Category: Entreprenariat
Jean-Pierre Sturm, Auteur de théâtre

Pour cet ancien animateur de télévision et radio, se reconvertir à 40 ans, après 20 ans de carrière, était une évidence afin de suivre son rêve d’écriture. Son envie: faire rire le public! En 1988, Jean-Pierre Sturm crée JP SHOW, société de production, d’organisation de spectacles… En 2004, il révèle le talent de sa plume avec la pièce hautement acclamée Ma Commère Alfred. Depuis, il enchaine les succès de ses comédies au théâtre et, les voyages dans le monde.

Nom: Sturm Prénom: Jean-Pierre

Age:  30 ans et +  Couleur: Bleu

Dicton: “Tout arrive à qui sait attendre”

Activité professionnelle :auteur de théâtre, de séries, touche à tout

Lieu de résidence: Entre Guadeloupe et France

Contact: www.jpshow.com, son Facebook @jpshow, son Twitter @jpshow, sa chaine YouTube JPSHOW,

PARCOURS

"J'écris à tout moment! J'ai en permanence un petit carnet"

Quand et pourquoi as-tu décidé d’écrire, de mettre en scène et de produire ? J’ai toujours voulu écrire des pièces de théâtre, mais je remettais toujours à plus tard trop pris par mes activités radio et télé pour RFO. Je me faisais la main en écrivant des textes drôles pour la pub, les textes d’Albè et Léyon pour le “jambon Rio” c’était moi ! Multi cash et beaucoup d’autres, mais personne ne le savait. J’ai vraiment décidé d’écrire quand j’ai quitté RFO, mais la première pièce écrite n’a jamais été jouée à ce jour, un metteur en scène antillais réputé l’a lue, mais son appréciation m’a cassé, à me faire regretter d’avoir osé écrire. Pourtant, le directeur du théâtre Charenton de l’époque avait aimé, malgré selon lui, quelques retouches à y apporter. J’ai mis un frein à l’écriture pour me consacrer aux tournées de Jean Yves Rupert, Viviane Emigré et des pièces de José Jernidier. En 2003, en Martinique au cours d’un diner de fin de spectacle de Viviane Emigré, je commande alors à José Egouy présent, une réécriture de sa pièce à succès “Vikto makoumè”. Assuré d’avoir flairé le bon coup, je réserve des dates pour 2004 aux salles de Guadeloupe, Martinique, Guyane et Paris, sentant à nouveau le triomphe de cette célèbre pièce. Mais, c’était mettre la charrue avant les bœufs, les premières pages ne me convenaient pas du tout, c’est ainsi que je me suis décidé à écrire Ma Commère Alfred !

Explique-nous ta profession. Maryse Condé lors d’une interview me disait “l’écriture vient en écrivant” elle n’avait pas tort car depuis le triomphe de Ma Commère Alfred, c’est une nouvelle passion dont je ne peux plus me passer, j’écris à tout moment ! J’ai en permanence un petit carnet sur lequel je note des répliques drôles à insérer un jour dans une pièce à venir.
Pourquoi mettre en scène ? En réalisant pour la télé la série Rigobè et Dèdète que j’ai créée, je dirigeais déjà les comédiens, c’est tout naturellement que j’ai mis en scène le premier spectacle que nous faisions tiré de la série. J’y ai pris goût, mais je ne me considère pas comme un metteur en scène de théâtre, je mets plus en espace pour que tout soit harmonieux, pour que les gags, les comiques de situation, les déplacements, l’effet visuel global soient efficaces.
Produire, c’est mon autre activité, je préfère tout maitriser de la création à la diffusion. 

Comment te vient l’inspiration? L’inspiration vient de mon observation. Pour écrire le personnage de Josué , dans “Bienvenue lajol”, j’ai pris pendant quinze jours des trains de banlieue tous les matins pour écouter le langage des jeunes de banlieue, et je prenais des notes. Pour Rigobè et Dèdète, c’est en voyant à la rue Nozières, une libanaise maltraitée son frêle mari que l’idée est venue, sauf qu’elle n’était pas forte comme Dèdète. Mais, c’est en puisant aussi dans mon entourage, après c’est la caricature poussée à l’extrême qui détermine le côté ridicule du personnage.

Jean pierre sturm
(De gauche à droite): Christian Julien, Jean-Piere Sturm, Daniel Bilong. ©Lucien Courtil

Comment s’est passée la transition professionnelle après 20 ans de carrière à la radio et TV? Après 20 ans de radio et 10 ans de télé, quand tout s’arrête, c’est la douche froide ! Un hyper actif comme moi, se retrouvait à parcourir le monde tout simplement, n’ayant rien d’autre à faire ! J’ai estimé ma mise à la retraite forcée un peu précoce. Mais, je suis quelqu’un qui ne blâme jamais une contrariété, çà devait se passer de cette façon. J’avais toujours dit à mes amis et proches qu’à 40 ans, j’allais faire autre chose. Avec le recul, il fallait que je quitte la machine RFO qui m’a broyée, pour me consacrer à ma propre production, est ce que j’aurais écrit des pièces de théâtre si j’étais resté au sein de RFO, probablement pas, car, faire de la radio et de la télé, c’est du plein temps, les gens ne s’imaginent pas l’énergie dépensée et les sacrifices à faire pour toujours être sur une grille de programme, passer à l’antenne. Pendant toutes ces années, je n’ai jamais pris de vraies vacances ! Je me suis rattrapé depuis (rires).
Quand il s’est agit de faire autre chose, j’ai décidé de relancer ma société de production que j’avais mis en sommeil pour être directeur de l’antenne radio de RFO Guadeloupe. Et c’est ainsi que j’ai commencé à produire de jeunes talents du rire, et des tas de spectacles en Guadeloupe, Martinique et Guyane et surtout en région parisienne. Parallèlement à cela, j’ai lancé en 1994 le “Bokit” et le “sorbet coco” à la Foire de Paris.

Quelle a été ta formation ? Ma formation, un DUT transport et logistique me destinais à travailler dans une compagnie maritime, ferroviaire ou aérienne. Après mon service militaire, mon premier poste fût au Havre, bon salaire, j’y suis resté une journée, j’ai pris le train retour l’après midi même après avoir vu la cantine où j’allais devoir manger tous les midis peut être pendant de nombreuses années. Dans le train je me disais, ça sera dur ! Mais, c’est à la radio que je veux bosser.

"Il me fallait lutter sans arrêt, rien ne s'est fait sans devoir batailler ferme"

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? La chose la plus difficile pour réaliser mon rêve de radio, c’est tout plaquer, alors que la route était toute tracée pour terminer qui sait avec les années, chef d’escale ou plus à Air France ou la CGM ! Un vrai métier comme dirait ma mère ! Car la radio pour beaucoup c’est un passe temps ! Je n’étais pas fait pour travailler dans un bureau huit heures et jusqu’à maintenant.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmonté ? Les obstacles ne m’ont jamais quitté ! C’était permanent, il me fallait lutter sans arrêt, rien ne s’est fait sans devoir batailler ferme ! J’ai du faire face à d’innombrables épreuves, surmonter les impondérables de la vie, et contrer jalousie, traitrise, calomnie en tous genres. Mais, ça va ! Grâce à Dieu ! Tout ce qui ne vous tue pas, vous rend plus fort !

Des projets futurs ? Le projet actuel c’est ma nouvelle pièce de théâtre “Bienvenue lajol” un huis clos saisissant, une comédie hilarante qui se déroule dans une cellule de prison, loin des clichés habituels de la prison, c’est de loin ma plus belle pièce, car plus aboutie.

INSPIRATION

Quelle est ta source d’inspiration dans la vie ? Tout ceux qui œuvrent pour le bien être de cette planète et le vivre ensemble, ces rêveurs comme Martin Luther King, ou ces sages comme Amadou Hampâté Bâ. Je voudrais aussi dire, j’ai une profonde admiration et beaucoup de respect pour tous ces jeunes africains, à la recherche d’une hypothétique vie meilleure en Europe, qui traversent au péril de leur vie la Méditerranée. Tout comme nos ancêtres autrefois, ils arrivent à s’en sortir malgré tout, leur effroyable et terrible périple et le mépris des Européens à leur égard.

Si tu étais une personnalité, ce serait qui ? Je n’ai jamais voulu être quelqu’un d’autre, sinon moi en mieux.

MESSAGE

"Tout arrive à qui sait attendre"

Que dirais-tu aux guadeloupéens/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Que dire, il faut aller au bout de ses rêves, il faut se battre même si ça peut paraitre décourageant par moment ! Avoir confiance en soi ! Tout arrive à qui sait attendre.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Toutes les initiatives d’où qu’elles viennent pour faire baisser le taux de criminalité et de violence en Guadeloupe.

jean pierre sturm

“Bienvenue Lajol” le nouveau spectacle de Jean-Pierre STURM débarque en Guadeloupe dès le 22 Novembre. Plus d’infos sur www.jpshow.com.

Avant de se quitter, découvrez Jean-Pierre Sturm plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Difficile de me décrire, je laisse ça aux autres.

Que fais-tu de ton temps libre ? Mon temps libre je le passe à voyager quand je peux; Istanbul, Rome, Bruxelles sont mes villes de prédilection. J’aime écouter en boucle une musique que j’apprécie, et écrire…Flâner dans les rues de Paris et quand je suis en Guadeloupe, admirer la mer, parcourir mon pays qui m’enchante toujours.

Dans ta playlist, on trouve qui ? La “marche de l’Empereur” de Beethoven, Schubert, le “Trio N°2” Michael Jackson l’album Thriller, Véronique Samson “Amoureuse” Tout Bob Marley, MHD “Fais le mouv”, Soprano “Fresh prince”, Oleta Adams “reach out”, Eagles “Hotel California”, Tout Akiyo et n’importe quel morceau de quadrille.

Ton artiste préféré ? Michael Jackson, Véronique Samson.

Un voyage mémorable ? Une croisière dans les fjords chiliens, de Buenos Aires à Santiago du Chili, et aussi Pétra en Jordanie.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascine et pourquoi ? Tout ce qui vient de l’Afrique me fascine, et l’Egypte ancienne.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Tous ceux qui doivent surmonter un lourd handicap et qui s’accroche malgré tout à la vie.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Faire un tour du monde complet en 180 jours, il y a des compagnies maritimes qui le font.

Quelle est ta plus grande peur ? Perdre ceux que j’aime.

Un mot pour la fin ? Venez voir ma nouvelle pièce, vous allez passer un super bon moment.


Flo, Auteur et Entepreneure

Basée à Miami depuis plus de 10 ans, FLO est une rappeuse qui démontre que le hip-hop n’a pas de frontière. Anglais, créole, français…ses lyrics sont toujours gage d’un flow original. Artiste guadeloupéenne tombée dans le mouvement depuis les années 90, devant un mic ou encore des jeunes américains, son objectif reste le même: transmettre son amour de la musique et de sa culture. Le 23 Mars 2018 sortait son premier opus “A long time coming”, savoureux mélange de rap/hip-hop/kako/electro… Rencontre avec ce Talan incroyable du rap game

Nom: FLO Couleur: Pink et turquoise pour le summer, j’aime bien la couleur corail aussi.. sinon les couleurs de terre, le vert le marron, mais aussi le noir!

Dicton: Sé kouto sèl ki sav sa ki ni an kè a jiromon

Activité professionnelle :Auteur & Entrepreneure

Lieu de résidence: Miami

Contact: son Instagram, son Twitter, son YouTube, son Facebook @gwadaflo

Prix: Participation aux Bet Hip Hop Awards 2007,  dans la Cypher (freestyle) #3

PARCOURS

"Arriver à mélanger toutes mes sources d’inspirations musicales était le challenge"

Quand as-tu décidé de devenir rappeuse et pourquoi? Je n’ai pas vraiment décidé… Quand la culture Hip Hop est arrivée à moi fin des années 90, j’y ai vraiment adhéré puis progressivement j’ai participé à cette culture en tant que rappeuse. Après pourquoi j’ai choisi de m’investir de façon plus professionnelle au fil des années, c’est parce que j’en avais fait une discipline qui regroupait pas mal de choses qui m’intéresse. De l’écriture au design ou de mon travail en tant qu’éducatrice au marketing. Et puis surtout, je prends mon pied. Tant que créer de la musique restera un kiff, je continuerai à en faire.

Trois mixtapes, plus de 10 années aux États-Unis, des programmes éducatifs*, etc. Comment gères-tu cela ? Le 23 Mars, j’ai sorti mon premier album commercial il s’intitule « A Long Time Coming » on y retrouve des featurings tels que Dominik Coco, Jean-Michel Rotin ou Wozan Monza sur des compositions d’Exxòs et de Staniski sur un titre. Le 31 Mai à Lakasa (Guadeloupe), j’ai invité du beau monde à un showcase privé de présentation du projet, qui a reçu un accueil très chaleureux. Alors tout cela est la consécration de pas mal de projets effectivement: 3 mixtapes et un premier projet street album « Aflowdiziak » qui a vraiment laissé sa marque sur l’underground Hip Hop Kréyòl Gwada. Beaucoup de singles aussi sur toutes les plateformes digitales et des clips de qualité avant la sortie de l’album « A Long Time Coming » m’ont permis de créer ce momentum pour mon premier album. La gestion c’est surtout de savoir s’adapter car aujourd’hui les choses bougent vite surtout dans l’industrie de la musique. Et puis, bien s’entourer. Big up au passage à Naïka d’Ikone Caraïbes, au Kako Label, à Reedan, Xavier Dollin et Street Jam!

Raconte la genèse de ton projet. J’avais effectivement sorti pas mal de mixtapes sur des instru connues (Face B) ou aussi des titres originaux. Cependant, quand j’ai pensé à cet album, je voulais réussir à créer des sonorités qui me représentent vraiment (pas que mon côté Américaine ou Caribbean). Arriver à mélanger toutes mes sources d’inspirations musicales était le challenge. Petit à petit, en créant j’ai filtré les choses jusqu’à ce que je me retrouve avec beaucoup de morceaux qui fonctionnaient bien avec Exxòs. Alors on s’est concentré sur notre alchimie et tout naturellement l’album a pris forme progressivement…C’est ainsi qu’on retrouve le titre « When you come around » avec Jean-Michel Rotin qui a une influence Zouk R&B, « An Rèv An Mwen » avec Dominik Coco qui mélange un son Kako avec des batteries Rock ou des vibes Reggae-Hip Hop avec Djahibre sur le titre « One Love ». La fondation Hip Hop est bien là, avec une couleur Electro et Afrobeat Kako style !

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? Je suis encore en train de rêver de pas mal de choses que je n’ai pas encore accomplies. Mais jusqu’à présent, le plus dur je trouve c’est vraiment d’être le leader de son propre rêve tout en arrivant à bien s’entourer, enfiler plusieurs casquettes à la fois dans des projets en auto-prod… Sans relâche, s’armer de patience et de persévérance pour arriver au bout de chaque étape. Pas toujours évident sans label ou de trouver des partenaires qui jouent le jeu.

 

*Reportage de France Ô “FLO, la rappeuse militante” à visionner ici

"Les principaux obstacles que j’ai pu rencontrer venaient plutôt de moi-même"

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie? Comment les as-tu surmonté? Les principaux obstacles que j’ai pu rencontrer venaient plutôt de moi-même. Certaines peurs, des doutes qui ont bloqué ma progression, ont pu parfois me faire perdre de belles opportunités. Je les ai surmontés en devenant de plus en plus consciente de tout cela justement, et en arrêtant de pointer le doigt sur les autres quand les choses n’allaient pas dans le sens que je voulais.

Quelle a été ta formation? J’ai un Bachelor en Journalisme et Communication de masse. Je suis également autodidacte en infographie.

Quelle est ta plus grande peur ? Pas fan du tout des animaux rongeurs en tous genres, pour ne pas citer mon ennemi principal lol.

Des projets futurs? Pour le moment le développement de cet album « A Long Time Coming » avec de nouveaux marchés à conquérir, tels que les States, l’Afrique, la France ou encore le reste de la Caraïbe. Ainsi que, la préparation de la sortie du prochain single « Work it », titre composé par Staniski!

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Crédits photo: Xavier Dollin

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Dans la vie, mes parents avant tout. Je peux toujours me référer aux valeurs qu’ils m’ont inculquée pour prendre certaines directions ou gérer des situations difficiles. Puis, plein d’autres personnes m’inspirent: certains amis pour leur façon admirative d’élever leurs enfants et des créatifs en tous genres qui poussent leurs limites. 

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui? Pourquoi? Je dirais Assata Shakur pour le coté révolutionnaire à n’importe quel prix de cette militante ou Angela Davis pour le féminisme black et la résistance par le savoir.

Quelle est ta principale source d’inspiration? Comme mon écriture est relativement introspective, du coup quand je prends le temps de faire face à certains sentiments, des peurs ou juste des situations qui peuvent être difficiles ou pas, c’est à ce moment que je suis plutôt inspirée. Ma principale source d’inspiration me vient des interactions que j’ai avec les gens, de mes sentiments sur certains sujets de société, de mes propres cheminements.

Flo
Crédits photo: Adéola Bambé

MESSAGE

"Nos peurs sont nos limites, donc c’est important aussi de ne pas négliger la construction d’une belle spiritualité pour nous accompagner dans nos rêves"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves? Les plans sont les plans et c’est bien d’en avoir. Mais la capacité d’acceptation et d’adaptation aux plans qui n’ont pas marché comme on voulait est selon moi la clé pour atteindre certains rêves. Chacun son timing, on dit souvent « sky is the limit » mais je crois que nos peurs sont nos limites, donc c’est important aussi de ne pas négliger la construction d’une belle spiritualité pour nous accompagner dans nos rêves.

Quelle direction devrait-on suivre en faveur de notre société guadeloupéenne? En un mot je dirai responsabilisation, car personne ni aucun système ne le fera pour nous. Travail et amour, écoute et tolérance…la base quoi!

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu? J’aime beaucoup les actions associatives de proximité qui favorisent le lyannaj intergénérationnel et la santé publique.

Un mot pour la fin? Merci à TAN pour cet entretien et à vos lecteurs. Je vous invite à découvrir mon univers à travers mes clips vidéos sur youtube.com/freemyflo. Take care!

Album disponible en physique en Guadeloupe à la Fnac de Collin Petit-Bourg ainsi que sur iTunes,
Spotify et Deezer.

Avant de se quitter, découvrez FLO plus en détails: 

PORTRAIT

Flo
Crédits photo: http://thesystemlife.com

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Small island girl with big city dreams!

En un mot? F.L.O. (F.or L.overs O.nly)

Que fais-tu de ton temps libre ? J’essaie d’être libre de mon temps Freemyfloo! (rires) En général j’en profite pour me reposer, me mettre à jour sur mes séries Hulu, regarder des interviews, des clips et quelques gossips sur YouTube. Cette année, j’ai commencé le crossfit donc c’est ma routine sportive, je cuisine un peu… J’aime bien faire des concerts, des festivals, un petit match NBA de temps en temps, des expo d’art. Les plages et rivières, la famille… si je suis au péyi c’est un must!

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante ? Les énergies positives et négatives coexistent donc je crois que maintenant plus ça va plus j’essaie de prendre du recul sur des situations irritantes, et de me nourrir des expériences positives. Heureusement que chaque jour on peut toujours faire mieux qu’hier… ou pas! Lol.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Ces temps-ci j’écoute tous les derniers projets avec Kanye (Nas, PushaT, Kid Cuddi…) Le dernier de Rae Sremmurd, le ASAP Rocky, et j’ai commencé á écouter Book of Ryan de Royce Da 5’9 … Sinon j’adore le dernier album de Solange, j’aime bien SZA, la bande sonore de Black Panther, beaucoup de west coast… Kendrick, Nipsey Husslte, YG, The Game… aussi du Dave East, Cardi B, A Booggie, Rapsody, Jhené Aiko, Miguel, Anderson .Paak, Chonixx, Jidena, Jean-Michel Rotin, Fabolous, du jazz du reggae et plein d’autres…

Ton artiste préféré ? Beaucoup pour n’en citer qu’un alors, Lauryn Hill, Nas, Tupac, Missy etc.

Ton repas préféré ? J’aime beaucoup la cuisine thaï… Pas vraiment de repas préféré, je suis gourmande j’aime beaucoup de choses… En cuisine locale, je dirais le fricassée de lambi. Et tout ce qui est poisson et fruits de mer en général.

Un voyage mémorable ? Un voyage en Californie á Oakland quand j’étais ado. Je crois que c’est vraiment à ce moment que mon envie de vivre aux USA s’est renforcée. J’étais dans une famille afro à la Cosby show avec 2 filles dont une un peu plus âgée que moi qui voulait me montrer la life! J’ai vraiment aimé la vibe à Oakland.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? A travers mon expérience je réalise vraiment la richesse de chaque culture et comment elles coexistent en général et aussi en nous. Beaucoup des cultures du continent Africain et des régions de la diaspora où la colonisation a eu lieu me fascinent car on peut s’y retrouver soi-même d’une autre manière…

Des habitudes bizarres ? (Rires) Je peux être un peu maniaque en tant que bonne vierge née en Septembre, mais rien de bizarre…Enfin pas à ma connaissance, lol!

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Les enfants et Mère Nature.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Un peu cliché mais je me dis qu’au final chaque matin, quand je me réveille je vis mon plus grand rêve. Nous vivons tous une réalité unique par la nature même de nos génomes. Donc le plus grand rêve qu’on peut vivre est celui qu’on se laisse à imaginer. Pour être pragmatique, je dirais que de pouvoir voyager sans limites et voir du pays, des cultures c’est quelque chose qui pourrait représenter «vivre mon plus grand rêve».


Jessy Schuster, Journaliste

A 18 ans, elle quitte sa Guadeloupe natale pour vivre son “propre rêve”: étudier aux USA et devenir journaliste. Vingt ans plus tard, Jessy Schuster est une journaliste aguerrie, ainsi qu’une productrice et présentatrice reconnue par ses pairs. Celle qui oscille entre Miami et la Guadeloupe, est avant toute une amoureuse de la vie…et du Carnaval. Son dernier (et 4ème) documentaire, MAS, crée le pont entre le Carnaval de son île et celui de Trinidad-et-Tobago. Il était d’ailleurs en lice à l’édition 2018 du Nouveaux Regards Film Festival de Guadeloupe. Rencontre avec ce Talan on fire.

Nom: Schuster Prénom: Jessy

Age:  38 ans  Couleur: Bleu

Dicton: You have one life, there is only one you. Make it count.

Activité professionnelle : Journaliste/Présentatrice/Productrice

Lieu de résidence: Miami/Guadeloupe

Contact: son instagram @jessy.schuster

Prix: Best Journalism Student – Nomination au Soca Award for Best New Artist – Who’s Who list

PARCOURS

"Atteindre les buts fixés est parfois amer quand on ne peut pas célébrer ces moments de réussite avec ceux qui comptent dans sa vie"

Quand as-tu décidé d’être journaliste? Dès l’âge de 7 ans. J’étais fascinée par la télévision et les reporters. La manière dont ils racontaient des faits divers ou « breaking news » et que le monde était à leur écoute. Ils donnaient une voix à ceux qui n’en avaient pas. Je me créais mes propres émissions imaginaires, j’interviewais ma famille, mes amis, des étrangers. C’est devenu concret le jour où j’ai reçu ma première caméra à 14 ans. Je filmais tout autour de moi. 

Comment te viens l’inspiration pour créer? Elle vient quand je regarde autour de moi et que je garde mon esprit ouvert aux autres, quand j’écoute les histoires de vie, quand je vois les gens interagir, discuter, danser, parler. La nature m’inspire aussi. Et bien sûr les émissions, les films et le cinéma sont des sources d’inspiration constantes.

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? Être loin de mes proches. Atteindre les buts fixés est parfois amer quand on ne peut pas célébrer ces moments de réussite avec ceux qui comptent dans sa vie. Devoir faire les bons choix aussi a été difficile, car parfois on veut tellement une chose que l’on ne prend pas le temps de se demander si cette chose est faite pour soi.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie? Comment les as-tu surmonté? L’apprentissage d’une nouvelle langue a été difficile au début car s’exprimer dans la vie de tous les jours en anglais est une chose, mais refaire toute une scolarité dans une langue étrangère en est une autre! Imaginez les cours de biologie et physique en anglais! Les Etats-Unis sont une terre d’opportunité mais c’est un travail acharné avec en plus, une dose de compétition extrême. Parfois, il faut faire les choix de sacrifier ses valeurs et ses principes mais j’ai décidé très tôt dans ma carrière de ne pas le faire, donc certaines opportunités se sont fermées à moi. J’ai pu affronter cela car j’ai toujours su ce que je voulais accomplir et j’ai réalisé que la base de mon éducation en Guadeloupe est ce qui me démarquait aux USA. Me fondre dans ce moule et rentrer dans la Matrix Américaine n’était pas la solution pour moi. Donc je suis restée fidèle à mon essence tout en évoluant et apprenant des expériences autour de moi.

Quelle a été ta formation? Je suis diplômée de l’Université de Miami d’une Licence en Journalisme et Science Politiques avec option en Business et Multimedia. L’an dernier, j’ai obtenu un Certificat de Spécialiste en Communication Intégrée.

"La base de mon éducation en Guadeloupe est ce qui me démarquait aux USA"

Quelle est ta plus grande peur ? De ne pas avoir eu le temps de faire tout ce que je voulais entreprendre dans ma vie. J’avais une liste que je voulais finir avant mes 30 ans. Je l’ai faite, et parfois je me dis que prendre son temps est aussi une bonne chose sinon on peut devenir un peu blasée ou stressée à force de courir derrière les choses comme une « check-list » à finir. La vie en elle-même est l’aventure à vivre.

Des projets futurs? Oh oui! Plein. Partir au Pérou, mon émission télévisée, du bénévolat, un 5ème documentaire.

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Ma mère. Elle a le don de relativiser, ce qui lui donne la force de toujours essayer de nouvelles choses quelque soit les défis. Essayez donc de dire «non, ce n’est pas possible» à ma mère… Elle vous démontrera par a+b comment, non seulement c’est possible, mais avec le sourire et la gaîté.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui? Pourquoi? C’est une question difficile car nous avons toutes nos propres destins et j’ai du mal à subtiliser celui d’une autre et me l’approprier. Ce serait une femme si je devais choisir.

Quelle est ta principale source d’inspiration? La femme de manière générale. Je suis épatée par tout ce que nous accomplissons tous les jours. Dès que j’ai besoin d’inspiration, j’ouvre mon livre des Everyday Women Extraordinary Things, les histoires des femmes de tous les jours qui ont fait des choses extraordinaires. Je me dis si elles y arrivent, je ne peux pas me plaindre, donc je peux le faire. Yes I can!

Interview de l'historien trinidadien Gérard Besson pour le documentaire MAS de Jessy

MESSAGE

"Le monde ne s’arrête pas a nos soucis quotidien, à notre ile, à nos problèmes. Il y a beaucoup plus et on peut accomplir beaucoup en ouvrant son esprit"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves? Apprendre à se connaître soi-même et surtout d’ouvrir leur esprit. Le monde ne s’arrête pas à nos soucis quotidiens, à notre île, à nos problèmes. Il y a beaucoup plus et on peut accomplir beaucoup en ouvrant son esprit. N’ayez pas peur de penser différemment, d’être moins conforme, de montrer vos émotions et de vous servir de votre particularité pour accomplir vos rêves. Oubliez le «mais ici, c’est comme ça», soyez l’instrument du changement sociétal que vous demandez. Oui, il faut bosser, oui il faut donner pour recevoir. La vie des réseaux sociaux est une vitrine, n’oubliez pas que tout ce qui brille n’est fait d’or. Vous avez un trésor en main, vous avez été élevés en Guadeloupe, et les valeurs que vous avez acquises vous serviront toute votre vie.

Quelle direction devrait-on suivre en faveur de notre société guadeloupéenne? Revaloriser qui nous sommes. Pour avoir voyagé, travaillé ailleurs et côtoyé des étudiants internationaux, entrepreneurs, collègues et autres, nous avons une force incroyable en Guadeloupe. Une connaissance que nous ne réalisons même pas, car pour nous c’est normal. Notre éducation scolaire jusqu’au lycée est bien meilleure que celle des Etats Unis, notre débrouillardise nous permets de trouver de solutions à des problèmes plus rapidement dans la vie de tous les jours. On côtoie la nature et on a un respect de l’environnement que l’on ne retrouve pas ici. Exemple concret: après les cyclones à Miami, les gens devenaient fous au bout de 2 jours sans clim et électricité avec les magasins fermés. J’ai coupé des cocos, dormi à la belle étoile et j’ai fait un petit feu pour cuisiner ce qui me restait de mon frigo! Merci Guadeloupe. Protégeons notre ile, construisons ensemble, consommons local, soutenons les artisans, aidons vos voisins, conseillons les plus jeunes, et arrêtons de nous battre entre nous car ça nous empêche de regarder l’horizon et de construire des projets ensemble.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu? J’admire ma voisine qui continue à faire son marché chaque matin sur la place de la Victoire. J’admire mes amies qui sont revenus en Guadeloupe et ont ouverts leurs entreprises alors que tout le monde leur disait qu’elles «étaient folles de rentrer». J’admire les jeunes qui osent dire «non» quand il le faut. J’admire la jeune fille Guadeloupéenne qui a compris qu’elle n’a pas à suivre ce rôle que notre société nous a imposé pendant si longtemps, et qu’elle aussi a droit de poursuivre ses rêves. J’admire ceux qui demandent de l’aide psychologique quand ils en ont besoin, j’admire l’homme qui pleure car il n’a pas honte de montrer ses sentiments. J’admire la personne qui va aider son compatriote qui se fait agresser, celui qui aide la personne âgée à traverser la rue, celui qui emmène des vêtements et des repas à St Vincent de Paul par exemple.

Un mot pour la fin? Faites de vos vies un tableau de collection et si vous pouvez toucher d’autres tableaux avec les couleurs de vos peintures, assurez-vous que c’est pour les embellir et non les détruire.

Avant de se quitter, découvrez Jessy Schuster plus en détails: 

PORTRAIT

Présentatrice de la parade du Mardi Gras 2018 sur la chaîne Guadeloupe 1ère

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Optimiste, tenace, créative, têtue, “don’t take no for an answer”.

En un mot? Fire (NDLR: anglais de feu).

Que fais-tu de ton temps libre ? Découvrir de nouveaux restaurants (elle en parle davantage à Food’îles ici), faire du yoga, sortir danser, faire du volontariat et rêver en regardant le ciel.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Tout d’abord la reconnaissance, ensuite je prends le temps de savourer la sensation de bonheur.

Et une situation irritante ? D’abord respirer plusieurs fois et essayer de régler le problème tout en le mettant en perspective par rapport à des choses beaucoup plus graves.

Dans ta playlist, on trouve qui ? FreshlyGround, Salif Keïta, Machel Montano, Dominique Coco, Annie Martin, Otis Redding, Sting, Moune de Rivel, Nicky Jam.

Ton artiste préféré ? J’en ai un pour chaque style de musique…

Ton repas préféré ? Fricassée de lambi pour le Guadeloupéen et Pfannis pour l’Allemand..

Un voyage mémorable ? La Thaïlande. J’ai même songé à y déménager.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? L’histoire de l’Egypte Ancienne. J’ai grandi avec cette fascination de l’Egypte et j’ai ensuite étudié l’archéologie. L’avancée technologique et surtout le rôle essentiel de la femme de l’Egypte Ancienne m’inspirent. Je m’y suis rendue aussi et je me suis sentie connectée à ce lieu.

Des habitudes bizarres ? (rires) Quand je mange des cookies, je les mets d’abord au congélateur! J’ai le talent de dormir en transport de manière instantanée! Ca compte comme talent étrange, non ?

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Voir le soleil se lever chaque jour, la pluie tomber et écouter le vent. Quelque que soit ce qui se passe dans le monde, ces trois choses se produiront toujours donc ça me donne l’espoir en la nature et donc la vie.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Voyager pendant 1 an avec un sac au dos et écrire un livre.

jessy schuster
jessy schuster

Teaser de "MAS" par Jessy Schuster


Annélia Théodose, Créatrice de mode

Osez être celle que vous désirez être” c’est le proverbe de SweetSecret, marque de mode créée en 2010. A sa tête, Eshe, mieux connue sous le nom d’Annélia Théodose, scande une féminité cosmopolite et affirmée à travers des pièces raffinées et uniques pour sublimer la Femme. Celle qui vient de dévoiler sa 6ème collection Blooming Summer, épouse avec brio la définition de l’autodidacte. Rencontre avec cette jeune femme originaire de la Guadeloupe et…du Gabon!

Nom: Théodose Prénom: Annélia

Age:  30 ans  Couleur: Je les aime toutes (rires)

Dicton: « Tu ne sais jamais à quel point tu es fort, jusqu au jour où être fort est ta seule option. »

Activité professionnelle : Créatrice de mode

Lieu de résidence: Libreville, Gabon

Contact: www.sweetsecret.fr, son facebook @sweetsecretoff, son instagram @sweetsecretofficiel

Prix: Meilleur Styliste Gabonais (2016)

PARCOURS

"J'essaie de rendre les femmes heureuses"

Quand as-tu décidé d’être créatrice? J’ai toujours aimé la mode, entourée de femmes stylées sans complexe. Je faisais des défiles petite (rires). J’ai fais un BTS communication des entreprises en me disant que je travaillerais pour un magasine de mode ou dans l’événementiel mode. Mais en arrivant à Paris, je ne me voyais pas m’asseoir dans un amphi ou un bureau… Mon côté artistique a pris le dessus alors j’ai intégré une école de stylisme/modélisme!

Explique-nous ta profession et ton parcours? J’essaie de rendre les femmes (en particulier) heureuses! Je crée des collections selon mes états d’âmes et avec l’influence des tendances. Je dessine, je choisis mes matières avec mon équipe, on se met d’accord sur le montage des pièces et voilà!

Guadeloupéenne et gabonaise…comment s’exprime ta double culture dans ton art? Par les coupes surtout, et bien sûr le choix du pagne ou wax sur les pièces. La robe à cors revisitée apparait souvent dans mes modèles. Dans ma première collection Let me be a sweetsecret (sortie en 2013), j’y avais aussi intégré du madras (NDLR: Avant de repartir au Gabon, la styliste a vécu plus de 13 années en Guadeloupe).

Raconte-nous la genèse de SweetSecret. Durant ma deuxième année d’école de stylisme/modélisme, j’ai décidé de créer la marque sans vraiment savoir quelle direction prendre. Étant donné que le monde de la mode à Paris est très fermé -et plutôt saturé- j’avais déjà en tête de rentrer au Gabon pour lancer mon petit atelier, et surtout me perfectionner avec l’expérience. J’ai commencé par travailler avec un jeune styliste Gabonais puis, progressivement avec ma notoriété montante, je me suis lancée seule! Chaque jour, je me bats pour conquérir de nouveaux marchés.

Quelle a été ta formation? Trois ans de stylisme/modélisme à l’école parisienne MJM Graphic Design puis j’ai appris sur le tas.

"Chaque jour, je me bats pour conquérir de nouveaux marchés."

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? De se faire un nom (même si il me reste du chemin) et d’affronter la critique.

Quelle est ta plus grande peur ? Avant qu’une collection ne sorte j’appréhende son impact « ça plait? ça ne plait pas? »

Des projets futurs ? J’ai déjà une boutique et un atelier au Gabon. Pour la suite, j’aimerais beaucoup ouvrir une boutique en ligne (j’y travaille) ainsi qu’une boutique en Guadeloupe ou en Martinique.

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Sur le plan professionnel, Mademoiselle Coco Chanel, of course! Sinon, mes parents.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Martin Luther King pour la noblesse de son combat et son courage.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? La vie en général, le détail d’un vêtement, le charisme d’une femme ou encore une tendance…

MESSAGE

"N’ayez pas peur de l’échec, persévérez jusqu'à trouver la bonne formule!"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens/caribéens pour les motiver? Chaque grande révolution ou invention est née d’une petite idée, et c’est avec le travail et la foi qu’elle grandie! Alors n’ayez pas peur de l’échec, persévérez jusqu’à trouver la bonne formule.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Je ne saurais en citer en priorité car notre diaspora est pleine de personnes brillantes et combattives depuis des siècles…Toute œuvre servant à la valorisation et au développement est pour moi admirable.

Un mot pour la fin ? Kenbé rèd pa moli! Et merci à vous!

Avant de se quitter, découvrez Annélia Théodose plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Jeune femme amoureuse de son travail, curieuse de tout, épicurienne. J’aime apprendre des gens et passer du temps avec ma famille et mes amis proches. J’aime aussi rire et taquiner mon entourage. Sans oublier: faire la fête (sang caribean et africain oblige lol)

En un mot? FEMME.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je passe des heures à rêver seule dans mon lit, j’écoute de la musique, je prend le temps de rigoler avec mes proches…ou je LOVE (rires).

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? J’explose de joie, je la partage avec mes proches. 

Et une situation irritante ?  En grandissant, j’ai appris à rester silencieuse et analyser la situation avant de réagir…Mais sinon, je démarre au quart de tour!

Dans ta playlist, on trouve qui ? Oulala la musique est un exutoire pour moi, j’ecoute un peu de tout, des artistes antillais, nigerian music,jazz Blues…etc. Les bon vieux zouk retros mais aussi du Migos,Cardi B lol! 

Ton artiste préféré ? Sade.

Ton repas préféré ? Salade, avocat et crevettes.

Un voyage mémorable ? À chaque fois que je retourne dans les iles, je redécouvre toujours la beauté  et l’authenticité de nos iles, ça m’apaise et m’inspire alors c’est toujours mémorable pour moi.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? Les différentes cultures africaines car elles ont une riche histoire avec un côté magique et ancestral qui fascine et donne ce côté mystérieux au continent. 

Des habitudes bizarres ? Déformation professionnelle: j’analyse tout le monde des pieds à la tête (rires).

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Quand je vois des gens qui ne sont pas forcément nantis mais qui ont le sourire et se battent pour leur famille. Ainsi que quand je pense à mes neveux et nièces…la génération future.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je ferais le tour du monde pour voir la beaute du monde et des cultures.

Retrouvez la nouvelle collection BLOOMING SUMMER à Paris dans le pop up store de SweetSecret (12 rue Notre Dame de Nazarather 75003, de 10h à 19h) jusqu’au 15/07! La créatrice Annélia Théodose décrit cette 6ème œuvre ainsi:

« Blooming Summer est un reflet de l’été avec beaucoup d’imprimés fleuris. C’est une femme heureuse, riche en couleur avec des pièces faciles à porter qui s’apparente à un dressing d’été. J’évolue au cours des collections vers des pièces plus accessibles et qu’on retrouverait dans différents contextes. Avant j’étais davantage dans une déclinaison de robes de cocktails et donc plus difficile à porter. Aujourd’hui, Blomming Summer est exclusivement du prêt-à-porter! »

Précédentes collections de SweetSecret: Let me be a sweetsecret (2013), Attaché à toi (2014), Rouge Désir (2015), Black tendresse (2016), Plaisir Exotique (2017).

Crédits Photo: MyFantasyPictures et VincePhotographe


Marie et Olivier Labourg, Entrepreneurs

En Août 2014, ce jeune couple en CDI chez des grands groupes décide de tout quitter pour s’installer en Martinique et ouvrir leur entreprise dans le courtage (assurances et financement). MVP courtage voit le jour six mois plus tard. Aujourd’hui s’ajoute à leur expertise la gestion immobilière. Indéniablement, Marie et Olivier cultivent l’esprit du «Dream Big». Ils gèrent désormais trois entreprises situées en Martinique et à Strasbourg. Et, ils projettent d’en ouvrir d’autres en France. En exclusivité, Talan An Nou a rencontré ces serial-entrepreneurs.

Nom: Labourg Prénom: Olivier 

Age:  28 ans  Couleur: Noir

Dicton: « Whatever it takes to realize your Dream… Just Do it ! » Activité professionnelle : Courtier en Assurances et Solutions Patrimoniales

Nom: Labourg Prénom: Marie

Age:  27 ans  Couleur: Noir

Dicton: « When you really want something, all the universe conspires in helping you to achieve it» (L’alchimiste de Paulo Coelho)

Activité professionnelle : Courtier en Opération de Banque et Services de Paiements

Lieu de résidence: Le Robert, Martinique

Contacts: www.mvp-courtage.fr, Facebook,

PARCOURS

"Ça a été assez déstabilisant de quitter une situation stable pour l’inconnu, mais aujourd’hui nous sommes contents de l’avoir fait"

Quel est votre métier?

Olivier: La mission du Courtier en Assurances, en tant que représentant de l’assuré(e), est de lui fournir les contrats les plus adaptés à sa demande, sur des critères variés comme le type de contrat (assurances de biens ou assurances de personnes, contrats spécifiques…), le rapport garantie-prix, et d’autres critères divers. En tant que courtier, je collabore avec de nombreuses compagnies d’assurance, ce qui me permet de fournir à mes clients les meilleurs contrats en fonction de leur situation et de leur budget. Notre objectif est que les clients ressortent de l’entretien en ayant parfaitement compris les enjeux et les garanties autour des solutions d’assurances qu’ils auront souscrites.

Marie: Je suis Courtier en Opération de banque et en Service de Paiement. Pour faire plus simple disons Courtier en financement. Le réflexe de la plupart des particuliers en recherche de crédit est de contacter uniquement leur propre banque sans consulter les offres proposées par le reste des organismes de crédit. En tant que Courtier en Financement j’interviens comme un intermédiaire entre les clients et les banques.
Mon objectif est de rechercher et de négocier à la place des clients le prêt le plus adapté à leur situation et à leurs besoins du moment.

Racontez-nous la genèse de MVP Courtage. 

Olivier: J’ai été pendant près de 4 ans salarié de grands groupes d’assurances à Strasbourg en tant que Conseiller Patrimonial.  D’abord chez AXA France durant 3 ans et ensuite chez Swisslife durant 1 an. (NDLR: Olivier a été major de la promotion nationale chez AXA durant son cursus scolaire).

Marie: J’ai commencé dans ce domaine en tant que collaboratrice chez un courtier pendant 1 an. J’ai ensuite rejoint l’AGIPI (Filiale Haut de Gamme du Groupe AXA) durant 2 ans en tant que Gestionnaire.

Olivier: En 2014, alors que j’étais en poste chez Swisslife et Marie à l’AGIPI, nous avons décidé de tout quitter pour nous lancer dans la création notre propre Cabinet de Courtage en Assurances et de quitter Strasbourg pour s’installer au Robert en Martinique. Après quelques mois de préparation, le Cabinet MVP Courtage Assurances & Patrimoine voit donc le jour le 05 Mars 2015.  Je suis un grand fan de basket et chaque année dans le Championnat Américain on décerne le titre de MVP (Most Valuable Player) au Meilleur joueur de l’année. Véritable clin d’œil à ma passion, j’ai choisi de donner au cabinet le nom de MVP mais avec une signification légèrement différente : Most Valuable Partner (Votre Meilleur Partenaire).

Marie: Au départ, il était prévu qu’Olivier gère l’aspect commercial et relation client et que je m’occupe de la gestion administrative de son Cabinet mais au fur et à mesure nous avons commencé à avoir de la demande en terme de Crédit immobilier. J’ai donc décidé de créer ma propre entreprise en parallèle et c’est alors qu’est né MVP Courtage Conseils & Financement le 13 Juillet 2015. Depuis nous travaillons main dans la main pour offrir à nos clients un service de qualité.

"Nous avons beaucoup d’admiration pour le courage de tout ceux qui décident de créer des entreprises et de créer des emplois"

Quels sont vos domaines d’expertise ?

Olivier: En tant que Courtier, je suis un généraliste de l’assurance. Cependant, je suis spécialisé dans la protection financière du chef d’entreprise. Cela passe par la mise en place de solutions d’assurances pour pallier aux carences des Régimes Obligatoires des chefs d’entreprise en matière de Retraite, Prévoyance, ou Frais de santé.

Marie: Je peux accompagner mes clients pour tout type de financement, mais ce qui me plait vraiment c’est le montage des dossiers pour les projets d’acquisition de résidence principale. J’aide mes clients à réaliser, ce qui est pour beaucoup, le projet de toute leur vie et c’est vraiment gratifiant.

Suivant votre expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser votre rêve ?

Marie: Pour tous les deux, le plus dur a vraiment été de franchir le cap entre la prise de décision et l’exécution réel du projet. Nous étions tous les deux embauchés en CDI dans des grands groupes avec de nombreux avantages sociaux. Ça a été assez déstabilisant de quitter une situation stable pour l’inconnu, mais aujourd’hui nous sommes contents de l’avoir fait. Le fait de développer ensemble notre Cabinet est une vrai source d’épanouissement personnel.

Olivier: C’est en août 2014 qu’on a décidé de se lancer dans l’entreprenariat et trois mois plus tard on commençait nos démarches. Nous sommes arrivés en Martinique en Février 2015. En rentrant en Martinique c’était un parfait tremplin pour nous aider à démarrer notre activité grâce au soutien familial. En effet, on vivait chez mes parents et on n’avait pas de loyers à régler! Je viens d’une famille d’entrepreneurs, mon père et ses frères ont une entreprise familiale. J’ai toujours vécu dans le milieu de l’entreprenariat. Quand je leur ai annoncé mon envie de me lancer ils m’ont naturellement bien expliqué que ce n’est pas évident et de prendre mon temps pour peser le pour et le contre. Une difficulté que j’ai rencontré c’est le système autour de l’insularité. En effet, j’avais constaté que mes demandes de partenariats (sièges situés en France) n’aboutissaient pas. Un jour j’ai décidé d’ouvrir un bureau à Strasbourg (une simple adresse au début) et tout a changé. En voyant une adresse postale en France Hexagonale, là les partenaies ont commencé à me répondre… Autre difficulté rencontrée: les banques n’étaients pas habituées à ce moment à travailler avec les courtiers donc il a fallu tout mettre en place. Cependant pour trouver le bon interlocuteur, mettre en place les partenariats et trouver les clients, un an s’est écoulé…

Quels principaux obstacles avez-vous rencontré pour votre profession ? dans votre vie ? Comment les avez-vous surmontés ?

Marie: Le plus compliqué lorsque nous nous sommes installés en tant que Courtiers ça a été de trouver des partenaires de qualité avec qui collaborer. Cela a pris du temps, mais aujourd’hui pour le financement je propose des solutions en partenariat avec diverses enseignes. 

Olivier: En effet, il a fallu convaincre les compagnies d’assurances et les banques de nous signer des conventions de Partenariat afin que nous puissions commercialiser leurs produits. Aujourd’hui, nous avons chacun des partenaires de qualités. La valeur ajoutée d’un courtier est de proposer un large choix de partenaires à ses clients. 

Quelle était votre plus grande peur ?

Marie: Notre plus grande peur était de savoir comment nous allions concilier notre vie de couple et notre vie professionnelle. Mais nous avons su trouver un certain équilibre et cette aventure a finalement permis de resserrer nos liens.

Des projets futurs ?

Olivier: Nous sommes actuellement en cours de création d’une 3ème structure que nous avons nommée MVP Courtage Immobilier & Défiscalisation. Comme son nom l’indique il s’agit d’une agence immobilière spécialisée dans la commercialisation de logements neufs éligibles aux dispositifs de défiscalisation Pinel ou Girardin (NDLR: Ouvert en 2017). En parallèle, nous recrutons actuellement des commerciaux indépendants en tant qu’Agents Mandataires pour proposer nos solutions en Martinique mais aussi en Métropole. On a choisi de ne pas passer par des salariés et prendre des commerciaux mandatés car ils sont payés à la commission. (NDLR: Olivier et Marie passent pas le centre d’affaires REGUS pour faciliter leur gestion qui propose des bureaux entièrement équipés, des espaces de coworking, des solutions de domiciliation d’entreprise, des salles de réunions ainsi que des solutions de télétravail sous forme de salons d’affaires). Nous avons d’ailleurs ouvert un bureau à Strasbourg (depuis le 1er Mai 2017) où nous avons une bonne clientèle et prévoyons d’en ouvrir dans d’autres villes en 2018.

 

INSPIRATION

Qui est votre modèle dans la vie ?

Olivier: Mon père Julien et ses frères Maurice et Roger qui avaient bâtis ensemble Les Meubles LABOURG. Ils sont pour moi un beau modèle de réussite entrepreneuriale en famille.

Marie: Ma mère car c’est une une grande bosseuse qui a toujours travaillé dur pour subvenir aux besoins de sa famille.

Si vous étiez une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ?

Olivier: Michael JORDAN car c’est un athlète noir qui s’est imposé comme une icône mondial dans son sport et admiré dans le monde entier. Aujourd’hui sa carrière sportive est terminée mais avec sa marque de chaussure JORDAN, il s’impose encore comme un leader dans son domaine. C’est cette mentalité de gagnant que j’essaie d’adopter. C’est un MVP !

Marie: Katherine JONHSON ! C’est une physicienne, mathématicienne et ingénieure spatial afro-américaine, qui a contribué aux programmes aéronautiques et spatiaux de la National Aeronautics and Space Administration (NASA). Elle s’est imposée dans un domaine où l’on n’attendait pas une femme à cette époque. Aujourd’hui j’ai l’impression qu’il est plus difficile pour une femme de s’imposer en tant que chef d’entreprise et c’est un des combats que je mène au quotidien.

Quelle est votre principale source d’inspiration ?

Olivier: Nous écoutons beaucoup les speech d’Eric THOMAS, un Coach de vie Américain qui délivre des messages de motivation dans des écoles et des entreprises du monde entier. Son parcours est inspirant et ses discours nous permettent de rester motivé dans les moments difficiles de notre vie d’entrepreneurs.

Marie: Notre plus grande force aujourd’hui c’est peut-être aussi le fait que nous travaillions en couple. Nos clients apprécient le fait que nous soyons une entreprise familiale. Beaucoup de nos amis nous demandent comment nous faisons mais nous voyons vraiment cela comme une source de motivation au quotidien. Nous avons chacun nos compétences et c’est la somme des ces compétences qui nous permet aujourd’hui d’accompagner efficacement nos clients.

MESSAGE

"Croyez en vous et lancez-vous!"

Que diriez-vous aux jeunes et moins jeunes martiniquais/caribéens pour les motiver?

Olivier: Je leur dirais que s’ils ont un rêve alors il faut tout faire pour le réaliser. D’ailleurs pour ceux dont le rêve est de se lancer dans l’aventure entrepreneurial, nous sommes entrain de monter une association à but non lucratif pour les accompagner. Beaucoup de jeunes voudraient se lancer mais ne savent pas vers qui se tourner pour des conseils ou ne connaissent pas par exemple les dispositifs d’aides mis à leur disposition par la Région et l’État. Nous allons donc organiser des conférences, des séminaires, des débats et des formations avec des entrepreneurs et des aspirants entrepreneurs afin de créer un environnement d’échange et de partage où les expériences de chacun serviront aux autres.

Quelles actions positives de compatriotes admirez-vous ?

Marie: Depuis que nous sommes nous même chef d’entreprise. Nous avons beaucoup d’admiration pour le courage de tout ceux qui décident de créer des entreprises et de créer des emplois car nous savons que c’est un vrai défi au quotidien.

Un mot pour la fin ?

Olivier: Quelque soit vos rêves croyez en vous et lancez-vous !

Avant de se quitter, découvrez Marie et Olivier plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en un mot ? Olivier: Pragmatique / Marie: Fonceuse.

Que fais-tu de ton temps libre ? Olivier: Basketball / Marie: Élevage de SharPeï.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante ?

Les Deux: Pour la situation positive, en remerciant le seigneur pour les situations positives / Les Deux: Pour la situation irritante, en parlant ensemble pour les situations irritantes.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Olivier: Booba, Kalash, Keros’n, Drake / Marie: Beyoncé, Vybz Kartel, Kalash,  Lauryn Hill.

Ton artiste préféré ? Olivier: Booba / Marie: Beyoncé.

Ton repas préféré ? Olivier: Langouste Grillé / Marie: Mine Frire (Plat Mauricien).

Un voyage mémorable ? Les Deux: Notre 1er voyage ensemble à l’Ile Maurice.

Dans la vie, qu’est-ce qui est important à tes yeux ? Les Deux: La Famille.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Olivier: Je prendrais des cours de pilotage pour devenir pilote d’avion et d’hélicoptère / Marie: J’aurais aimé être vétérinaire pour travailler avec les animaux


Daniella Jacques, Politologue

Politologue, Entrepreneure, Maman, Conférencière, Daniella Jacques rappelle que chacun pose ses propres limites… Rien ne l’arrête.
Lancé en Mars 2016, elle est à la tête de la Chambre de Commerce des Femmes Entrepreneures d’Haïti (CCFEH). C’est une plateforme associative d’entreprises et de professionnelles appartenant à différents secteurs, qui vise à soutenir, favoriser et renforcer la productivité dans le pays par l’accompagnement des femmes dans le domaine de l’entrepreneuriat. Rencontre avec cette haïtienne engagée.

Nom: Jacques  Prénom: Daniella 

Age:  34 ans Couleur: Multi Couleur

Dicton: « Si ce n’est pas pour une bonne cause, c’est pour une bonne leçon » Activité professionnelle : Politologue

Lieu de résidence: Thomassin, Pétion Ville, Haiti

Contacts: Facebook, Twitter (@DanJacPenn)

Prix: 1er prix du concours de droits humains de l’Ambassade Américaine en Haiti (2004) ; JCI 2015

PARCOURS

"J’accompagne des femmes entrepreneures dans la création de leurs entreprises"

Quelle a été ta formation ? Je suis politologue.

Quand as-tu décidé de devenir consultante ? Il y a quelques années j’ai commencé à travailler pour des institutions internationales sur des projets bien spécifiques, et cela m’a permis de beaucoup m’épanouir. J’ai mis mes compétences au service de partis politiques, ministres, femmes candidates. Aujourd’hui j’accompagne des femmes entrepreneures dans la création et le développement de leurs entreprises pour la création de richesse en Haïti. Ainsi, je contribue à faire reculer la pauvreté. 

Avant cet emploi, que faisais-tu ?  Durant plus de deux ans, j’ai piloté au sein du Ministère du Commerce et de l’Industrie, deux projets spécifiques : « Promotion et encadrement de l’Innovation et le « Concours national des Jeunes entrepreneurs innovants ».

Que défends-tu à travers ta position ? Je défends de meilleures conditions de vie pour les femmes en général, les femmes d’affaires en particulier. J’appuie l’organisation du secteur féminin afin d’éradiquer la pauvreté en leur sein. Mon premier métier c’est la politique et mon second, l’entrepreneuriat.

Comment s’est déroulé le lancement de la Chambre de Commerce des Femmes Entrepreneures d’Haïti ? La société civile en général, le secteur privé, le secteur public, les femmes d’affaires de tous les secteurs (qu’elles soient formelles ou informelles) ont reçu avec satisfaction l’arrivée d’une structure de ce genre. Il faut noter que cette structure était une demande des femmes entrepreneures partout sur le territoire haïtien. Aujourd’hui, nous sommes en train de faire le tour du pays pour présenter des séminaires et organiser des formations pour le renforcement des entreprises dirigées par des femmes.

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? Le plus difficile était de me faire accepter comme jeune mais surtout comme femme. J’ai très mal vécu cette situation mais j’ai su la surmonter car, je me suis toujours dit que le meilleur est à venir pour moi et pour toutes les femmes.

Quels sont les principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmontés ? Il y en a pas mal, après mes études classiques j’ai voulu faire Sciences po mais mon papa voulait que je sois économiste, j’ai acheté tous les livres de débutants en Sciences éco – mais j’en ai profité pour prendre quelques livres politiques aussi, après la première année j’ai dit à mon papa voilà ton année d’économiste maintenant je vais faire ce qui me plaît vraiment. Ce n’était pas facile mais j’ai fini par le convaincre quelques années plus tard avant son décès il était très fier de moi.

Quelle est ta plus grande peur ? Ma plus grande a toujours été l’échec, rien qu’en y pensant j’ai froid au dos, ce qui m’a permis de devenir très exigeante envers moi-même, je fais toujours un kilomètre de plus. Je dors toujours une heure en moins, je refais toujours une dernière lecture…

Des projets futurs ? Je suis du genre « pro active » donc beaucoup de perspectives qu’on aura surement à partager très bientôt.

"Le plus difficile était de me faire accepter comme jeune mais surtout comme femme"

Daniella est :

– Présidente de la CCFEH / Chambre de Commerce des Femmes Entrepreneures d’Haiti
– CEO de Mapou Investment Group SA
– Sénateur de la Jeune Chambre Internationale / JCI
– Fondatrice de Agir Aujourd’hui pour Demain / AGIRAD
– Directrice générale de Tetra Consult
– Membre de l’Association des Consultants Politiques d’Haiti / ACPH

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Ma maman.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Sœur Theresa – j’aime sa patience, sa sagesse, son humilité.

Daniella Jacques Talan An Nou
© 1ère édition du Sommet International des Femmes du Numérique en Haïti organisé par la CCFEH

MESSAGE

"N’abandonnez pas si personne ne vous fait confiance"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes haïtiens/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Mes principaux leitmotivs sont : la détermination, la discipline, la constance, la persévérance et l’innovation. Vous avez un rêve, commencez à le rédiger sur un bout de papier, faites confiance à votre intuition, cherchez de l’aide, mais surtout n’abandonnez jamais même si personne ne vous fait confiance, la persévérance peut vous ouvrir beaucoup de portes.

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société haïtienne,  devrait-on suivre ? Nos ancêtres nous ont donné la liberté, depuis, les autres générations n’ont pas su faire ce qu’il fallait pour développer le pays. Aujourd’hui nous le disons haut et fort « cette génération ne passera pas sans qu’Haïti ne change » mais ce changement n’est pas l’apanage d’un groupe de personnes de sexe masculin en laissant les femmes de côté – vice versa, pour y arriver toutes les forces vives de notre nation « femmes et hommes » doivent se mettre ensemble en respectant notre devise « l’Union fait la force ».

Un mot pour la fin ? Je remercie Talan an nou de m’offrir cette opportunité de partager une partie du fonds de ma pensée avec les lectrices et lecteurs. Je souhaite du succès à cette initiative.

Daniella Jacques Talan An Nou
© Daniella Jacques

Avant de se quitter, découvrez Daniella plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? L’une des personnes les plus extraordinaires au monde. C’est tout ce que je peux dire.

Et en un mot ? Entreprenante.

Que fais-tu de ton temps libre ? Avec moi, c’est un peu difficile de parler de temps libre, parce que je travaille toujours et prends beaucoup de plaisir à cela. Sinon, je peux dire que les rares fois que je pourrais considérer comme temps libre, je contemple le beau sourire de mon fils et de mon mari qui sont les personnes qui font le plus palpiter mon cœur. Mes plus grandes bénédictions.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante? En général j’essaye toujours de chercher le bon côté des choses. D’ordinaire, ma première réaction est d’afficher un léger sourire et une profonde respiration, tout dépend de la situation face à laquelle je suis, ma réaction est la même. Parce que le principe pour moi c’est que : « si ce n’est pas pour bonne cause, c’est pour une bonne leçon».

Dans ta playlist, on trouve qui ? Tout type de musique, mais particulièrement du Jazz, de la chanson évangélique et du reggae. On a plein de CD dans la voiture, parce que c’est qui nous permet après une dure journée de boulot de nous relaxer et retrouver plus ou moins un certain équilibre. Je pourrais dire que je ne conçois pas la vie sans musique. Cela dit : elle serait sans rythme, sans douceur et sans plaisir…

Ton artiste préféré ? Je pense que je dirais Lucky Dubbe.

Ton repas préféré ? Homard grillé.

Un voyage mémorable ? Hawaii en 2010.

"Je défends de meilleures conditions de vie pour les femmes "

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? La culture asiatique. J’ai passé trois semaines à Singapour, la gentillesse des gens m’a laissée sans voix.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? Je n’ai rien en tête. Mais étrangement, je crois que mon mari m’avait dit une fois, que s’il n’y a aucune porte de sortie, on pourrait chanter.

Dans la vie, qu’est-ce qui est important à tes yeux ? Beaucoup de choses le sont, mais en particulier je crois que c’est « la famille ».

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Je dirais « le sourire » que je vois aux visages des gens (pauvres ou riches, jeunes ou vieux, hommes ou femmes …) malgré des fois, la misère, le manque de responsabilité des élites de mon pays. Mais on voit que l’espoir est là.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Ce serait sans aucun doute de faire le tour du monde avec mon mari et mon fils. Cela aurait été un vrai bonheur !

Daniella Jacques Talan An Nou
© Site internet www.sifnuh.com

Laurence Maquiaba, Chef de projet

Âgée de 35 ans, Laurence Maquiaba est un chef de projet. Considérant la communication comme un moyen, et non une fin en soi, elle l’utilise avec brio et donne vie à tous types de projets. En 2006, la guadeloupéenne crée Neeya, son agence de conseil en stratégie et développement de projets. Moteur de l’ascension du Slam sur l’île, passionnée d’histoire, cette jeune femme est aussi connue pour sa diction incisive. Parmi ses nombreux activités, Laurence co-produit le Festival « Éritaj, Mémoires Vivantes » pour la commémoration du 27 Mai depuis trois ans. Entretien.

Nom: Maquiaba  PrénomLaurence

Age:  35 ans Couleur: Gris

Dicton : « It always seems impossible until it’s done »   Activité professionnelle : Chef d’entreprise

Lieu de résidence : Guadeloupe

Contact : Son facebook, son twitter

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PARCOURS

"La Guadeloupe gagnerait à faire plus confiance à ses jeunes et à leur confier des responsabilités"

Quand as-tu décidé de devenir entrepreneur ? Chef de projet ? D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours imaginé ma vie professionnelle comme indépendante. Enfant, je m’imaginais en « Perry Mason », en avocate. Ma mère a compris bien avant moi que la communication serait bien plus pour moi que le droit. Après quelques années d’expérience, je me suis rendue compte que « Chargée de communication » n’était pas vraiment mon métier. La communication arrive à un moment sur les projets sur lesquels je travaille, mais ce n’est pas le coeur de mon activité. Je suis de fait plus chef de projet que communicante.

Slams session, Wilson Café, Allo La France, Be Black, Bouquet Africa TV, Kolèktif Jénès Gwadloup, Festival éritaj, management d’artistes… comment tu as géré/gères tout cela ? Les choses se sont faites assez naturellement. J’ai commencé à organisé les slams sessions avec Josué Léguier qui a vécu longtemps à Porto Rico. Ça m’a mis le pied à l’étrier pour commencer mon réseau professionnel, mettre un pied dans le monde culturel et surtout l’organisation d’évènements. En 2007, mon cousin Charly et moi nous sommes lancé le défi de reprendre le bar que tenait mes grands-parents et mes oncles… Le WILSON CAFÉ fût une belle expérience mais qui s’est avéré éreintante.

En 2009, je suis partie à Paris… j’avais besoin de m’éloigner de la Guadeloupe que je n’avais pas voulu quitter pour les études. Ce changement m’a conduit à travailler sur le lancement de la chaîne BEBLACK qui était un projet très ambitieux à la base. Cela m’a surtout donné l’occasion de travailler avec la communauté africaine, j’y ai fait de très belles rencontres.

En 2013, je suis rentrée chez moi. La Guadeloupe me manquait. La Ville de Petit-Canal m’a fait confiance et le festival ÉRITAJ est né de la volonté affichée de valoriser le patrimoine historique de la ville. Pour la 3ème année, nous avons ce rendez-vous pour parler d’Histoire: c’est à dire de comment ceux qui nous ont précédé ont vécu, quels ont été leurs choix et ce dont nous avons hérité. Il s’agit ensuite de voir comment nous faisons fructifier cet héritage.

Le Kolektif Jénès Gwadloup est une association importante pour moi, j’y suis arrivée après sa création après avoir assisté au 1er bik. Travailler avec des plus jeunes sur des projets qui concernent la jeunesse me donne espoir en l’avenir, la Guadeloupe gagnerait à faire plus confiance à ses jeunes et à leur confier des responsabilités.
En fait, mes expériences sont surtout des rencontres. Souvent les gens parlent des mauvaises rencontres, de bâtons mis dans les roues. Je retiens au contraire ceux qui m’ont tendu des perches, ceux qui m’ont présenté aux décideurs, ceux qui m’ont fait confiance.

Raconte-nous les débuts de Neeya ? Que défends-tu à travers ton agence de communication? Neeya est née en 2006. J’étais encore étudiante, j’avais organisé un Forum des communicants qui était en fait un devoir, ça m’a permis de voir ce que c’était de faire les choses par soi-même, de dépasser sa timidité pour aller vers l’autre. Neeya veut dire en swahili l’objectif, le but et en arabe « celle qui fait confiance à la vie ». C’est surtout le réceptacle des challenges que je tente de relever. Je pense vraiment que c’est à chacun de faire sans attendre sur les politiques, sur les organisations représentatives etc… c’est à nous de porter ce qui nous tient à coeur. Ainsi j’ai espoir que ces projets soient un peu de ciment pour cette Guadeloupe que nous construisons aujourd’hui.

Laurence Neeya Maquiaba
Affiche de la 3è édition du Festival « Eritaj, Mémoires Vivantes » pour la commémoration du 27 Mai qui aura lieu le 26 et 27 Mai 2017.

Quelle a été ta formation ? J’ai une licence en science de l’information et de la communication..

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? Me faire confiance. On a vite fait de se trouver des excuses pour ne pas bouger, rester dans sa zone de confort. Comprendre que j’étais capable a été le déclencheur.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmonté ? J’estime que j’ai plutôt été chanceuse. Mon plus grand problème a été de « paraître » crédible: en étant femme, souvent la plus jeune, il a fallu parfois insister pour qu’on entende ma voix.

Quelle est ta plus grande peur ? Que mes projets, le festival, ne servent à rien… Maintenant que je suis Maman, j’ai peur de ne pas donner à mon fils suffisamment de force pour demain; de ne pas pouvoir lui donner tout ce que j’ai moi-même reçu de mes parents. On ne résiste pas à une passion… 

Des projets futurs ? Je suis en train de travailler sur des documentaires, j’espère pouvoir commencer à filmer à la fin de l’année.

"C’est à chacun de faire sans attendre sur les politiques"

SON PARCOURS EN DÉTAIL

2006: Organisation du Premier Forum des Communicants de Guadeloupe (pendant ses études Licence Science de l’Information & Communication).
 
2006: Avec Josué LEGUIER, Organisation des premières Slam Session et tournoi Slam en Guadeloupe : SLAMBLAG’.
Création de l’agence Neeya, conseil en stratégie et développement de projets.
 
2007/2008: SLAM’Arts au Centre des Arts (spectacles autour des expressions artistiques).
 
2008: Ouverture du « Wilson Café », Bar d’ambiance ouvert avec un associé Charly ANNICETTE.
 
2009: Départ pour Paris.
 
2010-2011: Collaboration avec BEBLACK, du Projet à la négociation CSA puis ouverture de l’antenne.
 
2011-2012: Mobilisation ALLO LA FRANCE pour la Téléphonie mobile.
 
2011-2013: Rédactrice en chef BOUQUET AFRICA TV (Magazine TV spécialisé sur les chaines africaines et diaspora).
 
2013: Retour au pays.
 
2013: Intégration du Kolektif Jénès Gwadloup.
 
2014: Organisation avec le Kolèktif Jénès Gwadloup sur l’Or Vert: permettre aux jeunes de découvrir les richesses et les potentialités du secteur en Guadeloupe.
 
2014: Intégration du groupe de Réflexion multidisciplinaire pour la Biodiversité et le Changement climatique qui se réunit autour du CAGI.
 
2015: Co-production du Festival « Eritaj, Mémoires Vivantes » pour la commémoration du 27 Mai. Évènement qui répond à une stratégie globale du territoire.
Rédaction du Plan Opérationnel Tourisme de la commune de Petit-Canal.
Direction de son agence de conseil en stratégie et développement de projets (à ce jour).
 
2016: Co-production de la 2ème édition du Festival « Eritaj, Mémoires Vivantes ».
 
2017: Co-production de la 3ème édition du Festival « Eritaj, Mémoires Vivantes ».
 

INSPIRATION

"Je serais Rosa Park car je pense qu’il faut savoir défier les règles et les lois quand elles sont injustes"

Qui est ton modèle dans la vie ? En dehors de mes parents? Mandela. Ce qui m’impressionne c’est la capacité qu’il a eu de garder son cap sans jamais se laisser tenter même quand il a remporté quelques victoires. Et en même temps, sa lucidité qui l’a fait reconnaitre qu’il s’était trompé à certains moments et même de comprendre les motivations des tenants du système qu’il combattait.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? Dany Bebel Gisler, on ne parle pas assez de son travail, de l’empreinte qu’elle a laissé dans le combat pour la langue créole.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? Babier! Lol! Sans rires, souvent ma motivation pour un projet vient d’un agacement, l’envie de changer une situation irritante.

MESSAGE

"N'attendez pas le messie, des conditions favorables ou qu'on vienne vous tenir la main"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Que Rosa Parks était assise seule au fond du bus. De ne pas attendre de messie, des conditions favorables ou qu’on vienne tenir leur main. Il y a beaucoup à faire en Guadeloupe, c’est l’occasion pour eux de créer la Guadeloupe qu’ils veulent.
En un mot donner corps à ses rêves dans la fraternité avec les autres.

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société guadeloupéenne,  devrait-on suivre ? Se faire confiance. Comprendre que nous sommes tout aussi valeureux que les autres, et que nous sommes les seuls à nous limiter. Soyons bienveillants envers nous-mêmes et envers les autres. Ce qui me désespère c’est le débat politique en Guadeloupe. Le fait qu’on ne puisse parler d’indépendance, d’autonomie ou d’évolution institutionnelle en dehors des dogmes… qu’on ne puisse simplement se poser la question de ce qui est le meilleur choix pour nous, quelles sont les entraves que nous devons lever.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Il y en a beaucoup, que ce soit des combats pour l’intérêt général ou des combats individuels. Je pense à Henry Joseph et son combat pour la pharmacopée et la biodiversité en Guadeloupe, Ti Malo qui met sa créativité au service du créole en écrivant le premier roman de science-fiction en créole (que je conseille à tous) qui met en mouvement notre imaginaire, Florence Naprix ou G’ny qui décident de sortir de leurs zones de confort pour aller au bout de leurs objectifs, la ténacité de Naomi Martino, Mark-Alexandre Montout qui sillonne la Guadeloupe avec son documentaire Karukéra, le travail de Jean-Paul Quicko pour valoriser les jouets traditionnels, l’artiste Paille qui lance une bourse pour les jeunes martiniquais… je pourrais continuer encore longtemps. Je suis fière par ricochet de ces gens que rien n’arrêtent, qui se dépassent et dont les combats rendront assurément demain meilleur.

Un mot pour la fin ? An nou! C’est un cri qu’on répète en défilant avec le mythique groupe Akiyo, pour se donner de l’élan. Imaginez des milliers de personnes très différentes, qui ne se connaissent pas, qui déboulent comme un seul homme, presqu’en transe. C’est juste impressionnant, cette masse que rien n’arrête… à l’image de la Guadeloupe quand elle l’a décidé. Alors, An nou!!!

Laurence Maquiaba Grand Corps Malade Slam
Concert de Grand Corps Malade lors du Slam'Arts 2, Guadeloupe - 2010 © IDLineStudio

Avant de se quitter, découvrez Laurence plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Je suis une guadeloupéenne, chef d’entreprise et aujourd’hui une maman!

Et en un mot ? Babyèz!

Que fais-tu de ton temps libre ? Quel temps libre? J’ai beaucoup de mal à déconnecter… Y’a toujours un dossier en cours ou une urgence à gérer. Heureusement, mon compagnon arrive à me décoller de l’ordinateur pour une randonnée ou un week-end à Marie-Galante (sans wifi). Ces moments dans la nature sont salvateurs.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante? Face à une situation positive, je remercie Dieu, l’Univers, le Très-Haut quelque soit son nom de permettre que les choses se déroulent favorablement. Face à une situation irritante… je babie (lol) … seule dans ma voiture, je m’énerve dans mon coin… j’ai appris à prendre du recul, être moins impulsive et ne pas réagir immédiatement sur la source d’irritation (mais faut pas me chercher longtemps hein). Après le coup de chaud, je me demande quelles pourraient être les conséquences de cette situation irritante et souvent je me rends compte que ce n’est pas si grave donc je relativise.

Dans ta playlist, on trouve qui ? De tout, je me promets de l’organiser depuis longtemps: on peut passer de Ray Charles, les Fugees, Beyoncé, Damian Marley à Dr Dre en passant par des chants traditionnels sud africains et quelques titres de zouk avec Jocelyne Béroard ou TSV, tout cela entremêlé de soul créole/ Kako Mizik avec Érik, G’ny, Florence Naprix, Dominik Coco, Meemee Nelzy et de Hip-Hop Kréyol Tysmé, Star Jee, Misyé Sadik, j’aime beaucoup la voix de Warped… Des titres récents comme de plus anciens, ce n’est pas la nouveauté qui fait la qualité de la musique.

Ton artiste préféré ? Jocelyne Béroard, ses mots disent tellement de nous! Sans jamais être larmoyante, avec une poésie indéniable, elle touche au coeur. Et j’aime ce qu’elle dégage de femme forte, inébranlable mais pas froide, les pieds sur terre mais le coeur grand ouvert.

Ton repas préféré ? Mon coeur balance entre un bon court-bouillon de poisson et un dombré et ouassous.

Un voyage mémorable ? L’Afrique du Sud, c’était un premier voyage seule et je m’attendais à ce que l’intitulé « Nation Arc-en-ciel » soit juste un slogan marketing au vu de l’histoire de l’apartheid qui est quand même très récente! J’ai eu un choc, j’ai été très surprise de me sentir à l’aise alors qu’à Paris on te suit dans les rayons des grands magasins ou qu’en Guadeloupe il y’a des séparations qui ne disent pas leurs noms.

"La culture guadeloupéenne me fascine…ce mélange entre chauvinisme et auto-flagellation qui produit de l’extraordinaire à coté de non-sens."

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? La nôtre…ce mélange entre chauvinisme et auto-flagellation qui produit de l’extraordinaire à coté de non-sens.

Des habitudes bizarres ? Une mauvaise habitude… Beaucoup trop de sucre dans mon café, mon père dit que c’est un sirop..

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir? La nature… Le bruit des vagues ou une cascade qui te rappelle que demain est un autre jour, que la vie est un cycle et les tribulations du moment ne sont qu’une étape du voyage.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Ce que je fais aujourd’hui… et si je gagnais au loto pareil… j’ai la chance de faire ce que j’aime.

Laurence Neeya Maquiaba
© Facebook Laurence Neeya Maquiaba

Julien Ganthier, Animateur culturel et comédien

Julien Ganthier est le coordinateur de l’association Jeunesse en Développement JEDe. Parallèlement, du haut de ses 31 ans, il anime l’Espace Volontariats de France Volontaires Haïti. Apporter du bonheur aux enfants haïtiens est son oxygène. Originaire de Port-au-Prince, il vit désormais à Aquin. Aujourd’hui, il a formé plus de 5 000 enfants à des activités socio-sportives. Récemment, il a contribué à un projet innovant : « bibliomoto Liv Kap Woule » une bibliothèque mobile qui va parcourir la région d’Aquin. Education, transmission…Rencontre.

Nom: Ganthier            Prénom: Julien Age:  31 ans Couleur: Vert (nature)

Dicton : What you think you are, you become Activité professionnelle : Animateur culturel et comédien

Lieu de résidence : Port-au-Prince

Contact: Facebook de l’association de Jeunesse en Développement, Facebook de Julien

PARCOURS

"Maintenant je forme des jeunes qui eux vont accompagner des enfants dans leur propre village !"

Quelle a été ta formation ? Je suis diplômé de l’école de théâtre Le Petit Conservatoire. J’ai également un certificat d’études en relations internationales. Je n’ai pas été plus loin car on me demandait de porter des cravates, j’ai détesté ça (rires). J’ai reçu une formation en EPS. Je suis aussi formateur en APS activité physique et sportive. Il s’agit d’une formation pour compléter celle en EPS, c’est de la “playdagogie”, pour sensibiliser des enfants à travers les jeux sportifs.

Quand as-tu décidé de fonder l’association Jeunesse en Développement? Je travaille avec des enfants depuis 15 ans ! J’ai commencé à l’âge de 16 ans en tant que bénévole dans une association. Après 5 ans de bénévolat, je découvre l’existence de nombreuses magouilles. En 2009, je lance l’association Jeunesse en développement. Notre première activité se déroule à Pétion-Ville le 18/11/09, en lien avec la bataille de Vertières. Au programme : exposition/conférence-débat et une partie culturelle. Le 12 janvier 2010, jour de mon anniversaire et jour du séisme marque un tournant dans ma vie. J’ai frôlé la mort… J’ai failli mourir, j’étais stressé, cette période a été difficile. Un jour, une amie de ma sœur m’a proposé de m’évader de Port-au-Prince et m’a emmené dans le sud. Arrivé à la ville d’Aquin, ça m’a attristé de voir qu’il y avait beaucoup de jeunes, d’enfants mais qu’il n’y avait aucune activité, ni infrastructures dans la ville. C’est là que je décide de rester et d’implanter solidement l’association…

Parmi ses actions, il y a l’ouverture de deux bibliothèques: une à Aquin et l’autre dans le Plateau central (avec la Fondation Haïti Eco-Verte). Ces bibliothèques ouvertes au grand public sont des espaces loués qu’on a complété avec livres achetés, donnés.. Un autre projet de bibliothèque est prévu pour le mois d’Août, toujours à Aquin, cette fois-ci il s’agira d’une construction de A à Z. En septembre, la bibliomoto Liv Kap Woulé sera lancée officiellement. C’est une bibliothèque mobile qui va parcourir la région d’Aquin. Des ateliers d’écriture, de lecture, des formations, etc. seront donnés. 

Jeunesse en développement a organisé également des séances d’animations dans plusieurs départements et villages, conférences, des activités à partir de rien. Je ne gagne pas beaucoup… Actuellement, des milliers de jeunes comptent sur moi… J’ai déjà formé plus de 5000 jeunes haïtiens à travers les évènements socio-sportifs (moyen pour sensibiliser enfant ET parents). Pour certains parents en Haïti il ne faut pas mélanger les jeux et l’école. Mon rôle est de leur montrer que le jeu est parti intégrante de l’éducation. Je ne cherche pas à mettre sous les feux des projecteurs. Je suis derrière les jeunes pour qu’ils se sentent concernés, responsables. Le premier événement que j’ai organisé, projet JED les timoun, a réuni plus de 1 300 enfants.

En juillet, un forum de jeunesse et développement durable se tiendra à Aquin pour 100 jeunes. Il est né du constat que plus de 50 000 jeunes quittent Haïti pour aller au Brésil, Suriname, Chili. Beaucoup meurent sur les routes. Il y aura un module sur l’entreprenariat, la sensibilisation, le mentorat… Ce forum sera aussi un moyen de lutter contre le déplacement massif vers le chili, d’autres pays etc… car c’est triste. Un des objectifs est que l’année prochaine chaque jeune puisse accompagner et encadrer 10 autres jeunes et que chacun à leur tour puissent accompagner 15 enfants dans leurs villages respectifs.

Que défends-tu à travers ta position ? Que tous les enfants puissent jouir du même droit. En Haïti, il y a 150 000 écoles (des écoles pour les plus pauvres aux plus riches). Mais le système oublie qu’ils sont tous des enfants et qu’ils n’ont pas demandés d’être nés.

jeunesse en développement haïti julien ganthier liv kap woulé bibliomoto

"Le 12 janvier 2010, jour de mon anniversaire et jour du séisme marque un tournant dans ma vie. J’ai frôlé la mort"

Quels sont tes domaines d’expertise ? Animation et formation.

En tant que comédien, que cherches-tu à transmettre ? À la base, j’ai étudié le théâtre pour me rapprocher des enfants et non pour être comédien. Dans la formation théâtre, il y avait des cours de communication, psychologie ce qui m’a été très utile pour me rapprocher de la population. Avant je travaillais uniquement avec des enfants mais la demande est tellement forte que maintenant j’ai décidé de procéder autrement. Maintenant je forme des jeunes qui eux vont accompagner des enfants dans leur propre village !

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser ton rêve ? Monter une bonne équipe (moi, mon épouse Wadline, Jasmine, Junior, Farah, Schneiderson, Eunice…). Aujourd’hui beaucoup pensent en Haïti que dès que tu montes une association, c’est dans le but de gagner de l’argent, de faire du business. Je peux compter sur mon équipe. Si je meurs aujourd’hui, je sais que l’association va continuer de fonctionner.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré pour ta profession ? Quand j’ai annoncé à ma famille que j’allais étudier le théâtre, mes parents ont arrêté de payer mes études. Car pour eux le théâtre ce n’est pas un métier… pour moi, le théâtre est beaucoup plus que ça, c’est une science de la vie. Grâce à ma ténacité, j’ai réussi à leur démontrer la valeur de ces études qui m’ont servi à faire ce que je fais aujourd’hui. Je suis la seule personne de ma famille qui prend des risques énormes. Mon père est décédé et ma mère est très fière de moi.

Et dans ta vie ? À un moment donné je ne pouvais plus payer mes études. Mon père est décédé tôt et ma mère manquait de moyens pour subvenir à tous nos besoins en même temps. Si elle payait l’école, elle ne pouvait pas payer les transports scolaires. Moi ça me suffisait, je faisais avec.Pendant deux années, j’ai marché des kilomètres pour aller au lycée, soit plus de 2 heures chaque jour. Je passais des journées sans rien manger également, faute de moyens. Et heureusement que j’ai vécu cette expérience. Car ça m’a beaucoup aidé à voir la vie d’une autre façon, de voir qu’il y a trop d’indifférence envers les enfants (enfants qu’on vient chercher en voiture privé où il reste des places…

Quelle est ta plus grande peur ? De mourir sans accomplir mon plus grand rêve : arriver à égaliser l’inégalité entre les être humains.

Des projets futurs ? Trop (rires).

"J’ai déjà formé plus de 5000 jeunes haïtiens à travers les évènements socio-sportifs"

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Dieuvela Etienne. Il y a quelques années, j’avais suivi un séminaire qu’elle organisait sur le théâtre. Elle avait une telle confiance en moi. C’est une combattante, elle a beaucoup d’audace. Elle m’inspire vraiment !

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? Gandhi. Je me retrouve par rapport à la lutte qu’il menait.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? Je n’ai pas beaucoup voyagé dans ma vie. Néanmoins, à travers mes voyages en Afrique, une partie des USA, en France, voir l’inégalité entre les Hommes, la souffrance ça me révolte, ça me frustre mais ça m’inspire à sensibiliser et mobiliser les gens face à ces problématiques.

"Si ma mère payait l’école, elle ne pouvait pas payer les transports scolaires...
Pendant deux années, j’ai marché des kilomètres pour aller au lycée, soit plus de 2 heures chaque jour. Je passais des journées sans rien manger"

MESSAGE

"Il ne faut jamais jamais jamais abandonner"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes haïtiens/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? À tous mes jeunes frères et sœurs caribéens, il ne faut jamais jamais jamais abandonner. Il y a trop de choses à faire pour se laisser entrainer dans la corruption. La création c’est à tout le monde, ils ne peuvent pas nous la voler, heureusement qu’il y a ça.
Le réseautage aussi est important! Heureusement les réseaux sociaux existent il y en a pas mal, autant les utiliser pour faire du réseautage et non des commérages. Il ne faut pas rester bloqué, il faut qu’on s’entraide, qu’on réseaute. S’entraider pour changer est notre slogan à l’association…
En clair: réseautez, ne vous laissez pas avoir, croyez en vos idées.

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société haïtienne,  devrait-on suivre ?  L’éducation, c’est ce qui manque en Haïti. On n’a pas d’écoles, on a du business en Haïti. Les gens font du business ici. Si on arrive à avoir une éducation équilibrée, ce sera une réussite pour le pays.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Joel Widmaïer (Directeur artistique du Festival International de Jazz et batteur), Guy Registre Junior (Théâtre, festival quatre chemins)… Ce sont de bonnes actions pour permettre aux jeunes de passer leur frustration.

Un mot pour la fin ? Merci à cette initiative riche et noble. Persévérez dans le projet de Talan An Nou. Ça fait toujours du bien de parler de son association.


Message final aux jeunes : formez-vous, lancez-vous dans le bénévolat. En effet, propose ce que tu sais faire gratuitement, les gens verront de quoi tu es capable. Donner de son temps gratuitement est valorisant et nous ouvre à de belles opportunités. Par exemple : J’occupe un poste à France Volontaires. Il cherchait quelqu’un avec un master. Je n’en avais pas. Mais j’avais 5 années d’expériences de bénévolat…et grâce à elle, j’ai eu le poste !

"Réseautez, ne vous laissez pas avoir, croyez en vos idées"

jeunesse en développement haïti julien ganthier liv kap woulé bibliomoto
Bibliomoto Liv Kap Woulé, bibliothèque mobile qui va parcourir la région d’Aquin. Des ateliers d’écriture, de lecture, des formations seront donnés.

Avant de se quitter, découvrez Julien plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Déterminé, ténacité. Dès que je me lance dans une activité, je vais jusqu’au bout.

Et en un mot ? À travers un animal : fourmi/abeille.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je n’ai jamais de temps de libre. (Rires) Même quand je mange, je réfléchis et je travaille.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Je saute de joie.

Et une situation irritante? Ce n’est pas la fin, je réfléchis à de nouvelles stratégies.

Dans ta playlist, on trouve qui ? C’est difficile. Comme je suis dans le théâtre, on se rapproche vers des artistes africains…Musique slow engagée et aussi des musiques Racines d’Haïti.

Ton artiste préféré ? J’en ai plusieurs. Dieuvela Etienne (comédienne) Daniel Marcelin (comédien et mon ancien professeur), Mackenzie Orsel (écrivain haïtien) ça m’aide à m’inspirer. Je me rapproche de tout ce qui m’aide à avancer !

Ton repas préféré ? Riz blanc, sauce pois, touffé légumes (aussi appelé légume haïtien, recette ici).

Un voyage mémorable ? Au Burkina Faso, c’était wololoyyyy (Ndlr : expression utilisée par Julien quand quelque chose le dépasse) c’était en 2015 dans le cadre professionnel.

"Dès que je me lance dans une activité, je vais jusqu’au bout"

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines ? Tibétaine. Pour sa richesse, sa simplicité, la spiritualité. Je rajouterai aussi la culture haïtienne car elle est encore méconnue.

Des habitudes bizarres ? Oui par ex, je ris trop souvent… Un talent étrange ? Sur le plan stratégique oui. c’est de pouvoir faire deux activités différentes.

Dans la vie, qu’est-ce qui est important à tes yeux ? L’être humain.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Le sourire d’un enfant en détresse.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Continuer à aider mon prochain pour que tout le monde soit heureux.

jeunesse en développement haïti julien ganthier liv kap woulé bibliomoto

L’association Jeunesse en Développement en quelques mots :

C’est l’organisation d’un Camp d’été mais pas seulement ! Depuis 2010, installée dans la localité de Jonc Dodin d’Aquin, l’association, composée à la fois de jeunes de Port-au Prince et d’Aquin mène une multitude de projets : promotion du livre et de la lecture, mise en place d’une bibliothèque, soutien scolaire, séances d’animations socio-sportives, caravane théâtrale, évènements culturels, marches pour l’environnement, marche pour le doit des enfants, comédies musicales… Au fil des rencontres, l’association s’est structurée et elle s’enrichit de la contribution de tous, autant des amis étrangers qui viennent apporter une petite pièce à l’édifice, que des jeunes aquinois qui s’investissent au quotidien pour le développement de leur commune. Plus d’infos


Emmanuelle Soundjata, Styliste éco-designer

"Le Maré Tèt, tel que je le conçois est un état d'esprit, la connaissance de nous-mêmes et l'ouverture sur le monde"

Emmanuelle Soundjata est une styliste éco-designer. Cette serial entrepreneure est experte en maré tèt et body wrap. Son talent participe à sublimer l’art afro-caribéen, art qu’elle souhaite international. Elle valorise aussi d’autres créateurs du bassin caribéen dans sa boutique Tématik. Sur les réseaux sociaux elle partage, avec sa communauté de plus de 11 000 fans, les photos de ses shootings audacieux.  Rencontre avec cette jeune révolutionnaire de la mode et, altermondialiste!

Nom: Soundjata     PrénomEmmanuelle     Âge:  33 ans Couleur: J’aime toutes les couleurs

Dicton: “Je ne perds jamais, soit j’apprends, soit je gagne” – Nelson MANDELA « MADIBA » 

Activité professionnelle: Styliste éco-designer / Créatrice Maré Tèt

Lieu de résidence: Martinique  

Contact: Facebook Atelier Maré Tèt – Facebook Tématik Boutikwww.ateliermaretet.com  – +596 696 16 21 91 – ateliermaretet@hotmail.com

Prix: Médaille de Bronze MPPF 2015

PARCOURS

"Ne vous laissez pas influencer. Restez fidèles à vous-mêmes"

Le Maré tèt! Raconte-nous comment tu as commencé. Mon parcours a été atypique, dans la mesure où j’ai d’abord effectué des études de droit puis j’ai bifurqué pour atterrir dans le milieu de la mode et singulièrement la mode qualifiée d’ethnique, qui dans mes années d’étudiante n’était pas encore tendance.

Égérie du 1er concept store Ethnique de Paris durant trois ans, parallèlement j’organisais des Atelier Maré Tèt (anciennement appelé T-URBAN STYLE) à Paris. C’est alors que j’avais constaté que de plus en plus de femmes trouvaient cela très intéressant, mes ateliers étaient beaucoup recherchés. J’ai décidé de lancer le concept Atelier Maré Tèt en 2012 et de le lancer aussi en Martinique. De plus, j’ai ouvert le premier concept store Multi Ethnik, TEMATIK, de Martinique basé à Fort de France. L’objectif est mettre en vitrine des artistes afro caribéens issus de la Martinique mais également de différentes régions du monde.

Aujourd’hui, cela fait 11 ans que j’anime mes ateliers. Le Maré Tèt, tel que je le conçois est un état d’esprit, la connaissance de nous-mêmes et l’ouverture sur le monde. Autrement dit, il n’est pas communautaire, ni sectaire, il est multiculturel. La tradition doit pouvoir évoluer avec son époque pour pouvoir perdurer dans le temps.

J’ai toujours eu du mal avec la routine! Je ne pouvais concevoir ma vie entière dans un bureau avec des horaires fixes. Faire de ma passion mon métier, c’est ce que j’avais décidé pour ma vie. Ce virage n’est pas facile, surtout sur le plan financier. Il faut avoir un “grain de folie”, de la détermination, de l’endurance et être bien entouré. Ma mère m’a beaucoup aidée. Et surtout savoir saisir sa chance !

"Il faut avoir un grain de folie, de la détermination, de l'endurance et être bien entouré"

2014 marque l’ouverture de Tématik Boutik. Quelle était ta personnalité à cette époque ? Comment as-tu réussi à te lancer ? C’est après avoir eu cette expérience avec la première boutique ethnique de Paris que j’ai voulu faire découvrir à mes compatriotes les créateurs de la mode ethnique qui renvoie à une réelle ouverture sur les autres cultures. Il ne s’agit pas d’exotisme.

Tématik, c’est un condensé de mon prénom, de la mode Ethnique et les différents thèmes abordés par le concept, au travers de bijoux-accessoires, de pièces de créateurs et d’objets art déco. Un concept store qui réunit au sein d’un même espace des produits ethniques.

Cette boutique est née de l’envie de militer et de contribuer à des échanges plus justes et de proposer une altermondialisation. Tématik, c’est aussi la revalorisation des richesses culturelles. C’est un lieu qui réuni mon goût artistique et mon engagement pour l’éthique dans un même lieu. Le concept store allie le commerce équitable, le bio, le développement durable tout en soutenant les jeunes créateurs de la zone caribéenne souvent en difficulté au niveau de la visibilité. C’est une vitrine qualitative pour les jeunes créateurs d’ici et d’ailleurs.

Plateforme Bèl Chivé, Atelier Bèl chivé. Dis-nous tout. Bèl Chivé, est une plateforme sur Facebook destinée aux femmes et hommes désirant obtenir des informations sur les soins pour les cheveux naturels. Le choix de l’appellation Bèl Chivé, signifie qu’à partir du moment où l’on soigne ses cheveux on aura de beaux cheveux quelque soit sa nature de cheveu.

Dans la continuité de la plateforme, j’ai mis en place des Ateliers Bèl Chivé qui avaient lieu essentiellement à Fort-de-France. Ils permettaient de mettre en relation des professionnels du cheveu naturel et des femmes désireuses de mieux connaître leur cheveu, comment les soigner, comment les coiffer… Ces ateliers ont été les premiers en Martinique sur le cheveu naturel ouvert à au grand public.

Que défends-tu à travers ta position ? Il est important que nous soyons les ambassadeurs de notre patrimoine, de notre richesse culturelle… Nous devons nous réapproprier notre Histoire sans fausses notes et transmettre aux générations qui arrivent.

© Facebook Atelier Maré Tèt

"Soyons les ambassadeurs de notre patrimoine, de notre richesse culturelle"

Quel pouvoir donnes-tu à ton travail de stylisme? Il s’agit d’un style qui nous ressemble avec de belles matières, colorées, des coupes originales et intelligentes. C’est un style original, mêlant créativité et notre diversité culturelle. C’est un trait d’union entre l’Afrique et les Antilles.

Que souhaites-tu à travers ton travail de stylisme pour la Femme, le peuple afrodescendant ? Je souhaiterais que mon stylisme contribue au fait que la Femme Afro s’aime t’elle qu’elle est. Que nous soyons fiers de notre Patrimoine, de notre Histoire .

Comment se déroule une journée typique dans la peau d’Emmanuelle Soundjata ? Généralement, c’est direction la boutique Tématik. Je vérifie tous mes mails, coups de fils etc… Ce sont des journées extrêmement pleines, et d’une heure à l’autre, le programme prévu peut changer. Je booke aussi mes shootings, je réfléchis à la direction artistique.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmontés ? Oui, en effet, je suis passée par des hauts et des bas comme tout le monde. Je peux dire que dans mon domaine d’activité je me suis construite toute seule… Bien entendu j’ai évolué, j’en connais un peu plus sur la nature humaine. Certaines choses s’apprennent lors de grosses déceptions. Ce que je retiens c’est qu’il ne faut pas se laisser influencer, il faut rester fidèle à soi-même coûte que coûte. J’ajouterais que ce qui a été difficile ce sont les moqueries, les préjugés que certains ont pu avoir sur le Maré tèt. Il a fallu faire preuve de détermination et de persévérance. De plus, la difficulté que rencontre tout jeune entrepreneur c’est toujours les finances. Trouver un financement n’est pas facile.

Ainsi, il faut être exigeant avec soi-même. Avoir une discipline de fer. Être femme en 2017 c’est être libre, s’ouvrir au monde, ne jamais dire que ce n’est pas possible parce qu’on est une femme. Au contraire, cela peut être un atout d’ailleurs.

Quelle est ta plus grande peur ? Tomber malade et de ne pas pouvoir continuer ma passion.

Des projets futurs ? Continuer à développer mon activité et faire une Fashion Week.

Nadine Ramin alias Ayden, créatrice de GLAM ETNIK en plein essayage à Tématik © Facebook Tématik Boutik

INSPIRATION

"Être femme en 2017 c'est être libre, s'ouvrir au monde, ne jamais dire que ce n'est pas possible"

Qui est ton modèle dans la vie ? Ma mère est mon modèle, c’est une femme superbe!

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Je serais Paulette Nardal (NDLR: (1896-1985) Femme de lettres et journaliste martiniquaise, Paulette est la première femme noire à étudier à la Sorbonne. Militante de la cause noire, elle est une des inspiratrices du courant littéraire de la négritude).

Quelle est ta principale source d’inspiration ? La vie.

MESSAGE

"Avoir la foi et une passion, croire en soi, être observateur..."

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes martiniquais/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Le monde s’est construit grâce à ceux qui ont su réaliser leurs rêves. Nous avons une chance immense d’habiter le bassin caribéen par sa diversité. Il est important d’avoir la foi, de s’instruire, d’avoir une passion, de croire en soi, d’être observateur… Il faut toujours se dépasser et avoir beaucoup de patience car le chemin qui mène à la réussite est souvent tortueux.

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société martiniquaise,  devrait-on suivre ?  Il y a de plus en plus de manifestations culturelles et artistiques locales et internationales qui se produisent à la Martinique, ce qui est une bonne chose. Cependant, on peut constater que certains secteurs du monde artistique sont encore élitistes. Il faudrait plus de projets impliquant les jeunes dans l’expression artistique. Quant à la mode caribéenne, il y a beaucoup de jeunes créateurs caribéens très talentueux, qui sont pour la plus part installés à l’étranger. Ils devraient venir plus souvent sur dans la Caraïbe.

"Une grande partie de notre de patrimoine s'éteint en l'absence de transmission entre générations"

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? J’admire tous les projets menés par les compatriotes qui ont pour but la revalorisation de notre richesse culturelle. Par exemple : tous les projets concernant la sauvegarde de l’agriculture biologique, la préservation de notre environnement.

Concernant nos artistes, leur force est qu’ils sont afro caribéens. Nous avons un paradigme différent des autres et donc des choses à proposer très intéressantes avec une vision différente. Néanmoins, il serait bien d’utiliser les moyens modernes de communication (internet, réseaux sociaux, etc.) de manière plus efficace .

Un mot pour la fin ? J’aimerai tout d’abord mettre l’accent sur le fait qu’il est important de TRANSMETTRE. Une grande partie de notre de patrimoine s’éteint en l’absence de transmission de nos savoir-faire traditionnels et ancestraux entre générations. Enfin à mon niveau, j’apporte ma pierre à l’édifice culturel de mon île aussi petite soit elle car comme en dit chez nous: sé grèn diri ka fè sak diri!

© Emmanuelle Soundjata
© Emmanuelle Soundjata

Avant de se quitter, découvrez Emmanuelle plus en détails: 

PORTRAIT

© Emmanuelle Soundjata
© Emmanuelle Soundjata

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Femme dynamique, déterminée, indépendante et amoureuse de sa culture. Je suis une artiste engagée.

Et en un mot ? Simple.

Que fais-tu de ton temps libre ? J’aime faire du sport, voyager et refaire le monde.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante? Face à une situation positive, je remercie Dieu de m’avoir donnée ces opportunités .. Irritante, je me dis que les choses vont finir par s’arranger. Ne jamais se contrarier contre une contrariété…Et je remercie Dieu pour la leçon.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Eugène Mona, Whitney Houston, Nina Simone, Billie Holliday, Bob Marley.

Ton artiste préféré ? Nina Simone.

Ton repas préféré ? Un bon court-bouillon de poisson, avec des légumes.

Un voyage mémorable ? Sénégal. C’est un pays magnifique.

"L'espoir...Ces petites choses du quotidien, le soleil qui brille, une parole positive, un sourire"

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? La culture noire me fascine de par ses différentes expressions.

Un talent étrange ? Savoir instinctivement élaborer des stylismes complexes et différents dans le maré tèt en fonction de la forme du visage du modèle, de sa personnalité. Il en va de même pour ce qui est du Body Wrap (extension de l’art de nouer le turban extrapolé aux vêtements avec un paréo ou un pagne) technique que j’ai inventée pour compléter mon activité.

Dans la vie, qu’est-ce qui est important à tes yeux ? La liberté et le bien-être de mes proches.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Ce sont les petites choses du quotidien, le soleil qui brille, une parole positive, un sourire.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je voyagerais et aiderais les plus démunis.

"Je souhaiterais que mon stylisme contribue au fait que la Femme Afro s'aime t'elle qu'elle est"

Emmanuelle Soundjata © Facebook Tématik Boutik

Sarah Chillan Heusel, Entrepreneure

Sarah Chillan Heusel est une Serial entrepreneure. Tourisme, voyage, hôtellerie.., elle touche à tout sans limite et avec brio. Finaliste du Concours Etincelle d’Orange Caraïbe en 2013, elle lance Sweet Caribbean Holidays, start-up dans l’e-tourisme. Cette jeune martiniquaise de 26 ans part audacieusement à la reconquête des touristes nord-américains. Rencontre d’une Femme Ambitieuse !

 

Nom: Chillan Heusel            PrénomSarah Age:  26 ans Couleur: Blanc

Dicton : What you think you are, you become Activité professionnelle : Entrpereneur

Lieu de résidence : Martinique  

Contact: Instagram (@sarahchillanheusel) – Facebook  – www.sweetcaribbeanholidays.com

Prix, distinctions : Lauréate Concours Etinc’Elles par Orange Caraïbe 2013

PARCOURS

Toutes mes expériences n’ont pas été positives mais très constructives, j’ai su rebondir dessus et les utiliser intelligemment

Quelle a été ta formation ? J’ai suivis des études secondaires de lettres et de langues. Ensuite j’ai effectuée 4 ans d’études dans le milieu du management Hôtelier et touristique dont 2 années à l’école supérieure de Gastronomie Française Grégoire FERRANDI à Paris.

Quand as-tu décidé de devenir une « serial entrepreneure » ? Quelles ont été tes différents postes ? Ces 6 dernières années j’ai expérimenté différents postes (Agent de Voyage, Responsable F&B, Agent de location de voiture, Chargée de développement touristique etc) dans l’industrie du tourisme, voyage et Hôtellerie toujours en combinant une petite activité entrepreneuriale à coté seule ou avec des associées (Dosa Diamonds avec Dominique Patrice / Fahion Music Show avec Malika Jean Francois et Amelle Rahou / Bacchanal Festival avec Gaël Elizabeth, fondateur de Dousinn). Je me suis associée à d’autres entrepreneurs dans le milieu de l’évènementiel. Quand on commence on ne s’arrête plus. Toutes mes expériences n’ont pas été positives mais très constructives, j’ai su rebondir dessus et les utiliser intelligemment. 

Parle-nous de ta participation au concours étincelles et Sweet Caribbean Holidays. Il y a 4 ans (Déjà !), j’ai décidé de me lancer dans Sweet Caribbean Holidays et de participer au concours Etincelles organisé par Orange Caraïbe afin de récolter des fonds pour démarrer (NDLR: Concours réunissant près de 40 participantes. Les trois finalistes ont bénéficié de 3 mois de coaching. Sarah a remporté le premier prix et une enveloppe de 10 000€). Pendant 4 mois, j’ai eu l’opportunité de bénéficier de séances de coaching avec des professionnels du milieu entrepreneurial. C’était vraiment une de mes meilleures expériences dans le monde de l’entreprise. Âgée de 22 ans, c’est vraiment à ce moment que tout a commencé et que le déclic s’est fait. Il m’a cependant fallu 4 ans pour retravaillé le business Model de Sweet Caribbean Holidays et m’assurer qu’il était viable. Pendant ces 4 années j’ai aussi énormément appris grâce à mes différentes expériences et rencontres.

Sarah Chillan Heusel Talan An Nou

Le plus difficile aujourd’hui est la combinaison de tout ce qui entoure ma vie de femme, de maman et celle d’entrepreneure

Quel poste occupes-tu actuellement ? Quels sont les domaines d’expertise ? Aujourd’hui je suis directrice fondatrice chez Sweet Caribbean Holidays, Start’up dans l’e-tourisme.

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? Le plus difficile aujourd’hui est la combinaison de tout ce qui entoure ma vie de femme, de maman et celle d’entrepreneure. C’est très difficile de trouver un équilibre et d’assurer partout. Petit à petit je finis par intégrer que je ne peux pas être à 100% partout et tout le temps et je deviens beaucoup plus indulgente avec moi-même.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmontés ? Ce ne sont pas vraiment des obstacles mais je pense que cela fait partie de la vie de chaque entrepreneure en particulier les femmes. J’ai souvent entendu des choses comme « Elle est trop ambitieuse », « Tu rêves trop » , « Va chercher un vrai travail au lieu de t’investir dans des projets qui ne vont pas marcher », ce type de paroles sont certainement les plus dévastatrices pour un Wantpreneur ou un entrepreneur, surtout quand cela vient de son entourage proche. En ce qui me concerne, pendant longtemps je les ai supportés en essayant d’en faire abstraction mais plus le temps passait et plus je perdais confiance en moi, en mes ambitions et je n’arrivais plus à réussir ce que j’entreprenais et je finissais par accepter l’inacceptable. Quelques années après, j’ai finalement décider de m’éloigner de ces personnes qui ne croyaient pas en moi, en ce que je souhaitais faire et qui n’avaient pas les mêmes valeurs que moi. C’était radical mais c’était la meilleure chose à faire. Puis, j’ai pris quelques temps pour me reconstruire, voyager redécouvrir qui j’étais et ce que je voulais vraiment pour ensuite me lancer à nouveau ! Avoir confiance en soi est vraiment la première base de l’entreprenariat.

Quelle est ta plus grande peur ? Me faire mordre par un serpent. 

Des projets futurs ? Continuer à entreprendre tout en améliorant la vie des gens. J’aimerai aussi créer la Fondation SCH (Projet en cours) afin d’aider le développement de l’entreprenariat au féminin dans la Caraïbe.

Avoir confiance en soi est vraiment la première base de l’entreprenariat

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Ma mère.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? Rosa Parks, pour son audace, sa confiance en elle, ses valeurs humaines, et sa détermination à faire changer les mentalités.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? Mon fils.

Sweet Caribbean Holidays Talan An Nou
Opération à succès pour Sweet Caribbean Holidays: Découverte de la Martinique et Sainte-Lucie par 5 influenceuses internationales en Décembre dernier.

Rosa Parks, pour son audace, sa confiance en elle…

MESSAGE

Croyez en vous. Accrochez-vous. Battez-vous. N’abandonnez pas. Sonnez à toutes les portes

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes martiniquais/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Croyez en vous. Accrochez-vous. Battez-vous. N’abandonnez pas. Sonnez à toutes les portes. Et vivez l’aventure de la vie et de l’entreprenariat à fond !

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société martiniquaise,  devrait-on suivre ? Tracée par qui ? Je pense que nous devrions créer une série de cours ou interventions qui encourageraient l’entreprenariat depuis le collège. C’est-à-dire, une valorisation précoce des entrepreneurs, plus jeunes et moins jeunes ainsi qu’un investissement régulier des plus expérimentés auprès de ceux qui se sont déjà lancé ou qui souhaitent le faire. On devrait aussi un peu plus encourager la créativité tout au long de la scolarité.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? J’admire le travail de tous les médias locaux, les politiques et aussi les Chefs d’entreprises qui encouragent l’entreprenariat ainsi que certains artistes qui soutiennent toujours les créations de chez nous.

Un mot pour la fin ? Be positive. Talk Positive. Share love. Always . Do it with passion, and amazing things will happen to you.

Be positive…amazing things will happen to you

Sarah Chillan Heusel Talan An Nou
Sarah Chillan Heusel et Dominique Patrice, les fondatrices de DoSa Diamonds (Boutique en ligne de bijoux et accessoires de mode)

Avant de se quitter, découvrez Sarah plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Enthousiaste, déterminée, philanthrope, loyale.

Et en un mot ? Ambitieuse.

Que fais-tu de ton temps libre ? J’aime beaucoup lire, écouter de la musique et voyager.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante? Face à une situation positive j’ai tendance à être très enthousiaste et joyeuse. Irritante, je serais un peu plus discrète. J’attendrais aussi que mes émotions redescendent avant de réagir.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Un peu de tout. Justin Bieber, Trina, Rihanna, Methis, Saik, Jay Z, Tupac, Bob Marley, Ellie Goulding, Machel Montano.

Ton artiste préféré ? Je n’ai pas vraiment d’artiste préféré. J’ai des kiffs musicaux. La musique et les artistes étant en constante évolution il est difficile pour moi de m’identifier à une seule personne mais je suis l’évolution de plusieurs d’entre eux.

Ton repas préféré ? Ma double culture m’oblige à énoncer 2 choix ! En plat Créole je dirais: Fricassé d’agneau. Et en Cuisine Allemande : Rot Kraut mit Goulash und Knödel (Choux rouge, Porc sauce au poivre, et spécialité allemande à base de pain et d’œuf).

Un voyage mémorable ? Mon séjour à New York en 2014 avec mon amie Malika.

C’est aux Etats Unis, ou avec des américains que j’ai fais mes plus gros coups, j’ai la même vision qu’eux du business en général

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? Je suis attirée par la culture américaine qui est construite autour du capitalisme et de l’entrepreunariat. Je suis convaincue que si on veut quelque chose on doit travailler dur pour l’avoir et faire des sacrifices. Elle est inculquée dès le plus jeune là-bas et je pense que c’est un des secrets de leur économie. Les jeunes sont encouragés à créer, à sortir des sentiers, â être eux même. C’est aux Etats Unis, ou avec des américains que j’ai fais mes plus gros coups, j’ai la même vision qu’eux du business en général.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? J’ai la fâcheuse manie de caresser le lobe de mon oreille gauche quand je suis stressée.

Dans la vie, qu’est-ce qui est important à tes yeux ? Le soutien de mes proches. Je suis vraiment chanceuse car j’ai une famille incroyable.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Quand je traverse une situation difficile, je me pose souvent pour faire un point sur les différents aspects de ma vie et je commence a lister ce pour quoi je suis reconnaissante. De nature optimiste,  après ca, en général je suis reboostée et beaucoup plus sereine.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? J’ai déjà tout arrêté et je suis déjà en train de vivre mon plus grand rêve.

Je suis déjà en train de vivre mon plus grand rêve

Sarah Chillan Heusel Talan An Nou