Politologue, Entrepreneure, Maman, Conférencière, Daniella Jacques rappelle que chacun pose ses propres limites… Rien ne l’arrête.
Lancé en Mars 2016, elle est à la tête de la Chambre de Commerce des Femmes Entrepreneures d’Haïti (CCFEH). C’est une plateforme associative d’entreprises et de professionnelles appartenant à différents secteurs, qui vise à soutenir, favoriser et renforcer la productivité dans le pays par l’accompagnement des femmes dans le domaine de l’entrepreneuriat. Rencontre avec cette haïtienne engagée.

Nom: Jacques  Prénom: Daniella 

Age:  34 ans Couleur: Multi Couleur

Dicton: « Si ce n’est pas pour une bonne cause, c’est pour une bonne leçon » Activité professionnelle : Politologue

Lieu de résidence: Thomassin, Pétion Ville, Haiti

Contacts: Facebook, Twitter (@DanJacPenn)

Prix: 1er prix du concours de droits humains de l’Ambassade Américaine en Haiti (2004) ; JCI 2015

PARCOURS

"J’accompagne des femmes entrepreneures dans la création de leurs entreprises"

Quelle a été ta formation ? Je suis politologue.

Quand as-tu décidé de devenir consultante ? Il y a quelques années j’ai commencé à travailler pour des institutions internationales sur des projets bien spécifiques, et cela m’a permis de beaucoup m’épanouir. J’ai mis mes compétences au service de partis politiques, ministres, femmes candidates. Aujourd’hui j’accompagne des femmes entrepreneures dans la création et le développement de leurs entreprises pour la création de richesse en Haïti. Ainsi, je contribue à faire reculer la pauvreté. 

Avant cet emploi, que faisais-tu ?  Durant plus de deux ans, j’ai piloté au sein du Ministère du Commerce et de l’Industrie, deux projets spécifiques : « Promotion et encadrement de l’Innovation et le « Concours national des Jeunes entrepreneurs innovants ».

Que défends-tu à travers ta position ? Je défends de meilleures conditions de vie pour les femmes en général, les femmes d’affaires en particulier. J’appuie l’organisation du secteur féminin afin d’éradiquer la pauvreté en leur sein. Mon premier métier c’est la politique et mon second, l’entrepreneuriat.

Comment s’est déroulé le lancement de la Chambre de Commerce des Femmes Entrepreneures d’Haïti ? La société civile en général, le secteur privé, le secteur public, les femmes d’affaires de tous les secteurs (qu’elles soient formelles ou informelles) ont reçu avec satisfaction l’arrivée d’une structure de ce genre. Il faut noter que cette structure était une demande des femmes entrepreneures partout sur le territoire haïtien. Aujourd’hui, nous sommes en train de faire le tour du pays pour présenter des séminaires et organiser des formations pour le renforcement des entreprises dirigées par des femmes.

Suivant ton expérience, quelle a été la chose la plus difficile à accomplir pour réaliser tes rêves ? Le plus difficile était de me faire accepter comme jeune mais surtout comme femme. J’ai très mal vécu cette situation mais j’ai su la surmonter car, je me suis toujours dit que le meilleur est à venir pour moi et pour toutes les femmes.

Quels sont les principaux obstacles as-tu rencontré dans ta vie ? Comment les as-tu surmontés ? Il y en a pas mal, après mes études classiques j’ai voulu faire Sciences po mais mon papa voulait que je sois économiste, j’ai acheté tous les livres de débutants en Sciences éco – mais j’en ai profité pour prendre quelques livres politiques aussi, après la première année j’ai dit à mon papa voilà ton année d’économiste maintenant je vais faire ce qui me plaît vraiment. Ce n’était pas facile mais j’ai fini par le convaincre quelques années plus tard avant son décès il était très fier de moi.

Quelle est ta plus grande peur ? Ma plus grande a toujours été l’échec, rien qu’en y pensant j’ai froid au dos, ce qui m’a permis de devenir très exigeante envers moi-même, je fais toujours un kilomètre de plus. Je dors toujours une heure en moins, je refais toujours une dernière lecture…

Des projets futurs ? Je suis du genre « pro active » donc beaucoup de perspectives qu’on aura surement à partager très bientôt.

"Le plus difficile était de me faire accepter comme jeune mais surtout comme femme"

Daniella est :

– Présidente de la CCFEH / Chambre de Commerce des Femmes Entrepreneures d’Haiti
– CEO de Mapou Investment Group SA
– Sénateur de la Jeune Chambre Internationale / JCI
– Fondatrice de Agir Aujourd’hui pour Demain / AGIRAD
– Directrice générale de Tetra Consult
– Membre de l’Association des Consultants Politiques d’Haiti / ACPH

INSPIRATION

Qui est ton modèle dans la vie ? Ma maman.

Si tu étais une personnalité qui a marqué notre histoire, ce serait qui ? Sœur Theresa – j’aime sa patience, sa sagesse, son humilité.

Daniella Jacques Talan An Nou
© 1ère édition du Sommet International des Femmes du Numérique en Haïti organisé par la CCFEH

MESSAGE

"N’abandonnez pas si personne ne vous fait confiance"

Que dirais-tu aux jeunes et moins jeunes haïtiens/caribéens pour les motiver et les pousser à vivre leurs rêves ? Mes principaux leitmotivs sont : la détermination, la discipline, la constance, la persévérance et l’innovation. Vous avez un rêve, commencez à le rédiger sur un bout de papier, faites confiance à votre intuition, cherchez de l’aide, mais surtout n’abandonnez jamais même si personne ne vous fait confiance, la persévérance peut vous ouvrir beaucoup de portes.

Quelle route déjà tracée, en faveur du développement de la société haïtienne,  devrait-on suivre ? Nos ancêtres nous ont donné la liberté, depuis, les autres générations n’ont pas su faire ce qu’il fallait pour développer le pays. Aujourd’hui nous le disons haut et fort « cette génération ne passera pas sans qu’Haïti ne change » mais ce changement n’est pas l’apanage d’un groupe de personnes de sexe masculin en laissant les femmes de côté – vice versa, pour y arriver toutes les forces vives de notre nation « femmes et hommes » doivent se mettre ensemble en respectant notre devise « l’Union fait la force ».

Un mot pour la fin ? Je remercie Talan an nou de m’offrir cette opportunité de partager une partie du fonds de ma pensée avec les lectrices et lecteurs. Je souhaite du succès à cette initiative.

Daniella Jacques Talan An Nou
© Daniella Jacques

Avant de se quitter, découvrez Daniella plus en détails: 

PORTRAIT

Peux-tu te décrire en quelques mots ? L’une des personnes les plus extraordinaires au monde. C’est tout ce que je peux dire.

Et en un mot ? Entreprenante.

Que fais-tu de ton temps libre ? Avec moi, c’est un peu difficile de parler de temps libre, parce que je travaille toujours et prends beaucoup de plaisir à cela. Sinon, je peux dire que les rares fois que je pourrais considérer comme temps libre, je contemple le beau sourire de mon fils et de mon mari qui sont les personnes qui font le plus palpiter mon cœur. Mes plus grandes bénédictions.

Face à une situation positive, comment réagis-tu ? Et une situation irritante? En général j’essaye toujours de chercher le bon côté des choses. D’ordinaire, ma première réaction est d’afficher un léger sourire et une profonde respiration, tout dépend de la situation face à laquelle je suis, ma réaction est la même. Parce que le principe pour moi c’est que : « si ce n’est pas pour bonne cause, c’est pour une bonne leçon».

Dans ta playlist, on trouve qui ? Tout type de musique, mais particulièrement du Jazz, de la chanson évangélique et du reggae. On a plein de CD dans la voiture, parce que c’est qui nous permet après une dure journée de boulot de nous relaxer et retrouver plus ou moins un certain équilibre. Je pourrais dire que je ne conçois pas la vie sans musique. Cela dit : elle serait sans rythme, sans douceur et sans plaisir…

Ton artiste préféré ? Je pense que je dirais Lucky Dubbe.

Ton repas préféré ? Homard grillé.

Un voyage mémorable ? Hawaii en 2010.

"Je défends de meilleures conditions de vie pour les femmes "

A travers ton expérience personnelle, quelle culture te fascines et pourquoi ? La culture asiatique. J’ai passé trois semaines à Singapour, la gentillesse des gens m’a laissée sans voix.

Des habitudes bizarres ? Un talent étrange ? Je n’ai rien en tête. Mais étrangement, je crois que mon mari m’avait dit une fois, que s’il n’y a aucune porte de sortie, on pourrait chanter.

Dans la vie, qu’est-ce qui est important à tes yeux ? Beaucoup de choses le sont, mais en particulier je crois que c’est « la famille ».

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir généralement ? Je dirais « le sourire » que je vois aux visages des gens (pauvres ou riches, jeunes ou vieux, hommes ou femmes …) malgré des fois, la misère, le manque de responsabilité des élites de mon pays. Mais on voit que l’espoir est là.

Si demain tu décidais de tout arrêter pour vivre ton plus grand rêve, tu ferais quoi ? Ce serait sans aucun doute de faire le tour du monde avec mon mari et mon fils. Cela aurait été un vrai bonheur !

Daniella Jacques Talan An Nou
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