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Jenny Paulin, Chorégraphe et Danseuse

Jenny Paulin est une chorégraphe et danseuse professionnelle, passionnée de danse traditionnelle depuis son plus jeune âge. Conceptrice du concept Form’aKa, combinaison savoureuse de fitness et de gwo ka et Super Coach de Sokafit depuis Octobre 2017, alliance de fitness sur de la Soca, elle valorise la pratique du sport comme source de bien-être inépuisable.

Nom: Paulin Prénom: Jenny

Age:  34 ans  Couleurs préférées: Noir/Blanc/Rouge

Dicton: Sa ki la pou-w dlo paka chayé-y Activité professionnelle : Esthéticienne / Plasti-thérapeute / Professeure de danse / Danseuse / Maman

Lieu de résidence: Gosier, Guadeloupe

Contact: Facebook

PARCOURS

"La passion permet de s’organiser"

Quand as-tu décidé d’être chorégraphe-danseur? Je l’ai décidé petite, car j’ai commencé à danser très jeune. Agée à peine de 6-7 ans, j’avais déjà prédit que je serais danseuse et professeure. Ma famille m’a bénie très rapidement dans ce monde artistique, ça n’a fait que conforter un trait de ma personnalité. Les évènements qui ont suivi m’ont donné encore plus envie de rester dans cette branche!

Esthéticienne, danseuse, maman… comment tu gères tout cela ? C’est la question qui revient tout le temps…quasiment tous les jours (rires). Je réponds souvent que la passion permet de s’organiser. J’ai aussi de la chance d’avoir quelqu’un à mes côtés qui m’épaule et m’accompagne, ainsi qu’une famille exceptionnelle et maintenant un super manager. Le maître mot je crois que c’est l’ENVIE et L’ORGANISATION.

Raconte-nous la genèse de Form’Aka.C’est ma vie quoi ! Le Form’aka est né de deux choses commencées très jeune: le gwoka et le fitness. J’y ai pris goût progressivement. En plus, je suis une boite à idées, j’ai toujours un truc qui me vient à la tête et qui me stimule. Je me suis dit : « pourquoi ne pas allier fitness et gwoka ? », en donnant à ce sport une nouvelle saveur, tout en apportant une touche de modernité au gwo ka ! D’ailleurs, le Form’aka n’est pas qu’une combinaison de fitness et gwoka, il y a aussi une partie dédiée à la relaxation, à la fin du cours. Cela allie tout ce que je suis et que j’ai appris à faire.

Suivant votre expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser votre rêve?L’administration (rires). Je suis une fille du terrain et en général rien n’est éprouvant pour moi quand il s’agit de travailler et de mettre en pratique…mais la partie administrative (qui dès fois est très lourde), peut me freiner. Néanmoins, je tente d’aller au-delà de ce ressenti.

"La preuve, j’ai été maman très jeune...J’ai dû revoir mes objectifs et mes priorités et je ne suis pas si loin de ce à quoi j’avais pensé plus jeune..."

Quelle a été ta formation ? J’ai été formée par une des plus belles écoles en Guadeloupe selon moi… il y en a plusieurs. C’est l’Akadémiduka. Jacqueline Cachemire-Thôle a formé quasiment toutes les personnes qui ont des écoles de gwoka traditionnel chez nous. Je suis partie aussi en France pour développer des techniques… et je n’ai pas fini on n’a jamais fini d’apprendre. D’ailleurs j’ai été me former à Trinidad pour être Super Coach Sokafit en Octobre 2017.


Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmonté ?
Obstacle ? Je trouve ce mot trop fort, ça voudrait dire que certaines choses m’ont arrêté et empêché d’avancer. Je dirais que les petites difficultés rencontrées contrairement à ce que j’avais programmé, pensé et organisé m’ont un peu freiné ! Mais au final je suis arrivée aux résultats espérés, même si cela a pris plus de temps que prévu. Ma vie c’est un ensemble de difficultés, ce n’est pas un long fleuve tranquille. La preuve, j’ai été maman très jeune. C’était une première difficulté, car je voulais être danseuse dans une troupe qui faisait le tour du monde. Du coup, j’ai dû revoir mes objectifs et mes priorités et je ne suis pas si loin de ce à quoi j’avais pensé plus jeune…


Comment les as-tu surmonté ?
On ne lâche rien et on continue d’aller de l’avant. On vise un objectif et on le garde en tête. C’est comme l’autoroute. Si tu es distrait en conduisant, tu rates la bretelle de sortie que tu devrais prendre, et là tu as un très grand détour à faire (car on n’est pas en Guadeloupe avec nos chimen chyen)… Dès fois dans la vie, tu peux louper le coche si tu n’as pas pris l’entrée qu’il fallait, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une autre alternative, qui t’emmènera au bon endroit.

Quelle est ta plus grande peur ? Ma plus grande peur concerne souvent la santé, élément qu’on ne maîtrise pas. La santé pour mes enfants, ma famille, puisque j’ai perdu une très jeune cousine il y a de cela 2 ans. J’ai beaucoup de craintes…


Des projets futurs ?
J’en ai TOUT LE TEMPS. Je ne peux pas rester sans en avoir. Le proche c’est l’évolution et le développement du Form’aka et du Sokafit au niveau national et international avec notamment la formation de coachs. Il y a un autre projet très proche, mais je ne vous en dirais pas plus pour l’instant (rires).

INSPIRATION

Qui est votre modèle dans la vie ? J’en ai plein…Mon premier modèle est ma mère. Chaque enfant s’inspire souvent de ses parents. C’est le premier contact que l’on a, ce sont les premières personnes à qui l’ont fait confiance. Je suis vraiment admirative de ma mère… puis de mon frère encore plus. Il y a aussi ma maman de cœur, Jacqueline Cachemire-Thôle. En fait tous les gens qui m’entourent m’inspirent sont des modèles… J’aimerais d’ailleurs qu’ils le sachent.

Si vous étiez une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? Solitude car c’est une femme charismatique. Elle s’est sacrifiée pour son peuple et les gens qu’elle aimait. Je pourrais en faire autant aisément…

Quelle est votre principale source d’inspiration ? Ma maman, Jacqueline Cachemire-Thôle…ce sont mes mentors.

MESSAGE

"Ayez la foi quoi qu'il arrive"

Que diriez-vous aux jeunes et moins jeunes martiniquais/caribéens pour les motiver? Ayez la foi quoi qu’il arrive…peu importe ce que la vie vous montre et vous apprend ne doutez jamais, il y a un plan de vie. Vous n’êtes pas seuls. Il faut croire en soi et surtout en ses capacités. N’oubliez pas que lorsqu’on est créateur de pensées, cela signifie qu’on est capable de les réaliser.

Quelle direction devrait-on suivre en faveur de notre société? La foi, l’unité et le respect.

Quelles actions positives de compatriotes admirez-vous ? Quand les gens aident leur prochains je suis admirative…J’ai déjà assisté à des actions menées pour venir en aide aux sinistrés de catastrophes naturelles, je trouve cela très beau. Il est tout de même vrai, que ce sont les petits gestes du quotidien qui me font chaud au cœur. Aider quelqu’un qui est tombé à se relever, porter les courses d’une personne âgée, etc.

Un mot pour la fin ? VIVE LA VIE! Il faut vivre la vie comme on l’entend, dans le respect de l’autre, dans la progression de son être et dans la foi au quotidien tout en préservant sa santé. Et surtout de l’amour au quotidien dans ce petit cœur qui bat chaque jour pour nous permettre de vivre.

Avant de se quitter, découvrez Jenny plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Souriante, spontanée, aimante, dévouée… J’aime les gens et surtout aider, me sentir utile.

Peux-tu te décrire en un mot ? Vraie.

Que fais-tu de ton temps libre ? (Rires) Le si peu de temps que j’ai..soit je danse soit je le consacre à ma famille, mes enfants. 

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante ? Pour la situation positive, je suis démonstrative: j’exclame ma joie ou je m’agenouille pour remercier le Seigneur. Pour la situation irritante, j’ai d’abord un instant de choc. Puis dans la minute qui suit, je retrouve mon dynamisme et cherche des solutions!

Dans ta playlist, on trouve qui ? Il n’y a QUE Machel Montano, je suis fan de lui (rires). Il est poétique dans sa façon de chanter et il est dynamique, ce qui va bien avec ma personnalité. Pour la Guadeloupe, on trouve aussi Krys (qui est aussi un ami) et la Martinique c’est JmaX avec notamment son titre “An pa tou sèl”. C’est vraiment une playlist caribbéenne. J’écoute de la soca depuis très jeune car mon aïlleule vient de la Dominique. On avait d’ailleurs un ami de la famille qui avait une boutique de musique. Il me faisait toujours des compilations de sons qui n’étaient pas encore sortis en Guadeloupe.

Ton artiste préféré ? Machel Montano (et un peu KES aussi).

Ton repas préféré ? Concombre, chicktay de morue et avocat. Je peux manger ça 3 fois par jour…J’adore la saison des avocats. Ils se marient avec tout!

Un voyage mémorable ? A la base, dès que je voyage c’est mémorable! Un restera extraordinaire: c’est le Sénégal, le lac rose, l’île de Gorée… En plus, c’était un voyage que j’ai partagé avec mon père!

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascine et pourquoi? Je trouve vraiment toutes les cultures fascinantes, je vois le positif partout. Néanmoins, j’ai un coup de coeur pour l’Inde. Mon grand-père est d’ailleurs un indien d’Inde. Les indiens me fascine pour leur joie de vivre, patience, douceur, spiritualité. Même si ils connaissent la misère, on ne sent pas d’agressivité.

Des habitudes bizarres? Mon côté maniaque. Je peux être fatiguée et déjà couchée et me dire “mince il y a des chaussures sur le tapis”. 

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir en général? Ma foi. Dieu remet toujours qq chose dans mon petit coeur. Et il y a aussi les gens qui m’entourent avec de l’amour, ça me redonne de la force et de l’espoir. 

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je vis mon rêve déjà…plus grand ce serait d’aller encore plus loin dans ce que j’ai entrepris. Sinon il y a un temps, je rêvais d’être DJ (rires).

La talentueuse Jenny PAULIN débarque demain à Paris avec ses musiciens, pour proposer un cours de Form’aKa du tonnerre au Studio MRG!
Venez découvrir ce concept explosif alliant le Fitness et le Gwoka, sur les rythmes enivrant du ka… Vous avez compris que vous allez transpirer en musique et dans la bonne humeur. Êtes-vous prêts à les accueillir?


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+33 7 81 06 24 12 / +590 690 58 27 59 / naika@ikonecaraibes.xyz

IKONE Caraïbes in partnership with Talan An Nou and Zil’oKA, brings you for the first time in London a Form’aKa Master Class with Jenny PAULIN from Guadeloupe.
Form’aKa is a sweet mix between Fitness and Gwoka dance performed with live Drumming! You gotta love it ❤️


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INFOLINE
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Joël Nankin, Artiste Plasticien

Musicien, auteur, compositeur et membre fondateur du Mouvman kiltirel Akiyo en 1979, Joël Nankin ne s’arrête pas là. Acolyte de Guy Konkèt, il est le premier joueur de calebasse, chachayè, du gwoka. En 1995, il devient Artiste plasticien. Il peint la domination des peuples, les drames, ce qu’il n’aime pas… Son militantisme fort sera marqué par un emprisonnement de 1983 à 1989. Derrière les barreaux, sa créativité se libère et ses premiers dessins voient le jour. Trois ans après la prison, il participe à sa première exposition d’art. En 2014, il inaugure son atelier-galerie à Morne-à-l’eau (commune de Guadeloupe). Rencontre avec ce Talan.

Nom: NANKIN   Prénom: Joël  Age:  62 ans Couleur: Bleu

Dicton : Koulèv an toch pa gra Activité professionnelle : Artiste Plasticien

Lieu de résidence : Guadeloupe

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PARCOURS

Ses obstacles: le colonialisme dans son pays et la prison

TALAN AN NOU: Quand as-tu décidé de devenir artiste peintre ? Joël Nankin: Je n’ai pas décidé dans mon cas! J’aime à penser que nous avons tous un chemin. Je suis dans l’art depuis 1995.

Quelle a été ta formation ? Je suis un autodidacte mais j’ai eu la chance de travailler dans de nombreux ateliers de maîtres notamment en Haïti, Trinidad & Tobago, etc. 

Avec la peinture, que cherches-tu à transmettre ? Mon regard sur l’humain.

Joël Nankin - Talan An Nou
© Facebook Joël Nankin

J’ai l’impression que je n’ai jamais rien cherché, tout se trouvait sur mon chemin

Comment te viens l’inspiration pour créer ? L’inspiration est dans la vie de tous les jours, j’aime beaucoup la littérature. Je suis souvent dans la réflexion littéraire, elle nourrit mon travail.

(Réflexion) Quelqu’un m’a été très utile, c’est Guy Tirolien. Nous sommes marie-galantais tous les deux mais ce n’est pas seulement ça. C’est l’un des plus grands poètes guadeloupéens. Malheureusement tous les gens qui pourraint être des exemples on ne les cite pas (NDLR : Tel est l’objectif de Talan An Nou).

Quelles sont tes principales influences artistiques ? Nous artistes, sommes multiples… Je n’ai pas une influence mais des influences : indiennes, américaines, africaines et occidentales de part notre histoire.

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? (Réflexion) J’ai l’impression que je n’ai jamais rien cherché, tout se trouvait sur mon chemin. Un exemple concret est ma réalisation professionnelle…ma vie.

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Le colonialisme dans mon pays et la prison.

Comment les as-tu surmontés ? En créant…sinon an té ké vin fou.

Quelle était ta plus grande peur ? J’ai eu peur de perdre ma mère.

Des projets futurs ? Tout d’abord c’est de voir grandir ma fille qui a 12 ans. Puis, continuer ce que j’ai commencé le plus tard que possible.

Je suis souvent dans la réflexion littéraire, elle nourrit mon travail

Joël Nankin - Talan An Nou
Déclaration de Joël Nankin, prisonnier politique, face à l'injustice de sa peine © Facebook Joël Nankin

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Pas de modèle mais un père spirituel c’est Gérard Lockel, guadeloupéen conscient, militant. Car sé on moun ki paka lagé.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Non car dans la logique de ce que je dis chacun à sa mission alors quand tu ressembles à quelqu’un tu as ses peines et ses douleurs. Chak moun ni doulè a yo.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? La vie. Quand je fais l’expertise de mon travail aujourd’hui j’ai choisi mon camp: le camp des déshérités. Je peins souvent ce que je n’aime pas. C’est très important ! Je suis profondément contre l’injustice peu importe le domaine et j’espère que cela se ressent dans ma peinture.

Je suis profondément contre l’injustice peu importe le domaine et j’espère que cela se ressent dans ma peinture

Joël Nankin Gérard Lockel Talan An Nou
Gérard Lockel © Ugtg.org

MESSAGE

Il faut y croire. N’oublie jamais ton histoire, tu es porteur du rêve de l’esclave : la liberté donc l’excellence

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Il faut y croire. N’oublie jamais ton histoire, tu es porteur du rêve de l’esclave : la liberté donc l’excellence.

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société guadeloupéenne,  devrait-on suivre ? Être nous quelque soit la façon…Que les guadeloupéens prennent la pleine souveraineté de leur pays.

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Il y en a beaucoup…Je suis content qu’à chaque fois qu’un guadeloupéen triomphe, c’est une part de moi-même qui gagne. AN KONTAN.

Un mot pour la fin ? FAIM de liberté.

Joël Nankin - Talan An Nou
Stevy Mahy et Joël Nankin à la Rue Piétonne de Pointe-à-Pitre © HappyMan Photography

Avant de se quitter, découvrez Joël plus en détails: 

PORTRAIT

Le musicien qui me pète la tête c’est Guy Konkèt

Peux-tu te décrire en quelques mots ? Passionné.

Et en un mot ? Têtu.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je n’ai pas de temps libre sauf quand je prends des vacances.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Comme le commun des mortels ça dépend de l’intensité de la joie… Et une situation irritante ? La colère.

Dans ta playlist, on trouve qui ? Le musicien qui me pète la tête c’est Guy Konkèt.

Ton artiste préféré ? Gérard Lockel.

Ton repas préféré ? I-tal.

Un voyage mémorable ? Vietnam héroïque, Sénégal.

La culture guadeloupéenne me fascine car nous sommes en train de la construire

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? La culture guadeloupéenne me fascine car nous sommes en train de la construire.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? La cuisine. Je suis un chef.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? La jeunesse.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je l’ai déjà fait. J’ai tout arrêté (après 30 ans d’enseignement dans l’hôtellerie) pour la peinture.

Joël Nankin - Talan An Nou
© J.Lanoir

EXPOSITIONS DE JOEL NANKIN

2016

 “CREDO ” Hommage à l’œuvre de Guy Tirolien, Atelier-galerie Nankin, Morne-à-l’eau, Guadeloupe

2015 

“Egzistans”,A telier-galerie Nankin, Morne-à-l’eau, Guadeloupe

2014 

“Grenn Sèl”, Ouverture Atelier-galerie Nankin, Morne-à-l’eau, Guadeloupe

2011

Festival de Longueuil, Montréal, Canada

Hommage à Edouard Glissant, Ville de Baie Mahault, Guadeloupe, happening.

“27 mai, Limyè Ba Yo”, Hommage à nos aïeux, Place de la Victoire, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe.

2010 

“Lespwi Sonny Rupaire”, Pavillon de la Ville, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe.

Art Bémao, “Le déséquilibre”, Parc de la Centrale, Baie-Mahault, Guadeloupe.

2009

Casa Frela Gallery, Harlem, New York, USA.

2007

“An wonn la” Atrium, Fort-de-France, Martinique.

Hommage à Sonny Rupaire, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

2006

Festival de Jazz de Cayenne, Guyane.

2005

“Le plus difficile pour être humain est d’être chaque jour un homme”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

2004

Auditorium, Parco della Musica, Rome, Italie.

2003

“Etat d’urgence”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à-Pitre, Guadeloupe.

Exposition et happening, tryptique, Paris, France.

Exposition, Galerie Gora, Montréal, Canada.

2001 

“Miroirs”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

1999

“Anmwé”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

1998

“An mawonaj”, Centre Rémy Nainsouta, Pointe- à- Pitre, Guadeloupe.

“Autour d’une éclipse”, Galerie Espace d’Art, à Baie-Mahault, Guadeloupe.

1997

“Musique Caraïbe”, le Marin, Martinique

Musée National Port of Spain, Trinidad.

1996 

“Bitasyon”, Habitation, le Maud’huy Saint-François, Guadeloupe.

1995 

” Bitako”, Centre des arts et de la culture de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe.

1994

“Lakou” Centre des arts et de la culture de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe.

Biennale de Saint Domingue, Musée d’art contemporain, République Dominicaine.

1992 – 1996 

“Indigo”, Festival intercaribéen d’arts plastiques, Fort Fleur d’Epée, Gosier, Guadeloupe.

Joël Nankin - Talan An Nou
Mè 67 © Facebook Joël Nankin

Propos recueillis en Octobre 2015


Romuald Seremes, Chorégraphe, metteur en scène & fondateur de Djòk

Romuald Seremes traduit la nature en mouvements TRANScendants. Qu'il espère résonneront assez fort pour participer à la mondialisation du gwoka.

Chorégraphe, metteur en scène et fondateur de la technique de danse KA KWE, Romuald Seremes nous offre une expérience unique à chaque représentation grâce à sa démarche holistique!

Nom: Seremes  Prénom: Romuald 

Age:  49 ans   

Couleur: J’aime toutes les couleurs mais il y des couleurs qui viennent plus à moi. C’est le bleu.

Profession: Chorégraphe, metteur en scène

Lieu de résidence: Abymes, Guadeloupe

Contact: Facebook, Youtube

PORTRAIT

"J’utilise la tradition pour faire ma révolution"

Peux-tu te décrire en quelques mots ? J’utilise la tradition pour faire ma révolution, j’ai mon inspiration de la nature et les grands. J’étudie beaucoup la spiritualité, l’Égypte Ancienne, l’esclavage de différents pays (Brésil, Haïti, Guadeloupe). J’aime beaucoup l’humain, la nature et j’y crois.

Et en un mot ? Ka kwè.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je me repose, je me libère, j’essaye de m’envoler, je vais à la mer, dans les bois, je fais de la méditation.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Je vais de l’avant et je regarde qu’est-ce qu’on peut faire pour aller plus loin. 

Et irritante? J’essaie de contrôler mon émotion et transformer mon énergie négative en positif, si c’est possible, pour trouver un équilibre. 

Dans ta playlist, on trouve qui ? J’aime toutes les musiques. Notamment, celles par rapport à la colonisation et ce que nous sommes aujourd’hui. J’écoute les musiques du monde. J’écoute aussi beaucoup de gwoka ancien. Il y a des artistes qui m’inspirent plus que d’autre ça dépend du style que je travaille.

Ton artiste préféré ? Guy Konkèt, Robert Loyson, Cab Calloway, Michael Jackson.

Ton plat préféré ? Je n’en ai pas.

Un voyage mémorable ? Cuba NYC et Inde. Le festival de Carifiesta à Cuba et Trinidad (années 90). C’est là que j’ai compris ce que je dois faire avec le gwoka pour faire ma révolution.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? Ancienne Egypte. Car pour moi c’est le début c’est la 1ère civilisation. La civilisation chinoise me fascine également.

"J’aime tout ce qui est étrange"

Des habitudes bizarres ? Je suis assez bizarre par rapport à la société. Il y a des trucs qui me vont pas et je me retire.

Un talent étrange ? J’aime tout ce qui est étrange. Si le monde me propose un pays, je l’étudie par rapport à ma culture, j’aime l’étrange pour prendre je vais chercher ce que l’on comprend pas pour qu’on puisse le comprendre. Ce que l’on ne voit pas avec l’œil on peut le voir avec l’esprit, l’âme car on n’est pas habitué avec.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? La respiration.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Pour moi rien ne s’arrête car même si on fait rien dans le passif on voit encore autre chose à faire, on peut progresser et aller encore plus loin. Rien ne s’arrête tout continue.

Ludovic Bibeyron, Romuald Seremes et Nelson Rogier
Ludovic Bibeyron, Romuald Seremes et Nelson Rogier (de gauche à droite)

PARCOURS

Djok Romuald Seremes Adéola Bambé
© Adéola Bambé

Quand as-tu décidé de devenir danseur? Et chorégraphe? J’avais une énergie. Cela a commencé quand je regardais des show variétés, des films de danse classique à la TV à 7 ans. J’essayais d’imiter tout ça avec euphorie. Et quand j’allais voir les films de karaté au cinéma Plaza (NDLR: ancien cinéma situé à Pointe-àPitre), je reproduisais tous les gestuels à la fin du film dehors. Les gens m’entouraient et me regardaient. Mon frère dansait aussi. Et de là c’est parti, on faisait des chorés et on montait sur scène. Puis, avec les clips de Michael Jackson, Lionel Richie, James Brown,… j’ai commencé à bosser plus des danses de rue.

Quelle a été ta formation ? J’ai commencé en tant que danseur de rue. Puis j’ai fait la formation pour obtenir mon Diplôme d’Etat. Ensuite, j’ai continué à l’école de danse Deshauteurs, à l’école de danse Scherrer et aussi chez Léna Blou. J’ai également reçu une formation professionnelle à Paris. reda puis J’ai gagné une bourse pour me former chez Alvin Ailey à NYC. Mon premier groupe a été celui avec Tony Mumba.

Avec la danse, que cherches-tu à transmettre ? La danse, en partant de l’Afrique, c’est quelque chose de noble. C’est thérapeutique, c’est un message, c’est quelque chose de divin. C’est être habité par quelque chose qui est invisible. Tu es obligé d’apporter un message à quelqu’un qui te voit à l’œuvre. Cela dépasse un truc social, c’est quelque chose de divin.

"Quand tu danses tu sors de toi [...] Dans la danse il y a tout. La danse peut transformer un peuple, les mentalités."

Comment te viens l’inspiration pour créer ? J’ai appris à regarder la nature, un arbre et comment le faire bouger. La transformation! Quand quelqu’un parle, observer comment son corps bouge, ses mots. Elle vient aussi de la poésie pour que la danse ait une expression qui peut tracer les mémoires, des trucs qui ont disparus, pour avoir un repère. Par exemple, les jeunes qui n’ont pas vu certaines choses, quand tu répètes certains mouvements c’est un truc ancestral, c’est la mémoire enfouie.

Quand tu danses tu sors de toi, tu vas chercher quelque chose?! Je libère mon corps, je fais des choses que je ne contrôle pas. Mon corps l’enregistre et après je fais un code avec. Je vais vraiment au fond de l’être. Dans la danse il y a tout. La danse peut transformer un peuple, les mentalités.

Comment est née l’association Djòk ? Il y a la compagnie Ki 3D Ka et il y a l’association Djòk.

  • Association Djòk

Pourquoi Djòk? Car je suis resté pendant longtemps sans rien faire, j’étais dans l’incapacité de faire des choses. Ce qui veut dire que même si je suis allongé, malade mon esprit doit rester djòk. C’est être courageux, être debout, c’est la verticalité. Un gwoka vertical..pou nou pa ka lagé. Djòk c’est rester créatif. L’association a été créée en 2007.

  • La compagnie Ki 3D Ka

C’est l’énergie du ka en 3D. Je prends les bases du gwoka traditionnel, la gestuelle stérétoypée, un gwoka improvisé/instantané et je le transcende. Je prends un truc à partir de la diversité car le gwoka c’est l’Inde, l’Afrique et l’Europe. Alors je cherche un pas par rapport au passé des ethnies, la yo soti, jan yo té yé. Je prends les 3 peuples, je fais des recherches an ka bay nivo grafik, nivo a ko ay. Je fais un mélange!

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser ton rêve ? Faire transmettre toute cette philosophie aux danseurs. Le gwoka n’est pas seulement une danse de rimé bonda. C’est une manière de vivre, c’est être véloce. Le gwoka c’est une transformation. Quand on souffre et qu’on danse/chante on transforme l’être pour être bien équilibré pou i pa soufé twop an lanm ay é an lespri ay. Il n’y a rien de difficile, il faut travailler. Si i fèt i bon ,si i pa fèt sé on dòt ki ké fèy. Gwoka sé on biten universèl, sé pa tradisyonèl, i pa ni fren i pa ni bayè i ka-y odela dè tout pansé, form. (Longue respiration) « J’utilise la tradition pour faire la révolution ». José Marty.

"Le gwoka n’est pas seulement une danse de rimé bonda. C'est une manière de vivre, c'est être véloce. Le gwoka c'est une transformation"

Quels principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmonté ? Par rapport à un choix, on a toujours des obstacles. Moi c’est de sublimer le spectacle gwoka il suffit de rassembler les éléments. Fò-w travay an kachèt é soti an sèl kou.

Quelle est ta plus grande peur ? Des peurs j’en ai plein. La plus grande : la perfection. Puis j’ai compris que la perfection me mettait trop de barrières. Par exemple quand tu as des références comme des américains alors qu’il te manque du parcours pour faire comme eux. J’ai compris une chose: ne pas me battre pour la perfection mais me battre pour faire les choses.

Des projets futurs ? Faire connaître le gwoka à travers le monde entier. 

© IDLineStudio

INSPIRATION

Djok Romuald Seremes Adéola Bambé
© Adéola Bambé

Qui est ton modèle dans la vie ? J’aime bien Gandhi, Martin Luther King, le Christ, Cheik Anta Diop.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? Les Mawons, ceux qui ont bati, osé car c’était interdit. Yo ozé !

Quelle est ta principale source d’inspiration ? Le visible (la nature).

djok
© Facebook Djok Asosyasyon

MESSAGE

Djok Romuald Seremes
© Facebook Djok Asosyasyon

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Rêver c’est bien c’est la moitié d’une existence, s’asseoir réfléchir et agir. Réfléchir, regarder comment emmener l’action et ne pas lâcher. Faire une chose à la fois. Ne pas faire que rêver. Ne pas aller trop vite. Ne pas vouloir faire les choses en grand comme à la TV. Rester soi et ne pas lâcher, vivre sa vie. Choisir son rêve. L’action c’est beaucoup. Quand tu agis, pa palè onlo.

Quelle direction devrait-on suivre en faveur de notre société guadeloupéenne ? Je suis guadeloupéen et français par la colonisation. Je dois vivre avec mes plantes et mes arbres. Papa yaya, vélo tous les intellectuels guadeloupéens., travailler société pour y ay pli lwen.

" Je suis guadeloupéen et français par la colonisation"

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Quand il y avait des cyclones à l’époque on était vraiment fraternels. Il y avait des groupes qui se battaient contre l’injustice. On était plus compatriotes : sé an lanmen ka lavé lot. Aujourd’hui c’est l’individualisme et l’argent qui priment. La fraternité n’est plus pareil. Mais, ill y a quand même de l’espoir…

Un mot pour la fin ? Travaillons tous ensemble pour une économie guadeloupéenne, pou lè moun rèkonnèt nou, an nou travay tout ansanm, mantalité a kroch pa no plas a-y la. An nous amblé!

(Il rajoute) Fouté égo la an bwè car i pa ka méné nou pon koté.

"Travaillons tous ensemble pour une économie guadeloupéenne"

Qu'est-ce que le Kakwè ?

Le KAKWÈ est une Technique de Danse hybride originale et typiquement Guadeloupéenne. Créée par Romuald SEREMES à l’issue de ses nombreuses années de recherches et d’observations, cette danse gagne perpétuellement en maturité.

À l’instar du jazz, qui a pris naissance de la symbiose de différentes influences artistiques : jeux de jambes, claquettes, “Bounce”, et autres danses de rue, il fait naître une sorte de filiation entre la danse traditionnelle et la danse moderne, s’inspirant du courant Américain dans sa globalité.

Le Chorégraphe Romuald SEREMES va de fait cibler 5 pistes de recherches:

  • La Nature (la Faune et la Flore) et les Danses sacrées (Spiritualité, Postures du Yoga Egyptien)
  • Les Danses Sociales ou Populaires : La Biguine, le Gwo ka traditionnel, le Jazz, Le quadrille, les Danses de combat, les Jeux dits « de société » …
  • La Danse moderne
  • Le Théâtre et la Poésie créole
  • Les codes de la vie quotidienne (Gestuelle de travail, postures, manières typiques…)

Il découle du mariage de ces Danses, Pratiques spirituelles, Guerrières, Martiales et Populaires, une Danse Gwo ka plus riche, revigorée, dont le vide cognitif est comblé et dont la noblesse qu’elle mérite est réattribuée.

LA TECHNIQUE DE DANSE: Le Kakwè de Romuald SEREMES dépeint un Gwo ka en perpétuel mouvement. En effet, avant de récolter pléthore d’éléments du milieu culturel, le chorégraphe s’est construit sa propre « matrice » de réflexion. Il a commencé par faire du “Rapport au sol” le principe élémentaire de son travail: Trépignements, sauts, transferts de poids du corps, changements de niveaux etc.

Ces éléments vont lui permettre d’explorer d’autres constructions graphiques mettant en jeu distinctement le corps dans sa globalité et ses différentes parties : le bassin (siège de l’utérus chez les femmes, il est l’élément moteur de tout mouvement), les hanches, le buste, le port de tête etc. Cependant, le fondement de son travail, même s’il passe par des exigences techniques de base anatomique d’alignement et de connexions articulaires, il va au-delà de tout formalisme et touche ce qui nous relie au plus profond de nous-même, c’est à dire à une véritable énergie ancestrale : “le Ka ancestral” ou ce qu’il appelle encore la “Mémoire enfouie”.

LE CONCEPT DU “KA ANCESTRAL”

LA MÉMOIRE ENFOUIE C’est le paroxysme, l’état d’ivresse, d’improvisation, de spontanéité où le danseur est habité et entre dans une sorte de « transe » sans exécuter de pas stéréotypés ou acquis. Au-delà de toute exécution préméditée ou chorégraphiée, il s’agit ici d’une Résonnance des origines et de l’environnement qui sont propres à l’individu. C’est l’écho même de nos racines. « La Mémoire enfouie ressurgit de façon inconsciente dans le mouvement du corps. » Romuald SEREMES.

© Facebook Espace Danse Wargnier


Megguy Bordée, Chorégraphe

Megguy Bordée est chargée de projet, chorégraphe de gwoka et fondatrice de la Compagnie l’Essens. FEMME Talentueuse, découvrez-la…

“Chercher la difficulté pour devenir courageux” 

 

Nom: BORDÉE Prénom: Megguy

Âge: 28 ans Couleur préférée: Rouge

Dicton: « C’est lorsque l’homme parle en son nom qu’il est le moins lui-même donné lui un masque il vous dira la vérité » Oscar Wilde

Activité professionnelle: Chargée de projet

Lieu de résidence: Baie-Mahault, Guadeloupe

Contacts: La page Facebookle site

 


PORTRAIT 


 

Peux-tu te décrire en quelques mots ? J’ai espoir en demain, je mets ma volonté au service de cette cause future. Je suis une femme claire et déterminée.

Et en un mot ? Précise.

Que fais-tu de ton temps libre ? Je prépare mon temps plein !

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante ? Je suis ravie des situations positives, mais je les trouve plus ou moins fausses, car après le beau temps il y a la pluie, je pardonne mais je n’oublie pas, je crois qu’il est important de rester sur ses gardes, surtout après la victoire et durant les moments joyeux. Les situations irritantes sont la raison de mon combat, ce pourquoi je travaille. Il n’y aura de véritables situations positives que quand nous aurons fait disparaître toutes les situations irritantes.

Dans ta playlist, on trouve qui ? London Grammar, Kolo Barst , Edith Lefel, Withney Houston, Schubert, Mozart, l’Opéra Rock de Mozart.

Ton artiste préféré ? Edith Lefel, car je trouve passionnante sa vision artistique : elle a une manière élégante d’aborder de la vie, une musicalité parlante, un art de dire les choses. J’apprécie également sa présence féminine, son imposante éloquence. 

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Edith Lefel, 1992

Ton repas préféré ? Malgré les grands plaisirs que j’ai à déguster certaines spécialités, le repas que je pourrais manger tous les jours est simplement à base de bananes jaunes, patates douces et court-bouillon de poisson.

 

“Il y a en moi une force, une Megguy non palpable, qui se souvient de tout et m’apporte une aide nouvelle au moment opportun.”

Un voyage mémorable ? Mon voyage en Italie fut marquant car il m’a permis d’apprécier une architecture flamboyante, et de me plonger véritablement dans un cadre historique. Ce fut un voyage d’art très parlant pour moi, me permettant de revisiter et d’imaginer cette conquête de l’Homme, qui est celle du travail, de la grandeur, du pouvoir, et sa recherche de la beauté.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? J’ai une profonde fascination pour la culture nippone. Les japonais sont vraiment marqués par une sagesse dont ils ne se vantent pas, et que personne n’oserait mettre en cause. J’apprécie son rapport à la matière et l’exclusivité de leur culture artistique.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? J’ai l’habitude de donner, et l’habitude bizarre de ne pas comprendre le souhait de l’autre, quand il veut me donner en retour. Je perçois ce geste assez difficilement à vrai dire, et j’émets souvent une réaction de rejet. Parfois, quand mon moral est à zéro, après des moments durs ou de grandes difficultés, une période d’errance de l’esprit s’impose et il s’opère en moi, comme une régénération, au cours de laquelle apparaît une nouvelle personne, qui a pardonné, et se retrouve au final, à remercier ces moments qui lui ont permis de grandir davantage. 

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©Kafé Foto – Spectacle de danse l’Apocalypse “La fin de rien…”, Mai 2015

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Il y a en moi une force, une Megguy non palpable, qui se souvient de tout et m’apporte une aide nouvelle au moment opportun.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je referai ma vie, car au final je fais ce que je veux vraiment, et quand je voudrais autre chose, je me donnerai les moyens pour y arriver.


PARCOURS


Quelle a été ta formation ? Je ne conçois pas la formation d’une manière identique à la plupart des gens : pour moi il s’agit d’un état d’esprit, voire plus que cela, c’est un plan qui existait bien avant moi et dont je ne suis que le produit. C’est quelque chose qui me dépasse, le chemin par lequel je « deviens », et je m’ « accomplis » avec le temps. 

Comment est née ton école de gwoka Kleth-Nika ?  L’apparition de Kleth-Nika est due à une histoire de destin : on peut dire qu’elle marque le franchissement d’un pallier dans ma vie. J’ai ressenti que le moment était arrivé pour réaliser ce projet.

Comment te vient l’inspiration pour créer ? Il est important de savoir que je suis solitaire, tout en appréciant le contact à l’autre. Ces moments passés avec moi-même sont très importants, ils me permettent d’entendre la voix de mon corps, j’ai d’ailleurs écrite une pièce nommée « La voix du corps ». C’est cette errance de l’esprit, semblable à un voyage indispensable, qui me permet de percevoir ma musicalité essentielle, et qui m’invite à partir dans une dérision artistique, qui échoue aux rives de la nature humaine. Cette nature humaine que je pense parvenir à percevoir par ma sensibilité, et ue je retranscris dans mes œuvres.

Avant le milieu associatif, que faisais-tu ? Pendant ma jeunesse, à huit ans, j’étais à la chorale de mon église, ma voix s’est mise à la disposition du chant et au service des autres. A onze ans j’étais chef de chœur de cette même chorale, où j’ai pu observer les différentes voies de la musicalité. Ce sont ces souvenirs qui résonnent encore dans mes démarches, de manière anachronique on peut dire que ce fut véritablement une expérience bénéfique pour mon art actuel. Du chemin a été fait, je ne le nie pas. Mais quand je vois la place qu’on propose aux musiciens de gwoka, les cachets parfois indécents, le fait que les gens s’en tapent. Le fait aussi que ça paraisse normal à ces mêmes gens de payer une fortune et de remplir un stade pour un artiste national ou international en vogue, alors qu’il leur est inconcevable de supporter leurs artistes locaux. Je ne tire pas que sur le peuple guadeloupéen, c’est un phénomène mondial. Mais chez nous, il faut aussi compter avec l’aliénation culturelle qui fait encore des ravages.

“Mes actions s’insèrent dans la continuité de mon art : c’est mon devoir, je ne fais que les dire.”

Que défends-tu à travers tes projets ? Je ne défends rien. Si c’était le cas je serai déjà dans un rapport conflictuel avec un point de vue émis, et avec lequel je ne suis pas d’accord. Plutôt que de m’y opposer, je cesse juste de lui donner vie dans mon existence. Se défendre, ce serait accepter d’être sous l’emprise, d’être soumise à cette justice que je trouve inadaptée. Je peux juste dire que mes actions s’insèrent dans la continuité de mon art : c’est mon devoir, je ne fais que les dire.

La reconduite de ton spectacle L’apocalypse, ta collaboration avec Romuald Seremes, Directeur artistique de Djòk … comment cela s’est passé ? J’observais Romuald Seremes silencieusement, je crois que le moment n’étais pas encore arrivé pour que nous puissions collaborer, mais peu à peu nous nous sommes rapprochés, et c’est sur le projet l‘Apocalypse que nous avons pu véritablement débuter notre travail ensemble. Aujourd’hui les choses prennent forme, il y a des hauts et des bas. Les choses sont juste ce qu’elles sont, et plutôt que d’entrer dans une logique de « norme », je fais tout pour m’adapter à la situation.

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Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser ton rêve ? Dire que j’ai atteint mon rêve serait me limiter à mon passé. En réalité j’ai un plan de vie dans mon esprit, qui évolue, il est immuable tout en étant changeant, et vice versa, je m’adapte aux aléas de la vie mais je ne crois pas à la notion d’ « arrivée », juste au « chemin ».

Quelle est ta plus grande peur ? Ma plus grande peur vient d’autrui : lorsque je rencontre des personnes, je me trouve rapidement imprégnée de leurs problèmes et je suis alors parfois bien trop investie.

Des projets futurs ? Les choses viennent à moi, de plus je ne pense pas qu’il soit bon de parler des choses encore immatérielles, il vaut mieux attendre leur réalisation.

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©Photo Alain – Romuald Seremes, Megguy Bordée et Stella Moutou (De Gauche à Droite), Spectacle de danse l’Apocalypse “La fin de rien…”, Mai 2015


INSPIRATION


Qui est ton modèle dans la vie ? C’est celui qui a accepté de me conter mon moi en me révélant des choses que j’ignorais, et en me rappelant des choses que j’oubliais à mon propos ; celui qui m’a donné confiance en moi : il vient équilibrer l’atmosphère qui m’entoure, compléter mon être, tout en étant opposition, il est idéal.  

Quelle est ta principale source d’inspiration ? Il est parfois bon d’aller à l’essentiel, ainsi, je reviens sur la question précédente en la définissant en un mot : ma moitié.


MESSAGE


 

“Profiter des difficultés, des personnes qui nous barrent la route, et de tous les obstacles, pour viser encore plus haut”

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ?  Je leur dirai de chercher la difficulté pour devenir courageux. Je pense qu’il faut avoir un plan dans sa vie, se fixer des objectifs, puis mettre toute notre force et notre sérieux (sincérité) à les mettre en œuvre. Je pense qu’il faut voir les choses avec un point de vue constructif, et qu’il faut profiter des difficultés, des personnes qui nous barrent la route, et de tous les obstacles, pour viser encore plus haut, travailler encore plus. Tout ce travail passe par une foi certaine, et une conviction pour la mettre en forme. Tout dans la vie répond à une logique d’organisation, de gestion, et ne pas agir de la sorte, c’est avoir un destin semblable à une boule qui dégringole jusqu’au néant.

Quelle direction devrait-on suivre pour améliorer notre société guadeloupéenne ? Maryse Condé est pour moi un véritable exemple de l’investissement ; à travers ses œuvres on a clairement pu reconnaître une rythmique antillaise : en plus d’ouvrir le monde à nous, elle nous ouvre au monde, j’ai envers elle une grande admiration.

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Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? J’admire le déroulement de l’histoire haïtienne et le courage dont fait preuve le peuple de cette île, et ce malgré toutes les difficultés auxquelles il est confronté.

Un mot pour la fin ? Je n’aime pas parler de fin, je suis la première à parler de la « fin de rien », parce que selon moi, les choses s’inscrivent dans une chronologie qui se bonifie à chaque instant davantage. Chaque seconde nouvelle, remplie d’espoir et de l’expérience que nous apporte l’histoire passée, nous pouvons tout changer, ce qui est un véritablement cadeau. Pour moi, il n’y a pas de problème, que des solutions, pas de fins, que des débuts. Il est important de ne pas accepter tous les cadres que l’on nous propose, et véritablement s’inscrire dans l’unicité, tout en étant dans l’harmonie, et d’avancer sereinement vers la continuité, demain, l’éternité…

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COMPAGNIE L’ESSENS

Contacts: la page Facebookle site

Propos recueillis en Avril 2015


Sohad Magen, Makèz

Sohad Magen, Enseignante de Lettres et Philosophie et Musicienne de Gwoka notamment au sein du groupe féminin, Fanm Ki Ka. 

“Fè sa fo-w fè pou divini sa-w yé ! Fais ce que tu as à faire pour devenir ce que tu es, personne ne s’y appliquera à ta place.” 

 

Nom: MAGEN Prénom: Sohad

Âge: 33 ans Couleur préférée: Noir

Dicton: La ki ni blès tini longan (s’il y a blessure il y a remède)

Activité professionnelle: Professeur de Philosophie  

Lieu de résidence: Ste rose, Guadeloupe

Contacts: Soso Mwen Pa Mandé’w

Prix, distinctions: Poésie et dessin

 

 

 


PORTRAIT


Peux-tu te décrire en quelques mots ? Curieuse de la vie, pas toujours évidente a vivre, parfois même un peu « sauvage » j’aime la solitude ! Mais quand j’aime, je donne sans compter, c’est valable en amour comme en amitié.

Et en un mot ? Passionnée

Que fais-tu de ton temps libre ? Tout ! Je suis incapable de m’ennuyer ! Lecture, musique, net, films, séries, aimer … je n’ai pas assez de temps libre !!! 😉

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante ? Je suis très entière donc lorsque c’est positif, c’est l’euphorie ! Du coup dans le cas contraire c’est dramatique. Je gère très mal la colère, je peux la ruminer jusqu’a ce que j’explose et en général il vaut mieux ne pas me croiser dans ces périodes la. Je m’isole délibérément d’ailleurs.

Dans ta playlist, on trouve qui ? C’est très varié. Des maîtres Ka, bien sûr. Chaben, Loyson, Konkèt, Sergius… Des groupes de Gwoka comme Poukoutann’, Kannida, Indestwas Ka, Krèy, Horizon, Milflè… Beaucoup de jazzmen, de solistes, de latin jazz et de manouche, Reinhart, Camillo, Tatum, Jordan, Youssef, Zadeh…

Des valses vénézuéliennes, de l’Inti Illimani, des chants napolitains, Youssou N’Dour, Salif Keita, Djélimady Tounkara, du rap de I Am, du Brassens… Beaucoup de rétro zouk, mais ça c’est vital ! Rotin, Zouk Look, St Eloi, Lefel, Kassav’. Les rois de la soul : Otis Redding et Steevie Wonder. Et puis Bellafonte, Makéba, Nina, Ella, Billie… Il y en a trop, je vais plus m’arrêter !

Ton artiste préféré ? J’ai eu la chance d’aduler des percussionnistes auprès desquels j’ai grandi. Certains ont même été mes maîtres. Pour leur technique, leur précision, leur inspiration, leur minutie dans la façon de traduire les pas des danseurs, mes stars quand j’étais ado n’étaient pas des Jackson ni des Boys band mais des markeurs comme Vincent Blancus, Henry Délos, Armand Achéron, Marcel Iskaye, Eneidge Fila… Difficile de trancher la préférence. Ils ont tous été géniaux dans leur art.

Ton repas préféré ? Le repas parfait commence toujours avec du BON boudin de Guadeloupe !

Un voyage mémorable ? La tournée Béninoise que nous avons faite en juillet 2014 avec les Fanm Ki Ka. J’avais l’impression de retrouver une partie de moi. Beaucoup de souvenirs d’enfance sont revenus. J’ai grandi au Congo avant d’arriver en Guadeloupe, alors ça a été comme un pèlerinage pour moi.

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? La culture Mandingue, parce qu’ils ont réussi à conserver une richesse incommensurable et une mémoire vivante à travers les millénaires. Les cultures afro-caribéennes (j’y inclus l’Amérique latine) dans leur ensemble, chaque fois que j’en découvre une, j’y retrouve quelque chose de nouveau et de familier à la fois.

La méditerranée antique me fascine aussi, elle a été un bouillon effervescent de cultures africaines, arabes, grecques, turques, qui se sont mélangées, digérées, appropriées les unes les autres. Je ne comprends pas qu’on fasse encore croire à nos enfants que « l’occident » soit né dans l’antiquité méditerranéenne, cette zone était tout sauf occidentale. On ferait une bien meilleure prise à montrer que c’est parce qu’elle a été une zone d’échange intense que la méditerranée de l’époque a fait de tels bonds en avant.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? Mon nez me démange à la moindre contrariété.

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Tout ce que la musique fait passer de magique : toute cette magie qu’on subit sans comprendre, ça nous renforce. Ça me permet de garder foi en nous.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Je ferai ce qu’on fait d’autres artistes guadeloupéens avant moi : une retraite à la Désirade pour y composer, y méditer, prendre le temps de travailler mon instrument et donner le meilleur de moi.


PARCOURS


Quelle a été ta formation ? J’ai commencé par la danse avec Jacqueline Cachemire-Thôle à l’Akadémiduka, j’avais 9 ans. Mon frère a commencé à me former au boula à la maison. A 13 ans, j’ai été au cours de Henry Délos, à 14 ans à celui d’Armand Achéron. En parallèle je me formais sur le terrain, j’allais beaucoup dans les léwòz, aka Man Soso, à la piétonne : j’ai commencé par y jouer du chacha, puis danser, puis bouléyé, puis maké.

Quand as-tu décidé de faire du ka ? Au départ, j’en faisais sans trop de conviction. Mon frère avait besoin d’un boula pendant qu’il marquait : c’est donc moi qui m’y collais. Ça fait un peu cliché mais à 12 ans, je me suis cassé le bras droit. Au moment où je me tenais le bras, je me rappelle avoir pensé « je ne jouerai plus jamais », c’est là que j’ai compris qu’en fait ça m’était vital. On venait de m’enlever la broche que je jouais déjà comme une forcenée.

Avec le gwoka, que cherches-tu à transmettre ? J’aimerais, comme beaucoup, que les guadeloupéens se rendent compte de la richesse infinie qui est la nôtre. Une musique capable de faire tenir ensemble tout un peuple, capable de transmettre jusqu’à une identité qu’on a voulu étouffer durant des siècles, capable de jeux d’improvisation exceptionnels. J’aimerais que tous comprennent et le ressentent. J’ai rencontré énormément de musiciens de tous horizons durant mes études, tous étaient ébahis par les possibilités qu’offre le Ka et la musique qui l’entoure. J’aimerais qu’on prenne le temps de se dire : WAOW ! Sé sa nou yé ! Fò nou mété-y pi douvan !

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Du chemin a été fait, je ne le nie pas. Mais quand je vois la place qu’on propose aux musiciens de gwoka, les cachets parfois indécents, le fait que les gens s’en tapent. Le fait aussi que ça paraisse normal à ces mêmes gens de payer une fortune et de remplir un stade pour un artiste national ou international en vogue, alors qu’il leur est inconcevable de supporter leurs artistes locaux. Je ne tire pas que sur le peuple guadeloupéen, c’est un phénomène mondial. Mais chez nous, il faut aussi compter avec l’aliénation culturelle qui fait encore des ravages.

Comment te vient l’inspiration pour créer des phrases musicales ? C’est sûrement qu’arrivé à un certain point, tout ce qui nous a nourri musicalement s’exprime. Mais ça n’explique pas tout : quelque chose parle en moi. Mes meilleures performances sont celles où « je pense avec mes mains ».

Que défends-tu à travers Fanm Ki Ka ? As-tu d’autres projets en cours ? Fanm Ki Ka veut montrer ce qu’est l’âme féminine du Gwoka. Parce qu’il y en a une, et malgré ce que tout le monde pense, elle n’est pas nouvelle. Des témoignages rapportent que beaucoup plus de femmes chantaient dans les léwòz antan lontan, dans certaines régions aussi elles avaient pignon sur rue. Enormément de chansons traditionnelles ont des paroles où une femme s’exprime. Dans l’exécution les femmes ont été là, à un moment, ce moment a été enterré par la profusion d’enregistrements en studio d’où elles étaient exclues. Dans la transmission, elles ont gardé leur rôle. Les mères ont transmis à leurs chanteurs de fils. Fanm Ki Ka travaille en mémoire de ces femmes. En mémoire des maîtres Ka aussi, qui nous ont laissé cette richesse en héritage, en mémoire de nos ancêtres qui n’avaient rien et qui nous ont tout donné. Nous avons une sensibilité différente, une oreille différente, nous ressentons plus intensément certaines choses, et cette façon de vivre le Gwoka est complémentaire aux autres. Nous travaillons à lui donner sa place.

Fanm Ki Ka - Concert à Lakasa 17/01/14

Fanm Ki Ka – Concert à Lakasa 17/01/14

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser ton rêve ? Etre une femme n’a pas toujours simplifié les choses. Etre une fille de métisse qui ressemble plus à une touriste qu’à une guadeloupéenne, non plus. Le plus difficile au début a été d’oublier sa propre apparence physique pour pouvoir se donner de l’assurance. En période d’adolescence ça n’a vraiment pas été du gâteau ! Mais dans l’ensemble, j’ai été soutenue par des gens de valeur : mon père, mon frère, ma sœur, mes amis. Ce soutien m’a protégé. Plus d’une fois.

Quelle est ta plus grande peur ? Qu’on ne voit QU’une femme qui joue. Ok, je ne vais pas faire comme si ma féminité n’était qu’accessoire mais « tu joues bien pour une femme » ça ne m’a jamais semblé être un compliment. J’ai tout fait pour éviter ce genre de condescendance. Je sais que maintenant on entend plus ma musique qu’on ne voit ma plastique. Je travaille à ce que ça dure.Ce n’est pas contradictoire avec Fanm Ki Ka, loin de là. On fait du bon travail d’abord. Tout le reste est secondaire, c’est le travail musical qui prime.

Des projets futurs ? Toujours beaucoup ! Entre les Fanm Ki Ka et le jazz, j’ai quelques compos qui fleurissent. Très bientôt vous m’en direz des nouvelles.


INSPIRATION


Qui est ton modèle dans la vie ? Mon père. Un modèle de force, d’intelligence et d’humilité. Il nous a élevés en nous léguant son amour de la musique, son respect de la personne humaine et ses combats. Je n’ai jamais rencontré d’être humain qui souffre la comparaison avec lui, je suis heureuse qu’il m’ait faite !

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Pourquoi ? Ceux qui ont réellement marqué notre histoire n’ont pas leurs noms cités dans les manuels. Je serais un de nos ancêtre qui s’est battu pour ne pas craquer, pour gagner ses droits, pour ne pas être ni défaitiste ni blasé.

Je serais mon grand-père qui luttait aux cotés des ouvriers agricoles pour qu’ils gagnent les droits qu’on leurs refusaient, je serais ma grand-mère qui militait pour le droit de vote des femmes guadeloupéennes. Je serais mes grands parents, capables d’élever dans l’excellence douze enfants métisses, malgré le racisme, malgré la guerre, malgré les années de militantisme, malgré la bêtise humaine.

Quelle est ta principale source d’inspiration ? Mes grands-parents, Aristide et Elise Magen, et mon père Alain Magen.

 


MESSAGE


“Ne jamais être blasé, ne jamais laisser personne te blaser. La vie sans rêve, c’est du surplace”

 

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes guadeloupéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Fè sa fo-w fè pou divini sa-w yé ! Fais ce que tu as à faire pour devenir ce que tu es, personne ne s’y appliquera à ta place. Ne jamais être blasé, ne jamais laisser personne te blaser. La vie sans rêve, c’est du surplace. « Soyons réalistes : demandons l’impossible ! ». Si nos aïeux s’étaient contentés du « possible » nous n’aurions pas le quart de la moitié de nos droits. Pa janmen obliyé sa!

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© Emmeric le Person

Quelle direction devrait-on suivre pour améliorer notre société guadeloupéenne ? Ceux qui ont menés les luttes sur tous les fronts, aussi bien dans la rue que dans l’héritage culturel qu’ils nous ont laissé. Pour qu’il y ait solidarité il faut commencer par se voir comme un peuple à part entière… ça implique prendre conscience de nos richesses, nos ressources, notre énergie à déployer.

Nous avons deux fois plus de travail que d’autres peuples : premièrement parce que nous devons combattre au quotidien l’aliénation culturelle dans laquelle nous avons baigné, et deuxièmement parce que la mondialisation est une forme de conquête coloniale travestie en économie libérale.

Il nous faut puiser et nous inspirer de toutes les solutions que d’autres ont trouvé : plus de réseaux locaux de distribution du producteur au client, plus de médiatisation populaire, plus de bokantaj pour moins de gaspillage, au lieu de courir faire les soldes tous les 3 mois : échangez vos affaires entre copines ! Plus de covoiturage ! Plus d’espace pour nos artistes ! Plus de valorisation de nos artisans ! mais tout ça doit être relayé par nous ! et pour nous ! C’est possible grâce à internet, d’autres pays le font déjà, alors à vos claviers !

Quelles actions positives de compatriotes admires-tu ? Toutes celles qui s’inscrivent dans ce que j’ai cité ci-avant. Tous ceux qui travaillent dur pour donner le meilleur d’eux-mêmes et qui ne baissent pas les bras malgré la morosité ambiante. Agriculteurs, ouvriers, profs, médecins, commerçants, artisans, artistes… Gardons foi en nous !

Un mot pour la fin ? La ki ni blès tini longan : sé nou ki solisyon a tout pwoblèm annou.