la Guadeloupe et j’avais l’idée de faire de la restauration rapide. C’est rapidement devenu une passion et ceux qui goûtaient à ma cuisine appréciaient bien. J’ai une façon particulière de griller le poisson, la langouste. J’ai finalement décidé de me lancer.

Quelle a été ta formation ? J’ai suivi une formation sur l’hygiène dans la restauration puis j’ai obtenu mon permis d’exploitation. Mais ce qui concerne la cuisine, je suis un autodidacte.

Que défends-tu à travers ton entreprise ? Dans mon domaine, l’hygiène est le point clé. J’accorde aussi beaucoup d’importance au respect du client : il doit se sentir comme chez lui.

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser ton rêve ? Financer mon projet a été un parcours laborieux. Quand tu veux créer ton entreprise en ayant moins de 30 ans, ça représente un gros investissement. J’ai travailler dur pour mettre de l’argent de coté. Je n’ai pas pu profiter du programme Projet Initiative Jeune car ma formation littéraire ne concordait pas assez avec mon projet dans la restauration. Heureusement j’ai pu compter sur l’aide de mes parents, de mon parrain, et sur des « coups de main ». Aujourd’hui, je continue à travailler pour développer mon affaire…

(Après réflexion, il rajoute) Généralement, les clients sont satisfaits de mon travail et me félicitent. Cependant les plus jeunes restent les plus difficiles à convaincre. J’inspirent certains mais d’autres semblent être déjà formatés par la mondialisation, par la société de consommation.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? J’ai eu un accident grave à moto. Pour le reste, je parlerais d’avantage d’expériences que d’obstacles.

Quelle est ta plus grande peur ? Perdre ma mère, ma famille.. ceux qui comptent énormément pour moi.

Des projets futurs ? Donner toujours plus d’envergure à mon entreprise.

"Financer mon projet a été un parcours laborieux. Quand tu veux créer ton entreprise en ayant moins de 30 ans, ça représente un gros investissement"

INSPIRATION

"Je suis né dans le tambour, je vis pour le tambour"

Robert Loyson

Qui est ton modèle dans la vie ? Mon parrain. Il a toujours été présent et à travers son évolution professionnelle, il est devenu un véritable modèle. Pour moi, il représente le travail. Je lui dois aussi ma passion pour le gwoka. Dès mon plus jeune âge, je l’entendais chanter et jouer chez ma mamie. Loyson, Chaben, Kristen… j’essayais de reproduire les morceaux avec les seaux, les canaris (casseroles). Je suis né dans le tambour, je vis pour le tambour.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? Un grand maître ka. J’aime beaucoup Robert Loyson car j’ai l’impression d’assister aux scènes dont il parle dans ses chansons. Il n’a pas été à l’école mais à travers sa musique il arrive à transmettre des émotions. Il était fort, ce n’est pas expliquable. Personne n’a la science particulière qu’avaient les maîtres ka comme lui, Chaben ou encore Guy Konkèt. Aujourd’hui, seul Wozan Monza me transcende.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? Mon but est de réussir mon projet donc j’évite les addictions. Je réussis aujourd’hui donc je n’ai pas de barrières et j’en veux toujours plus . Disons que je suis sur la deuxième marche d’une échelle qui en a dix. Mon objectif est d’arriver au 10 niveau, step by step, en fournissant les efforts nécessaires.

MESSAGE

Yann Arphexad, Restaurateur du BZ Snack

"Tout est possible. Il faut avoir beaucoup de volonté et ne pas céder à la facilité"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Je pense que tout est possible. Il faut avoir beaucoup de volonté et ne pas céder à la facilité. Même quand les choses sont compliquées, il faut trouver de retourner la situation pour réussir. Il y aura toujours des barrières, mais à l’image des athlètes et des haies, on doit pouvoir les surmonter.

Quelle direction devrait-on suivre en faveur de notre société guadeloupéenne ? Le peuple guadeloupéen devrait être plus solidaire. Il devrait consommer local pour soutenir les petits commerces plutôt que d’aller vers les firmes étrangères. Aussi, la société de consommation nous pousse à jeter, gaspiller. On pourrait redistribuer certains produits aux restaurateurs locaux.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? A Antigua, Trinidad, en Jamaïque, il y a des coopératives de pêcheurs. Elles permettent d’éviter que les artisants soient démotivés par par du poisson importé beaucoup moins cher. Fanswa Ladrézo dit dans l’une de ses chansons « yenki bétiz bato la méné »… La coopérative de pêcheurs en Guadeloupe a coulé mais il faut tenter de resister à ce système qui ne laisse aucune chance aux plus petits. Le LKP n’a pas changé grand chose. Les compatriotes doivent favoriser préférer les actions guadeloupéennes à celles venant de l’extérieur.

"Le peuple guadeloupéen devrait consommer local pour soutenir les petits commerces plutôt que d’aller vers les firmes étrangères"


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Akuji, Compositeur

« Il n’y a que vous qui pouvez d’abord croire en vous-même »

Krs One, Erik Pédurand, Osmojam, Benaja, Sébastien Drumeaux ont tous un point commun. Lequel? Ils ont tous collaborés avec l’apprenti magicien de Yubaba dans le Voyage de Chihiro, Haku, Akuji, plus communément appelé Célio Chomereau-Lamotte.

Ce jeune beatmaker a déjà sorti deux projets: F.L.A.V.O.U.R.I.T.E.S (2013) et Oceans (2014). Fils du grand percussionniste Charly Chomereau-Lamotte, il arpente avec brio les pavés de la nu soul avec des sonorités électroniques à la clé et de bons samples. Envie de réussir à vous évader? C’est l’objectif de sa musique. Allez, c’est l’heure d’en savoir plus sur ce Lauréat du Beatmaker Contest (édition 2014) qui a gentiment répondu à Talan An Nou. 

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Nom: CHOMEREAU-LAMOTTE  PrénomCélio  Pseudo: Akuji

Age: 32 ans   Couleur: Rouge

Dicton: « Sa ki la pou’w dlo pa ka chayé’y »

Activité professionnelle: Compositeur

Lieu de résidence: Paris

Contact: Soundcloud, Bandcamp, Facebook 

Prix : Demi-­finaliste Beatmaker contest (2012), Vainqueur Beatmaker contest par équipe (2014)


PORTRAIT


Peux-tu te décrire en quelques mots ? Sensible, empathique, passionné.

Et en un mot ? « Force tranquille ».

Que fais-tu de ton temps libre ? Le cinéma, le sport.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et irritante? Dans les deux situations, je garde toujours mon sang-­froid car je suis plutôt introverti.

Dans ta playlist, on trouve qui ? En ce moment: Cory Henry, Jean-Michel Rotin, Hiatus Kaiyote.

Ton artiste préféré ? Question piège car il y en a tellement…

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Ton plat préféré ? Le migan de fruit à pain.

Un voyage mémorable ? La première fois où, petit, j’ai pris l’avion tout seul pour me rendre à Paris.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? Boire quelque chose de très glacé tout de suite après avoir bu quelque chose de très chaud. Talent étrange : bouger les doigts de chaque main de façon désynchronisée.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? La gentillesse.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Le fait de vivre de ma passion est déjà mon plus grand rêve (lol) donc tout arrêter n’aurait aucun sens pour moi.

 


PARCOURS


Quand as-tu décidé de devenir beatmaker? Il y a une dizaine d’années, tout simplement par amour de la musique et pour concilier mon besoin de créer.

Quelle a été ta formation ? Principalement autodidacte. Mais c’est mon père qui est lui même musicien qui m’a appris la musique. Plus tard, j’ai suivi une formation à la Reason School pour me perfectionner en M.A.O (musique assistée par ordinateur).

Accepter que l’on n’a jamais fini d’apprendre des autres, et que l’on sera toujours perfectible

Avec le beatmaking, que cherches-tu à transmettre ? De l’émotion. J’essaie juste d’aider les gens qui écoutent ma musique à s’évader. Et si jamais elle leur permet d’arriver à un stade introspectif, c’est encore mieux.

Comment te viens l’inspiration pour créer ? Par des idées qui me traversent l’esprit et bien souvent en écoutant d’autres artistes; l’émulation vient de là. Mes influences artistiques viennent principalement du jazz, puis du hip hop sans oublier, l’ensemble de la musique caribéenne.

 

HIGHER de Sébastien Drumeaux. Directed by Yannis Ste-Rose & Jonathan Drumeaux (On vous l’a présenté  déjà sur Talan An Nou. Oui souvenez-vous, son portrait est ici)

Suivant ton expérience, quelle a été le plus dur pour réaliser ton rêve ? Accepter que l’on n’a jamais fini d’apprendre des autres, et que l’on sera toujours perfectible.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmonté ? Principalement d’être toujours un peu dans ma bulle, et je l’ai surmonté en m’ouvrant un peu plus aux autres.

Quelle est ta plus grande peur ? De mourir en ayant une frustration d’inachevé.

Des projets futurs ? Continuer à être inspiré et à collaborer avec de nombreux artistes.

 


INSPIRATION


Qui est ton modèle dans la vie ? Ma mère.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? George Nicolo. Car c’est grâce à lui que l’on peut avoir plusieurs chaînes sur nos télévisions.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? Ecouter, observer les inconnus, les gens, ma famille vivre autour de moi.

 

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MESSAGE


Le développement de notre société guadeloupéenne passe par l’éducation

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Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Qu’il n’y a qu’eux qui peuvent d’abord croire en eux-­mêmes avant leur proches ou amis, et c’est là que se trouve la clef de la réussite.

Quelle direction devrait-on suivre, en faveur de notre société guadeloupéenne ? Prenons simplement l’exemple de nos parents, car si nous sommes là c’est qu’ils ont réussi. Pour moi, le développement de notre société guadeloupéenne passe par l’éducation.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? En grande partie, des actions menées par Lilian Thuram pour son île natale, que ce soit dans le développement culturel de l’île ou dans le développement de l’encadrement sportif chez les jeunes. Car il est toujours resté fidèle à ses racines et a constitué un bon relai et exemple de réussite pour les générations qui lui succèdent.

Un mot pour la fin ? La meilleure musique ne se trouve pas qu’à la radio… C’est agréable de découvrir aussi des choses par soi-­‐même ;).

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Merci Akuji !

Retrouvez son univers sur: Soundcloud, Bandcamp, Facebook 

Propos recueillis en Août 2015