Category: Art
Jean-Pierre Sturm, Auteur de théâtre

Pour cet ancien animateur de télévision et radio, se reconvertir à 40 ans, après 20 ans de carrière, était une évidence afin de suivre son rêve d’écriture. Son envie: faire rire le public! En 1988, Jean-Pierre Sturm crée JP SHOW, société de production, d’organisation de spectacles… En 2004, il révèle le talent de sa plume avec la pièce hautement acclamée Ma Commère Alfred. Depuis, il enchaine les succès de ses comédies au théâtre et, les voyages dans le monde.

Nom: Sturm Prénom: Jean-Pierre

Age:  30 ans et +  Couleur: Bleu

Dicton: “Tout arrive à qui sait attendre”

Activité professionnelle :auteur de théâtre, de séries, touche à tout

Lieu de résidence: Entre Guadeloupe et France

Contact: www.jpshow.com, son Facebook @jpshow, son Twitter @jpshow, sa chaine YouTube JPSHOW,

PARCOURS

"J'écris à tout moment! J'ai en permanence un petit carnet"

Quand et pourquoi as-tu décidé d’écrire, de mettre en scène et de produire ? J’ai toujours voulu écrire des pièces de théâtre, mais je remettais toujours à plus tard trop pris par mes activités radio et télé pour RFO. Je me faisais la main en écrivant des textes drôles pour la pub, les textes d’Albè et Léyon pour le “jambon Rio” c’était moi ! Multi cash et beaucoup d’autres, mais personne ne le savait. J’ai vraiment décidé d’écrire quand j’ai quitté RFO, mais la première pièce écrite n’a jamais été jouée à ce jour, un metteur en scène antillais réputé l’a lue, mais son appréciation m’a cassé, à me faire regretter d’avoir osé écrire. Pourtant, le directeur du théâtre Charenton de l’époque avait aimé, malgré selon lui, quelques retouches à y apporter. J’ai mis un frein à l’écriture pour me consacrer aux tournées de Jean Yves Rupert, Viviane Emigré et des pièces de José Jernidier. En 2003, en Martinique au cours d’un diner de fin de spectacle de Viviane Emigré, je commande alors à José Egouy présent, une réécriture de sa pièce à succès “Vikto makoumè”. Assuré d’avoir flairé le bon coup, je réserve des dates pour 2004 aux salles de Guadeloupe, Martinique, Guyane et Paris, sentant à nouveau le triomphe de cette célèbre pièce. Mais, c’était mettre la charrue avant les bœufs, les premières pages ne me convenaient pas du tout, c’est ainsi que je me suis décidé à écrire Ma Commère Alfred !

Explique-nous ta profession. Maryse Condé lors d’une interview me disait “l’écriture vient en écrivant” elle n’avait pas tort car depuis le triomphe de Ma Commère Alfred, c’est une nouvelle passion dont je ne peux plus me passer, j’écris à tout moment ! J’ai en permanence un petit carnet sur lequel je note des répliques drôles à insérer un jour dans une pièce à venir.
Pourquoi mettre en scène ? En réalisant pour la télé la série Rigobè et Dèdète que j’ai créée, je dirigeais déjà les comédiens, c’est tout naturellement que j’ai mis en scène le premier spectacle que nous faisions tiré de la série. J’y ai pris goût, mais je ne me considère pas comme un metteur en scène de théâtre, je mets plus en espace pour que tout soit harmonieux, pour que les gags, les comiques de situation, les déplacements, l’effet visuel global soient efficaces.
Produire, c’est mon autre activité, je préfère tout maitriser de la création à la diffusion. 

Comment te vient l’inspiration? L’inspiration vient de mon observation. Pour écrire le personnage de Josué , dans “Bienvenue lajol”, j’ai pris pendant quinze jours des trains de banlieue tous les matins pour écouter le langage des jeunes de banlieue, et je prenais des notes. Pour Rigobè et Dèdète, c’est en voyant à la rue Nozières, une libanaise maltraitée son frêle mari que l’idée est venue, sauf qu’elle n’était pas forte comme Dèdète. Mais, c’est en puisant aussi dans mon entourage, après c’est la caricature poussée à l’extrême qui détermine le côté ridicule du personnage.

Jean pierre sturm
(De gauche à droite): Christian Julien, Jean-Piere Sturm, Daniel Bilong. ©Lucien Courtil

Comment s’est passée la transition professionnelle après 20 ans de carrière à la radio et TV? Après 20 ans de radio et 10 ans de télé, quand tout s’arrête, c’est la douche froide ! Un hyper actif comme moi, se retrouvait à parcourir le monde tout simplement, n’ayant rien d’autre à faire ! J’ai estimé ma mise à la retraite forcée un peu précoce. Mais, je suis quelqu’un qui ne blâme jamais une contrariété, çà devait se passer de cette façon. J’avais toujours dit à mes amis et proches qu’à 40 ans, j’allais faire autre chose. Avec le recul, il fallait que je quitte la machine RFO qui m’a broyée, pour me consacrer à ma propre production, est ce que j’aurais écrit des pièces de théâtre si j’étais resté au sein de RFO, probablement pas, car, faire de la radio et de la télé, c’est du plein temps, les gens ne s’imaginent pas l’énergie dépensée et les sacrifices à faire pour toujours être sur une grille de programme, passer à l’antenne. Pendant toutes ces années, je n’ai jamais pris de vraies vacances ! Je me suis rattrapé depuis (rires).
Quand il s’est agit de faire autre chose, j’ai décidé de relancer ma société de production que j’avais mis en sommeil pour être directeur de l’antenne radio de RFO Guadeloupe. Et c’est ainsi que j’ai commencé à produire de jeunes talents du rire, et des tas de spectacles en Guadeloupe, Martinique et Guyane et surtout en région parisienne. Parallèlement à cela, j’ai lancé en 1994 le “Bokit” et le “sorbet coco” à la Foire de Paris.

Quelle a été ta formation ? Ma formation, un DUT transport et logistique me destinais à travailler dans une compagnie maritime, ferroviaire ou aérienne. Après mon service militaire, mon premier poste fût au Havre, bon salaire, j’y suis resté une journée, j’ai pris le train retour l’après midi même après avoir vu la cantine où j’allais devoir manger tous les midis peut être pendant de nombreuses années. Dans le train je me disais, ça sera dur ! Mais, c’est à la radio que je veux bosser.

"Il me fallait lutter sans arrêt, rien ne s'est fait sans devoir batailler ferme"

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? La chose la plus difficile pour réaliser mon rêve de radio, c’est tout plaquer, alors que la route était toute tracée pour terminer qui sait avec les années, chef d’escale ou plus à Air France ou la CGM ! Un vrai métier comme dirait ma mère ! Car la radio pour beaucoup c’est un passe temps ! Je n’étais pas fait pour travailler dans un bureau huit heures et jusqu’à maintenant.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmonté ? Les obstacles ne m’ont jamais quitté ! C’était permanent, il me fallait lutter sans arrêt, rien ne s’est fait sans devoir batailler ferme ! J’ai du faire face à d’innombrables épreuves, surmonter les impondérables de la vie, et contrer jalousie, traitrise, calomnie en tous genres. Mais, ça va ! Grâce à Dieu ! Tout ce qui ne vous tue pas, vous rend plus fort !

Des projets futurs ? Le projet actuel c’est ma nouvelle pièce de théâtre “Bienvenue lajol” un huis clos saisissant, une comédie hilarante qui se déroule dans une cellule de prison, loin des clichés habituels de la prison, c’est de loin ma plus belle pièce, car plus aboutie.

INSPIRATION

Quelle est ta source d’inspiration dans la vie ? Tout ceux qui œuvrent pour le bien être de cette planète et le vivre ensemble, ces rêveurs comme Martin Luther King, ou ces sages comme Amadou Hampâté Bâ. Je voudrais aussi dire, j’ai une profonde admiration et beaucoup de respect pour tous ces jeunes africains, à la recherche d’une hypothétique vie meilleure en Europe, qui traversent au péril de leur vie la Méditerranée. Tout comme nos ancêtres autrefois, ils arrivent à s’en sortir malgré tout, leur effroyable et terrible périple et le mépris des Européens à leur égard.

Si tu étais une personnalité, ce serait qui ? Je n’ai jamais voulu être quelqu’un d’autre, sinon moi en mieux.

MESSAGE

"Tout arrive à qui sait attendre"

Que dirais-tu aux guadeloupéens/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Que dire, il faut aller au bout de ses rêves, il faut se battre même si ça peut paraitre décourageant par moment ! Avoir confiance en soi ! Tout arrive à qui sait attendre.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Toutes les initiatives d’où qu’elles viennent pour faire baisser le taux de criminalité et de violence en Guadeloupe.

jean pierre sturm

“Bienvenue Lajol” le nouveau spectacle de Jean-Pierre STURM débarque en Guadeloupe dès le 22 Novembre. Plus d’infos sur www.jpshow.com.

Avant de se quitter, découvrez Jean-Pierre Sturm plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Difficile de me décrire, je laisse ça aux autres.

Que fais-tu de ton temps libre ? Mon temps libre je le passe à voyager quand je peux; Istanbul, Rome, Bruxelles sont mes villes de prédilection. J’aime écouter en boucle une musique que j’apprécie, et écrire…Flâner dans les rues de Paris et quand je suis en Guadeloupe, admirer la mer, parcourir mon pays qui m’enchante toujours.

Dans ta playlist, on trouve qui ? La “marche de l’Empereur” de Beethoven, Schubert, le “Trio N°2” Michael Jackson l’album Thriller, Véronique Samson “Amoureuse” Tout Bob Marley, MHD “Fais le mouv”, Soprano “Fresh prince”, Oleta Adams “reach out”, Eagles “Hotel California”, Tout Akiyo et n’importe quel morceau de quadrille.

Ton artiste préféré ? Michael Jackson, Véronique Samson.

Un voyage mémorable ? Une croisière dans les fjords chiliens, de Buenos Aires à Santiago du Chili, et aussi Pétra en Jordanie.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascine et pourquoi ? Tout ce qui vient de l’Afrique me fascine, et l’Egypte ancienne.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Tous ceux qui doivent surmonter un lourd handicap et qui s’accroche malgré tout à la vie.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Faire un tour du monde complet en 180 jours, il y a des compagnies maritimes qui le font.

Quelle est ta plus grande peur ? Perdre ceux que j’aime.

Un mot pour la fin ? Venez voir ma nouvelle pièce, vous allez passer un super bon moment.


Flo, Auteur et Entepreneure

Basée à Miami depuis plus de 10 ans, FLO est une rappeuse qui démontre que le hip-hop n’a pas de frontière. Anglais, créole, français…ses lyrics sont toujours gage d’un flow original. Artiste guadeloupéenne tombée dans le mouvement depuis les années 90, devant un mic ou encore des jeunes américains, son objectif reste le même: transmettre son amour de la musique et de sa culture. Le 23 Mars 2018 sortait son premier opus “A long time coming”, savoureux mélange de rap/hip-hop/kako/electro… Rencontre avec ce Talan incroyable du rap game

Nom: FLO Couleur: Pink et turquoise pour le summer, j’aime bien la couleur corail aussi.. sinon les couleurs de terre, le vert le marron, mais aussi le noir!

Dicton: Sé kouto sèl ki sav sa ki ni an kè a jiromon

Activité professionnelle :Auteur & Entrepreneure

Lieu de résidence: Miami

Contact: son Instagram, son Twitter, son YouTube, son Facebook @gwadaflo

Prix: Participation aux Bet Hip Hop Awards 2007,  dans la Cypher (freestyle) #3

PARCOURS

"Arriver à mélanger toutes mes sources d’inspirations musicales était le challenge"

Quand as-tu décidé de devenir rappeuse et pourquoi? Je n’ai pas vraiment décidé… Quand la culture Hip Hop est arrivée à moi fin des années 90, j’y ai vraiment adhéré puis progressivement j’ai participé à cette culture en tant que rappeuse. Après pourquoi j’ai choisi de m’investir de façon plus professionnelle au fil des années, c’est parce que j’en avais fait une discipline qui regroupait pas mal de choses qui m’intéresse. De l’écriture au design ou de mon travail en tant qu’éducatrice au marketing. Et puis surtout, je prends mon pied. Tant que créer de la musique restera un kiff, je continuerai à en faire.

Trois mixtapes, plus de 10 années aux États-Unis, des programmes éducatifs*, etc. Comment gères-tu cela ? Le 23 Mars, j’ai sorti mon premier album commercial il s’intitule « A Long Time Coming » on y retrouve des featurings tels que Dominik Coco, Jean-Michel Rotin ou Wozan Monza sur des compositions d’Exxòs et de Staniski sur un titre. Le 31 Mai à Lakasa (Guadeloupe), j’ai invité du beau monde à un showcase privé de présentation du projet, qui a reçu un accueil très chaleureux. Alors tout cela est la consécration de pas mal de projets effectivement: 3 mixtapes et un premier projet street album « Aflowdiziak » qui a vraiment laissé sa marque sur l’underground Hip Hop Kréyòl Gwada. Beaucoup de singles aussi sur toutes les plateformes digitales et des clips de qualité avant la sortie de l’album « A Long Time Coming » m’ont permis de créer ce momentum pour mon premier album. La gestion c’est surtout de savoir s’adapter car aujourd’hui les choses bougent vite surtout dans l’industrie de la musique. Et puis, bien s’entourer. Big up au passage à Naïka d’Ikone Caraïbes, au Kako Label, à Reedan, Xavier Dollin et Street Jam!

Raconte la genèse de ton projet. J’avais effectivement sorti pas mal de mixtapes sur des instru connues (Face B) ou aussi des titres originaux. Cependant, quand j’ai pensé à cet album, je voulais réussir à créer des sonorités qui me représentent vraiment (pas que mon côté Américaine ou Caribbean). Arriver à mélanger toutes mes sources d’inspirations musicales était le challenge. Petit à petit, en créant j’ai filtré les choses jusqu’à ce que je me retrouve avec beaucoup de morceaux qui fonctionnaient bien avec Exxòs. Alors on s’est concentré sur notre alchimie et tout naturellement l’album a pris forme progressivement…C’est ainsi qu’on retrouve le titre « When you come around » avec Jean-Michel Rotin qui a une influence Zouk R&B, « An Rèv An Mwen » avec Dominik Coco qui mélange un son Kako avec des batteries Rock ou des vibes Reggae-Hip Hop avec Djahibre sur le titre « One Love ». La fondation Hip Hop est bien là, avec une couleur Electro et Afrobeat Kako style !

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? Je suis encore en train de rêver de pas mal de choses que je n’ai pas encore accomplies. Mais jusqu’à présent, le plus dur je trouve c’est vraiment d’être le leader de son propre rêve tout en arrivant à bien s’entourer, enfiler plusieurs casquettes à la fois dans des projets en auto-prod… Sans relâche, s’armer de patience et de persévérance pour arriver au bout de chaque étape. Pas toujours évident sans label ou de trouver des partenaires qui jouent le jeu.

 

*Reportage de France Ô “FLO, la rappeuse militante” à visionner ici

"Les principaux obstacles que j’ai pu rencontrer venaient plutôt de moi-même"

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie? Comment les as-tu surmonté? Les principaux obstacles que j’ai pu rencontrer venaient plutôt de moi-même. Certaines peurs, des doutes qui ont bloqué ma progression, ont pu parfois me faire perdre de belles opportunités. Je les ai surmontés en devenant de plus en plus consciente de tout cela justement, et en arrêtant de pointer le doigt sur les autres quand les choses n’allaient pas dans le sens que je voulais.

Quelle a été ta formation? J’ai un Bachelor en Journalisme et Communication de masse. Je suis également autodidacte en infographie.

Quelle est ta plus grande peur ? Pas fan du tout des animaux rongeurs en tous genres, pour ne pas citer mon ennemi principal lol.

Des projets futurs? Pour le moment le développement de cet album « A Long Time Coming » avec de nouveaux marchés à conquérir, tels que les States, l’Afrique, la France ou encore le reste de la Caraïbe. Ainsi que, la préparation de la sortie du prochain single « Work it », titre composé par Staniski!

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Crédits photo: Xavier Dollin

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Dans la vie, mes parents avant tout. Je peux toujours me référer aux valeurs qu’ils m’ont inculquée pour prendre certaines directions ou gérer des situations difficiles. Puis, plein d’autres personnes m’inspirent: certains amis pour leur façon admirative d’élever leurs enfants et des créatifs en tous genres qui poussent leurs limites. 

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui? Pourquoi? Je dirais Assata Shakur pour le coté révolutionnaire à n’importe quel prix de cette militante ou Angela Davis pour le féminisme black et la résistance par le savoir.

Quelle est ta principale source d’inspiration? Comme mon écriture est relativement introspective, du coup quand je prends le temps de faire face à certains sentiments, des peurs ou juste des situations qui peuvent être difficiles ou pas, c’est à ce moment que je suis plutôt inspirée. Ma principale source d’inspiration me vient des interactions que j’ai avec les gens, de mes sentiments sur certains sujets de société, de mes propres cheminements.

Flo
Crédits photo: Adéola Bambé

MESSAGE

"Nos peurs sont nos limites, donc c’est important aussi de ne pas négliger la construction d’une belle spiritualité pour nous accompagner dans nos rêves"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves? Les plans sont les plans et c’est bien d’en avoir. Mais la capacité d’acceptation et d’adaptation aux plans qui n’ont pas marché comme on voulait est selon moi la clé pour atteindre certains rêves. Chacun son timing, on dit souvent « sky is the limit » mais je crois que nos peurs sont nos limites, donc c’est important aussi de ne pas négliger la construction d’une belle spiritualité pour nous accompagner dans nos rêves.

Quelle direction devrait-on suivre en faveur de notre société guadeloupéenne? En un mot je dirai responsabilisation, car personne ni aucun système ne le fera pour nous. Travail et amour, écoute et tolérance…la base quoi!

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu? J’aime beaucoup les actions associatives de proximité qui favorisent le lyannaj intergénérationnel et la santé publique.

Un mot pour la fin? Merci à TAN pour cet entretien et à vos lecteurs. Je vous invite à découvrir mon univers à travers mes clips vidéos sur youtube.com/freemyflo. Take care!

Album disponible en physique en Guadeloupe à la Fnac de Collin Petit-Bourg ainsi que sur iTunes,
Spotify et Deezer.

Avant de se quitter, découvrez FLO plus en détails: 

PORTRAIT

Flo
Crédits photo: http://thesystemlife.com

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Small island girl with big city dreams!

En un mot? F.L.O. (F.or L.overs O.nly)

Que fais-tu de ton temps libre ? J’essaie d’être libre de mon temps Freemyfloo! (rires) En général j’en profite pour me reposer, me mettre à jour sur mes séries Hulu, regarder des interviews, des clips et quelques gossips sur YouTube. Cette année, j’ai commencé le crossfit donc c’est ma routine sportive, je cuisine un peu… J’aime bien faire des concerts, des festivals, un petit match NBA de temps en temps, des expo d’art. Les plages et rivières, la famille… si je suis au péyi c’est un must!

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante ? Les énergies positives et négatives coexistent donc je crois que maintenant plus ça va plus j’essaie de prendre du recul sur des situations irritantes, et de me nourrir des expériences positives. Heureusement que chaque jour on peut toujours faire mieux qu’hier… ou pas! Lol.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Ces temps-ci j’écoute tous les derniers projets avec Kanye (Nas, PushaT, Kid Cuddi…) Le dernier de Rae Sremmurd, le ASAP Rocky, et j’ai commencé á écouter Book of Ryan de Royce Da 5’9 … Sinon j’adore le dernier album de Solange, j’aime bien SZA, la bande sonore de Black Panther, beaucoup de west coast… Kendrick, Nipsey Husslte, YG, The Game… aussi du Dave East, Cardi B, A Booggie, Rapsody, Jhené Aiko, Miguel, Anderson .Paak, Chonixx, Jidena, Jean-Michel Rotin, Fabolous, du jazz du reggae et plein d’autres…

Ton artiste préféré ? Beaucoup pour n’en citer qu’un alors, Lauryn Hill, Nas, Tupac, Missy etc.

Ton repas préféré ? J’aime beaucoup la cuisine thaï… Pas vraiment de repas préféré, je suis gourmande j’aime beaucoup de choses… En cuisine locale, je dirais le fricassée de lambi. Et tout ce qui est poisson et fruits de mer en général.

Un voyage mémorable ? Un voyage en Californie á Oakland quand j’étais ado. Je crois que c’est vraiment à ce moment que mon envie de vivre aux USA s’est renforcée. J’étais dans une famille afro à la Cosby show avec 2 filles dont une un peu plus âgée que moi qui voulait me montrer la life! J’ai vraiment aimé la vibe à Oakland.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? A travers mon expérience je réalise vraiment la richesse de chaque culture et comment elles coexistent en général et aussi en nous. Beaucoup des cultures du continent Africain et des régions de la diaspora où la colonisation a eu lieu me fascinent car on peut s’y retrouver soi-même d’une autre manière…

Des habitudes bizarres ? (Rires) Je peux être un peu maniaque en tant que bonne vierge née en Septembre, mais rien de bizarre…Enfin pas à ma connaissance, lol!

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Les enfants et Mère Nature.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Un peu cliché mais je me dis qu’au final chaque matin, quand je me réveille je vis mon plus grand rêve. Nous vivons tous une réalité unique par la nature même de nos génomes. Donc le plus grand rêve qu’on peut vivre est celui qu’on se laisse à imaginer. Pour être pragmatique, je dirais que de pouvoir voyager sans limites et voir du pays, des cultures c’est quelque chose qui pourrait représenter «vivre mon plus grand rêve».


Annélia Théodose, Créatrice de mode

Osez être celle que vous désirez être” c’est le proverbe de SweetSecret, marque de mode créée en 2010. A sa tête, Eshe, mieux connue sous le nom d’Annélia Théodose, scande une féminité cosmopolite et affirmée à travers des pièces raffinées et uniques pour sublimer la Femme. Celle qui vient de dévoiler sa 6ème collection Blooming Summer, épouse avec brio la définition de l’autodidacte. Rencontre avec cette jeune femme originaire de la Guadeloupe et…du Gabon!

Nom: Théodose Prénom: Annélia

Age:  30 ans  Couleur: Je les aime toutes (rires)

Dicton: « Tu ne sais jamais à quel point tu es fort, jusqu au jour où être fort est ta seule option. »

Activité professionnelle : Créatrice de mode

Lieu de résidence: Libreville, Gabon

Contact: www.sweetsecret.fr, son facebook @sweetsecretoff, son instagram @sweetsecretofficiel

Prix: Meilleur Styliste Gabonais (2016)

PARCOURS

"J'essaie de rendre les femmes heureuses"

Quand as-tu décidé d’être créatrice? J’ai toujours aimé la mode, entourée de femmes stylées sans complexe. Je faisais des défiles petite (rires). J’ai fais un BTS communication des entreprises en me disant que je travaillerais pour un magasine de mode ou dans l’événementiel mode. Mais en arrivant à Paris, je ne me voyais pas m’asseoir dans un amphi ou un bureau… Mon côté artistique a pris le dessus alors j’ai intégré une école de stylisme/modélisme!

Explique-nous ta profession et ton parcours? J’essaie de rendre les femmes (en particulier) heureuses! Je crée des collections selon mes états d’âmes et avec l’influence des tendances. Je dessine, je choisis mes matières avec mon équipe, on se met d’accord sur le montage des pièces et voilà!

Guadeloupéenne et gabonaise…comment s’exprime ta double culture dans ton art? Par les coupes surtout, et bien sûr le choix du pagne ou wax sur les pièces. La robe à cors revisitée apparait souvent dans mes modèles. Dans ma première collection Let me be a sweetsecret (sortie en 2013), j’y avais aussi intégré du madras (NDLR: Avant de repartir au Gabon, la styliste a vécu plus de 13 années en Guadeloupe).

Raconte-nous la genèse de SweetSecret. Durant ma deuxième année d’école de stylisme/modélisme, j’ai décidé de créer la marque sans vraiment savoir quelle direction prendre. Étant donné que le monde de la mode à Paris est très fermé -et plutôt saturé- j’avais déjà en tête de rentrer au Gabon pour lancer mon petit atelier, et surtout me perfectionner avec l’expérience. J’ai commencé par travailler avec un jeune styliste Gabonais puis, progressivement avec ma notoriété montante, je me suis lancée seule! Chaque jour, je me bats pour conquérir de nouveaux marchés.

Quelle a été ta formation? Trois ans de stylisme/modélisme à l’école parisienne MJM Graphic Design puis j’ai appris sur le tas.

"Chaque jour, je me bats pour conquérir de nouveaux marchés."

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? De se faire un nom (même si il me reste du chemin) et d’affronter la critique.

Quelle est ta plus grande peur ? Avant qu’une collection ne sorte j’appréhende son impact « ça plait? ça ne plait pas? »

Des projets futurs ? J’ai déjà une boutique et un atelier au Gabon. Pour la suite, j’aimerais beaucoup ouvrir une boutique en ligne (j’y travaille) ainsi qu’une boutique en Guadeloupe ou en Martinique.

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Sur le plan professionnel, Mademoiselle Coco Chanel, of course! Sinon, mes parents.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Martin Luther King pour la noblesse de son combat et son courage.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? La vie en général, le détail d’un vêtement, le charisme d’une femme ou encore une tendance…

MESSAGE

"N’ayez pas peur de l’échec, persévérez jusqu'à trouver la bonne formule!"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens/caribéens pour les motiver? Chaque grande révolution ou invention est née d’une petite idée, et c’est avec le travail et la foi qu’elle grandie! Alors n’ayez pas peur de l’échec, persévérez jusqu’à trouver la bonne formule.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Je ne saurais en citer en priorité car notre diaspora est pleine de personnes brillantes et combattives depuis des siècles…Toute œuvre servant à la valorisation et au développement est pour moi admirable.

Un mot pour la fin ? Kenbé rèd pa moli! Et merci à vous!

Avant de se quitter, découvrez Annélia Théodose plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Jeune femme amoureuse de son travail, curieuse de tout, épicurienne. J’aime apprendre des gens et passer du temps avec ma famille et mes amis proches. J’aime aussi rire et taquiner mon entourage. Sans oublier: faire la fête (sang caribean et africain oblige lol)

En un mot? FEMME.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je passe des heures à rêver seule dans mon lit, j’écoute de la musique, je prend le temps de rigoler avec mes proches…ou je LOVE (rires).

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? J’explose de joie, je la partage avec mes proches. 

Et une situation irritante ?  En grandissant, j’ai appris à rester silencieuse et analyser la situation avant de réagir…Mais sinon, je démarre au quart de tour!

Dans ta playlist, on trouve qui ? Oulala la musique est un exutoire pour moi, j’ecoute un peu de tout, des artistes antillais, nigerian music,jazz Blues…etc. Les bon vieux zouk retros mais aussi du Migos,Cardi B lol! 

Ton artiste préféré ? Sade.

Ton repas préféré ? Salade, avocat et crevettes.

Un voyage mémorable ? À chaque fois que je retourne dans les iles, je redécouvre toujours la beauté  et l’authenticité de nos iles, ça m’apaise et m’inspire alors c’est toujours mémorable pour moi.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? Les différentes cultures africaines car elles ont une riche histoire avec un côté magique et ancestral qui fascine et donne ce côté mystérieux au continent. 

Des habitudes bizarres ? Déformation professionnelle: j’analyse tout le monde des pieds à la tête (rires).

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Quand je vois des gens qui ne sont pas forcément nantis mais qui ont le sourire et se battent pour leur famille. Ainsi que quand je pense à mes neveux et nièces…la génération future.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je ferais le tour du monde pour voir la beaute du monde et des cultures.

Retrouvez la nouvelle collection BLOOMING SUMMER à Paris dans le pop up store de SweetSecret (12 rue Notre Dame de Nazarather 75003, de 10h à 19h) jusqu’au 15/07! La créatrice Annélia Théodose décrit cette 6ème œuvre ainsi:

« Blooming Summer est un reflet de l’été avec beaucoup d’imprimés fleuris. C’est une femme heureuse, riche en couleur avec des pièces faciles à porter qui s’apparente à un dressing d’été. J’évolue au cours des collections vers des pièces plus accessibles et qu’on retrouverait dans différents contextes. Avant j’étais davantage dans une déclinaison de robes de cocktails et donc plus difficile à porter. Aujourd’hui, Blomming Summer est exclusivement du prêt-à-porter! »

Précédentes collections de SweetSecret: Let me be a sweetsecret (2013), Attaché à toi (2014), Rouge Désir (2015), Black tendresse (2016), Plaisir Exotique (2017).

Crédits Photo: MyFantasyPictures et VincePhotographe


Joachim Des Ormeaux, Artiste et Musicien

Une maîtrise -incontestable- de la locution, une puissance vocale mystique, c’est un bon début pour décrire Joachim Des Ormeaux!
Cet artiste de Jazz, poète originaire de la Martinique est avant tout un autodidacte. Après Horizon Jazz Kréyòl son premier album, Sak lanvi maintient, trois ans après, sa lignée originale dans le Jazz…Ce deuxième opus s’ancre sans efforts dans le patrimoine créole et caribéen. Rencontre.

Nom: Des Ormeaux Prénom: Joachim

Age:  Des fois j’ai l’impression d’avoir 300 ans et des fois j’ai l’impression de ne pas être encore né.
Mais je pense surtout avoir l’âge de la raison.
Couleur: Rouge royal

Dicton: « Fo pa ou souflé difé épi mangé fawin manniok an menm tan » (il ne faut pas s’éparpiller)

Activité professionnelle : Auteur, compositeur, interprète jazz créole

Lieu de résidence: Région parisienne

Contacts: www.joachimdesormeaux.com
Réseaux sociaux : Joachim Des Ormeaux Officiel
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PARCOURS

"La toxicomanie aurait pu être un obstacle insurmontable, mais au contraire elle m’a révélé, et sublimé"

Quand as-tu décidé d’être artiste? Explique-nous ta profession. Je ne suis pas certain de l’avoir décidé. Cela s’est naturellement mis en place par … mimétisme.
J’ai grandi dans un environnement artistique, de part un père musicien, dans un quartier foyalais où j’ai pu croiser beaucoup d’artistes tel Marius Cultier ou Francisco par exemple. Un milieu passionnant pour l’enfant curieux que j’étais. Je me suis imprégné de cette ambiance artistique et des ressentis, ce qui a certainement révélé, d’une manière inconsciente, une certaine aptitude à l’expression artistique qu’elle soit musicale ou, théâtrale.
Plus jeune il n’était pas rare que je retrouve mes amis à l’angle de ma rue afin de chanter et jouer aux tambours, ce qui d’ailleurs rassuraient les parents car ils pouvaient nous entendre et de fait savoir où nous étions. Ma vision de la profession d’artiste ne se limite pas à une seule expression. Je m’exprime par le biais de différents supports que sont la musique, la vidéo ou les textes (poésie)… Mais je n’exclus pas une incursion dans des genres ou des arts où je ne serais pas attendu.
En effet, je pense que les actes artistiques sont légitimes dans la mesure où ils sont réalisés dans la règle de … l’Art présenté, dans leur quintessence et une intégrité essentielle
.

Conducteur de Bus, musicien…comment tu gères tout cela ? Je tiens à préciser que je suis « machiniste-receveur », ce qui est différent de l’appellation de « conducteur de bus » puisque je conduis, en effet, une machine a vocation de service publique et commercial. J’ai une double formation de motoriste et commercial dans le domaine des engins terrestre et maritimes pour le reste je suis essentiellement un autodidacte. Je suis arrivé grâce aux circonstances de la vie à ce métier, et j’y ai trouvé une dimension humaine très intéressante dans le contact avec la foule.
En effet, je peux croiser jusqu’à 500 personnes par jour. Ce sont autant d’attitudes, d’expressions de visage ou verbales qu’il m’est donné d’approcher. Cela crée un rapport humain très fort. Doté de cette capacité sensorielle développée, je reste positivement ouvert aux gens. Cela passe beaucoup par un contact important : le regard. Il est doux et agréable croiser ou de manifester le regard de l’univers dans le regard de l’autre.
Je trouve qu’il y a même une analogie avec le « travail » d’artiste qui doit aller vers son public et être dans une démarche d’ouverture, d’échange et de proposition.
D’ailleurs, les conditions de travail de nuit correspondent à mon rythme de vie artistique. J’évolue dans un cycle inversé qui correspond lui-même à mon profil spirituel puisque c’est dans la dynamique mystique de la nuit que tout peut se produire, se réaliser ou alors se manifester…

Raconte-nous la genèse de ton 2ème album “Sak Lanvi”.
Sak Lanvi, c’est en premier lieu un titre composé par Arnaud Dolmen dont j’ai écrit le texte. Reflet d’une collaboration avec le batteur guadeloupéen qui va bien au-delà de l’amitié et de la confiance mutuelle. Le sens donné au texte sur les sentiments vertueux d’espoir et de travail ont évolué vers un besoin de déposer ce sac d’envies au pied du public. Des envies assouvies ou inassouvies, témoins de l’évolution du chemin parcouru depuis le 1er album en 2013.

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser ton/tes rêve(s) ?
Aller puiser, au plus profond de moi, des sentiments enfouis pour leur donner corps à travers mes mots, les expressions de mon visage, ou encore mon regard. Et, donc arriver à un lâcher prise sur mon passé.

"Les actes artistiques sont légitimes dans la mesure où ils sont réalisés dans la règle de l’Art, présentés dans leur quintessence et une intégrité essentielle"

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmontés ?
Sans détour, la toxicomanie aurait pu être un obstacle insurmontable, mais au contraire elle m’a révélé, et sublimé. Né et élevé dans un contexte familial parfois difficile, j’ai tricoté une souffrance depuis l’enfance accentuée par les obstacles de la vie à l’âge adulte. Séparé de ma première fille, j’ai été ramené à mon histoire familiale et d’enfant non désiré confié à sa grand-mère dès l’âge de trois mois. Pour tromper cette souffrance, et essayer de l’atténuer, j’ai pris certaines substances dites de drogues dures.
Assez paradoxalement, cette consommation s’est révélée être un déclencheur de prise de conscience spirituelle. Je n’ai jamais autant lu ou cherché à me documenter pour porter ma quête spirituelle et d’émancipation psychologique durant cette période. Je ne m’en cache pas, car je l’associe à cette démarche salutaire par la seule force de mon esprit, et la volonté de l’univers.

Quelle est ta plus grande peur ?
J’ai peur du feu, des flammes. Ne supporte pas plus les bougies d’ornement. Peut-être est-ce dû à un traumatisme de brûlure étant enfant. En toute contradiction, issu d’un signe de feu (lion) je m’identifie pourtant à un volcan en éruption.


Des projets futurs ?
Je projette de mettre en lumière mes textes, mes mots dans une recherche d’épanouissement intellectuel et artistique. Je poursuis mon travail d’échanges et de synergie pluri-artistique avec mon réseau de « Friends » tout autant sur le plan de la musique, mais aussi d’autres disciplines telles que le théâtre, la sculpture, la danse etc.

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ?

Ma grand-mère. Une femme forte qui m’a élevé, à la « dure », en m’inculquant des valeurs morales que je transmets moi-même à mes filles.
Sa présence est en filigrane dans mon écriture en créole authentique et empreinte d’envolées métaphoriques qui caractérisent ma plume.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ?

Un homme utile pour les autres mais dans l’action. Un Coluche ou un Abbé Pierre.

Quelle est ta principale source d’inspiration ?

La spiritualité, la dimension de l’univers, la communication non conventionnelle.
Je suis passionné. Je l’adapte d’ailleurs dans mon écriture, la sortant de son sens religieux pour en utiliser les images poétiques.

MESSAGE

"Soyez curieux et dépassez vos frontières"

Ton message aux martiniquais/caribéens pour les motiver?

Soyez curieux, et dépassez vos frontières, physiques ou psychologiques, pour voir ce qui se passe ailleurs, et vous en inspirer !
Je pense qu’il faut sortir de ses habitudes de « consommations » artistiques, intellectuelles, même alimentaires pour s’ouvrir au monde.

Quelle direction devrions-nous prendre en faveur de notre société?

Je souhaiterais qu’il y ait enfin une politique culturelle plus marquée envers la jeunesse. Je pense aux conservatoires de musique et à des espaces d’expression d’art, ou structures adaptées, afin d’éduquer les jeunes par la culture, notamment ceux issus des quartiers populaires ou défavorisés.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ?

Toutes les actions positives de/ou en faveur des compatriotes méritent d’être soulignées. En effet, il nous faut être plus uni pour être plus fort. Et tous ceux qui travaillent en ce sens ont mon soutien et mes encouragements. Aujourd’hui, je soutiens l’action du collectif pour une fréquence FM de Radio ô.

Un mot pour la fin ?

Je n’ai pas de mot pour la fin puisque ce n’est pas la fin.

"L’album SAK LANVI s’inscrit dans ma démarche d’hommage aux rythmes traditionnels caribéens. Il y mêle l’énergie des musiques actuelles, et éclectiques tout en revendiquant la langue créole."

Avant de se quitter, découvrez Joachim plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire quelques mots ? Déterminé, réfléchi et spirituel. 

Et en un mot ? Discret…voire timide.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je suis un cinéphile averti et un grand amateur de documentaires de culture générale que ce soit sur la nature, les sujets de société, l’histoire…

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante ? Je conçois les deux émotions comme identiques énergétiquement, à ceci près que la réaction peut être intellectuellement différente. J’intériorise beaucoup, ceci est certainement lié à ma nature profonde de discrétion. J’évite les situations conflictuelles afin de ne pas me laisser aller à de mauvaises colères. Je m’isole donc émotionnellement, et physiquement.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Fal frett, Kool and the Gang, Earth Wind and Fire en passant par Grégory Porter, ou Nougaro.

Ton artiste préféré ? Je suis extrêmement touché par Toots Thielemans, harmoniciste, siffleur de jazz belge disparu l’année dernière.

Ton repas préféré ? Ti nain-lan mori-avoka accompagné d’une salade de concombre et du chiktay d’hareng-saur. 

Un voyage mémorable ? Atlanta 1996 pour les J.O.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascine et pourquoi ? A travers ma quête de savoir et de spiritualité, je m’intéresse à des cultures énigmatiques et mystérieuses, telle la culture Inca. Je reste persuadé que tout est à découvrir notamment sur son origine. Je m’incline assez vers l’hypothèse d’une culture bâtie par des êtres venus d’ailleurs. D’ailleurs, je retrouve cette dimension mystique dans la culture de l’Egypte ancienne, avec notamment les pyramides, leur construction, positionnement etc.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? Une habitude bizarre, oui … Je me ronge les ongles !
Un talent, tout aussi étrange pour beaucoup : Je suis doté d’une douce paranoïa qui me permet d’anticiper, même sensoriellement, beaucoup de situations ou circonstances.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Je dirais que tout dépend de la notion de l’espoir… Le fait de pouvoir me réveiller en vie chaque jour, de respirer à plein poumons l’air qui m’est donné, nourrit les espoirs.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je vis déjà mon plus grand rêve.


Emmanuelle Soundjata, Styliste éco-designer

"Le Maré Tèt, tel que je le conçois est un état d'esprit, la connaissance de nous-mêmes et l'ouverture sur le monde"

Emmanuelle Soundjata est une styliste éco-designer. Cette serial entrepreneure est experte en maré tèt et body wrap. Son talent participe à sublimer l’art afro-caribéen, art qu’elle souhaite international. Elle valorise aussi d’autres créateurs du bassin caribéen dans sa boutique Tématik. Sur les réseaux sociaux elle partage, avec sa communauté de plus de 11 000 fans, les photos de ses shootings audacieux.  Rencontre avec cette jeune révolutionnaire de la mode et, altermondialiste!

Nom: Soundjata     PrénomEmmanuelle     Âge:  33 ans Couleur: J’aime toutes les couleurs

Dicton: “Je ne perds jamais, soit j’apprends, soit je gagne” – Nelson MANDELA « MADIBA » 

Activité professionnelle: Styliste éco-designer / Créatrice Maré Tèt

Lieu de résidence: Martinique  

Contact: Facebook Atelier Maré Tèt – Facebook Tématik Boutikwww.ateliermaretet.com  – +596 696 16 21 91 – ateliermaretet@hotmail.com

Prix: Médaille de Bronze MPPF 2015

PARCOURS

"Ne vous laissez pas influencer. Restez fidèles à vous-mêmes"

Le Maré tèt! Raconte-nous comment tu as commencé. Mon parcours a été atypique, dans la mesure où j’ai d’abord effectué des études de droit puis j’ai bifurqué pour atterrir dans le milieu de la mode et singulièrement la mode qualifiée d’ethnique, qui dans mes années d’étudiante n’était pas encore tendance.

Égérie du 1er concept store Ethnique de Paris durant trois ans, parallèlement j’organisais des Atelier Maré Tèt (anciennement appelé T-URBAN STYLE) à Paris. C’est alors que j’avais constaté que de plus en plus de femmes trouvaient cela très intéressant, mes ateliers étaient beaucoup recherchés. J’ai décidé de lancer le concept Atelier Maré Tèt en 2012 et de le lancer aussi en Martinique. De plus, j’ai ouvert le premier concept store Multi Ethnik, TEMATIK, de Martinique basé à Fort de France. L’objectif est mettre en vitrine des artistes afro caribéens issus de la Martinique mais également de différentes régions du monde.

Aujourd’hui, cela fait 11 ans que j’anime mes ateliers. Le Maré Tèt, tel que je le conçois est un état d’esprit, la connaissance de nous-mêmes et l’ouverture sur le monde. Autrement dit, il n’est pas communautaire, ni sectaire, il est multiculturel. La tradition doit pouvoir évoluer avec son époque pour pouvoir perdurer dans le temps.

J’ai toujours eu du mal avec la routine! Je ne pouvais concevoir ma vie entière dans un bureau avec des horaires fixes. Faire de ma passion mon métier, c’est ce que j’avais décidé pour ma vie. Ce virage n’est pas facile, surtout sur le plan financier. Il faut avoir un “grain de folie”, de la détermination, de l’endurance et être bien entouré. Ma mère m’a beaucoup aidée. Et surtout savoir saisir sa chance !

"Il faut avoir un grain de folie, de la détermination, de l'endurance et être bien entouré"

2014 marque l’ouverture de Tématik Boutik. Quelle était ta personnalité à cette époque ? Comment as-tu réussi à te lancer ? C’est après avoir eu cette expérience avec la première boutique ethnique de Paris que j’ai voulu faire découvrir à mes compatriotes les créateurs de la mode ethnique qui renvoie à une réelle ouverture sur les autres cultures. Il ne s’agit pas d’exotisme.

Tématik, c’est un condensé de mon prénom, de la mode Ethnique et les différents thèmes abordés par le concept, au travers de bijoux-accessoires, de pièces de créateurs et d’objets art déco. Un concept store qui réunit au sein d’un même espace des produits ethniques.

Cette boutique est née de l’envie de militer et de contribuer à des échanges plus justes et de proposer une altermondialisation. Tématik, c’est aussi la revalorisation des richesses culturelles. C’est un lieu qui réuni mon goût artistique et mon engagement pour l’éthique dans un même lieu. Le concept store allie le commerce équitable, le bio, le développement durable tout en soutenant les jeunes créateurs de la zone caribéenne souvent en difficulté au niveau de la visibilité. C’est une vitrine qualitative pour les jeunes créateurs d’ici et d’ailleurs.

Plateforme Bèl Chivé, Atelier Bèl chivé. Dis-nous tout. Bèl Chivé, est une plateforme sur Facebook destinée aux femmes et hommes désirant obtenir des informations sur les soins pour les cheveux naturels. Le choix de l’appellation Bèl Chivé, signifie qu’à partir du moment où l’on soigne ses cheveux on aura de beaux cheveux quelque soit sa nature de cheveu.

Dans la continuité de la plateforme, j’ai mis en place des Ateliers Bèl Chivé qui avaient lieu essentiellement à Fort-de-France. Ils permettaient de mettre en relation des professionnels du cheveu naturel et des femmes désireuses de mieux connaître leur cheveu, comment les soigner, comment les coiffer… Ces ateliers ont été les premiers en Martinique sur le cheveu naturel ouvert à au grand public.

Que défends-tu à travers ta position ? Il est important que nous soyons les ambassadeurs de notre patrimoine, de notre richesse culturelle… Nous devons nous réapproprier notre Histoire sans fausses notes et transmettre aux générations qui arrivent.

© Facebook Atelier Maré Tèt

"Soyons les ambassadeurs de notre patrimoine, de notre richesse culturelle"

Quel pouvoir donnes-tu à ton travail de stylisme? Il s’agit d’un style qui nous ressemble avec de belles matières, colorées, des coupes originales et intelligentes. C’est un style original, mêlant créativité et notre diversité culturelle. C’est un trait d’union entre l’Afrique et les Antilles.

Que souhaites-tu à travers ton travail de stylisme pour la Femme, le peuple afrodescendant ? Je souhaiterais que mon stylisme contribue au fait que la Femme Afro s’aime t’elle qu’elle est. Que nous soyons fiers de notre Patrimoine, de notre Histoire .

Comment se déroule une journée typique dans la peau d’Emmanuelle Soundjata ? Généralement, c’est direction la boutique Tématik. Je vérifie tous mes mails, coups de fils etc… Ce sont des journées extrêmement pleines, et d’une heure à l’autre, le programme prévu peut changer. Je booke aussi mes shootings, je réfléchis à la direction artistique.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmontés ? Oui, en effet, je suis passée par des hauts et des bas comme tout le monde. Je peux dire que dans mon domaine d’activité je me suis construite toute seule… Bien entendu j’ai évolué, j’en connais un peu plus sur la nature humaine. Certaines choses s’apprennent lors de grosses déceptions. Ce que je retiens c’est qu’il ne faut pas se laisser influencer, il faut rester fidèle à soi-même coûte que coûte. J’ajouterais que ce qui a été difficile ce sont les moqueries, les préjugés que certains ont pu avoir sur le Maré tèt. Il a fallu faire preuve de détermination et de persévérance. De plus, la difficulté que rencontre tout jeune entrepreneur c’est toujours les finances. Trouver un financement n’est pas facile.

Ainsi, il faut être exigeant avec soi-même. Avoir une discipline de fer. Être femme en 2017 c’est être libre, s’ouvrir au monde, ne jamais dire que ce n’est pas possible parce qu’on est une femme. Au contraire, cela peut être un atout d’ailleurs.

Quelle est ta plus grande peur ? Tomber malade et de ne pas pouvoir continuer ma passion.

Des projets futurs ? Continuer à développer mon activité et faire une Fashion Week.

Nadine Ramin alias Ayden, créatrice de GLAM ETNIK en plein essayage à Tématik © Facebook Tématik Boutik

INSPIRATION

"Être femme en 2017 c'est être libre, s'ouvrir au monde, ne jamais dire que ce n'est pas possible"

Qui est ton modèle dans la vie ? Ma mère est mon modèle, c’est une femme superbe!

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Je serais Paulette Nardal (NDLR: (1896-1985) Femme de lettres et journaliste martiniquaise, Paulette est la première femme noire à étudier à la Sorbonne. Militante de la cause noire, elle est une des inspiratrices du courant littéraire de la négritude).

Quelle est ta principale source d’inspiration ? La vie.

MESSAGE

"Avoir la foi et une passion, croire en soi, être observateur..."

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes martiniquais/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Le monde s’est construit grâce à ceux qui ont su réaliser leurs rêves. Nous avons une chance immense d’habiter le bassin caribéen par sa diversité. Il est important d’avoir la foi, de s’instruire, d’avoir une passion, de croire en soi, d’être observateur… Il faut toujours se dépasser et avoir beaucoup de patience car le chemin qui mène à la réussite est souvent tortueux.

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société martiniquaise,  devrait-on suivre ?  Il y a de plus en plus de manifestations culturelles et artistiques locales et internationales qui se produisent à la Martinique, ce qui est une bonne chose. Cependant, on peut constater que certains secteurs du monde artistique sont encore élitistes. Il faudrait plus de projets impliquant les jeunes dans l’expression artistique. Quant à la mode caribéenne, il y a beaucoup de jeunes créateurs caribéens très talentueux, qui sont pour la plus part installés à l’étranger. Ils devraient venir plus souvent sur dans la Caraïbe.

"Une grande partie de notre de patrimoine s'éteint en l'absence de transmission entre générations"

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? J’admire tous les projets menés par les compatriotes qui ont pour but la revalorisation de notre richesse culturelle. Par exemple : tous les projets concernant la sauvegarde de l’agriculture biologique, la préservation de notre environnement.

Concernant nos artistes, leur force est qu’ils sont afro caribéens. Nous avons un paradigme différent des autres et donc des choses à proposer très intéressantes avec une vision différente. Néanmoins, il serait bien d’utiliser les moyens modernes de communication (internet, réseaux sociaux, etc.) de manière plus efficace .

Un mot pour la fin ? J’aimerai tout d’abord mettre l’accent sur le fait qu’il est important de TRANSMETTRE. Une grande partie de notre de patrimoine s’éteint en l’absence de transmission de nos savoir-faire traditionnels et ancestraux entre générations. Enfin à mon niveau, j’apporte ma pierre à l’édifice culturel de mon île aussi petite soit elle car comme en dit chez nous: sé grèn diri ka fè sak diri!

© Emmanuelle Soundjata
© Emmanuelle Soundjata

Avant de se quitter, découvrez Emmanuelle plus en détails: 

PORTRAIT

© Emmanuelle Soundjata
© Emmanuelle Soundjata

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Femme dynamique, déterminée, indépendante et amoureuse de sa culture. Je suis une artiste engagée.

Et en un mot ? Simple.

Que fais-tu de ton temps libre ? J’aime faire du sport, voyager et refaire le monde.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante? Face à une situation positive, je remercie Dieu de m’avoir donnée ces opportunités .. Irritante, je me dis que les choses vont finir par s’arranger. Ne jamais se contrarier contre une contrariété…Et je remercie Dieu pour la leçon.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Eugène Mona, Whitney Houston, Nina Simone, Billie Holliday, Bob Marley.

Ton artiste préféré ? Nina Simone.

Ton repas préféré ? Un bon court-bouillon de poisson, avec des légumes.

Un voyage mémorable ? Sénégal. C’est un pays magnifique.

"L'espoir...Ces petites choses du quotidien, le soleil qui brille, une parole positive, un sourire"

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? La culture noire me fascine de par ses différentes expressions.

Un talent étrange ? Savoir instinctivement élaborer des stylismes complexes et différents dans le maré tèt en fonction de la forme du visage du modèle, de sa personnalité. Il en va de même pour ce qui est du Body Wrap (extension de l’art de nouer le turban extrapolé aux vêtements avec un paréo ou un pagne) technique que j’ai inventée pour compléter mon activité.

Dans la vie, qu’est-ce qui est important à tes yeux ? La liberté et le bien-être de mes proches.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Ce sont les petites choses du quotidien, le soleil qui brille, une parole positive, un sourire.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je voyagerais et aiderais les plus démunis.

"Je souhaiterais que mon stylisme contribue au fait que la Femme Afro s'aime t'elle qu'elle est"

Emmanuelle Soundjata © Facebook Tématik Boutik

Joël Nankin, Artiste Plasticien

Musicien, auteur, compositeur et membre fondateur du Mouvman kiltirel Akiyo en 1979, Joël Nankin ne s’arrête pas là. Acolyte de Guy Konkèt, il est le premier joueur de calebasse, chachayè, du gwoka. En 1995, il devient Artiste plasticien. Il peint la domination des peuples, les drames, ce qu’il n’aime pas… Son militantisme fort sera marqué par un emprisonnement de 1983 à 1989. Derrière les barreaux, sa créativité se libère et ses premiers dessins voient le jour. Trois ans après la prison, il participe à sa première exposition d’art. En 2014, il inaugure son atelier-galerie à Morne-à-l’eau (commune de Guadeloupe). Rencontre avec ce Talan.

Nom: NANKIN   Prénom: Joël  Age:  62 ans Couleur: Bleu

Dicton : Koulèv an toch pa gra Activité professionnelle : Artiste Plasticien

Lieu de résidence : Guadeloupe

Suivez Joël Nankin sur Facebook

PARCOURS

Ses obstacles: le colonialisme dans son pays et la prison

TALAN AN NOU: Quand as-tu décidé de devenir artiste peintre ? Joël Nankin: Je n’ai pas décidé dans mon cas! J’aime à penser que nous avons tous un chemin. Je suis dans l’art depuis 1995.

Quelle a été ta formation ? Je suis un autodidacte mais j’ai eu la chance de travailler dans de nombreux ateliers de maîtres notamment en Haïti, Trinidad & Tobago, etc. 

Avec la peinture, que cherches-tu à transmettre ? Mon regard sur l’humain.

Joël Nankin - Talan An Nou
© Facebook Joël Nankin

J’ai l’impression que je n’ai jamais rien cherché, tout se trouvait sur mon chemin

Comment te viens l’inspiration pour créer ? L’inspiration est dans la vie de tous les jours, j’aime beaucoup la littérature. Je suis souvent dans la réflexion littéraire, elle nourrit mon travail.

(Réflexion) Quelqu’un m’a été très utile, c’est Guy Tirolien. Nous sommes marie-galantais tous les deux mais ce n’est pas seulement ça. C’est l’un des plus grands poètes guadeloupéens. Malheureusement tous les gens qui pourraint être des exemples on ne les cite pas (NDLR : Tel est l’objectif de Talan An Nou).

Quelles sont tes principales influences artistiques ? Nous artistes, sommes multiples… Je n’ai pas une influence mais des influences : indiennes, américaines, africaines et occidentales de part notre histoire.

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? (Réflexion) J’ai l’impression que je n’ai jamais rien cherché, tout se trouvait sur mon chemin. Un exemple concret est ma réalisation professionnelle…ma vie.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Le colonialisme dans mon pays et la prison.

Comment les as-tu surmontés ? En créant…sinon an té ké vin fou.

Quelle était ta plus grande peur ? J’ai eu peur de perdre ma mère.

Des projets futurs ? Tout d’abord c’est de voir grandir ma fille qui a 12 ans. Puis, continuer ce que j’ai commencé le plus tard que possible.

Je suis souvent dans la réflexion littéraire, elle nourrit mon travail

Joël Nankin - Talan An Nou
Déclaration de Joël Nankin, prisonnier politique, face à l'injustice de sa peine © Facebook Joël Nankin

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Pas de modèle mais un père spirituel c’est Gérard Lockel, guadeloupéen conscient, militant. Car sé on moun ki paka lagé.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Non car dans la logique de ce que je dis chacun à sa mission alors quand tu ressembles à quelqu’un tu as ses peines et ses douleurs. Chak moun ni doulè a yo.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? La vie. Quand je fais l’expertise de mon travail aujourd’hui j’ai choisi mon camp: le camp des déshérités. Je peins souvent ce que je n’aime pas. C’est très important ! Je suis profondément contre l’injustice peu importe le domaine et j’espère que cela se ressent dans ma peinture.

Je suis profondément contre l’injustice peu importe le domaine et j’espère que cela se ressent dans ma peinture

Joël Nankin Gérard Lockel Talan An Nou
Gérard Lockel © Ugtg.org

MESSAGE

Il faut y croire. N’oublie jamais ton histoire, tu es porteur du rêve de l’esclave : la liberté donc l’excellence

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Il faut y croire. N’oublie jamais ton histoire, tu es porteur du rêve de l’esclave : la liberté donc l’excellence.

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société guadeloupéenne,  devrait-on suivre ? Être nous quelque soit la façon…Que les guadeloupéens prennent la pleine souveraineté de leur pays.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Il y en a beaucoup…Je suis content qu’à chaque fois qu’un guadeloupéen triomphe, c’est une part de moi-même qui gagne. AN KONTAN.

Un mot pour la fin ? FAIM de liberté.

Joël Nankin - Talan An Nou
Stevy Mahy et Joël Nankin à la Rue Piétonne de Pointe-à-Pitre © HappyMan Photography

Avant de se quitter, découvrez Joël plus en détails: 

PORTRAIT

Le musicien qui me pète la tête c’est Guy Konkèt

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Passionné.

Et en un mot ? Têtu.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je n’ai pas de temps libre sauf quand je prends des vacances.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Comme le commun des mortels ça dépend de l’intensité de la joie… Et une situation irritante ? La colère.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Le musicien qui me pète la tête c’est Guy Konkèt.

Ton artiste préféré ? Gérard Lockel.

Ton repas préféré ? I-tal.

Un voyage mémorable ? Vietnam héroïque, Sénégal.

La culture guadeloupéenne me fascine car nous sommes en train de la construire

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? La culture guadeloupéenne me fascine car nous sommes en train de la construire.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? La cuisine. Je suis un chef.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? La jeunesse.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je l’ai déjà fait. J’ai tout arrêté (après 30 ans d’enseignement dans l’hôtellerie) pour la peinture.

Joël Nankin - Talan An Nou
© J.Lanoir

EXPOSITIONS DE JOEL NANKIN

2016

 “CREDO ” Hommage à l’œuvre de Guy Tirolien, Atelier-galerie Nankin, Morne-à-l’eau, Guadeloupe

2015 

“Egzistans”,A telier-galerie Nankin, Morne-à-l’eau, Guadeloupe

2014 

“Grenn Sèl”, Ouverture Atelier-galerie Nankin, Morne-à-l’eau, Guadeloupe

2011

Festival de Longueuil, Montréal, Canada

Hommage à Edouard Glissant, Ville de Baie Mahault, Guadeloupe, happening.

“27 mai, Limyè Ba Yo”, Hommage à nos aïeux, Place de la Victoire, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe.

2010 

“Lespwi Sonny Rupaire”, Pavillon de la Ville, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe.

Art Bémao, “Le déséquilibre”, Parc de la Centrale, Baie-Mahault, Guadeloupe.

2009

Casa Frela Gallery, Harlem, New York, USA.

2007

“An wonn la” Atrium, Fort-de-France, Martinique.

Hommage à Sonny Rupaire, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

2006

Festival de Jazz de Cayenne, Guyane.

2005

“Le plus difficile pour être humain est d’être chaque jour un homme”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

2004

Auditorium, Parco della Musica, Rome, Italie.

2003

“Etat d’urgence”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à-Pitre, Guadeloupe.

Exposition et happening, tryptique, Paris, France.

Exposition, Galerie Gora, Montréal, Canada.

2001 

“Miroirs”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

1999

“Anmwé”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

1998

“An mawonaj”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

“Autour d’une éclipse”, Galerie Espace d’Art, à Baie-Mahault, Guadeloupe.

1997

“Musique Caraïbe”, le Marin, Martinique

Musée National Port of Spain, Trinidad.

1996 

“Bitasyon”, Habitation, le Maud’huy Saint-François, Guadeloupe.

1995 

” Bitako”, Centre des arts et de la culture de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe.

1994

“Lakou” Centre des arts et de la culture de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe.

Biennale de Saint Domingue, Musée d’art contemporain, République Dominicaine.

1992 – 1996 

“Indigo”, Festival intercaribéen d’arts plastiques, Fort Fleur d’Epée, Gosier, Guadeloupe.

Joël Nankin - Talan An Nou
Mè 67 © Facebook Joël Nankin

Propos recueillis en Octobre 2015


Beonard Kervens Monteau, Écrivain, Slameur & Comédien

Beonard Kervens Monteau est un écrivain, slameur, comédien. À 25 ans, il inonde le papier de son esprit poétique à la recherche de “justice, tendresse et générosité”. Né à Port-au-Prince, il a voulu être critique littéraire. Finalement il préfère écrire pour vaincre la mort, notamment! Rencontre avec ce jeune haïtien, ô combien passionné!

Nom: Monteau PrénomBeonard Kervens Age:  25 ans Couleur: J’ai plutôt tendance à être caméléon, mais il me semble que j’ai beaucoup d’affinité avec le rouge.  

Dicton : ni dieu, ni maitre Activité professionnelle : Ecrivain, Slameur, Comédien

Lieu de résidence : Haïti  Contact: Facebook: Beo Monteau, Twitter: @woklobeonard, Instagram: Beo Monteau

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Je suis un emmerdeur professionnel. J’ai beaucoup de complicité avec le risque. Je pense que je suis très généreux. Je suis un fonceur et je ne suis pas du tout sur de moi. Je me tâte toujours. J’adore l’aventure.

Et en un mot ? Passionner.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je le passe surtout à vivre, après il m’arrive de beaucoup lire, de rire et de faire à manger.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante? Dans les deux cas, j’angoisse. Je suis un écorché vif qui a toujours peur. J’angoisse et quand l’angoisse cannibale me mange les tripes, je finis par vomir et puis, ça va mieux. Je suis content face a la situation positive et pour l’irritante, je me prépare à faire des bonds, ne pas gaspiller ma vie à me morfondre.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Il y a un super DJ que je ne me lasse pas d’écouter : Jonas Blue. Après, on trouve un peu de tout sur mon Deezer : Zachary Kibbee, Stevy Mahy, Sylvan Esso, Souleymane Diamanka, Rihanna, Ricky Blaze, PIC, Pharell Williams, Misié Sadik, Leo Ferré, Erol Josué, James Germain, Izolan, Christophe Maé, Beyoncé, les colocs, les sœurs Boulay, Edgar Sekloka, Emeline Michel, les Chainsmokers, Shawn Mendes. Je ne veux pas oublier le « Only for you » de Phyllisia Ross. Finalement je pense que je ne pourrais pas tous les citer, mais de la musique ce n’est pas ce qui me manque.

Ton artiste préféré ? Miss Lauryn, Lauryn Hill. The Miseducation est le meilleur album de tous les temps, passé et à venir. J’ai eu la chance de la voir en concert dans le festival de jazz de Montréal en 2016, Miss Lauryn me fait tout simplement frémir tellement elle est sublime.

Ton repas préféré ? Riz blanc et sauce chili. Je ne sais pas pourquoi. J’ai mangé du riz blanc avec de la sauce de chili chez mon ami Allenby Augustin et depuis c’est mon plat préféré.

Un voyage mémorable ? Je pense à Montréal, l’été 2016. J’étais venu pour deux mois pour me ressourcer finir mon recueil de nouvelles. Je suis reste finalement cinq mois et j’ai l’impression que j’aurais pu rester 40 ans. De mémoire de vagabond, j’ai retrouvé à Montréal quelque chose que je n’ai jamais vu, ni senti ailleurs. Quelque chose de l’ordre de l’impalpable, une magie. J’ai respiré la ville, la littérature, cette curieuse façon qu’ont les langues de s’emmêler, la musique, les gens, les festivals. Et puis cette possibilité de pouvoir se jeter dans le risque.

"Lauryn Hill. The Miseducation est le meilleur album de tous les temps, passé et à venir"

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? J’adore découvrir. Je n’ai pas une culture particulière.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? Des habitudes bizarres, voyons, je suis capable de mourir de faim à côté du sandwich qui est là, sur ma table de travail. J’arrive tellement à oublier les besoins de mon corps quand j’écris. Talent étrange : je plais aux chiens, j’établis très vite de très grand rapport de tendresse avec les chiens.

Dans la vie, qu’est-ce qui est important à tes yeux ? La vie, pardi. Il me manque un certain contrôle sur l’espérance de vie. Encore que je suis athée, grâce à Dieu (rires). Je ne crois pas à aucune arrière monde où je vais continuer à vivre avec une robe blanche et une trompette. Je pense pouvoir dire, non merci a n’importe quel quantité de vierges qu’on m’offrirait, alors je brule ma vie par les deux bouts ici avant de redevenir poussière, poussière sans aucun dieu de cacher a l’intérieur. La vie, parce que la mort m’obsède. C’est pour ça que j’écris, pour sauver ma vie et celle de ceux que j’aime.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Le désespoir n’est pas une mauvaise chose. Je préfère le désespoir à l’espoir, ça vous pousse à essayer de savoir votre limite le désespoir et à le surpasser, une course contre vous-même. Je ne veux pas d’espoir, c’est un beau mensonge qui nous fait stagner.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? J’ai une obsession de la solitude. Une maladie, je dirais. Mon rêve sera d’avoir mon bateau et de partir seul sur la mer pour me redécouvrir, faire la paix avec mes paysages intérieurs. Je pense qu’il y a un prix à payer pour faire un métier qui te rend aussi insupportable. Qui te fait ménager les autres sans arriver a bien les aimer. Il n’y a que la mer comme espace illimité ou le regard se noie, en se perdant pour retrouver sa propre identité.

"La vie, parce que la mort m’obsède. C’est pour ça que j’écris, pour sauver ma vie et celle de ceux que j’aime"

Beonard Kervens Monteau
©Pierre Michel Jean

PARCOURS

"Il y a un recueil de nouvelles qui va sortir bientôt, plus d’une quarantaine de texte de slam"

Quelle a été ta formation ? J’ai étudié les lettres modernes à l’école normale supérieure de l’université d’état d’Haïti.

Quand as-tu décidé de devenir écrivain ? slameur ? comédien ? Quelles sont tes œuvres ? Je ne crois pas que j’en ai eu conscience. Il y a une impossibilité à définir le moment d’un choix, où l’on comprend qu’entre mille autre chose on ne peut faire que celle-là. Je savais ce que je ne voulais pas devenir, mais je ne savais pas ce que je voulais devenir. J’avais une certaine attirance pour l’extravagance et le vagabondage. Ce qui m’intéressait, c’était le sens de la rébellion. J’avais besoin de quitter le code et je me suis mis comme ça à écrire, très tôt, sans ambition, pour remplir un vide.

Un camarade après un cours au lycée, m’avais emmené voir une répétition de la troupe Dram’art et je suis resté travailler sur un récital et ça a été le grand amour avec le metteur en scène Rolando Etienne et Gregory Alexandre. Et à cette même espace de la Bibliothèque Etoile Filante où l’on répétait, l’écrivain Bonel Auguste faisait les «Dimanches en poésie », j’y allais pour dire mes textes un peu bizarre qui empruntait et à ma culture hip-hop et à la poésie conservateur, un mixte bizarre qui plaisait aux gens. Un dimanche, Guezz Eliezer m’a dit que l’on appelait ce que je faisais du slam et on a monte un collectif : Feu Vers, pour sortir le public de sa zone confort.

Il y a un recueil de nouvelles qui va sortir bientôt, plus d’une quarantaine de texte de slam. J’ai travaillé sur plusieurs pièces de théâtre, sur plusieurs spectacles aussi, animé des ateliers d’écriture, des concerts et un long métrage avec le réalisateur François Marthouret, tourné entre Guadeloupe et Haïti. Je pense à plein de chose très varié tel que Slamasutra avec Feu Vers ou la mise en espace d’ « A l’ouest rien de nouveau » de Erich maria Remarque. Je pense à ma collaboration avec Emeline Michel sur le concert « Cœur à Cœur ». Je pense au projet Vwalye, la tournée Nationale et après une autre international, je pense à un Festival en France « Les accroches-cœur d’Angers » avec la brigade d’intervention théâtrale haïtienne (BITH).

Tu voulais être critique littéraire, pourquoi ce changement ? Je pense qu’il y a eu un appel, une envie de donner ce que j’avais, que de rester qu’à légitimer ce qu’écrivent les autres. J’ai répondu à une nécessité qui ne venait pas de moi et qui ne concernait pas que moi. Quelque chose qui tire la parole de moi et qui m’appelle à dire.

Beonard Kervens Monteau
©Gio Casimir

"J’écris pour contrer la mort. Tenter de me sauver, moi et quelques autres. Tuer le pathétique de la disparition des hommes."

Que défends-tu à travers ta position ? Quels sont tes domaines d’expertise ? Je ne défends pas quelque chose de précise. J’écris pour contrer la mort. Tenter de me sauver, moi et quelques autres. Tuer le pathétique de la disparition des hommes. Et il arrive de temps en temps aussi que la littérature face respirer le monde alors je continue.

Te considères-tu comme un porte-parole des jeunes Haïtiens ? Non, je suis une aspirine pour eux le temps d’une chanson, d’un roman ou d’un poème, c’est une part de don. Je n’ai pas une parole, une idée arrêté, un message, je ne suis pas le facteur. Je cherche comme tout le monde une certaine idée de la justice, de la tendresse et de la générosité.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmontés ? J’ai le goût des obstacles, le goût du naufrage. Les atmosphères de décadence, d’écroulement, d’apocalypse ne m’a jamais découragé. Cela me donne envie d’être attentif pour le raconter dans un livre. Je suis doté d’un mécanisme psychologique particulier, tout déplaisir, peur, crainte, dette, obligation, se transforme en matière à raconter. C’est chanceux comme cynisme, penser venir au monde seulement pour le raconter aux autres. Je suis d’un narcissisme affreux, expansif, mais quand même généreux, parce que je ne peux pas la fuir.

Quelle est ta plus grande peur ? J’ai peur d’être heureux, de cesser de griffer comme un chat pour de la tendresse. Ce sera finit de moi. Je perdrai la voix et perdre la voix est analogue à être enterré vivant. Je veux encore trainer mes angoisses et n’avoir pas de prédisposition au bonheur. Curieux, quand avec mes deux meilleurs potes, j’ai crée la communauté du bonheur pour faire l’éloge du vivre ensemble.

Des projets futurs ? Me faire un café et attendre la chose inattendu qui façonnera mon avenir. J’attends un magicien, pour me faire lire ce que j’écrirais dans quelques années. Je suis en train d’écrire remplis d’incertitude que je ne veux pas en parler.

"Je savais ce que je ne voulais pas devenir, mais je ne savais pas ce que je voulais devenir. J’avais une certaine attirance pour l’extravagance et le vagabondage. Ce qui m’intéressait, c’était le sens de la rébellion"

INSPIRATION

Vidéo “Debout dans la vie (Beo et Jeh)”

Qui est ton modèle dans la vie ? Je suis assez narcissique pour être mon propre modèle. Un créateur parle de lui-même. Il est obligé de parler seulement de lui-même. Mais en même temps, il y a tellement d’autres voix en moi. Je dois à Brel, à Fellini, à Marguerite Duras, à Tupac et à tant d’autre.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? Je n’ai pas trouvé pour l’instant mais il y a des jours ou j’en ai des tas. Aujourd’hui, je n’ai que des clichés dans la tête.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? L’inspiration c’est d’avoir l’envie de faire quelque chose. La source est intarissable. Et je trouve que la vie à toujours beaucoup d’imagination, il suffit de la regarder.

"La vie à toujours beaucoup d’imagination, il suffit de la regarder"

MESSAGE

"Il faut qu’ils se perdent pour retrouver d’autres chemins"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes haïtiens/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Ce serait de leur dire de ne pas être prudent. Il n’y a pas d’intensité sans risque. Il faut qu’ils se perdent pour retrouver d’autres chemins. Qu’ils se jettent corps perdu dans leur tentation impossible sans carte, ni boussole. Seule la prudence les égarera dans leur quête.

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société haïtienne,  devrait-on suivre ? Tracée par qui ? Ne m’en voulez pas, je suis un grand pessimiste. Mais je pense à la Fondation Connaissance et Liberté (Fokal), je pense à Michelle Duvivier Pierre-Louis, je me dis qu’il reste quelque chose, une trace. J’admire beaucoup cette grande dame.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Je pense aux endroits où les copains se rencontrent, je pense à la soupe de la gauche chez Rodolphe Mathurin. Un espace de rencontre avec un dénominateur commun de tendresse

Un mot pour la fin ? Trois petits points de suspension pour laisser tourner et ne pas finir…

Beonard Kervens Monteau
©Sephora Monteau

Anaïs Verspan, Artiste visuelle

«Viv vi aw pa vann nanm aw »

Depuis le succès de BigidiPlakata, sa première exposition personnelle en 2010 à la galerie Imagin’Art (Sainte-Rose, Guadeloupe), Anaïs Verspan évolue vaillamment dans le monde de l’art visuel. De Grenn Sèl à Karata, “elle transcende ses blessures culturelles en se livrant à un corps à corps avec la matière”. Cette artiste originale, qui a comme fer de lance la représentation de l’Homme, se livre à Talan An Nou. 

Anais Verspan. ©SHANON BARRO (2)

Nom: VERSPAN   PrénomAnaïs      

Age: 36 ans   Couleur: Noir

Dicton: « Viv vi aw pa vann nanm aw » ©Anais Verspan

Activité professionnelle: Artiste visuelle

 Lieu de résidence: I la…I pala?!

Contact: www.anaisverspanart.com


PORTRAIT


Peux-tu te décrire en quelques mots ? Sincérité, creation, joie, precision, excentricité, ancrée.

Et en un mot ? Nanm.

Que fais-tu de ton temps libre ? Rêver, me recentrer, aimer, passer du temps avec mon moi, pour être mieux avec les autres.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Bouleversement intérieur, pleurs de joie, rire, sourire « Colgate » !

Et une situation irritante ? C’est super, bref !

Dans ta playlist, on trouve qui ? Beaucoup ! un voyage entre le jazz, la nu soul, et le gwo ka modènn.

Ton artiste préféré ? Soulages.

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Ton plat préféré ? Kalalou, Migan de fruit à pain.

Un voyage mémorable ? Mes voyages intérieurs !

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? C’est de comprendre ta question étrange !

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Mes parents, ma famille, l’amour autour de moi…

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je le vis déjà !


PARCOURS


 

« Tout m’inspire ….mais avant tout les gens de mon pays ! »

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Quand as-tu décidé de devenir artiste visuelle ? Apres un évènement personnel très douloureux, je n’ai pas eu le choix d’être heureuse.

Quelle a été ta formation ? Un mélange d’études à l’école d’art visuel de la Martinique (IRAVM) et d’autodiacte.

Avec la peinture, que cherches-tu à transmettre ? Ma culture, mon moi, un autre regard, un point de fuite, un possible…

Comment te viens l’inspiration pour créer ? Tout m’inspire ….mais avant tout les gens de mon pays !

« La vie est faite d’obstacles à surmonter à tout âge, seule l’expérience, la maturité, la persévérance et la sérénité permettent de les vivre avec moins de pathos ! Et de les transcender. »

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser ton rêve ? Etre une artiste femme ne se réduit pas à du loisir, c’est mon activité professionnelle. Je suis « entrepren’Art » !

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmonté ? La vie est faite d’obstacles à surmonter à tout âge, seule l’expérience, la maturité, la persévérance et la sérénité permettent de les vivre avec moins de pathos ! Et de les transcender.

Quelle est ta plus grande peur ? Perdre le sens du goût (le palais).

Des projets futurs ? Consolider l’image d’Anaïs Verspan, créer c’est vivre !

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Exposition Grenn Sèl


INSPIRATION


 

Qui est ton modèle dans la vie ? Mes femmes L.P.F (LANMOU TOUJOU PLI FÒ).

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? Je me suis jamais posée cette question ! Je suis un TOUT car nous avons en nous une partie de l’Histoire à gérer, germer et planter… c’est un patrimoine luxuriant !

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Exposition Grenn Sèl pour l’ouverture de l’Atelier- Galerie de Joel Nankin (de gauche à droite, les artistes de l’exposition: Ronald Cyrille, Anaïs Verspan et Joel Nankin)


MESSAGE


«  Tous ces gens qui bossent durs et qui sont des modèles de réalisation, de créativité, d’ambition saine, et non un ennemi à détruire. Participez à cette chaine de positivité c’est contagieux ! »

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Viv vi aw pa vann nanm aw…quel que soit ce que tu veux être, sois le meilleur en toute humilité.

Quelle direction devrait-on suivre, en faveur de notre société guadeloupéenne ? Tous ces gens qui bossent durs et qui sont des modèles de réalisation, de créativité, d’ambition saine, et non un ennemi à détruire. Participez à cette chaine de positivité c’est contagieux !

Exposition KARATA © La case à images

 

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Gérard Lockel pour son œuvre intemporelle et patriotique! « Kwè san las ».

Un mot pour la fin ? « Viv vi aw pa vann nanm aw » ©Anais Verspan.


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Al Pacman, Artiste Graffeur

« Il faut se battre pour y arriver car il y a des obstacles, des chaînes à briser »

Pacman est un artiste graffeur et peintre décorateur. Dans les années 90, il découvre le Graffiti et depuis, on peut admirer les spots où il a posé dans toute la Guadeloupe. Messages sociétaux, BD, réalisme … impossible de rester insensible à son talent et à chacune de ses œuvres. 

En 2007, ALPACMAN CONCEPT, son entreprise spécialisée dans la décoration et la réalisation de fresques, voit le jour. Avec 20 ans de carrière au compteur, l’artiste dépose ses bombes le temps de répondre aux questions de Talan An Nou. 

Al Pacman

 

Nom: PACMAN   Prénom: Al        

Couleur: J’ai un assemblage couleurs préférées comme je suis dans l’art. J’aime les couleurs lumineuses qui apaisent comme le vert, l’orange. 

Dicton: « L’obéissance vaut mieux que les sacrifices » – 1 Samuel 15:22

Activité professionnelle: Artiste Graffeur  Lieu de résidence: Guadeloupe

Prix: 3ème Prix du Concours régional des Entreprises (2008), Lauréat du Concours Régional « Talents des Cités » (2008), Coup de coeur du Concours des Jeunes entrepreneurs organisé par la Boutique de Gestion de Guadeloupe (2008)

Contact: www.alpacman-gallery.com


PORTRAIT


Peux-tu te décrire en quelques mots ? Patience, sagesse, spirituel. 

Et en un mot ? Je suis dans le flou je ne sais pas me décrire en un seul mot.

Pacman, quelle est la signification ? C’est par rapport à l’idéologie du jeu vidéo. Le labyrinthe représentant la vie avec une porte d’entrée et une sortie. Les obstacles du jeu représentent ceux de la vie que l’on rencontre.

Que fais-tu de ton temps libre ? Voyager: découvrir pour déconnecter, c’est important pour les artistes psychologiquement de faire ça. Je lis ma bible aussi.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Humblement car faut pas trop que ça monte à la tête. Je me remets en question car faut jamais se satisfaire. Il y a toujours mieux.

Et une situation irritante ?  Avec discernement et sagesse car faut apprendre à discerner que « toute source de dispute ne vient pas de Dieu ». C’est à ce moment là ça qu’il faut rester calme.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Du gospel (Juanita Bynum, Tasha Cobbs, Shirley Caesar etc.) et du reggae (Jah cure etc.). 

Ton artiste préféré ? Je n’en ai pas car c’est comme si je le glorifiais.

« La seule chose qui peut m’arrêter dans mon art c’est la mort. Je réalise déjà mon rêve »

Ton plat préféré ? Racines et chiktay de morue avec piment végétarien.

Un voyage mémorable ? Berlin en 2013. Le gouvernement m’avait invité pour les 50 ans de la Fraternité franco-allemande. J’ai réalisé des fresques avec d’autres artistes. J’en garde de bons souvenirs notamment grâce à l’échange entre cultures…

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? Caribéenne plus précisément anglophone. L’état d’esprit de juger, de regarder, de s’opposer est différent. Je suis d’origine dominiquaise.

Des habitudes bizarres ? Non.

Un talent étrange ? Un talent reste un talent.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? La foi car c’est une expérience des choses qu’on espère mais qu’on ne voit pas (ça vient de la bible).

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je ne rêve plus. Aujourd’hui ce qui m’a toujours collé à la peau c’est le dessin et je l’exploite déjà. J’essaie de m’améliorer car il y a toujours quelque chose de nouveau qui arrive. Un rêve se réalise quand nous l’accomplissons. La seule chose qui peut m’arrêter dans mon art c’est la mort. Je réalise déjà mon rêve.

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PARCOURS


 

unnamed (3)Quand as-tu décidé de devenir graffeur ? Je l’ai pas décidé, c’est venu comme ça. C’est une PASSION artistique qui est devenu métier, ça se joue sur le talent et la personnalité. Avant, j’étais salarié dans un magasin. Je suis quelqu’un d’ambitieux.

Un jour, j’ai été appelé par Coca-cola pour réaliser une fresque en Guadeloupe. C’est là que j’ai eu le déclic et je suis revenu vivre au pays par amour. La tendance folle pour les fresques murales n’était pas encore d’actualité. La notoriété a beaucoup joué. Quand je suis revenu au pays c’était pour mon état d’être, pour le mal du pays, pour chercher un but dans le pays qui m’a vu grandir. Puis, petit à petit, les gens m’appelaient et là j’ai pris le wagon. C’est une passion qui est devenue profession mais ce n’était pas ma volonté. La vie en a fait ainsi.

« La rue a été ma formation, ainsi que les artistes croisés. La vie a été mon professeur! »

Quelle a été ta formation ? Autodidacte. La rue a été ma formation, ainsi que les artistes croisés. La vie a été mon professeur!

Avec le graffiti, que cherches-tu à transmettre ? Un message, de l’émotion, de l’espoir, un sourire. Un jour, une dame m’a appelé pour me remercier pour mon travail et tout le bien que ça lui apportait…

Comment te viens l’inspiration pour créer ? Mon entourage, le quotidien, ma vie passée et présente.

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser ton rêve ? C’est d’admettre qu’on a tord ou qu’on est dans l’erreur. C’est le plus souvent le problème des artistes c’est-à-dire faire le travail sur soi-même. Il est important alors de regarder sur soi-même avant tout.

« Enfant de la DDASS, je changeais souvent de famille d’accueil. Le graffiti était pour moi la seule thérapie pour oublier les moments de douleur »

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Grâce au graffiti, je suis là aujourd’hui. J’aurai pu être en prison, dans la rue, SDF, avoir un travail minable… Je remercie ce don que Dieu m’a donné.

Ma vie a été compliquée. Je n’ai pas vécu quelque chose de simple et donc je me défoulais sur le dessin… Enfant de la DDASS, je changeais souvent de famille d’accueil. Le graffiti était pour moi la seule thérapie pour oublier les moments de douleur. La vie était comme ça et fallait faire un choix. J’ai quitté le lycée après ma classe de seconde. Personne ne croyait en moi, ma famille me disait : « ou pé ké janmè fè ayen dè bon »1, « ou péké rivé lwen »2, « sa ja finn baw »3

De nombreuxe graffeurs, avec 20-30 ans d’expérience, ont connu une histoire complexe ou un drame psychologique personnel. Clek, Kongo, Warner et Pwoz m’ont beaucoup encadrés dans ma vie d’artiste. Ils étaient comme des grands frères, ils m’ont beaucoup aiguillés.

De façon générale, mon principal obstacle a été l’humain car je n’avais pas d’argent, pas d’école et j’y suis quand même parvenu. Il y a des hommes qui n’aiment pas t’aider pour te faire avancer par peur kè ou pran plas a yo.

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Comment les as-tu surmonté ? L’envie de réussir. Ça faisait mal sur le moment. Ou ka tann dè movè biten é ou ni sèlman uitan, trèzan, katorzan, vi aw pa mèm trasé4. Je ne pouvais pas partir en France par manque d’argent. En 1998, le département m’a offert, ainsi qu’à d’autres jeunes, un voyage à Paris pour aller voir le match France/Jamaïque lors de la coupe du Monde. Comme je ne pouvais pas m’acheter de magazines, alors pour rester connecté avec le monde du graffiti, connaître les styles du moment, les artistes, des amis me ramenaient des magazines de France tels que Radikal, RER, Innercity Graffiti Magazine etc.

J’entendais ce que l’on me disait, ça me faisait mal sur le coup mais ça ne me touchait pas. J’avais déjà emmagasiné le fait d’être trimbalé de familles en familles… et ça ne m’a pas empêché de réussir.

« La vie était comme ça et fallait faire un choix »

Quelle est ta plus grande peur ? Je ne me suis jamais posé la question, j’ai toujours foncé. Il faut briser les chaines et elles sont là pour que quelqu’un viennent les briser. Il ne faut pas avoir peur, il faut briser les chaînes. Prenons l’exemple du graffiti. Aujourd’hui, on te paie 500 € pour ton travail alors qu’avant, c’était plus le côté négatif du graffiti qui était mis en avant. Aujourd’hui, grâce à plusieurs artistes qui propagent le positif, le graffiti a changé. Le jeune graffeur ne connaitra pas le stress des policiers qui te poursuivent, le gardien de parking, les amendes lourdes car d’autres sont passés par là et ont brisé les chaînes. Chacun doit porter sa croix. La seule crainte c’est envers l’éternel car on est de passage sur Terre.

Des projets futurs ? Une exposition aux USA pour 2016 (date à déterminer).

1: Tu ne feras rien de ta vie.

2: Ton avenir n’est pas assuré

3: C’est fini pour toi.

4: Tu entends des choses difficiles à 8, 13, 14 ans. Alors que ta vie n’est même pas encore tracée.


INSPIRATION


unnamed (2)Qui est ton modèle dans la vie ? Non sé modèl an pé ni sé Bondié, Jézi. L’homme n’est pas un modèle car il a été créé et c’est l’être le plus désordonné parmi les êtres vivants sur la Terre.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Je n’en ai pas car je ne suis pas très axé sur les Hommes. Martin Luther King c’était Martin Luther King, Mandela c’était Mandela. Je fais le mien. Ils ont agi, c’était leur travail. Moi, j’apporte le mien.

 


MESSAGE


« S’imposer, affirmer « oui je sais faire ça, laissez-moi faire ». Il faut déjà croire en soi puis faire un travail sur soi »

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Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Mèt bondié an vi a zòt et la réponse se fera. Moi, ça m’a aidé et je suis là aujourd’hui. Quand j’étais enfant, on me l’avait dit é an pa té ka konprann sa… alors qu’aujourd’hui, oui. Il faut se battre pour y arriver car il y a des obstacles, des chaines à briser. S’imposer, affirmer « oui je sais faire ça, laissez-moi faire ». Il faut déjà croire en soi puis faire un travail sur soi.

« S’analyser soi-même car ce n’est pas l’autre qui a un problème, c’est soi »

Quelle direction devrait-on suivre, en faveur de notre société guadeloupéenne ? Je ne sais pas… S’analyser soi-même car ce n’est pas l’autre qui a un problème, c’est soi. Si je suis aigri, c’est à cause de ma réaction au comportement de l’autre. Sois tu avances, sois tu recules… En clair, s’analyser soi-même pour pouvoir avancer et accepter. 

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? La solidarité telle que celle du pasteur Raymond Johnson. Il n’a pas hésité de prendre de son temps pour habiller, nourrir les plus démunis. Il a laissé son confort en Guadeloupe pour aider des dominiquais après Erika (NDLR: tempête qui a ravagé l’île de la Dominique en Août 2015). Je bénis ce pasteur, un Homme de grand cœur.

Un mot pour la fin ? Ce n’est pas le départ qui important, c’est l’arrivée. A méditer.

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Al pacman logo

 

ALPACMAN CONCEPT Bâtiment A 102 résidence les Nénuphars 97139 LES ABYMES. Téléphone: 06 90 72 30 43

Contacts: www.alpacman-gallery.com

 


Stella Moutou, Danseuse

Stella Moutou est une danseuse, chorégraphe et enseignante de danse. À travers son mouvement authentique, elle évoque la liberté et la beauté du corps.

« Vous êtes tous uniques, précieux, respectez vous et ayez confiance en votre potentiel! »

© Philippe Hurgon

 

Nom: MOUTOU  Prénom: Stella

Âge: 33 ans                  

Couleur préférée: Je n’ai pas de couleur préférée

Dicton: Feel good, be good, do good

Activité professionnelle: Danseuse, Professeur de danse, Chorégraphe

Lieu de résidence: Les Abymes, Guadeloupe

Contacts: Son Facebook


PORTRAIT


 

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Exigeante, Maternelle, Calme, Perspicace.

Et en un mot ? Eau.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je le passe avec mes fils, ma famille, à la plage, à la rivière, ballade en forêt et lecture.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante ? Quand des évènements positifs surviennent je rends grâce à l ‘univers et tous ceux qui ont contribué à leurs réalisations. Pour les situations fâcheuses, je m’indigne tout en essayant d’en comprendre le sens et la leçon à en tirer, même si la clarté arrive quelque fois bien après.

Dans ta playlist, on trouve qui ? 7SON@TO, Indestwas Ka, Jean Max Mirval, Christine and the Queens, Stevy Mahy, Etta James, Ibrahim Maalouf, Prince, Camille, plusieurs compilations de reggae réalisées par DJ Dalton de Jah Kingdom tapes. Ma playlist est en fait très variée car j’utlise la musique tous les jours pour travailler…

Ton artiste préféré ? Il est difficile de répondre à cette question, je n’ai pas un artiste préféré. Plusieurs personnes m’inspirent par leur engagement, de plus, en fonction des périodes, j’ai différent coup de cœur, aujourd’hui, j’aime beaucoup le travail chorégraphique d’Akram Khan, britannique originaire du Bangladesh qui allie danse contemporaine et danse kathak. 

Un repas préféré ? Morue et racines (ignames, madères, bananes vertes) marinées à l’oignon avec un morceau de piment.

« Je suis fascinée par la culture guadeloupéenne, elle est riche et mérite d’être valorisée encore et toujours »

Un voyage mémorable ? Paris avec mes fils, ma sœur, mon frère et une amie sœur accompagnée de ses enfants en décembre dernier.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? Sans vouloir être nombriliste, je dirai que je suis fascinée par la culture guadeloupéenne, elle est riche et mérite d’être valorisée encore et toujours.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? Non.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Mes enfants, les enfants, la beauté de la nature que nous devons préserver !

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je vis mon rêve, je danse tous les jours !

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© Daniel.B – Spectacle Ephémère


PARCOURS


 

Quand as-tu décidé de devenir danseuse ? À 17 ans. En 2000, après l’obtention de mon baccalauréat littéraire, je prépare en alternance un B.T.S Tourisme et loisirs et travaille dans un hôtel pendant 3 ans. Le feu de la danse ne pouvant plus être contenu, je décide de me consacrer entièrement à la danse. En 2003, j’entame la formation du Diplôme d’Etat en danse Jazz, que j’obtiendrai en 2006.

Quelle a été ta formation ? Dès l’âge de 3 ans j’ai commencé le gwo ka, puis à 6 ans j’ai fait de la danse classique. J’ai exploré plusieurs techniques différentes par la suite, danses de caractère, samba, Funk, Jazz… J’ai eu une période fitness, aérobic artistique.

Avec la danse, que cherches-tu à transmettre ? La liberté d’être qui on veut, de ressentir des palettes d’émotions différentes, de se faire confiance.

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© Christian Vignes

Comment te viens l’inspiration pour créer ? Une lecture, une situation, une rencontre,un morceau…

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser ton rêve ? Pas de difficultés en particulier.

Quelle est ta plus grande peur ? Me blesser.

« La clef est en nous et en notre capacité à toujours rebondir »

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Je pense que j’essaie de cultiver la positivité et de tirer le meilleur, même dans les situations à priori insupportables, afin de réussir à les surmonter. Étant déterminée, je fonce quelques soient les embûches. Comme l’a dit Victor Hugo: ” il n’y a pas de situation désespérée, il n’y a que des gens qui désespèrent. ” La clef est en nous et en notre capacité à toujours rebondir.
Toutefois, je pense que mon plus grand obstacle vient de l’instabilité financière de mon activité. Comme beaucoup d’artistes qui vivent exclusivement de leur passion, les périodes de vaches maigres sont dures et il est arrivé que le découragement s’immisce dans mon parcours. Heureusement, de nouveaux projets permettent de prendre un nouveau souffle, un nouvel élan pour continuer à donner ce que je pense avoir de meilleur à partager. Vivre de sa passion est un engagement total quelque fois dénué de raison…

Des projets futurs ? Voyager, créer. 


INSPIRATION


Qui est ton modèle dans la vie ? Mon père et ma mère, des parents aimants, attentionnés qui me soutiennent aveuglément, mes trésors, ma force, mes piliers!

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© 7 sur 7

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui? Pourquoi ? L’histoire s’écrit aussi au présent, je parlerai de quelqu’un qui est jeune et qui laisse des traces intéressantes à mon sens, Christine Kelly. Sa détermination, sa rigueur lui ont fait conquérir des sphères peu accessibles aux femmes. Elle s’engage notamment dans des actions humanitaires.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? L’immensité de la nature.

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© Compagnie L’essens


MESSAGE


 

« Vous avez tous des choses à réaliser […] « essayer c’est une obligation », oser entreprendre pour se réaliser et réaliser »

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© Jimi Kelly – Concert Akiyo, 02/02/2013

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Vous êtes tous uniques, précieux, respectez vous et ayez confiance en votre potentiel! Vous avez tous des choses à réaliser, comme le dit souvent un homme important dans ma vie: « essayer c’est une obligation », oser entreprendre pour se réaliser et réaliser.

Quelle direction devrait-on suivre en faveur de notre société guadeloupéenne ? le travail du docteur Henry Joseph et de toutes les personnes qui oeuvrent avec lui, c’est méritant et remarquable. Apprendre à vivre avec ce que notre environnement immédiat nous donne, être conscient de l’espace abondant et généreux qui nous entoure.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? depuis peu de temps un collectif « Pli bèl la ri » réhabilite plusieurs maisons de l’ancien Pointe-à-Pitre.

Un mot pour la fin ? Limyè.

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© Daniel.B – Spectacle Ephémère

 

Propos recueillis en Juillet 2015